#Rugby – Pro D2 / Les doutes autour de Béziers feront-ils le bonheur d’Albi?

Le feuilleton concernant le rachat de l’AS Béziers Hérault, vient de prendre un nouveau tournant qui laisse le peuple biterrois dans l’expectative. Le projet de rachat mené par Christophe Dominici et ses investisseurs émirati vient de tomber à l’eau suite à un nouveau soubresaut qui s’est joué, ce mardi, dans les arcanes de la DNACG. Alors que depuis le lundi 6 juillet 2020, le projet porté par l’ex international français semblait toucher au but par le biais d’un protocole de vente, le gendarme financier du rugby pro est venu mettre un énième bémol qui a fini par écœurer le trio Ben Romdhane/Pons/Baillard qui était la tête de gondole financière de cette aventure rugbystique voulant redonner du lustre à un bastion de l’ovalie française. Les anciens timoniers Bistué/Valaize/Angelotti se retrouvent dorénavant face à une course contre la montre effrénée pour préparer un plan « d’atterrissage » permettant à ce club légendaire de concourir à la Pro D2 2020/2021. Ce jeudi, le club Héraultais doit à nouveau passer devant la DNACG, avec l’épée de Damoclès d’une relégation en cas d’impossibilité et d’incapacité à combler le trou financier restant (plus de 2 millions d’euros). Le Sporting Club Albigeois pourrait-il bénéficier des atermoiements biterrois ? Personne ne peut à l’heure actuelle le confirmer ou l’infirmer, mais il est certain que l’hypothèse peut être envisagée pour les Tarnais qui avaient fini 1er national de fédérale 1 à l’issue de l’arrêt des compétitions, tant l’épilogue est périlleux pour l’ASBH. En tout état de cause, le SCA qui s’est vu refusé administrativement sur fond de contexte de crise sanitaire, l’accession à la Pro D2, commence a jeter un regard attentif à ce dossier aussi haletant qu’explosif. Nous avons essayé d’apporter quelques éléments d’éclairage dans une affaire, où l’obscurité a souvent prédominé sur la clarté, et qui pourrait devenir l’apanage d’un rugby Pro tricolore qui a parfois tendance à des relents auto-destructeurs.

Le roi est mort vive le roi, crieront les détracteurs de Christophe Dominici, qui après s’être battu bec et ongles pour faire avancer ce projet, a vu ses rêves venir se fracasser face à ce que certains appelleront une forme d’omerta du rugby professionnel. D’autres agitent déjà le prisme d’une lutte de pouvoir entre Paul Goze (Pdt LNR) et Bernard Laporte (Pdt FFR), pour expliquer ce parcours semé d’embûches qu’a dû affronter l’ex joueur du Stade Français, dont tout le landerneau rugbystique connaît la proximité avec l’ancien ministre des sports. Mais pour l’ancienne équipe, qui se retrouve à nouveau maître à bord du navire Béziers, la mer est agitée et la houle se fait prégnante. Selon les sources de Rugbyrama, ces derniers vont devoir présenter sous 72h un plan de sauvetage du club, qui incorporera une réduction drastique de la masse salariale et un budget amené à sa portion la plus congrue. Autant dire que le savonnage du « Projet Emirati » pourrait avoir un effet boomerang sur les anciens/futurs patrons de l’AS Béziers Hérault. Certaines sources parlent d’un PGE accordé au clan Angelotti/Valaize/Bistué , aux alentours d’1,7 million d’euros pour combler une partie de la dette du club Méditerranéen, quand d’autres parlent pour ce montant d’une facture opaque à régler . (en tout état de cause il leur resterait ,toujours selon ces sources, plus qu’à trouver 400 000 euros correspondant au naming « Angelotti » du à l’association ASBH, en 3 jours pour boucler un budget à minima). Cette manœuvre pourrait être salutaire, à condition comme le stipule ces « prêts garanties par l’état » et mis en place pendant la crise du Covid 19, que la dette soit liée à cette dernière et non antérieure. Car si cela était le cas, certaines questions pourraient se poser quant à la mansuétude qu’aurait eu la DNACG par le passé avec les Héraultais, un client régulier et saisonnier du gendarme financier de l’ovalie.

Malgré le communiqué de presse du groupe SOTACO (voir en fin d’article), les investisseurs déboutés mèneront-ils une contre-attaque ? La question est en suspens, surtout aux vues du prétexte invoqué par la DNACG (une histoire de chèque personnel de Samir Ben Romdhane au lieu d’un chèque de banque). En outre, le contexte enfiévré du club, où de nombreux supporters s’étaient mis à rêver de lendemains fastueux et d’un ASBH retrouvant le haut du pavé du rugby hexagonal, risque de rendre la marmite Héraultaise en ébullition. Un chemin tortueux qui pourrait voir au bout du bout, si aucune solution financière pérenne n’émergeait, un des clubs les plus titrés du rugby français s’enfoncer dans les méandres de la fédérale.

Pour Albi qui s’est battu en vain tout au long du printemps, dans un bras de fer médiatico-sportif entre LNR et FFR pour accéder à la Pro D2, ce revirement pourrait s’apparenter comme une nouvelle chance au tirage. Joints téléphoniquement , les dirigeants albigeois gardaient une réserve certaine sur un dossier qui pourrait bientôt, par effet de cascade, les concerner. Car à Albi, joueurs, supporters et encadrement sont encore fort meurtris de la bataille précédente, qui avait vu l’ensemble des clubs professionnels faire barrage à l’accession des Albigeois et des Massicois.

Pour le moment, l’état-major jaune et noir était en mode « Wait and see », tant les rebondissements ne manquent pas dans cette histoire qui tourne quasiment au vaudeville. En outre, beaucoup dans la préfecture du Tarn pensent aussi à observer une décence légitime, quand un club comme Béziers se bat pour préserver son microcosme économique et son statut Pro. Au pied de la cathédrale Sainte-Cécile, personne n’a oublié la plaie béante qu’avait laissé la relégation administrative en 2008 suite à la seconde saison des jaunes et noirs en Top 14. En clair, dans le club d’Alain Roumegoux, on ne veut pas se réjouir par avance des peines d’un club méridional « cousin » et d’une situation qui, sans être analogue à celle qu’ils ont connue, ne laisse pas insensible au Stadium Municipal .

Mais si d’aventure, le club biterrois venait à sombrer financièrement, selon nos sources, Albi ne passerait pas, bien entendu, son tour et tenterait de monter un budget dans un temps record (15 jours). Sportivement, le dossier est celui qui parait le moins complexe, tant Arnaud Méla avait prévu un mercato à tiroirs suivant l’échelon où évolueraient les albigeois. L’apport de 3 ou 4 recrues supplémentaires (Un ouvreur, un 2nde ligne entre autres) pourraient permettre de bâtir un groupe prêt à relever le défi Pro D2.

Financièrement et en termes organisationnels, le challenge serait plus ardu. Le club de la cité épiscopale se devrait de générer des capitaux propres plus conséquents qu’en division Nationale, un écueil pas insurmontable loin de là, selon les dernières informations que nous avons collectées . En outre, la grille tarifaire et la campagne d’abonnements déjà commencée pour la division intermédiaire entre Pro D2 et fédérale 1, devrait être abandonnées le cas échéant , pour s’adapter au nouveau destin qui serait réservé aux SCA. Du côté de la mairie d’Albi, soutien indéfectible du club, le niveau d’aide exceptionnelle prévu en Pro D2, étant quasiment le même que celui effectué pour la Division Nationale (200 000 euros), rien n’entraverait la démarche. Une question resterait en suspens, la capacité de réaction des partenaires dans un laps de temps aussi court.

Mais à Albi, alors que les joueurs ont fait corps collectivement lors de renégociations salariales avec les dirigeants, ce défi saura être relevé si la possibilité leur était donnée d’accéder à une Pro D2, qu’ils poursuivent depuis 3 ans. Habitué aux rebondissements en tous genres, le club au gré de son passé a développé une certaine agilité dans l’exercice. En définitive, dans l’esprit des Tarnais c’est n’est pas SCA Vs ASBH , mais plutôt Albi si malheureusement pas Béziers. L’heure n’est pas encore à préparer de tour de table, mais les résidents du Stadium se tiennent dans les strarting blocks le cas échéant. Un ticket pour la Pro D2, même s’il advenait par défaut ne se refusant pas. Quid de Massy et de Bourg en Bresse qui eux aussi candidataient à une accession au second étage du rugby français?

Du côté de la Fédération Française de Rugby, qui avait poussé pour l’accession des Albigeois, cette situation pourrait s’apparenter à un 3eme tour, après qu’au premier là LNR ait refusé l’accession du SCA et qui l’a vu participer au second tour au co-financement de la nouvelle division nationale. Peut-on voir un signe dans le report des calendriers de fédérale 1 et de Nationale au 24 juillet, d’une position d’attente de France Rugby? Sur ce sujet, les dirigeants fédéraux restent muets comme des carpes et ne laissent poindre aucun signal. Mais bien évidemment, si la passerelle Pro/Amateur se réamorçait sur l’autel des affres financières biterroises, l’instance qui régit le rugby français n’opposerait aucunement son véto.

Pour conclure, le chemin pour les albigeois vers la Pro D2 est loin d’être une voie royale et ressemble plutôt à un chemin escarpé, mais dont le jeu peut en valoir la chandelle. Réponse d’ici quelques heures, où bien sûr, comme à l’accoutumée dans ce « dossier ASBH », tous les rebondissements sont permis. À Albi, dont l’histoire du club s’est écrite bien souvent dans l’adversité, l’hypothèse n’est pas exclue, mais on ne s’enflamme aucunement pour ne pas vivre une nouvelle désillusion.

Article rédigé par Loïc Colombié

Le communiqué de Presse du Groupe SOTACO (Ben Rondame/Pons/Baillard):

Nous étions venus acheter des vignes et nous avons rencontré des gens charmants, accueillants, souriants qui nous ont adoptés et qui nous ont fait aimer cette belle Région. Nous avons rencontré le Maire, Robert Menard, qui dans un échange d’une grande cordialité nous a demandé notre soutien sur le devenir du club de rugby de Béziers.Nous avons rencontré les dirigeants et nous avons proposé de racheter le club avec comme condition de faire ni perte, ni profit et que tout investissement soit destiné uniquement pour le club, les supporters et les biterrois.

Nous étions venus en paix et non avec l’idée d’effectuer un hold-up. Plusieurs fois nous est venue l’idée de jeter l’éponge car en aucune façon nous ne voulions obliger ou forcer qui que ce soit à vendre. Notre projet était simple : Redonner à Béziers ses lettres de noblesse avec nos amis Yannick Pons, l’enfant du pays et Christophe Dominici, l’enfant du rugby. Nous avouons humblement notre méconnaissance du monde rugbylistique et de ses arcanes et nous voulions travailler dans la discrétion et le long terme.

Il a fallu une semaine pour que notre demande d’accord de confidentialité soit acceptée. Le lendemain de la réception de notre lettre d’intention, nous apprenions que les actionnaires actuels étaient sur un autre projet puis, sur l’insistance de Christophe Dominici, nous sommes entrés en phase de négociation. Après des heures de travail et de discussions, nous avons signé un protocole d’accord le 6 juillet assujetti de quelques clauses subrogatives pour oxygéner le club. Nous tenons d’ailleurs à remercier Maître Thierry Braillard pour l’accompagnement diligent et compétent qu’il nous a prodigué.

Nous tenons à souligner l’excellente collaboration de la DNACG et du Conseil supérieur qui ont, notamment, tenu les délais de leur délibéré pour que nous puissions obtenir l’accord de cession avant le 15 juillet afin de nous permettre les recrutements annoncés. Alors que nous avions apporté, dans des délais restreints et contraints, tous les éléments demandés, et que nous pensions légitimement que tous les signaux étaient au vert, nous avons reçu une flèche obligeant la DNACG à ne pas pouvoir donner son accord immédiat et ayant comme première conséquence de ne pas faire le recrutement nécessaire dans les temps pour redonner à Béziers sa véritable place dans le rugby français.

Nous partons tristes et nous savons que le cœur de biterrois saigne et pleure… Le nôtre aussi car la magie d’un projet s’est éteinte aujourd’hui. « Nous achetions une voiture accidentée relativement très chère et le vendeur nous demande de prouver que nous pouvons la rendre plus belle qu’elle n’était… Nous verrons s’ils arrivent juste à la faire rouler…. » Nous étions venus en paix et repartons de même.

Philippe BAILLARD, Pour le Groupe SOTACO.

Communiqué de Presse « Passion Ovalie » (Bistué / Valaize / Angelotti)

La société Passion d’Ovalie, actionnaire majoritaire du Club Béziers Rugby ASBH, s’étonne de ce que Mr Philippe BAILLARD, représentant de Sotaco Managment, évoque une flèche reçue, alors qu’au contraire de ce qui a pu être relaté dans la presse, les parties ont travaillé d’arrache-pied, dans une coopération parfaite et totalement transparente. Cette coopération a permis le 6 juillet, de signer un accord de cession du club, avec un financement de celle-ci par crédit vendeur évitant tout problème de financement pour les acheteurs. Et contrairement à ce qu’insinué, aucune conditions, garanties ou autres demandes n’a été formulé depuis. Le seul décisionnaire restant alors la DNACG. Toutefois, le projet sportif de la société Sotaco Managment, qui prévoyait une masse salariale de plusieurs millions d’euros, n’a point été validé par la DNACG.(…)

La DNACG a jugé les éléments apportés par la société Sotaco Managment comme insuffisants et a rejeté le dossier de reprise du club. La cession du club n’a donc pas échoué par un refus des actionnaires actuels ou, comme évoqué, par une exigence de dernière minute, mais du seul fait des règles prudentielles de la DNACG.

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