#Rugby – Nat / A.Méron (Tarbes) : «Les intersaisons ne sont jamais très calmes mais le club est toujours là!»

Dans les Hautes-Pyrénée, le capitaine du Stado Tarbes Pyrénées Rugby, Albain Méron, se prépare avec l’ensemble de ses partenaires à relever le défi Nationale. Dans ce bastion de l’ovalie , l’intersaison fut agitée en coulisse, cette nouvelle division véritable antichambre de la Pro D2 sera abordée avec humilité et détermination. Pour l’ex chambérien qui avait connu les joies sportives de la fédérale 1 Élite, tout comme les errances administrativo-financière qui en avaient découlé, ce comeback d’une Pro D3 made in FFR, l’amène à espérer que les leçons du passé soient prises en compte. Jamais cité dans les favoris, mais souvent présent dans le money Time, les ours tarbais, s’activent aux pieds des Pyrénées, à escalader un col dont les lacets sont certes escarpés, mais pourrait relever des surprises tant le « peloton Nationale » est homogène. En clair au TPR, on ne revendique pas le maillot jaune, mais on n’hésitera pas à placer quelques banderilles, car à l’instar du cyclisme, le rugby est de ces sports le supplément d’âme, le panache et le labeur viennent souvent bousculer les pronostiqueurs avisés.

 

Crédit RB Photos – Stado Tpr

 

On va te poser la question incontournable. J’imagine que tu dois un peu avoir au fond de la gorge un brin d’amertume quant à cette saison qui ne s’est jamais terminée et de beaux défis qui restaient en perspective pour le Stado Tarbais, à savoir aller chatouiller Blagnac et récupérer cette place qualificative en Jean-Prat ? 

 

Bien sûr. On reste un peu sur notre faim comme dans toutes les compétitions et dans tous les sports. Cette saison ne s’est pas terminée et comme tu le dis à juste titre, nous avions encore deux belles rencontres à jouer contre Blagnac et Albi. Mais voilà, le virus a eu raison de cette fin de saison et nous serons encore cette année dans la poule de ces deux belles équipes donc on espère aller au bout du championnat et que ça fasse de belles rencontres. 

 

On va arriver à cette poule Nationale mais avant, nous allons boucler la bouche de la Fédérale 1 version  » avant coronavirus « . Vous étiez 3es dans les rétros de Blagnac et, même si je sais que les joueurs n’aiment pas trop faire de projections ni de pronostics, est-ce que tu penses que vous aviez dans le ventre la possibilité d’aller chercher ces Caouecs de Blagnac ? 

 

Honnêtement, je pense que sur l’ensemble de ces deux rencontres directes, et il faut aussi voir la vérité en face, Blagnac était meilleur que nous. Sur l’ensemble du championnat, il peut toujours se passer des choses mais il me semble que l’équipe de Blagnac était équipée pour ne pas faire de faux-pas et pour conserver sa seconde place jusqu’à la fin de la saison. 

 

A l’issue de cette saison tronquée, qui n’aura jamais eu de véritable fin, il y a eu une grande réforme de la Fédérale 1 qui, au bout du bout,  a abouti à la création d’un championnat National. En tant que joueur, que compétiteur et que personne avertie des enjeux du rugby, j’imagine que c’est quelque chose qui, pour toi, arrive comme un véritable soulagement ? 

 

Oui, exactement, comme un soulagement et comme un nouveau défi. C’est vrai que, quand on est un sportif professionnel, que l’on aime un petit peu les défis et les nouveaux challenges, je pense que cette poule Nationale va en ravir plus d’un et va permettre à toutes ces équipes de Fédérale 1 de se rencontrer dans le même championnat, ce qui devrait donner un championnat vraiment sympa et relevé qui se rapprochera peut-être un petit peu plus de la 2e division nationale aujourd’hui. 

 

On a vu qu’à Tarbes, il y avait eu un chassé-croisé du recrutement qui s’est fait en deux phases. Il y a d’abord eu pas mal de départs avec des joueurs cadres, tout le monde parlait d’hémorragie. Et là, depuis quelques semaines, il y a du lourd et du costaud qui arrive à Tarbes. Il était quand même indéniable de s’armer pour cette Nationale parce qu’on ne peut pas arriver la fleur au fusil dans ce championnat qui va être un ruck géant ? 

 

Clairement. C’est vrai que nous avons eu pas mal de départs et si le recrutement et les annonces de recrutement se sont peut-être faites un petit peu plus tard que les autres équipes, c’est parce-que je crois que la direction du club avait à cœur de faire les choses à l’endroit et de recruter en fonction de son budget et de ne pas utiliser de l’argent que nous n’avions pas. Peut-être qu’ils ont été un petit peu plus lents que la moyenne mais l’important est d’avoir son effectif pour la première journée de championnat. Donc oui, il y a quelques recrues qui donnent envie de voir ce que ça va donner sur le terrain mais nous sommes conscients que toutes les équipes vont s’armer ou se sont déjà armées au maximum pour rivaliser et essayer d’accrocher les meilleures places de ce championnat. On sait que tout le monde s’équipe mais la vérité sera sur le terrain. On verra ce que ça donne mais je crois que le club avait à cœur de faire le meilleur recrutement possible avec le budget dont il disposait. 

 

A titre personnel, et en tant que capitaine, quand tu as commencé à voir pas mal de joueurs cadres qui s’en allaient plus le point d’interrogation sur le fait que le président Terré continuerait ou non à la tête du club, est-ce qu’il y a eu un moment où tu t’es posé la question d’envisager de partir ?

 

Il est certain qu’il s’est encore passé pas mal de choses lors de cette intersaison à Tarbes. Comme le président Terré à l’habitude de le dire, les intersaisons à Tarbes ne sont jamais très calmes mais le club est toujours là. Il y a des départs, il y a des arrivées, nous n’étions pas sûrs de savoir si le président allait continuer et autres. Moi, je prends toujours un petit peu de recul par rapport à ça et je me dis que, de toute façon, je ne suis pas le décisionnaire de toutes ces choses-là donc je n’impacte pas ces décisions. Je voyais surtout ma situation en me disant  » j’espère qu’il va y avoir un maximum de joueurs qui vont rester  » parce-que nous avions quand même une belle équipe cette année. Après, les choix de chacun se respectent et chacun fait comme il pense être le mieux pour sa situation personnelle. Donc, pas de jugement là-dessus et j’attendais simplement de voir ce que ça allait donner. 

 

Mais toi, tu n’as jamais personnellement envisagé un départ ? 

 

Non, je n’ai pas envisagé de départ. Je pense que, comme tout joueur, on souhaite toujours jouer au meilleur niveau possible. Donc, pour moi aujourd’hui, c’est cette poule Nationale avec Tarbes et non, je n’ai jamais envisagé de quitter le club. Pour l’instant, j’y suis bien donc j’y reste. 

 

Quand on entend les pronostiqueurs de l’été, les suiveurs, les journalistes et moi le premier, on parle souvent des favoris de cette poule Nationale, Albi, Massy, Bourg, Nice et d’autres mais on omet de nommer Tarbes. Le fait que tout le monde vous oublie ne serait-il pas le meilleur levier pour vous et pour qu’en Septembre, vous soyez bel et bien là pour venir  » casser la bouche  » à tout le monde ? 

 

Je ne sais pas si on nous oublie un peu mais ce qui est certain, c’est qu’on parle de ces équipes qui risquent de jouer les premiers rôles comme Albi et Massy et ça, c’est une certitude. Après, où allons-nous nous situer avec Tarbes ? Je ne sais pas du tout mais, comme tu le dis, je crois que le moins on parle de toi et de ton équipe mieux c’est parce-que personne n’attend rien de nous et c’est très bien comme cela. Nous allons travailler de notre côté, en travaillant vraiment avec les joueurs et le niveau que nous avons et on verra ce que ça donne sur le terrain. Je dirai que nous aurons les moyens de faire le meilleur job possible sur le terrain. 

 

En plus, tu joues dans un territoire, le Piémont Pyrénéen, où la solidarité et l’orgueil sont vraiment quelque chose d’ancrés. Et si on vous  » dévalorise  » trop, ça peut quand même être un bon levier ? 

 

C’est sûr que nous sommes dans une région où il y a beaucoup de gens fiers de ce club, de cette région et de ce département. Et ils ont bien raison parce-que je crois que, si on veut espérer faire quelque chose dans le sport ou ailleurs, il faut être fier, savoir d’où l’on vient et défendre ses couleurs. Il est certain qu’il y a de la fierté et de l’orgueil et ça fait partie de la performance pour essayer de faire une grosse saison. 

 

En tant que joueur, tu avais connue  » feue la Fédérale 1 Elite  » ? 

 

Je l’ai connue avec Chambéry mais pas avec Tarbes. 

 

Tu te souviens un peu des problématiques qu’il y avait eu par rapport à la Fédérale 1 Elite : c’était un très beau championnat sportif mais par contre, il n’y avait ni le modèle économique ni l’enveloppe qui allait autour. J’imagine que, pour tous les joueurs de France et de Navarre, vous allez faire le taf sur le terrain mais vous espérez que derrière, les dirigeants de clubs, la Fédé et les instances arrivent à vous donner un cadre pour que ce championnat soit pérenne ? 

 

Exactement, je crois que c’était un petit peu l’effet qu’il y avait pu y avoir sur ce championnat il y a quelques années. Il est certain que nous, les joueurs, nous allons nous donner au maximum sur le terrain pour se rapprocher de cette seconde division mais c’est vrai que, si tous les clubs qui figurent dans ce championnat National peuvent assurer le côté financier et continuer à faire que ce championnat existe, ce serait vraiment super pour nous, pour les joueurs et pour le rugby français parce qu’encore une fois, ça va élever le niveau. On espère que ça se passera bien pour tous les clubs et qu’ils pourront assurer la continuité. 

 

Quand tu étais à l’époque à Chambéry, comment avais-tu vécu le fait qu’en plein milieu de saison, il y avait eu un championnat à deux vitesses ? 

 

Avec Chambéry, il me semble que nous étions 7es et au milieu de la saison, nous avions appris qu’il y avait 5 ou 6 équipes qui ne pourraient pas participer aux phases finales parce-que les dossiers financiers ne tenaient pas la route. Pour Chambéry, on l’a forcément bien vécu parce qu’en étant 7es, on s’est retrouvé à jouer une demi-finale aller / retour contre Bourg-en-Bresse qu’on a réussie à gagner pour aller en finale contre Nevers donc, c’était quand même de belles rencontres à jouer alors qu’à la base, nous n’étions pas forcément invités sportivement. Mais il est sûr qu’il est décevant de voir autant d’équipes qui ne peuvent pas continuer ni espérer jouer les phases finales à cause du côté financier et infrastructurel. 

 

Cette double finale contre Nevers, car elle se jouait en aller / retour à l’époque, doit quand même encore te trotter dans la tête car à Chambéry, vous n’êtes pas passés loin de l’exploit ? Ça s’est joué à pas grand-chose et je rappelle encore des titres de la presse après la finale aller  » Chambéry : un pied et demi en Pro D2  » 

 

Clairement. Déjà, personne ne nous attendait en demi-finale contre Bourg-en-Bresse, on réussit à passer en finale. On gagne le match aller contre Nevers chez nous et, lors du match retour chez eux, il y a clairement eu une différence entre les deux équipes. Mais, nous n’étions pas si loin et ça reste malgré tout de bons souvenirs, je pense, gravés dans nos mémoires. 

 

On imagine qu’en bon capitaine, tu vas essayer de faire infuser ces bons souvenirs que tu as avec Chambéry à tout l’effectif tarbais en leur disant  » les gars, si on va se chercher une qualification en phases finales, c’est quelque chose de magnifique à vivre « . Surtout dans ce championnat assez resserré où les phases finales risquent d’être des matches assez haletants ? 

 

Oui mais on ne va pas s’affoler, nous ne sommes pas encore en phases finales. Nous allons d’abord démarrer cette saison, voir ce que nous allons être capables de produire sur le terrain et nous parlerons plus tard de notre position dans le championnat en fonction de nos résultats. Mais, pour l’instant, c’est vrai que la perspective des phases finales est encore loin et je pense qu’il ne faut pas brûler les étapes, il faut faire cela dans le bon ordre. On verra au fil de la saison comme on se situe et ce à quoi on peut espérer. Mais la saison va être longue et il y aura pas mal d’étapes avant cela. 

 

Ces phases finales sont quasiment calquées sur le modèle du Top 14 avec des barrages entre les 3es, 4es, 5es et 6es pour accéder aux demi-finales. C’est envisageable qu’une équipe qui finisse 5 ou 6e aille, au bout du bout, chercher la timbale et la Pro D2 ? 

 

Oui, ça, j’y crois et pour tout type d’équipe à n’importe quel niveau. J’y crois totalement, le principal dans les phases finales est d’y être qualifié. Qu’on soit 6e ou 1er ne veut pas forcément dire que le 1er ira en finale et que le 6e se fera sortir au premier tour. Ca, c’est vraiment aléatoire et le rugby en parle très bien, chaque match est différent et sur un match, tout peut vraiment, vraiment se passer. Le plus important est d’être qualifié et après, prendre les matches les uns après les autres et c’est comme cela que peuvent se créer des exploits comme Castres l’a fait plusieurs fois en Top 14 en n’ayant pas forcément la meilleure équipe. Mais je pense qu’humainement, c’était des mecs qui s’aimaient énormément et ça parfois quelques différences, cela se voyait. 

 

On sait que tu avais un peu mal vécu le dernier derby avec tous les événements qu’il y avait eu autour mais, ce qui va manquer aux supporters, ce sont les derbys contre Bagnères et Lannemezan. Là, l’équipe la plus proche de Tarbes, ce sera Albi et le derby, Tarbes / Albi ? 

 

C’est ça, le plus proche risque d’être Albi. Est-ce qu’on peut parler de derby, je ne sais pas. 

 

On va dire un derby historique

 

Bien sûr, un derby historique mais ce qui est sûr, c’est que chaque week-end, ce sera des matches très relevés d’un bon niveau où ils chercheront la victoire par la performance rugbystique. Et ça, c’est vraiment cool de savoir que ça va se passer comme cela cette saison. 

 

Pour toi, personnellement et même collectivement, où se situera une saison réussie cette année ? 

 

Comme je te l’ai dit, on va prendre par étape. Donc, nous allons démarrer cette saison, notre premier objectif sera d’assurer le maintien comme, je pense, toutes les équipes de la poule. Ensuite, si on assure le maintien, on pourra voir un peu plus haut. Mais, en tout début de prépa physique comme ça, c’est dur de se projeter, de savoir où est-ce que l’on sera. Et surtout, la meilleure façon de faire une bonne saison, c’est de ne pas faire de plan sur la comète et de vraiment prendre les choses dans le bon ordre pour que ça se passe bien, qu’on n’ait pas de mauvaise surprise et qu’on puisse aller chercher plus si tout se passe bien. 

 

Si on a bien compris, les Ours Tarbais sont toujours debout, toujours présents et prêts à mettre quelques coups de griffes aux équipes qui se présenteront à Trélut, voire même à l’extérieur ? 

 

Bien sûr. Nous donnerons le meilleur sur le terrain et nous irons chercher les meilleures performances possibles que l’on pourra mettre en place ensemble, tout simplement. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-17-juillet-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Albain Méron lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 17 juillet 2020

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