#Rugby – Fed1 / N.Hallinger (Lavaur) : «On se doit de vouloir jouer la qualification!»

Du côté des Clauzades le manager de l’ASV Lavaur, Nicolas Hallinger, peaufine l’an II du duo qu’il forme avec Alexandre Albouy. Insérés dans une poule 3 « midi Toulousain – Méditerranée » de fédérale 1, les vauréens espèrent renouer avec les playoffs et pouvoir créer une nouvelle histoire avec un groupe largement remanié, après avoir connu une saison compliquée à l’épilogue subit. Ayant souffert la saison passée du départ de Gilen Queheille a Colomiers et de sa botte souvent souvent salvatrice, le club de la cité du jacquemart s’est attelé cette intersaison à trouver de nouveaux artilleurs. Focus sur un manager qui a tenté de faire abstraction des récents soubresauts dans les coulisses du club Ouest-Tarnais, pour construire un projet sportif réenclenchant une dynamique vertueuse. 

Nicolas, du côté de Lavaur, on va mettre un mouchoir sur la saison 2020 / 2021 pour plusieurs raisons : de un, elle ne s’est jamais finie, de deux, elle n’était pas à la hauteur de vos espérances ? 

 

Non, pas un mouchoir mais la saison qui va arriver sera sûrement comme celle qui vient de se passer à savoir une saison un peu de transition si ce n’est qu’on aura posé certaines choses. On a vu, avec le changement de joueurs qu’il y a eu l’année dernière qu’on avait eu du mal à trouver le rythme et, malheureusement, le Covid est arrivé alors qu’on commençait à retrouver le rythme sur fin Janvier / début Février. Nos matches s’enchaînaient avec des victoires sur Saint-Sulpice, Fleurance et on commençait à faire des choses qui étaient vraiment intéressantes et à se trouver. Mais le Covid est arrivé et c’est vrai que cette saison ne se finit pas bien. Nous étions tombés dans une poule qui était vraiment très homogène avec des équipes costauds aussi, un club comme Mauléon qui a joué la surprise. 

 

Mauléon qui a amené un bol d’air frais dans cette Fédérale 1 ? 

 

Oui, Mauléon a amené un bol d’air frais mais comme pas mal d’équipes, ils étaient sur leur dynamique de la Fédérale 2. C’est vrai qu’il fallait faire une après Mathieu Bonello, il fallait aussi digérer un nombre important de joueurs qui étaient partis. C’est le lot de Lavaur depuis maintenant pas mal de saisons de toujours essayer de construire. 

 

Quand on suivait Lavaur et que l’on venait voir quelques matches de l’ASV, on avait l’impression qu’il y avait beaucoup de bonnes intentions à chaque fois, de belles choses qui se faisaient mais, comme le rugby est un sport de répétition de gammes et qu’il y avait un groupe nouveau, il manquait le petit détail qui fait la bascule ? 

 

Non, ce qu’il a surtout manqué, c’est qu’on prenne des points au pied pour qu’on puisse prendre le score. Chaque fois que les matches ont été gagnés, c’est parce qu’on a marqué 4 essais et on ne peut pas marquer 4 essais tous les dimanches. 

 

En parlant de Mauléon, Gilen Queheille, l’homme de Mauléon, a beaucoup manqué ? 

 

Il était quand même l’arbre qui a beaucoup caché la forêt pendant de nombreuses années. C’est un joueur qui était très important dans le système de jeu qu’il y avait et c’était aussi un botteur fiable à plus de 80 / 85% donc, quand vous avez ça … L’année dernière, il faut se rappeler que l’on a perdu un nombre incalculable de matches parce-que nous n’avions pas de réussite au pied. Mais ça, on le savait dès le début de saison, on perdait des buteurs, on avait du mal à en trouver et je ne critique pas les garçons qu’il y avait qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient mais on sait que dans le rugby qu’il y a aujourd’hui, pour gagner les matches, il faut prendre les points au pied pour pouvoir prendre le score et maîtriser un peu plus le match. Nous, ce n’est jamais ce qu’on a su faire et tous les matches que l’on a gagnés, c’est parce qu’on a marqué 4 essais au minimum donc, ça veut dire beaucoup de choses. Nous avions aussi beaucoup d’intentions et donc, quand même pas mal de déchets justement à cause de cela. Il ne faut pas se leurrer, ça restera notre credo cette saison si ce n’est que, cette année, on a remis un peu d’ordre dans la maison avec des gens qui devraient nous mettre des ballons entre les perches. 

 

On a vu qu’il y avait eu pas mal de turn-over. Est-ce que c’est logique, une manière de totalement finir l’ère Bonello et de repartir avec un nouveau groupe, une nouvelle page et une nouvelle histoire ? Et, est-ce une volonté ou bien est-ce le contexte qui l’a obligé ? 

 

Non, ce n’est pas une volonté, c’est le contexte, il y a des joueurs qui sont arrivés un peu en bout de chemin de la Fédérale 1 ou de l’ère Mathieu Bonello. L’année dernière, beaucoup de 3/4 étaient partis, cette année, c’est beaucoup d’avants, c’est comme ça. Quand j’ai eu été à Lavaur, ça a été pareil après mon départ : il y a des roulements qui se font, de nouveaux groupes qui se créent c’est en l’occurrence ce qui est en train de se passer sur l’année dernière et cette année. Un nouveau groupe se crée pour pouvoir écrire une histoire avec l’ASV donc, c’est quelque chose qui était inéluctable aujourd’hui et qui est dans l’air du temps. 

 

Il y a eu des départs mais aussi un come-back avec Anthony Potente qui revient. Il va être un cadre du vestiaire ? 

 

Non, il devait revenir mais il ne revient pas : il a eu une promotion professionnelle qui fait qu’il ne pourra pas reprendre le rugby. 

 

Son retour sur les terrains était l’écho que l’on avait il y a de cela deux semaines

 

Et oui mais c’était il y a deux semaines. 

 

La vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui ? 

 

Exactement

 

Partant de ce constat-là, quel sera l’objectif de l’ASV Lavaur cette saison, dans cette poule du Midi Toulousain / Méditerranéen ? Aller s’intercaler entre les possibles qualifiables et ceux qui sont bien au-dessus de la zone de relégation ? 

 

Ce qu’on veut aujourd’hui et ce que l’ASV doit vouloir, c’est se qualifier. Que ce soit 1, 2, 3, 5 ou 6, il y a quand même peu d’importance quelque part parce qu’avec l’expérience, je sais très bien que l’on peut se qualifier 1er et se faire éliminer au tour d’après ou se qualifier 6e à l’inverse et ce, quelques soient les divisions. 

 

Oui, on l’a vu avec Castres en Top 14

 

Exactement et ça existe aussi avec la Fédérale 1 et d’autres clubs. Donc, ce qu’on veut nous, c’est surtout jouer un rôle de qualifiable. Pourquoi ? Parce-que Lavaur veut voir devant mais on sait que ce sera une poule difficile parce qu’elle sera encore homogène cette année. Les clubs promus qui montent ont fait de gros recrutements, il y a des valeurs sûres dans cette poule donc, on sait que ce sera encore un gros combat cette saison, de gros derbys mais, on se doit de vouloir jouer la qualification. 

 

Un regard sur les voisins tarnais, Graulhet, Mazamet, des équipes qui sont aussi en train de se structurer et qui vont essayer de renaître de leurs cendres ? 

 

Comme toutes les équipes aujourd’hui. Je ne vois pas une équipe faible dans notre poule, pas de petite équipe dont on pourrait dire  » c’est perdu avant qu’elle commence « . Le voisin mazamétain a fait un gros recrutement, les Graulhetois, au vu de leurs échecs ces dernières années, ont mis quelque chose en place pour pouvoir lutter dans cette Fédérale 1, Céret est une équipe rugueuse, les trois équipes de la Méditerranée se sont fortement renforcées, même s’il y a deux promus, et ont de l’expérience, Saint-Sulpice-sur-Lèze est toujours une valeur sûre du championnat de Fédérale 1, le FCTT est un promu aux dents longues parce-que, dans la banlieue toulousaine, on arrive à recruter et à avoir du monde et Castanet a aussi pris un virage important en étant en pleine reconstruction avec un joueur emblématique, David Penalva, qui va entraîner et être la locomotive de ce club. Donc, il n’y a pas de petite équipe cette année dans notre poule. 

 

Bien malin celui qui arrive à prédire qui sera dans les qualifiables ? 

 

Exactement et bien malin ceux qui diront qui sera dans les fonds du classement. Franchement, le début de saison dans cette poule sera très important et la saison sera longue et compliquée car toutes les équipes ont des arguments à faire valoir et, pour moi, ça va être une belle empoignade dans cette poule. 

 

Peut-on parler un peu du mercato de Lavaur avec quelques noms qui sont venus étoffer l’effectif ? 

 

On a fait un pari chez les jeunes mais aussi chez les joueurs un peu revanchards envers eux-mêmes et non envers le rugby ou quel que soit le club. Nous avons aussi surtout pris des joueurs qui butent parce-que, comme je l’ai dit tout à l’heure, on avait besoin de mettre des points aux pieds donc, cette année, nous avons pris deux gros artilleurs qui sont Baptiste Erida, qui vient de Villefranche de Lauragais, et  Aldric Folliot, qui arrive de Castanet. Pour nous, c’était très important et quand je vois leurs tirs au but de la saison passée ou bien aux entraînements, ça me rassure et me conforte dans le fait de prendre le score et de prendre des points. Ensuite, on s’est renforcé en première ligne car c’est vrai que, l’année dernière, nous avions un peu joué avec le feu avec nos blessures. Et puis, nous avons surtout récupéré des jeunes qui ont vraiment envie de bosser et de progresser, que ce soit de jeunes espoirs de Carcassonne ou de Narbonne. Nous avons récupéré une bonne filière, de bons copains et ce sont les copains entre eux qui ont fait ce recrutement. Je pense qu’on a un bon groupe et, même si le recrutement n’est pas fini car nous sommes encore à la recherche de deux ou trois joueurs avec lesquels je suis en train de finir de discuter pour leurs futures venues à Lavaur. Si ces trois joueurs avec qui je discute viennent, deux 2e ligne et un demi de mêlée, je pense que nous aurons une équipe complète. 

 

En clair, c’était l’an zéro l’année dernière et là, c’est vraiment l’an un de la nouvelle ère Hallinger ? 

 

Si vous voulez, c’est un peu ça. L’année dernière, c’était une transition et cette année, il faut vraiment que ce soit l’ère du duo Hallinger / Albouy. 

 

Autre question par rapport à l’actualité du club : on a vu que pendant le début de l’été, il y a eu des soubresauts en interne avec la démission d’Arthur Jamin de la présidence et la nomination d’un nouveau duo. Est-ce cela n’a pas un peu déstabilisé le staff ni été un peu handicapant pour mener le recrutement ? Et ce, même si cela fait partie de la vie d’un club ? 

 

Pour moi, cela n’a pas été handicapant mais ça a été un peu fatigant parce qu’il fallait aussi rassurer les nouveaux joueurs que l’on contactait et les joueurs qu’il y avait en place car ce qui est arrivé n’était pas du tout prévisible. Il a donc fallu l’assumer et dans tout ce qui est du domaine du sportif proche, ça a été mon job de faire ce qu’il fallait pour rassurer tout le monde. Pour moi, la façon dont ça se passe est toujours dérangeante dans la vie d’un club, surtout dans un club comme le nôtre qui est quand même relativement famille et des clubs sans trop d’histoires. Ce que je veux dire, c’est que je n’ai jamais trop entendu parler de Lavaur avec des histoires. Ça a été une petite histoire qui fait que, maintenant, il faut regarder devant par rapport au club mais aussi par rapport aux joueurs et par rapport à l’environnement. Il faut continuer d’avancer et c’est ça qui est important pour moi. Je dirai que ça a été fatigant mais ce sont les aléas de la vie de tous les jours. 

 

Et puis, nous sommes dans un sport, le rugby, où lorsque c’est compliqué et qu’il y a de l’adversité, c’est souvent là que l’on peut se fédérer et former des mauls vers des objectifs communs ? 

 

L’entraîneur que je suis aujourd’hui a vraiment ce raisonnement et voit toujours le verre plutôt à moitié plein alors que l’entraîneur que j’étais il y a 15 ans voyait toujours le verre à moitié vide donc, il est beaucoup plus optimiste. 

 

C’est le bénéfice de la sagesse ? 

 

Voilà, c’est un peu le signe de la sagesse et puis, ce sont des aléas avec lesquels il faut vivre. Aujourd’hui, quand un joueur vous quitte, c’est toujours embêtant mais, d’un autre côté, on se dit  » il y en a un nouveau qui va arriver qui va peut-être aussi nous amener de nouvelles choses « . Donc aujourd’hui, il y a des joueurs qui sont partis, il y en a d’autres qui sont arrivés, on sera en équilibre voire même avec un peu plus de recrues par rapport aux départs pour étoffer un peu plus notre groupe. C’était le principal pour pouvoir faire une bonne saison cette année. 

 

Pour faire un résumé, l’ASV Lavaur continue sa mue pour affronter de nouveaux défis ? 

 

Oui mais de toute façon, je suis un homme de défis, comme Alexandre Albouy donc, quand c’est trop plat, on s’endort. Moi, j’aime bien que ce soit un peu cyclique, parfois on est en haut, parfois on est en bas mais c’est aussi ce qui nous fait avancer. Cette année, l’intersaison a quand même été très cyclique, un coup en haut, un coup en bas, pour faire avancer et pouvoir constituer un groupe fort. On garde quand même des valeurs très sûres dans le groupe : Clément Auvergnas, qui était le capitaine l’année dernière, Baptiste Hecker … 

 

Il y a quand même un ADN qui reste ? 

 

Il y a un ADN qui reste, l’ADN fort comme Nicolas Clergue et des joueurs d’expérience qui restent. Il y a d’autres joueurs qui, sur le début de saison, sont en train de se découvrir et de se lâcher un peu plus que la saison dernière par rapport à leurs comportements et leurs vies de groupe.  Ensuite, tous les joueurs qui viennent à Lavaur sont quand même à 95% des joueurs que j’ai déjà connus, pratiqués ou avec qui j’ai bien échangé. Donc, je connais les joueurs mais je connais surtout aussi les hommes et une équipe de rugby, avant d’être constituée de joueurs, elle est quand même constituée d’hommes. Et quand les hommes sont bien ensemble, les joueurs vont beaucoup mieux ensemble après. 

 

Totalement. Comme le dirait un entraîneur albigeois  » quand on s’aime en-dehors du terrain, on peut faire de belles chose sur le terrain  » ? 

 

Exactement. D’ailleurs, j’ai quelques point communs avec quelques anciens entraîneurs albigeois, que ce soit celui qu’il y a actuellement ou celui qu’il y avait bien avant et qui a fait l’ère albigeoise. Je pense que nous avions, dans le sens des hommes, une base de valeurs communes qui était très forte et ça, c’est important. 

 

On va souhaiter le meilleur à l’ASV Lavaur dans cette nouvelle saison 2020 / 2021 et on ne manquera pas de venir de faire des check-points pour voir comment ça a évolué. Et puis, on dit souvent que  » pour vivre heureux, vivons cachés  » : dans votre poule, on parle beaucoup d’équipes comme La Seyne, Saint-Sulpice et compagnie. Peut-être est-ce le meilleur argument pour Lavaur que vous arriviez un peu cachés et que d’un coup, dans les rétroviseurs, vous sortiez de la boîte ? 

 

Je laisse les gens en parler. C’est vrai que nous, nous n’aimons pas trop faire de vagues et cette année, les seules vagues que nous ayons un peu faîtes ont été pendant l’intersaison avec ce qui s’est passé dans l’extra-sportif. Dans le sportif, nous n’avons pas fait de vague ni de grande déclaration et c’est ça qui est important pour nous. On ne fait pas de déclaration, on n’a pas raconté partout qui on faisait venir, on a essayé de travailler le mieux possible et de continuer à bien travailler, d’essayer d’organiser et de former un groupe fort pour pouvoir avancer, c’est cela qui est important. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-24-juillet-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Nicolas Hallinger lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 24 juillet 2020

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