#Rugby – Nat / A.Nicoud (Chambéry) : «On a envie de cultiver un petit peu nos particularités!»

Nous sommes allés à la rencontre du coach des Éléphants Chambériens, Antoine Nicoud, pour faire un point de passage après une première phase de reprise axée sur le physique. Aux pieds des Alpes, on se réjouit de cette nouvelle division intermédiaire fédérale 1/ Pro D2 et on souhaite lui faire honneur en se préparant comme il se doit, en affrontant dignement ce nouveau challenge. Celui qui entame sa 3eme saison en Savoie, nous a livré sa feuille de route pour cette saison 2020-2021, et porte un regard lucide sur cette intersaison si particulière. Coup de projecteur sur un club montagnard qui compte bien retranscrire la sociologie de son territoire sur le pré, et faire de son antre un véritable col alpestre chaque adversaire devra piocher dans ses réserves si il veut en venir à bout. En clair, au SO Chambéry Mont Blanc , on veut attaquer cette saison avec humilité tout en portant haut les valeurs du rugby savoyard.

 

Crédit photo Sylvain Mestre

 

Antoine, j’imagine que, comme l’étendue des clubs de Nationale et de Fédérale 1, c’est l’heure de la reprise au SOC ? 

 

C’est ça, nous terminons la 4e semaine. 

 

Un premier bloc où, comme les copains des autres écuries de nationale , ce fut physique, physique en mode  » no pain, no gain  » ? 

 

Oui mais on a quand même essayé de mettre tout de suite du rugby parce-que les garçons avaient envie de toucher le ballon depuis le 15 Mars que ça n’avait pas été fait. Du coup, nous avons évidemment essayé de mixer beaucoup de reconditionnement , athlétisation, rugby, muscu, un peu la même recette partout certainement mais nous avons essayé de mettre du ballon un maximum. 

 

Et puis peut-être aussi réadapter la prépa par rapport au nouveau défi qui vous attend car, au début du printemps, c’était une Fédérale 1 à la sauce ancienne voire élargie qui vous attendait et là, c’est une Nationale. C’est un championnat entre professionnels et équipes aux dents longues donc, je pense que la préparation a dû être un peu réévaluée et réajustée ? 

 

C’est sûr que nous avons eu un confinement où nous sommes un peu passés par toutes les étapes. En ce qui concerne Chambéry, nous sommes très contents de l’issue et de faire partie de la Nationale, un championnat très excitant et très challengeant. Rien qu’à voir le la composition de la poule, nous avons bien compris le niveau des oppositions : il n’y aura jamais de temps mort, jamais de match facile, des blocs de 4 à 5 rencontres. Donc oui, ce sont évidemment des choses que l’on prend en compte dans la prépa. 

 

A Chambéry, vous aviez une grosse envie d’être en Nationale mais, au rang du classement, vous étiez le dernier club  » invitable « . Quand les clubs comme Mauléon, Vienne ou Trélissac ont dû donner leurs réponse, il y a dû y avoir 24 à 48 heures où vous avez eu des sueurs froides car on vu certains clubs hésiter ? 

 

C’est cela, nous étions le 18e club invité et, effectivement, cela ne dépendait pas que de nous. Encore une fois, nous sommes très contents d’y être et tout cela explique que le challenge est très piquant pour nous. Ça va être une compétition très, très relevée, nous sommes à la place qu’est la nôtre et ça décuple un peu notre motivation. 

 

Quel va être l’objectif de Chambéry dans cette Nationale qui ressemble beaucoup à la Fédérale 1 Elite qu’a très bien connue le SOC ? D’essayer d’entrée de vous placer au chaud dans le peloton en début de saison pour voir après ce qui peut arriver ? 

 

Objectivement, c’est de rester en Nationale. Il y a à Chambéry un projet à moyen terme avec la construction d’un nouveau stade à la place de l’ancien stade municipal qui est en cours pour la saison prochaine. Donc, l’objectif est évidemment de jouer dans ce stade en National pour après encore ajouter des briques et postuler à autre chose d’ici deux ou trois ans, c’est ça la réalité aujourd’hui. Comme vous l’avez dit, nous faisons partie de cette Nationale et ça ne dépendait pas de nous, maintenant qu’on y est, on veut y rester à tout prix. Mais on ne se trompe pas d’objectif, il y a des écuries qui auraient dû monter cette année et qui ne sont pas montés à cause de la situation que tout le monde connaît. Il y a 5 / 6 équipes qui font clairement figure d’épouvantails et derrière, ce sera de nous battre avec les autres. 

 

A la différence de l’année dernière où les grosses équipes avaient la possibilité voire le luxe ou le loisir de monter en puissance progressivement, il n’y aura pas de temps pour ça cette saison ni de répit. D’entrée, ce sera plutôt la prime à ceux qui démarreront le plus vite et qui prendront un ascendant psychologique et un virage à la corde ? 

 

Oui, prime à la régularité même s’il y a 6 qualifiés ce qui fait que le 6e peut monter en Pro D2, c’est la beauté des phases finales à la française. Après, je parle pour nous, mais nous n’aurons que des matches difficiles et il faudra enchaîner les performances. Peut-être que 3 / 4 équipes auront un peu de réserve, ça ne sera pas notre cas. 

 

On entendait parler à Chambéry de s’inscrire dans cette Nationale et de voir autre chose après, d’ici 3 ou 4 ans. Il y a avait avant un objectif Pro D2 mais, sans ce nouveau stade, la Pro D2 et Chambéry est une histoire inenvisageable à l’heure actuelle ? 

 

Je suis là depuis l’année dernière et c’est assez clair sur ce projet, qui est à moyen terme et non à long terme. Mais évidemment que ce nouveau stade, qui va faire 5 000 ou 6 000 places dans un premier temps, est quelque chose de très fonctionnel et de très sympa pour une ville à la taille de Chambéry. C’est bien sûr un outil de développement indispensable car, déjà, c’est porteur dans le coin et dans la région et ensuite, ce sera un magnifique lieu de rendez-vous. Donc, évidemment que cela passe par là pour franchir les étapes. 

 

L’année dernière, vos détracteurs ou vos adversaires mettaient à l’index la mêlée de Chambéry. Je ne vais pas dire qu’elle était en carton-pâte car ce serait dévalorisé un groupe et des hommes qui bossaient mais c’était un peu le défaut de la cuirasse de Chambéry. Est-ce que vous vous êtes attelés à renforcer cette mêlée ? 

 

Nous avons bien sûr ciblé des secteurs qui avaient moins bien fonctionné la saison dernière donc oui, la mêlée en faisait partie et nous nous sommes renforcés. Après, la vérité sera sur le terrain à partir du 13 Septembre mais oui, nous avons essayé de densifier, d’avoir un peu plus d’expérience tout en restant sur un projet avec un maximum de joueurs du coin ou français et de jeunes joueurs à potentiel. Donc, c’était essayer de trouver un équilibre là-dessus, avoir un peu plus d’expérience que nous n’en avions l’année dernière et nous espérons avoir renforcé fort. 

 

Comme au niveau de la prépa, il y a eu deux volets avec les transferts : l’un au début avec cette Fédérale 1 puis l’autre avec l’arrivée de la Nationale et le fait qu’il a fallu s’armer un peu plus ? 

 

Oui, c’est un peu comme ça que ça s’est passé. Il y a eu aussi une première période avec un saut dans l’inconnu où cette crise sanitaire a fait qu’il y a eu de gros doutes sur la constitution des budgets, sur le fait de savoir comment les partenaires allaient réagir.  Ça a surtout été ça sur la première phase en se disant  » attention, on est très prudent, on retravaille avec un budget à la baisse, comment peut-on faire et quels sont les postes prioritaires à renforcer  « . Finalement, les choses ont évolué avec la création de cette Nationale et un fonctionnement différent sur cette poule. Il y eu un petit rebond dans l’engouement et du coup, ça s’est un petit peu retraduit sur le budget. Il y a donc eu une 2e phase de recrutement mais nous avons essayé de rester fidèles à nos idées plutôt que de le faire à l’emporte-pièce. Donc, c’était d’abord renforcer et, si possible, renforcer avec de jeunes joueurs à potentiel et un mélange de joueurs d’expérience qui avaient connu autre chose. Mais, du coup, ça a été un recrutement très, très anticipé parce qu’on avait commencé à bosser très fort dessus depuis Janvier et le confinement nous a permis de prendre le temps, de faire des visios et bien faire le truc. Nous nous étions mis à 5 sur la cellule de recrutement à essayer de beaucoup bosser mais maintenant, nous pourrons dire que notre recrutement est réussi, ou plutôt notre composition de groupe, quand on aura joué un petit peu. 

 

On entend vos propos emplis de modestie mais, dans un passé récent, on se souvient d’un SOC Chambéry qui n’avait pas fait beaucoup de bruit en Fédérale 1 Elite, qui avait même fini 7e de la saison régulière et qui, à la fin, était à un cheveu d’aller en Pro D2. Vous signez demain pour une saison similaire ? 

 

On signe des deux mains et des deux pieds (rires) ! Mais ce n’est pas la petite musique qu’on se met dans la tête parce qu’aujourd’hui, nous sommes dans un club qui a un projet très intéressant qui avance fort d’année en année. Mais nous sommes obligés de dire qu’Albi, Bourg-en-Bresse, Narbonne, Nice, Bourgoin, Massy, Dijon qui était avec nous l’année dernière et qui s’est renforcé, j’ai dû en oublier d’autres mais pour citer ceux-là, sont des clubs qui, à la fois structurellement et sur le groupe et le vécu, sont en avance sur nous. Donc, il faut que l’on soit ambitieux mais qu’on ne se trompe pas de combat, clairement. 

 

Et puis, en termes d’identité et de territoire, vous allez aussi avoir un levier et un objectif : représenter ce territoire de la Savoie. Le président Yves Garçon et le Conseil d’Administration ont rajouté la mention  » Mont Blanc  » à Chambéry. C’est quand même un symbole fort et il va maintenant falloir en être digne ? 

 

C’est ça mais, encore une fois, nous sommes tellement contents d’être là. C’est un territoire de montagnes, où il fait froid l’hiver mais un territoire où l’on a envie de cultiver un petit peu nos particularités (rires). Ce n’est évidemment pas la même chose à Chambéry qu’à Narbonne ou à Nice. Donc oui, nous avons envie de cultiver cela, de faire de Chambéry un terrain pas très marrant pour se déplacer, des choses comme cela. 

 

Un petit guet-apens alpestre ? 

 

C’est ça, ce sont les montagnes, c’est dur : le climat est rude, les gens sont chaleureux mais bien entre eux. Donc oui, nous avons envie que ce soit difficile pour les équipes de venir à Chambéry. Maintenant, entre le dire ou le faire, nous n’en sommes pas encore là. 

 

Le terrain parlera. En quelques mots, quel sera le fil conducteur de cette saison en Nationale pour Chambéry ? 

 

C’est ne rien accepter, ne rien lâcher et justifier notre place ici à tous les matches. Nous savons très bien qu’il y aura des moments bien plus compliqués que d’autres mais, à partir du moment où on le sait avant, nous sommes prêts à les affronter. Nous voulons y aller avec beaucoup, beaucoup d’enthousiasme. 

 

Comme quand les coureurs du Tour de France grimpent et gravissent les cols alpestres, il faut s’accrocher et ne rien lâcher ? 

 

C’est clairement ça, exactement. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-24-juillet-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’ Antoine Nicoud lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 24 juillet 2020.

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