#Rugby – Nat / G.Bertrand (Albi) : «Il ne faut pas oublier d’où l’on vient et par où on est passé!»

Alors que la reprise de l’entraînement approche a grand pas, nous sommes allés à la rencontre du vice-capitaine, Sporting Club Albigeois, Gaëtan Bertrand. Pour le 3/4 centre jaune et noir, il est temps d’évacuer les déceptions passées, tout en gardant en mémoire le long cheminement semé d’embûches depuis 3 saisons. Soudés jusque dans la négociation salariale qu’ils ont mené collectivement avec la direction du SCA, les joueurs et Gaetan Bertrand veulent se servir de ce maul affectif pour soulever des montagnes dans cette division Nationale qui sera plus que relevé. Pour l’ex joueur de Lavaur qui entame sa 4 eme saison au « Sporting », l’humilité, l’esprit de fratrie rencontré face aux équipes amateurs de fédérale 1, peut être une source d’inspiration sur le sentier escarpé de la Pro D2.

 

 

Gaetan, nous t’avions eu en plein confinement pour prendre un peu le pouls du vestiaire jaune et noir, pour voir un peu comment tu appréhendais ce confinement et les interrogations qui y étaient liées. Entre temps, le confinement s’est terminé, les interrogations ont été levées. Malheureusement, le Sporting Club Albigeois n’évoluera pas en Pro D2 mais en Nationale. Comment as-tu vécu tous ces soubresauts et ces péripéties qui ont dû te ronger un peu le cerveau ? 

 

C’est vrai qu’en étant confinés à la maison, nous n’avions pas trop d’info et nous nous sommes rongés le cerveau pendant 2 / 3 mois. Ça a été long, on attendait, on attendait et puis c’est sorti. Ça va être des moments un peu plus compliqués mais il faut passer à autre chose et se remobiliser pour l’année prochaine et le nouveau projet qui nous attend. 

 

L’année prochaine, c’est la Nationale, une poule qu’avec des gros calibres, que des équipes qui tendent à court ou moyen terme à monter en Pro D2. Ca va complètement changer de paradigme par rapport à la Fédérale 1 de l’an passé ? 

 

Il est sûr que ça va être beaucoup plus compliqué l’an prochain. Chaque match va être compliqué, que ce soit à l’extérieur ou à la maison. Il faudra se remettre en question chaque week-end et bien bosser la semaine parce-que ça va être très, très dur tous les week-ends. 

 

On sait que pendant ces deux dernières années, Albi avait la pancarte de favori avec Bourg-en-Bresse et Massy. Là, il ne va y avoir quasiment que des équipes qui vont avoir les dents longues et qui vont rayer le parquet. Lorsque vous allez recevoir n’importe quelle équipe, tout le monde va vouloir le scalp du SCA. Être dans la poule du chassé va aussi être compliqué ? 

 

En effet. Si les gens disent que nous sommes favoris, tant mieux mais il y a quelques clubs qui ont bien recruté aussi donc, pour l’instant, on ne va pas faire la fine bouche et on va essayer de travailler, de faire le boulot de notre côté et on va voir comment ça se passe et où on se situe dans cette poule. 

 

Il va aussi falloir re-fédérer ce groupe parce-que cela fait deux ans, voire même trois, que vous avez des désillusions par rapport à cette Pro D2. La première année, vous l’avez perdue sur le terrain mais sur les deux suivantes, il y a eu des contextes bien spéciaux : un contexte sanitaire et un contexte arbitral. Est-ce que pour toi personnellement, cela va être compliqué de te remotiver parce qu’on sait que tu es aussi quelqu’un qui marche à l’affect ? Il va quasiment y avoir une démarche de prépa mentale pour se relancer dans la saison ? 

 

Ça, je pense que ça devrait aller parce-que, normalement, on doit garder 90% de l’ossature de l’équipe de l’an dernier. Après, quand nous serons tous ensemble, on se se servira encore de ça pour revenir plus fort. Au bout d’un moment, je pense que ça peut lasser mais quand nous serons tous ensemble avec le même objectif, je crois que la motivation va vite revenir. Et je pense qu’elle sera là dès la reprise du 1er Juillet. 

 

Comme dans tous les clubs, il y a eu des renégociations salariales. Au Sporting Club Albigeois, vous avez fait corps ensemble, en groupe, vous avez négocié d’un seul tenant. C’est aussi là que l’on voit la force de cette équipe, vous êtes vraiment des frères d’armes ? 

 

C’est ça, nous avons fait un petit groupe avec quelques joueurs et nous avons réussi à trouver un terrain d’entente avec la présidence et le comité directeur, ça s’est bien passé et tant mieux. Tous les joueurs étaient OK, tout le monde allait dans le même sens donc, ça fait plaisir. C’est vrai que s’il y avait eu 5/6 joueurs qui n’auraient pas trop été d’accord et d’autres d’accord, ça aurait été compliqué mais là, tout le monde était d’accord. Et ça, ça donne envie de repartir avec le même groupe, de rester et de faire un beau truc. 

 

On entend souvent dans le sport  » oui, le groupe vit bien, nous sommes dans des copains  » mais ce sont parfois des discours de façade. Dans des moments comme ceux-là, ce sont de vrais actes, des actes fondateurs comme ça l’a été à Rouen et dans l’adversité ? Car ce groupe s’est aussi fondé sur l’adversité : Nafarroa, Rouen, Oloron, Saint-Sulpice-sur-Lèze … Là, vous êtes passés des paroles aux actes ? 

 

Depuis deux, trois ans, le groupe vit quelque chose de compliqué, ça a recommencé cette année après ce qu’il s’est passé l’année dernière. C’est vrai qu’on a vécu des moments difficiles, ce qui nous permet aussi de nous souder. Parfois, quand c’est compliqué, les gens se cassent et bien nous, on se rassemble et j’espère que ça sera de bon augure pour l’an prochain. 

 

On va aussi parler un peu du mercato, il y a du monde qui est arrivé derrière : Garry Lo à l’aile, Josh Drauniniu au centre et Quentin Pilet derrière. Que penses-tu de ce recrutement qui a été fait par le staff jaune et noir ? 

 

Je pense que c’est un recrutement qu’Arnaud avait ciblé et dont on avait besoin car on perd quelques joueurs derrière et du coup, il fallait les remplacer. Il y a quelques iliens donc, je pense qu’Arnaud va aussi chercher ce brin de folie pour nous permettre de décanter les matches. 

 

Pour toi, quelles équipes vont être à surveiller comme le lait sur le feu l’année prochaine pour la montée en Pro D2 ? Beaucoup parlent de Bourgoin, Narbonne et bien sûr Bourg et Massy. Mais tu ne penses pas qu’il va y avoir des trouble-fête ? 

 

Si, je pense qu’il va y en avoir à l’image d’une équipe comme Nice qui est en train de bien s’armer. Après, pour moi, il est sûr que la grosse équipe est Bourg-en-Bresse. Massy est à surveiller aussi, Bourgoin, Narbonne, tout ça va être très compliqué aussi. L’équipe qui peut créer la surprise, c’est Nice, ils avaient une très belle équipe l’an dernier et s’est un peu étoffée cette année avec quelques joueurs de Pro D2 donc il va aussi falloir les surveiller de très près. 

 

Dans cette Nationale, où il ne va y avoir quasiment que des équipes professionnelles, est-ce qu’il y a des choses que vous avez vécues dans cette Fédérale 1 qui brassait amateurs et professionnels, comme à Nafarroa ou à Saint-Sulpice-sur-Lèze, que vous allez essayer de garder dans un coin de vos têtes ? Parce qu’il y a des valeurs dans le monde amateur qui sont salutaires

 

Bien sûr, il ne faut pas oublier d’où l’on vient et par où on est passé. On a eu des moments compliqués, des défaites à Nafarroa, à Oloron, on gagne de justesse à Mauléon l’an dernier. Ce sont des équipes pratiquement qu’amateurs qui nous ont fait tomber et il faut se servir de ces leçons-là pour ne lâcher aucun match. Il faut se rappeler d’où l’on vient. 

 

Et puis, peut-être aussi dans l’état d’esprit de ces adversaires ? Car ils ont des états d’esprit irréprochables voire formidables pour certains

 

Exactement, c’est une bande de copains aussi qui rentrent sur le terrain et qui sont prêts à crever les uns pour les autres. C’est important, il faut qu’on se serve de ça pour aller plus haut. C’est dans les moments compliqués, quand on a notre pote avec qui on aime passer du temps à côté, qu’on se soudera plus qu’avec un mec qu’on ne peut pas blairer, c’est normal. Et dans les clubs comme ça, ils font tout pour se souder, ils font la bringue, ils font des trucs à côté, il y en a qui travaillent, il y en a qui travaillent certainement ensemble. Il faut se servir de ce genre d’effectif et de ce genre de personnes et des valeurs qu’ils dégagent pour aller plus haut et atteindre notre objectif. 

 

On va aussi parler d’une ville qui te plaît beaucoup, puisque tu y habites, et d’un autre club tarnais que tu as dans le cœur, l’ASV Lavaur. Cette année, ils se retrouvent dans une poule très régionale et très axée Midi-Pyrénées avec que des équipes semi-pros ou semi-amateurs. Est-ce que tu penses que c’est l’année du rebond pour l’ASV ? 

 

Je l’espère pour eux, ça serait bien. Ils ont pas mal de turn-over aussi donc, je ne sais pas trop ce qu’ils ont pu faire en termes de recrutement mais je sais qu’ils perdent pas mal de mecs. Je pense que la poule est assez accessible pour eux aussi donc oui, ce serait de bon augure de réussir à retoucher un peu au haut de tableau. 

 

Tu es aussi un enfant de la Dordogne et du Périgord. Est-ce que tu jettes parfois un coup d’œil sur ce qui se fait à Périgueux, Trélissac, Limoges et compagnie ? 

 

Bien sûr, j’ai pas mal de copains qui jouent sur Limoges, Périgueux et sur Trélissac aussi donc je jette toujours un coup d’œil à ce qui se passe en Dordogne et le Périgord. Je les appelle et je leur demande ce qui s’y passe. Périgueux a aussi un beau projet actuellement donc, peut-être qu’ils seront amenés plus tard à intégrer cette poule Nationale. 

 

Est-ce que tu penses que Périgueux et Limoges sont des équipes qui, à terme, réintégreront la poule Elite ? 

 

C’est fort probable. Ce sont des projets ambitieux, il y a toujours eu des villes avec de gros projets et en deux ou trois ans, ça tombe à l’eau. Une ville comme Limoges, avec le stade qu’ils ont, s’ils arrivent dans un an à faire un projet commun avec la ville et la région, je pense que ça peut faire une belle ville de rugby. Périgueux aussi est quand même une ville rugby, qui vit rugby donc c’est vrai que ce sont des villes qui, pour moi, si elles sont bien gérées, sont amenées à intégrer l’élite dans pas longtemps. 

 

On va revenir un peu plus sur toi pour terminer cette interview. Depuis peu, on peut re-pratiquer le rugby de façon normale avec contact. J’imagine que pour le compétiteur, le passionné voire le drogué de rugby que tu es, ça doit être une délivrance ? 

 

C’est sûr mais je t’avoue que j’étais en train de faire ma piscine donc je ne pensais pas trop à ça (rires). 

 

Tu t’entraînes pour Paris 2024 ? 

 

Non, pas encore (rires). C’est vrai qu’il me tarde surtout de retrouver l’effectif et la vie du groupe et puis, que ça retouche un peu le ballon, c’est surtout cela qui manque. 

 

On va te poser la dernière question pour les supporters. Tu as peut-être un petit mot pour remobiliser les supporters du Sporting Club Albigeois parce-que cela fait quelques temps qu’ils ne vous ont pas vus et qu’ils sont plein de questions. Il leur tarde à eux-aussi de revenir au Stadium vous soutenir et faire corps avec votre objectif Pro D2. Que pourrais-tu dire aux supporters jaunes et noirs ? 

 

J’espère qu’ils viendront en nombre nous supporter. C’est une année où on va avoir encore plus besoin d’eux et certains matches vont être compliqués donc plus ils seront nombreux et mieux ça sera. Ils savent combien ils sont importants pour nous. 

 

On remercie le  » taureau de Dordogne  » comme on t’appelle au Mag Sport d’être venu répondre à nos questions pour faire un petit point de passage et on te souhaite le meilleur pour cette nouvelle saison, ce nouveau challenge et ce nouveau défi pour le Sporting Club Albigeois 

 

Merci beaucoup.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-23-juin-2020/

Retrouvez en intégralité l’itw de Gaetan Bertrand lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 23 juin 2020.

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