#Rugby – Nat / J.Dumoulin (Narbonne) : «Ça va piquer, ça va être costaud!»

Passé par Suresnes, Chambery, Massy ou encore Vannes, le 3eme ligne Julien Dumoulin, débarque sur les bords de la Méditerranée au RC Narbonne, l’occasion pour l’une des recrues des doubles champion de France de nous accorder une interview lors de notre émission du 24 juillet 2020. Pour ce catalan, ce comeback dans le sud est une joie, couplée à celle de relever le challenge de la Nationale avec les audois. Celui qui avait connu la fédérale 1 élite et ses atermoiements avec les éléphants chambériens, compte bien participer à « l’objectif Pro D2″ du RCN. Focus sur un globe-trotter du rugby français, emplit de fierté de pouvoir porter la tunique orange et noire d’un club mythique de l’ovalie hexagonale et qui s’attend à un championnat relevé et haletant.

 

 

Tu fais partie de la pléiade de recrues narbonnaises de ce mercato. Avec Bourgoin et Dijon, Narbonne est une équipe qui s’est énormément armée. Qu’est ce qui t’a amené sur les bords de la Méditerranée pour relever le beau défi des Narbonnais ? 

 

Avant tout, c’est déjà une demi-heure de chez moi, à Perpignan donc, forcément, ça fait du bien de pouvoir se dire qu’on peut continuer à jouer à haut-niveau en étant proche de sa famille et de son entourage. Ça, c’est une plus-value, ne serait-ce que pour le mental et puis, je connais Marc Delpoux qui m’a entraîné et qui entraîné Perpignan à une époque, là où je l’avais croisé pendant deux années et donc, il m’a contacté. Je pense qu’il a vu que je n’avais pas énormément de temps de jeu du côté de la Bretagne donc, il a été malin, il a pisté le truc et il n’a pas hésité à me contacter. Derrière, ça s’est fait naturellement donc je retrouve le rugby du sud. 

 

Parlons un peu de cette aventure en Bretagne. Comme tu le disais, tu n’avais pas beaucoup de temps de jeu à Vannes et en plus, le coronavirus est venu tout couper. Ça ne restera peut-être pas un de tes meilleurs souvenirs rugbystiques ? 

 

Comme tout joueur de rugby, le but recherché est surtout le temps de jeu parce-que sinon, c’est vrai que l’on s’ennuie très rapidement. Je suis monté en Bretagne, la saison a été raccourcie par le corona mais je pense que ça m’a apporté sur le plan personnel parce-que c’est vrai que le niveau de l’équipe a fortement évolué rapidement et jouer dans un stade pareil, ça motive. Force est de constater qu’avec le coronavirus, ça force certaines choses et ils avaient quelques problèmes à régler au niveau de l’effectif. Comme tout club à ce moment-là, il fallait revoir l’effectif donc moi, je prends ça comme une opportunité : d’un côté, on me donne la possibilité de partir et de l’autre, la possibilité de me récupérer.

 

Et puis, avec le beau projet qu’il y a à Narbonne,  tu t’es peut-être dit que c’était le chemin le plus court pour retrouver la Pro D2 à très court terme ? 

 

C’est vrai que, quand on est au moment du coronavirus, on regarde un peu tout ce qu’il se passe autour : les problèmes financiers, l’économie qui arrive vachement maintenant dans notre sport. Et, d’un côté, on se dit  » merde, qu’est-ce qu’on va faire ? « , on regarde tout et, en fait, on essaie de se mettre à l’abri. Moi, j’avais encore une année à Vannes donc, je n’étais pas le cas le plus critique mais je pense qu’il y a des joueurs qui étaient en fin de contrat qui ont dû faire des sacrifices financiers. De ce côté, je m’estime chanceux de voir que Narbonne, qui a été un grand club du rugby français et qui repart de plus belle, m’a donné des nouvelles via Marc Delpoux pour venir rejoindre ce club. 

 

Comment se sont passés tes premiers pas à Narbonne et ton intégration dans le groupe ? Car, en plus, ça ne doit pas être trop difficile de s’intégrer car il y a eu un gros turn-over pendant l’intersaison

 

C’est vrai qu’il y a eu un gros turn-over donc, beaucoup de nouveaux. Forcément, avec autant d’années de rugby, à force d’avoir croisé des joueurs ou même d’avoir joué avec eux, on arrive dans ces clubs et il y a toujours une dizaine de connaissances donc, c’est vrai que ça va vite. Avec l’état d’esprit qu’il y a dans ce club-là, ça s’est fait rapidement. Franchement, sur la première semaine, il n’y a pas eu de souci, c’est très accueillant, même avec les supporters qui viennent nous voir à l’entraînement en ce moment, c’est un accueil chaleureux ! 

 

Il y a aussi un slogan qui cause,  » notre force sera collective « . Pour quelqu’un qui joue devant comme toi, ça doit te parler ? 

 

C’est ça, c’est que j’ai pu voir et apercevoir, y compris sur les vidéos concernant le club. Avec la force collective, tout est dit là-dedans, l’état d’esprit va avec donc ça annonce de belles choses. 

 

On avait récemment des joueurs, issus de divers clubs, qui disaient  » nous sommes venus dans ce club parce-que la Nationale a été créée. S’il avait été en Fédérale 1, peut-être que je n’aurai pas franchi le pas de venir dans ce club « . Pour toi, en Fédérale 1  » normale  » ou en Nationale, tu serais quand même venu à Narbonne ? 

 

J’ai pu entendre sur des interviews de joueurs qui disaient que ça aurait pu influencer leurs choix. Mais moi, je n’ai pas vu l’ombre de la poule Nationale avant de donner mon accord, ça s’est fait après. Je suis passé par la Fédérale 1, j’y ai commencé et ça s’est fait exactement de la même façon à Chambéry : quand je suis arrivé, c’était la Fédérale 1 et au cours de l’été, ça s’est transformé en Poule Elite à l’époque donc, j’ai connu ça. C’est vrai que la Fédérale 1 de maintenant évolue chaque année, fait des recrues de l’étage supérieur et chaque année, on franchit un cap de niveau. Même s’il y a un certain écart de niveau entre différents clubs, que ce n’est pas forcément homogène sur la Fédérale 1  » normale « , la poule Nationale va donner davantage de niveau à ce championnat. C’est vrai que c’est très attrayant. 

 

A Chambéry, en Fédérale 1 Elite, tu avais tout connu : les joies d’une finale face à Nevers mais aussi l’année d’après où vous étiez vraiment bien lancés pour continuer à appréhender les play-offs et, en Janvier, vous avez dit que vous n’étiez plus invités financièrement. C’est quelque chose qui, là aussi, avait dû te marquer ? 

 

C’est vrai que, lorsqu’on arrive plein fer jusqu’à Noël, qu’on joue vraiment le haut de tableau et la qualif et qu’on arrive petit à petit à cet objectif, on est tout heureux et tout fier. La première année, on est en finale contre Nevers et ça a été un très, très beau souvenir pour une première année en Fédérale 1 Poule Elite. Et l’année d »après, on arrive dans les premiers, je crois que nous sommes 2es avant Noël. 

 

Et vous arrivez au Stadium Municipal d’Albi, je revois la tête de Benjamin Bagate et de tous les joueurs, vous aviez des mines déconfites car vous veniez d’apprendre que votre rêve s’était envolé financièrement ? 

 

C’est ça et si mes souvenirs sont bons, je pense qu’on prend 30 points au Stadium. 

 

Nous, nous avions passé 15 jours à vendre ce match comme le choc entre le second et le troisième puis, est passée la DNACG qui avait tout fait s’envoler

 

C’est ça et c’est vrai que ça marque mais c’est aussi une expérience qui forge et qui fait que ça nous permet de rebondir ailleurs. C’est un mal pour un bien, on peut dire ça comme ça. 

 

Je t’ai amené sur ce sujet car il y a maintenant une nouvelle Fédérale 1 Elite, qui n’a pas le même nom et qui s’appelle Nationale. L’objectif de la Fédération et des présidents de clubs est de trouver un véritable modèle économique pour que cela ne se reproduise pas ? Car pour vous, les joueurs, c’est quand même frustrant quand ce genre de chose arrive ? 

 

C’est vrai que nous sommes tous sur la même lancée, qu’on revient tout content et reposé d’avoir passé les fêtes de Noël et que, quand on nous annonce ça, ce n’est jamais une bonne nouvelle. Mais, j’ose espérer que du côté de la Fédé, ils ont revu le cahier des charges qui me paraissait un peu côté. En même temps, quand on arrive au haut-niveau de Fédérale 1 et qu’on joue la montée en Pro D2, il faut avoir les reins costauds pour y rester derrière. Le but, ce n’est pas forcément de monter et de redescendre mais il faut pérenniser le truc, ça reste à réfléchir et surtout à bien gérer. 

 

Dans cette poule  » Elite Nationale « , beaucoup parlent de favoris mais ça va être beaucoup plus homogène que ce disent les parieurs. Chaque équipe va pouvoir culbuter l’autre tous les week-ends ? 

 

Au niveau des équipes qui ont rejoint cette poule, je pense que, comme à l’époque de la Poule Elite, c’est très homogène, ça va piquer chaque week-end. 

 

Tu reprends le slogan du Sporting Club Albigeois

 

C’est ça, je l’ai vu il n’y a pas si longtemps que ça (rires). Ça annonce justement la couleur, c’est vrai que ça va piquer, ça va être costaud. Tous les clubs ont pu recruter malgré la situation donc, je pense que ça va être costaud et que ça va être un beau marathon, il va falloir être performant jusqu’à la fin donc, ça va être un beau challenge. 

 

Par contre, le risque de cette saison, et pas seulement en Nationale mais dans tous les championnats, ça va être la reprise où il risque d’y avoir de la casse. Parce qu’avec cinq mois quasiment sans activité, surtout pour un sport de contact comme le rugby, il va falloir que les machines se remettent en route ? 

 

Il faut y aller pallier par pallier donc, je pense que la majorité des joueurs ont gardé une certaine rigueur par rapport à cette situation. Ça a été compliqué au début parce qu’il est vrai que, quand on reste à la maison, on tricote, on essaie de faire avec ce qu’on a comme on peut. Je pense que là, avec le protocole qu’il y a eu, tout le monde a pris conscience de la gravité des choses. Nous avons respecté le protocole, nous avons fait les choses petit à petit et là, cela fait la 4e semaine que nous avons repris, les joueurs débordent d’envie car, quand on revient d’une longue trêve comme ça, généralement, on déborde d’envie. Je pense que nous allons être prêts pour la reprise mais qu’il y aura une appréhension par rapport aux autres années et que cela va être dans la tête de tout le monde. Mais à partir de ce moment-là, quand tu t’entraînes tous les jours, que tu es professionnel, tu lâches les chevaux, tu ne réfléchis pas et on verra ce qui se passera, ne serait-ce que sur les premiers matches amicaux pour se tester. 

 

Dont un contre Albi qui va commencer à donner un peu une jauge et un ton dans cette Nationale. Bien sûr, tout le monde avance un peu masqué dans les matches amicaux mais ça donnera un avant-goût, un teaser de cette Nationale ? 

 

C’est ça et même si les prépas sont costauds, pallier par pallier mais ça reste quand même costaud, on avance les yeux fermés en matches amicaux parce qu’on teste des jeunes, on teste l’équipe, il faut que la mayonnaise prenne avec pas mal de recrues dans chaque club. Ce sont des tests et, malheureusement, malgré les tests que nous faisons, c’est avec le rythme des matches que l’on commence à retrouver un certain rythme. 

 

Dans cette poule Nationale, il y a deux clubs que tu connais : Massy et Suresnes. Est-ce que tu as un regard sur eux, toi qui y est passé ? 

 

Je les suis énormément sur les réseaux, j’ai parfois certains joueurs au téléphone voire même les coaches. Pendant le confinement, j’ai beaucoup suivi les recrues et même à Suresnes, qui tend à se développer vers le haut-niveau, ça prend parce qu’il y a beaucoup de changements. Ce sont des clubs qui ont réussi à gérer leur turn-over, il y a des départs et des arrivées et je pense que ce sont des joueurs qui sont de qualité donc, forcément, cela va donner un plus sur ces équipes-là au niveau de cette poule Nationale qui vont, à mon avis, pouvoir rivaliser avec n’importe quelle équipe. 

 

Massy, qui voulait et qui devait monter en Pro D2 cette saison, est annoncé comme l’un des favoris. Toi qui connais bien ce club, avec le vivier de leur formation, est-ce qu’ils vont encore arriver à surprendre tout le monde ? 

 

Je pense qu’ils sont toujours sur la même lancée avec, comme tu le dis, des jeunes, et on peut même parler de pépites, qui apportent beaucoup à cette équipe. Il y a déjà un noyau fort là-bas, des jeunes et même des anciens qui restent fidèles au club. J’attendais la fin de cette saison-là pour voir les phases finales, ça devait être alléchant mais ça s’est coupé comme ça. Mais c’est vrai que Massy va être un gros client de cette poule, il est sûr qu’il faudra compter sur eux. 

 

On va revenir un peu sur Suresnes et sur tes origines catalanes. Est-ce que tu as des nouvelles de Vincent Carbou ? 

 

Je l’ai eu avant qu’il n’arrête à Suresnes parce-que c’est vrai qu’il y a du turn-over au niveau des coaches. Je ne sais pas du tout ce qu’il envisageait par la suite mais je pense que, s’il est toujours dans le coin là-haut quand on ira jouer, je le croiserai et qu’on se reverra à ce moment-là. 

 

Peut-être que vous vous croiserez à Céret, ton club formateur ? 

 

Peut-être aussi, oui.

 

Qu’est-ce que tu penses de la poule de Fédérale 1 dans laquelle est Céret, poule qui brasse tous les clubs du Midi-Toulousain ? Ils ont peut-être une carte à jouer cette saison ? 

 

J’ai aussi jeté un œil là-dessus et ça me semble déjà plus homogène. Je pense qu’ils vont aborder cette saison avec un peu plus d’envie et de motivation parce-que , quand ce n’est pas homogène, c’est parfois compliqué de recevoir des gros ou d’aller chez eux. Là, je crois qu’ils vont avoir un peu plus d’énergie pour jouer tout ce championnat et pouvoir même faire quelque chose, pourquoi pas ? 

 

On va finir en parlant de tes objectifs personnels cette saison avec Narbonne car, l’objectif collectif n’est pas caché, c’est d’aller titiller la Pro D2 ? 

 

Oui, c’est ça. Narbonne est un club qui a réussi à se stabiliser vraiment bien correctement qui tend maintenant à viser la marche supérieure, à son rythme. Ils ont fait de bonnes recrues pour arriver à cet objectif-là et passer un palier. Moi, personnellement, il est sûr que je ne vais pas faire la fine bouche : j’ai quitté la Pro D2, j’arrive en Fédérale 1 Poule Nationale, ça serait un bon challenge que de remonter en Pro D2 avec ce club de Narbonne. 

 

On va déjà te donner rendez-vous dans quasiment 20 jours pour ce premier match amical au stade Mazicou et on te souhaite une très belle saison sous tes nouvelles couleurs

 

Merci beaucoup et bonne saison à tout le monde

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-24-juillet-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Julien Dumoulin lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 24 juillet 2020.

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