#Football – N2 / P.Maurel (Colomiers) « Fortement travailler pour exister »

Ayant repris depuis deux semaines les entraînements collectifs, l’US Colomiers souhaite encore bousculer les hiérarchies cette année et faire valoir ses droits au top 5 de leur poule de N2. Pour cela, les troupes de Patrice Maurel auront fort à faire face à des adversaires de haut calibre et ne doivent pas se rater sur la préparation.

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Pied sur le ballon, coach Maurel suivra avec attention ses troupes durant leur prépa – Crédit USC

Confinement, arrêt du football pendant quatre mois, les jambes ont du être un peu lourdes pour certains au moment de la reprise. Comment avez-vous amorcé la préparation à cette saison un peu hors du commun ?

Pendant ce confinement, il y a eu énormément d’avis de personnes alors que personne ne maîtrise car ça ne s’est jamais produit auparavant. Pendant cette période, nous avons réussi à garder le lien via de la visioconférence. Nous avons réussi à avoir l’effectif souhaité assez rapidement. Chose qui n’était pas aisée. Nos joueurs sont fortement sollicités et à des tarifs assez importants mais nous avons réussi à fidéliser tout le monde. Après, durant l’intersaison de juin, nous les avons fait travailler sur une préparation individuelle pour une reprise avec un peu plus de six semaines de préparation. Nous avons commencé par un test à l’effort pour vous où nous en étions le 15 juillet dernier pour la reprise. Ça nous permet de garantir que les joueurs ont travaillé durant cet intersaison. Nous avons amorcé sur une reprise progressive sans aucun jeu dans un premier temps. Notre réflexion d’entraînement était d’imaginer des joueurs blessés depuis quatre mois, qu’est-ce qu’on fait ? Nous sommes partis sur des principes de réadaptation avec des courses, de la coordination, aussi des jeux de cohésion. Pour moi, la base demeure l’esprit d’équipe sachant qu’actuellement, nous n’avons pas de vestiaires ! C’est une entame de préparation où nous essayons d’aller doucement, ce qui est perturbant pour les joueurs. Même s’ils ont envie de reprendre le ballon et faire beaucoup de jeu, je pense qu’il a d’abord fallu reprendre les bases.

Que pouvez-vous dire sur l’état d’esprit du groupe pour le moment ?

Aujourd’hui, l’effectif est un effectif qui se suit avec seulement trois nouveaux joueurs. Les autres étaient déjà présents la saison dernière et connaissent nos principes, notre fonctionnement et nos attentes. C’est un groupe très studieux qui comprend où nous voulons en venir. C’est maintenant à nous d’entretenir cela le plus longtemps possible.

On va se pencher sur l’entame de saison qui approche. Les groupes sont tombés début juillet. Vous êtes donc pensionnaires du groupe D, un groupe assez corsé. Quel a été votre sentiment lorsqu’il a été dévoilé ?

J’ai pensais que c’était un énorme groupe. Nous avons une grosse expérience à ce niveau et toutes les équipes de ce groupe sont de très bonnes équipes. Ce sont soit des équipes autoproclamées par le budget ou les ambitions prétendantes à la montée, mais également beaucoup de très bons outsiders qui travaillent bien avec des effectifs très complet. C’est un groupe très dense où nous devrons fortement travailler pour exister et maintenir la cadence que nous avons depuis de nombreuses saisons. Malgré notre budget restreint, nous existons chaque année dans le haut du classement. Il va nous falloir encore élever le niveau de jeu, le niveau d’engagement pour pouvoir faire comme d’habitude.

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Dans ce groupe, vous avez une petite particularité avec seulement deux équipe réserves…

C’est les orientations des clubs pros. Les premières années, les réserves étaient très fortes ! Je me rappelle de Nice avec beaucoup de pros d’aujourd’hui, de Monaco avec Mbappé. Aujourd’hui, les clubs pros voient la chose différemment et essayent de prêter leurs joueurs le plus tôt possible. Ils souhaitent les faire jouer très tôt à un niveau N2 qui n’a rien à voir avec le niveau N2 d’il y a 10 ans. C’est maintenant un niveau où toutes les équipes s’entraînent le matin et tous les joueurs ont un contrat. Je pense que nous sommes l’un des seuls clubs de la poule où les joueurs travaillent à côté. Ce n’est même plus du semi-professionnalisme. Ça se voit dans le calendrier, nous avons des matchs placés tôt en semaine. Ça signifie que l’on ne se questionne pas sur un potentiel emploi des joueurs et du coup la nécessité de poser trois jours de congé pour pouvoir se déplacer.

De tels points ne risquent-ils pas de vous pénaliser et ne mériteraient-ils pas un petit rappel à la FFF ?

Chacun est dans son rôle. Râler ne servirait à rien. Notre rôle est de nous adapter. Un match le mercredi vaut trois points tout comme un match le samedi. Notre devoir est donc de nous préparer pour exister. J’ai vu que certains avaient râler. Je ne suis pas du tout dans cette posture. Il y a les dirigeants pour diriger. Moi personnellement je suis concentré sur mon rôle d’amener le groupe à performer. Nous ne serons concentrés que là-dedans. J’ai des joueurs valeureux, ils poseront quelques jours de congés et ils seront performants.

On a donc parlé d’un groupe assez relevé. Des favoris se détachent-ils selon vous ?

Pour moi, ça va être très dense. Comme dans tout championnat, les favoris restent les plus gros budgets. C’est comme ça. Les favoris c’est donc pour moi Les Herbiers, Béziers, Le Puy. Ça peut également être Angoulême. Ils se sont renforcés et comptent évoluer financièrement sur les années à venir. Historiquement Romorantin est davantage un club de National que de N2. Bergerac est un club avec de fortes ambitions malgré quelques mouvements, tout comme Trélissac. J’ai déjà donné quasiment la moitié du groupe ! Après, nous, nous sommes là avec certes les faiblesses que nous avons identifiées, mais également les forces que nous avons identifiées. Les clubs qui descendent de National sont pour moi de logiques favoris également. Mais les matchs se jouent sur le carré vert, c’est onze contre onze avec des remplacement et à compter à la fin. C’est un groupe où il ne va pas falloir dormir.

Vous avez évoqué l’évolution du fonctionnement des clubs de National 2, un virage que ne prend pour le moment pas l’US Colomiers. Cela ne pourrait-il pas vous causer tord dans l’avenir malgré vos bons résultats ?

Après j’observe des choses. Des clubs ont sollicité mes joueurs avec des salaires que je n’avais pas vu en N2 il y a quelques années, mais derrière, ils ne passent pas la DNCG. Il y a deux lectures. Je pars du principe qu’il ne faut pas se prendre pour ce que nous ne sommes pas. Il nous faut établir notre force. Notre force c’est quoi ? La formation et fidéliser nos joueurs. Ils s’inscrivent dans des projets à long terme. Lorsque l’on est au club depuis longtemps, on peut vérifier mes propos par les chiffres et la présences des joueurs. Aujourd’hui, les joueurs qui partent, ils partent plus haut, ou c’est que nous avons décidé d’arrêter le chemin ensemble. C’est notre force aujourd’hui. Si l’US Colomiers avait beaucoup plus d’argent, le projet ne serait peut-être pas le même. Je parle donc du projet Columérin qui nous permet depuis six-sept ans d’être quasiment tout le temps dans le top 5 en étant parmi les derniers budgets du groupe. Aujourd’hui nous tâchons d’exister comme cela. Si demain, c’est via autre chose, nous verrons pour nous adapter. L’argent ne fait pas tout. Je vois un club comme Les Herbiers avec un budget monumental, ils sont toujours en N2 depuis trois ou quatre ans. Ils sont souvent proches de nous au classement.

Quoi qu’il arrive, cette nouvelle saison promet d’être spéciale entre les risques de fluctuation de spectateurs, la préparation plus longue, la pause longue qu’a connu le foot. Comment prépare-t-on ses joueurs pour une telle année ?

Je vais accepter le fait de ne pas savoir ce que sera demain. Nous le parti a été de reprendre sur une première semaine d’adaptation puis ensuite de travailler de façon normale. Nous avons programmé davantage de matchs amicaux. C’est notre pari pour espérer être prêts au moment du coup d’envoi de la saison. Il va également falloir être très régulier dans ce championnat. Je vois énormément de blessures dans les gros clubs Européens, on peut citer Griezmann ou Mbappé. Physiologiquement, ça a eu un impact sur les joueurs. On dit que le temps de blessure, c’est le temps qu’il faudra pour revenir au top niveau. Ça ne dérogera pas, quatre mois d’arrêt, je pense qu’il faudra quatre mois au football en général pour que les joueurs retrouvent leur niveau optimal. Mais avant ça, les matchs vaudront tout de même trois points. Il va donc falloir trouver les solutions collectives pour prendre un maximum de points.

Quoi qu’il arrive, vous aurez un regard différent sur cette compétition tout au long de l’année…

Le regard différent c’est le résultat. Ça ne changera pas. Ce qui demeure incertain par rapport à d’habitude c’est comment vont réagir nos joueurs après autant d’arrêt, sur une préparation avec une chaleur très importante, avec un début de saison très rythmé avec quatre matchs en 15 jours. En moyenne, c’est ce que l’on fait dans le mois. J’ai beaucoup d’interrogation, j’attends de voir comment vont réagir mes joueurs. C’est le cas de tout le monde. Il y a une incertitude, je l’accepte et c’est à nous de faire qu’elle soit la plus petite possible.

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