#Football – D2F / Buscaylet (TFC) : « Il nous a manqué de la régularité, de la confiance mais surtout de l’agressivité »

Maeva Buscaylet et le TFC ont connu une saison difficile. Englués dans les bas fonds de la D2 Féminine avec Bergerac et Albi depuis les premières journées, le Covid-19 et la crise sanitaire sont venus figer les positions après la 16ème journée. Le couperet est tombé et le TFC est relégué en R1. Retour sur cette saison 2019-2020 avec l’une des protagonistes du Toulouse FC, Maeva Buscaylet, Occitane de naissance qui évolue depuis 5 saisons sous le maillot violet.

Maeva, cette saison 2019/2020 s’est mal terminée pour le TFC et la relégation en R1. Quel a été ton sentiment à l’annonce des décisions prises par la FFF ?
Le premier sentiment à l’annonce des décisions prises c’est de la déception bien sûr. Tout d’abord de la déception car nous descendons pour un point de moins qu’Albi ; ensuite de la déception car on ne peut pas finir la saison, on ne peut plus jouer au football donc il y a de la frustration et des regrets. Le scénario aurait pu être différent si on avait fini le championnat, mais bon la santé est une priorité avant tout.

« Une saison très compliquée et dure à gérer »

Pour ta cinquième saison au TFC, tu n’as pas été épargné par les blessures. Tu n’as pu participer qu’à 7 rencontres. Qu’est ce que tu retiendras de cette saison ?
Oui c’est vrai que j’ai eu beaucoup de blessures cette année, notamment avec une déchirure de début de saison, ensuite une fracture et une lésion qui m’ont éloigné des terrains depuis le mois de décembre. Du coup, je dirais que pour moi c’était une saison très compliqué et dure à gérer autant moralement que physiquement.

Même si les résultats étaient surement en deçà des attentes du début de saison, il restait 6 matchs à jouer et vous n’étiez qu’à 1 point du barragiste, Albi. Qu’est ce qui aurait dû changer au TFC pour voir les résultats s’améliorer ?
Il est vrai que le début de saison a été compliqué, mais c’était dans la continuité de la saison dernière. C’est difficile à dire ce qu’il faut changer ou garder ; la solution n’est pas écrite… Cependant, je pense que le TFC doit essayer de trouver des solutions pour que cette équipe grandisse et reste au niveau national parce qu’elle a une histoire et que le monde du football féminin se développe de plus en plus.

Maeva Buscaylet, patronne de la défense toulousaine a beaucoup manqué à ses coéquipières
Mica GB M PhootoRafettes

Toulouse a été capable de coups d’éclats cette saison avec le nul à Orléans ou les victoires face à Nantes et Brest mais a manqué de régularité. Pour toi, qu’est ce qui a manqué au TFC pour s’en sortir ? Avec du recul, on voit que le derby face à Albi lors de la 15ème journée a été déterminant puisque le but encaissé en fin de temps additionnel permet de donner la victoire à Albi et de vous passer devant à la différence de buts particulière. C’est le plus grand regret de la saison ?
Oui il est vrai que nous avons fait de belles prestations face à de bonnes équipes, mais je pense qu’il nous a manqué de la régularité, de la confiance mais surtout de l’agressivité. Le match contre Albi nous le prouve, elles nous ont battu dans les duels et l’envie. Tout au long de l’année, chez nous, on a eu peur de perdre. Ce manque de confiance et cette peur nous a fait perdre beaucoup de points, notamment dans les matchs décisifs.
Après oui le match d’Albi est un grand regret car c’est sur ce match qu’elles nous passent devant mais ce n’est pas seulement ce match qui nous fait descendre !!!

« Rodez ? Un club très familial où j’ai pu grandir, progresser et m’épanouir ! »

Pour en revenir à toi et à ton parcours, après de nombreuses saisons à Rodez, tu avais fait le choix de rejoindre le TFC ? Qu’est ce qui avait motivé cette décision ? Qu’est ce que tu peux nous dire de ses deux structures qui peinent à garder le rang qu’elles ont pu connaître par le passé ?
Après 6 années à Rodez, j’ai dû quitter le RAF pour mes études, car ayant validé ma licence j’ai été accepté en master à l’université de Toulouse. Le choix de continuer mes études à été décisif dans ma décision de rejoindre le TFC.
Durant mes saisons à Rodez j’ai vécu de grosses émotions avec la montée en D1 mais aussi tout les maintiens que l’on a acquis. C’est un club qui m’a beaucoup apporté, très familial ou j’ai pu grandir, progresser et m’épanouir. C’était un club amateur où il y avait de très bonnes infrastructures, une histoire et surtout des valeurs. Quand j’ai rejoint le TFC les filles m’ont très bien intégré et j’ai ressenti cet état d’esprit et de groupe, qui nous a permis d’être dans le haut du tableau en D2. Le TFC est un club professionnel où les filles ont connu de belles choses et un très haut niveau. C’est un club qui a de bonnes conditions d’entrainements et la possibilité de former des jeunes.
Cependant, ces deux clubs ont du mal à retrouver le haut niveau car le football féminin s’est beaucoup développé au niveau médiatique, financier… et a pris une plus grande part au sein des clubs professionnels. Lorsque les présidents des clubs s’engagent et investissent dans le football féminin (que ce soit dans les conditions d’entrainements, les conditions de vie mais aussi les moyens financiers) il est difficile pour des clubs amateurs de suivre et de rivaliser. Les clubs ne faisant pas ou ne voulant pas faire cet effort ont aussi des difficultés à concurrencer les grosses équipes (comme Lyon, Paris par exemple) et à trouver cette régularité.

Tu évolues depuis de nombreuses saisons au plus haut niveau. Qu’est ce que tu penses de l’évolution du football féminin ?
Le football féminin a beaucoup évolué depuis que j’ai commencé : des équipes de jeunes sont exclusivement féminines, des centres/poles de formations se développent, les clubs professionnels créent ou développent une équipe fanion… De plus, on a pu voir que les présidents des clubs investissent et surtout les médias sportifs font une place de plus importante au football féminin. C’est très plaisant de ce dire que ce sport connoté masculin évolue et permet aux femmes de s’exprimer à travers ce sport !

Tu n’as pas encore pris de décision quant à ton futur. Néanmoins, tu dois savoir ce que tu recherches et ce que tu ne veux surtout pas. Quels vont être les moteurs de ta prise de décision ?
Il est vrai que c’est difficile de jouer à haut niveau et d’avoir une activité (professionnelles ou universitaire) car cela prend beaucoup temps et beaucoup d’énergie. Il faut s’avoir jongler et s’adapter entre sa vie personnelle, professionnelle, et sportive. Je ne peux pas vous dire ce que je vais faire l’année prochaine à ce moment-là où je vous réponds car je n’ai pas pris de décision mais cela va se faire très rapidement !!

Crédit photo : Mica GB M PhootoRafettes
Propos recueillis par Romain Brunot

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s