Football – D1F / S.Fau (Le Havre) : «Une belle opportunité, un beau challenge à relever!»

L’ancien couteau Suisse de l’ASPTT Football de l’Albigeois (coach Adj, Prepa physique, analyste vidéo),Samuel Fau, après deux saisons en D2F, fait son retour par la grande porte dans l’élite du foot féminin. Pour cet originaire de Montpezat du Quercy (82), terre de rugby par excellence, cette aventure en D1F avec le HAC, s’apparente à une magnifique relance des 22, pour celui qui ambitionnait, il y a quelques semaines de cela, occuper le poste de numéro 1 du banc des rouges et jaunes Tarnaises. Entretien avec un technicien plein d’avenir, qui débarque au Havre pour, à l’instar de ce qu’il a fait en terre cathares, apprendre auprès d’un coach réputé Thierry Uvenard et progresser dans un club professionnel structuré.

Samuel Fau, félicitations pour ton nouveau poste au Havre, c’est une vraie promotion pour le jeune coach et technicien que tu es ? 

Merci et oui, c’est une belle opportunité, un beau challenge à relever, une progression donc c’est toujours intéressant.
 
Pour toi, c’est le saut dans le grand bain, tu plonges dans le monde professionnel. A l’ASPTT, tu étais sur un credo semi-amateur / semi-pro avec une équipe dont certaines avaient joué en D1 mais qui n’avait pas le statut professionnel. Qu’est-ce que cela va changer concrètement pour toi ? 
C’est clairement un beau saut dans la performance car il ne faut pas se cacher que ça va être un haut-niveau de performances, que ce soit sur les structures, sur le déroulé des semaines, sur tout ce qui est déjà mis en place et ce qui va l’être encore plus à l’avenir au niveau des féminines du Havre. Donc, il est sûr que c’est un grand bond en avant et, comme tu le sais, je suis content d’être dans ce projet.
 
Le Havre débarque en D1 féminine mais c’est une structure pro qui a de l’ambition. Quel va être l’objectif ? Le maintien et essayez d’aller gratter un peu plus haut ? 
Il y aura déjà l’apprentissage de ce niveau étant donné que c’est un club quand même relativement récent au niveau des féminines et qui avait comme objectif de monter en D1 au bout de trois ans. Ils sont montés de R1 à D2 la première année, ils ont fini second l’an dernier et cette année, ils finissent premiers devant Saint-Etienne pour cette accession. Donc, clairement, l’objectif de cette saison sera le maintien parce qu’il y aura un certain apprentissage de ce niveau et on sait que la D1 est quand même un championnat très relevé qui laisse peu de place aux autres équipes. Elles ne sont que 12 donc, c’est assez compliqué sachant qu’on sait déjà que les 4 / 5 premières places sont déjà distribuées avant le début de saison. Après, je pense qu’il y aura le premier wagon comme on le voit tous les ans puis un second de 6 / 7 équipes où là, on se battra pour se maintenir.
C’est une accession qui a un peu défrayée la chronique car entre Saint-Etienne et Le Havre, il y a eu une partie juridique ? 
Oui parce-que, lorsque ça s’est arrêté, ça ne se joue sur rien, sur un ratio de 0,2 je crois donc, vraiment rien du tout. Sur la saison, Le Havre n’a perdu qu’un seul match contre Saint-Etienne qui lui, a fait plus de matches nuls. Donc, c’était ultra serré au ration et il est sûr que ça ne s’est joué à rien. Mais je pense que, si la saison avait continué, ça aurait été serré jusqu’au bout, le match retour aurait eu lieu au Havre. Connaissant la qualité de Saint-Etienne, que l’on avait croisé il y a deux ans avec Albi, ça aurait été serré jusqu’au bout. Mais une montée reste une montée (rires).
Tu débarques au Havre mais pas en terre complètement inconnue puisqu’il y a une ancienne albigeoise, Elodie Policarpo plus deux autres qui sont  » dans les bacs  » ? 
C’est ça. De plus, l’entraîneur Thierry Uvenard, a fait quelques années dans le sud de la France, il était l’adjoint de Casanova au TFC en Ligue 1 et le prépa, Benjamin Barthélémy, est de Béziers. Donc, je ne serai pas le seul sudiste là-haut, ça m’ira bien (rires).
Béziers, une terre de rugby, ça va te plaire ? 
Exactement. Nous avons eu l’occasion d’échanger là-dessus, les garçons du Havre sont en Fédérale 2 au rugby et, si on a quelques week-end de repos, il est possible que j’aille y faire un tour.
Avec Béziers et Montauaban en Pro D2, vous allez vous chambrer avec Benjamin Barthélémy ? 
Il est certain qu’on ne va pas se manquer parce-que nous sommes quand même de vrais sudistes et nous parlerons rugby, il n’y a pas à en douter. Mais je parlerai quand même un peu d’Albi pour te faire plaisir (rires).
N’oublie pas qu’à Albi, on tape à la porte pour monter en Pro D2. Cela ne s’est pas joué à grand chose cette année et j’espère que l’année prochaine, ça sera de mise et qu’il y aura enfin ce derby entre Montauban et Albi qui nous donnent de grandes discussions depuis des années
Je leur souhaite aussi. Ça va être une belle poule et je pense que tu risques de te régaler. J’ai confiance en le staff albigeois et en les joueurs pour faire le nécessaire.
On a eu en interview Nicolas Castanier, qui va te remplacer en tant qu’adjoint auprès de Guillaume Balagué à l’ASPTT. Il a mis en place un recrutement assez local et national. Maintenant que tu as un regard apaisé, que penses-tu de ce recrutement de l’ASPTT Football de l’Albigeois ? 
Je pense qu’ils ont fait un recrutement cohérent. Nous connaissions les lacunes qui nous ont manquées l’an dernier qui concernaient la qualité sur le nombre. Nous avions un 11 assez cohérent et ce qui est arrivé derrière était un peu tendre pour ce niveau D2, on ne va pas se le cacher, il y avait beaucoup de jeunes qui ne connaissaient pas spécialement ce niveau. Sur le recrutement, ils ont pris des filles d’expérience et sur le niveau D2, je pense qu’il faut avoir de grosses qualités offensives et j’espères pour eux qu’ils les auront. Malheureusement, on arrive assez souvent à prendre un but en D2, même en D1, et pour gagner des matches, il faut en marquer plusieurs. C’est aussi le mal que l’on a eu l’an dernier, notre meilleure buteuse a du finir à 3 ou 4 buts et, sur un niveau D2, c’est compliqué.
Oui, c’est quasiment rédhibitoire. On a vu dans La Dépêche que le président Espié parlait du premier tiers du championnat, on entend Nicolas Castanier parler de la première moitié de la D2F. Pour l’ASPTT Football de l’Albigeois, est-ce que tu penses que c’est un objectif réalisable ? 
Je leur souhaite ! Ce n’est pas parce-que je ne suis plus au club que je ne vais pas leur souhaiter. On suit quand même le football féminin car il n’y a pas 75 équipes sur la D1 et la D2 donc, on essaie de suivre un peu les transferts qui se font. Après, il faut voir la poule : s’ils sont dans la même que nous avons eu l’année passée, il est certain qu’il y aura 4/5 clubs vraiment calibrés à monter. Ils l’affichent clairement donc, ce n’est pas étonnant. Nantes a mis les moyens, ils sont allés chercher une Laure Lorgeré qui, je pense, ne vient pas pour pas grand-chose. A Orléans, ça va rester cohérent, nous avons vu leur puissance offensive et la cohérence du groupe quand nous les avons jouées l’année passée. Il y a Rodez qui a augmenté son budget pour les féminines à 750 000€ et qui, je pense, va poser des fédéraux pour la première année donc, ça sera aussi cohérent. Brest et Montauban ne seront pas loin et j’en suis déjà à 5 équipes qui, à mon avis, seront en haut. Après, la réalité est sur le terrain, on peut avoir un groupe qui, sur le papier, est peut-être qualitativement inférieur mais qui va se dépouiller et qui fera la différence. C’est le terrain qui parlera mais je pense que ces 4/5 équipes-là seront en haut et après, il y a aura peut-être un deuxième championnat comme en D1 avec des équipes comme La Roche, Saint-Malo, Saint-Maur, les promus, Albi qui sait. Je le répète, je leur souhaite une saison en haut du tableau et une saison assez tranquille et non éprouvante et galère comme nous avons vécue l’an dernier et que tu as pu suivre de très près.
 
En effet. Tu es un jeune technicien, tu as 24 ans, tu as commencé ta carrière sous la protection et les ailes de Patrice Garrigues et Clément Galien et maintenant, tu vas découvrir la méthode Uvenard. Arriver auprès d’un coach aussi rompu au monde professionnel, cela doit être quelque chose qui te met en appétit ? 
Clairement mais pour moi, c’est une grande opportunité. Rien que de travailler avec ces personnes-là, et je vais mettre l’ensemble du staff, je les ai tous eus au téléphone et ils ont été d’une sympathie remarquable, les normands ont l’air assez sympathique.
A part quand on perd au rugby (rires)
Voilà, on va dire ça (rires). Il y a déjà les hommes et ensuite leurs connaissances. J’aurai la chance de passer mes journées avec Thierry Uvenard qui a été adjoint pendant 15 ans en Ligue 1 / Ligue 2 de Casanova, Benjamin Thierry qui a été prépa à Béziers en National et qui, pour beaucoup je pense, est un monstre au niveau de la prépa dans le foot féminin. Il y a Michel Courel, l’entraîneur des gardiens, qui a sorti des Madanda and co au centre de formation auprès des jeunes. Tu comprends bien que moi, je vais arriver là plein d’humilité avec mes 24 ans. Si j’y suis arrivé, c’est que je dois peut-être avoir quelques qualités  mais il est sûr que je vais apprendre énormément rien qu’en passant déjà une année avec eux et cela sera très enrichissant. Toutes les personnes que j’ai rencontrées dans ma petite carrière footballistique, et ils le savent, ont une part dans la réussite que je connais. Quand on rencontre des gens, on essaie de prendre le meilleur de chacun, il y a des qualités chez tout le monde, des défauts aussi et chez moi le premier. Après, on essaie de prendre le meilleur et de s’orienter le plus possible vers la performance et dans cette recherche.
Dont Patrice Garrigues et Clément Galien que l’on salue au passage
C’est certain. Comme je te l’ai dit, tu prends des qualités chez tout le monde. Quand je suis arrivé la première année, il y avait le calme de Patrice, assez réfléchi, la rigueur qu’on ne peut pas cacher de Théodore Genoux puis ensuite Clément Galien qui a amené tout son savoir au niveau de la prépa.
Oui mais une rigueur quand même teintée de fantaisie ? 
C’est sûr mais je répète qu’il faut prendre le meilleur de tout le monde. Il faut essayer de voir comment ça fonctionne, comment les filles le perçoivent par rapport au groupe et de là, peut-être que tu vas tirer dans ce sens-là et te dire  » si ça marche comme ça, c’est bien « . S’ils faisaient quelque chose qui ne marchait pas trop, tu vas plutôt te dire  » je vais peut-être le changer ou faire autrement « . Je pense que c’est le fonctionnement et au Havre, ça va sûrement être pareil. Je vais avoir des comportements ou des méthodologies qui vont changer par rapport à ce que je vais voir au Havre et me dire  » là, c’est plus orienté sur du directif ou pas « . Il est certain que ça va être extrêmement enrichissant et que c’est une vraie chance pour moi.
Et puis, cerise sur le gâteau, tu vas découvrir l’un des plus beaux stades de France, le Stade Océane ? 
Oui et le structures sont, non pas affolantes parce-que c’est un club pro et que c’est structuré. Ils veulent mettre en place un centre de formation seulement pour les féminines, ça a pris un peu de retard avec le Covid, avec toutes les pelouses nécessaires suivant celle sur laquelle vous allez jouer le week-end, que ce soit hybride, synthétique ou herbe. Ce n’est pas péjoratif de dire cela par rapport à l’ASPTT mais c’est un autre monde. Et même au niveau du confort, de pouvoir s’entraîner en journée, c’est déjà énorme.
On sent que tu es ravi de débarquer en terre normande. Par contre, tu nous promets que tu ne prends pas de carte d’abonné au Rouen Normandie Rugby ? (Rires)
(Rires) C’est promis ! Par contre, il faut que toi tu promettes que tu viendras commenter un petit match au Stade Océane vu qu’il est si beau comme tu le dis (rires).
Aucun souci, quand on montera à Massy ou à Suresnes avec le Sporting Club Albigeois, on viendra faire un crochet en Normandie. C’est à une heure de route et, quand on a fait 800 km, pourquoi ne pas en faire 900 ? 
Avec grand plaisir, tu seras le bienvenu comme toute l’équipe et ça m’a fait très plaisir de t’avoir

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-19-juin-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Samuel Fau lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 19 juin 2020

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