#Rugby – Fed1 / JP Dastugue (CAL): «Nous allons nous attacher à consolider un budget à 550 000€!»

Un des co-président du CA Lannemezan. Jean-Philippe Dastugue, a bien voulu dresser les perspectives de cette saison avec nous, quelques heures après avoir pris connaissance des poules 2020-2021 de fédérale 1. Il est peu de dire, que la Poule 4 concoctée par France Rugby, aux accents pyrénéens, Basquo-Landais et Gersois, lui convient à merveille. Pour celui qui a rempilé une saison de plus avec Bernard Duclos aux commande du CAL, cette saison, malgré une rigueur budgétaire de mise post Covid 19, est celle des belles espérances sportives. Régulièrement dans les 6 premiers de poule, depuis son retour en fédérale 1, le club du plateau et son fervent public sont fins prêts pour tenter de transformer « Sarrat » en citadelle inviolable, et bien entendu, essayer d’accrocher la « qualif » en playoffs.

 

 

Jean-Philippe ça été long mais à force, on y est arrivé et les poules sont tombées. Je pense que, du côté de Lannemezan, on est ravi du sort qui vous a été réservé. C’est une poule quasiment cousue main pour les clubs pyrénéens ? 

 

Tout à fait. On l’attendait depuis déjà pas mal de temps, avec encore quelques rebondissements au dernier moment. C’est une belle poule pour nous qui, effectivement, nous satisfait totalement : des derbys avec Bagnères, après, la Côte Basque avec nos amis de Saint-Jean-de-Luz, Mauléon, Oloron et quelques clubs plus lointains mais surtout les Gersois avec un retour en force de nos amis Auch, Lombez et Fleurance, qu’on avait déjà l’année dernière. Donc, une belle poule pour nous mais aussi pour nos supporters, et on pense beaucoup à eux, qui ont été privés de rugby en fin de saison et qui vont retrouver le chemin du bus et des terrains. 

 

Il y a une personnalité mythique du rugby français que nous avons souvent en interview, c’est Henry Broncan. C’est un Gersois pur sucre et, quand on l’entend parler, il y a de grandes passerelles entre le rugby du Gers et la Bigorre ? 

 

Oui, il y a déjà la proximité géographique et après, la proximité de la mentalité. Je pense que nous ne sommes pas très différents entre Gersois et Bigourdans, nous avions avant un comité qui s’appelait Armagnac / Bigorre et il ne faut pas l’oublier. Donc, il y a beaucoup de passerelles et, effectivement, des hommes comme Henry qui sont des vecteurs de ce rugby entre les deux départements puisqu’ils ont souvent œuvré dans des clubs gersois mais aussi pyrénéens, Henry étant passé par le Stado TPR. 

 

En parlant du Stado TPR, ils sont partis en Nationale. Quand il y a eu les débuts de débats sur cette Nationale, on sait que ça vous faisait quand même un petit peu tiquer à Lannemezan de perdre ce derby qui est fort rémunérateur en termes de billetterie ? 

 

Tout à fait. Après, c’est un peu regrettable et réducteur de ne parler uniquement d’argent mais c’est malheureusement la vérité. Quand on est dirigeant et président d’un club de rugby de Fédérale 1, on doit aujourd’hui compter des matches comme cela qui sont importants dans un budget. Donc, sportivement, je suis à la limite satisfait de la constitution de cette poule Nationale parce-que les pros pourront en découdre entre eux et parce qu’il y a en effet une marche qui se fait mais, on perd ces gros matches comme Albi, Blagnac et Tarbes. En plus du côté financier, il y a le côté affectif et nos joueurs aiment bien se mesurer à ce qui se fait de mieux en Fédérale 1 ainsi que nos supporters et nos partenaires. Pour ce côté-là, c’est dommage mais je pense que, quelque part, c’était quand même écrit, à un an près mais il fallait que ça se fasse. Donc, effectivement, une perte financière avec la perte de Tarbes mais une certaine logique quand même. 

 

Quelle a été la position de Lannemezan lors du vote au séminaire du 5 Juin pour valider cette Nationale ? 

 

Nous avons voté pour. 

 

Et quels ont été les éléments de langage et les prises de décisions des hauts-dirigeants de la FFR qui ont convaincu Lannemezan ? 

 

Il n’y en a pas forcément eu parce qu’honnêtement, je pense qu’un travail avait quand même été fait en amont, même si c’était dans un temps assez court. Je pense que le président Laporte avait pris les choses en main et notamment son téléphone. Il a appelé tous les présidents de clubs de Fédérale parce qu’avant qu’il ne le fasse, une certaine colère commençait à monter. Il y avait aussi de l’incompréhension parce qu’en fait, ils avaient commencé par appeler les clubs qui étaient susceptibles de descendre et ceux qui étaient susceptibles de monter. Et entre les deux, le ventre mou avait quand même été pas mal oublié donc, ces voix ont commencé à porter et je pense qu’il a senti qu’il fallait qu’il prenne le téléphone. Il a appelé tout le monde mais lui était persuadé qu’il fallait le faire. Je pense que ce n’était pas dans leurs plans cette année mais ça a été accéléré par le Covid et la non-accession possible en Pro D2 de clubs comme Albi ou Massy et c’est effectivement ce qui a provoqué la création de cette poule Nationale. Nous, on le voit, nous faisons partie des plus petits budgets de Fédérale 1 mais l’écart se creuse énormément avec les poids lourds donc, il est sûr qu’il fallait faire quelque chose. Après, honnêtement, je trouve que le nombre est un peu important et que 14, c’est un peu trop et qu’il fallait qu’il se limite à une poule de 12. Mais c’est un autre débat. 

 

Il y a 3 poules de 11 et une poule de 12, cette dernière étant celle de Lannemezan. Mais on sait que parfois, avec les péréquations, cela peut surévaluer les résultats sportifs ?

 

Absolument, je trouve qu’en termes d’équité, oui, on s’en sort bien sur le moment et sur le papier et on verra à la fin de la saison, mais ce n’est pas effectivement pas très juste, surtout avec une poule Nationale à 14. Il aurait été plus logique de vraiment faire des poules de 12, en tenant compte du sort de Nantes mais je pense que ça aurait été plus logique. 

 

Tu le disais, Lannemezan a l’un des plus petits budgets de Fédérale 1, peut-être qu’avec les équipes qui montent cette année, vous allez pouvoir monter d’une strate au niveau du budget. Mais malgré cela, depuis deux ans que vous êtes remontés de Fédérale 2 à Fédérale 1, vous arrivez à vous qualifier en Du Manoir. Cette année, s’il n’y avait pas eu le Covid et au vu de l’écart que vous aviez creusé sur Fleurance, vous aviez quasiment dans la poche une nouvelle qualification en Du Manoir. Comme on dit jamais deux sans trois, il va aussi y avoir obligation cette année d’aller chercher les phases finales pour Lannemezan ? 

 

Oui, comme tu le dis, en montant de Fédérale 2 la première année, on a avancé à petits pas et on a réussi à se qualifier lors de l’avant-dernière journée. On prend un gros en 8e, Cognac-Saint Jean d’Angely, mais ça reste une très, très belle expérience. 

 

Tu joues le modeste parce-que, la première année, vous aviez quand même pris -6 points, vous étiez relégables en Janvier et vous arrivez à vous qualifier. C’est quand même quelque chose qui n’était pas écrit dans le marbre ? 

 

Non, ce n’était pas écrit mais c’est vrai que ces 6 points nous ont fait très mal comptablement mais ça a soudé le groupe moralement. On a vraiment eu un sentiment d’injustice et de solidarité envers toute l’équipe dirigeante et je pense que ça nous a fait plus de bien que de mal. Donc, l’équipe s’est soudée autour de cela et l’équipe a effectivement arraché la qualification. La deuxième année a été un peu plus linéaire et sereine avec de beaux matches à la maison. Ça n’a par contre pas été le cas à Albi où on a pris une grosse déconvenue, contrairement à l’année d’avant où je pense que le match d’Albi avait été le retour de flammes qui nous a permis de nous qualifier avec un match perdu mais on y prend un point de bonus défensif. Cette année, il a été un peu plus lâché, on a géré un peu autrement. Mais oui, s’il n’y avait pas eu le Covid, il y aurait eu qualification à la 6e place ce qui, pour nous, avec le budget, reste quand même l’objectif maximum. 

 

Du fait d’avoir été pendant deux années en phases finales, même s’il n’y a pas eu la timbale en réel cette année mais vous y étiez mathématiquement, est-ce que tu estimes être une équipe de tête, du haut du panier dans cette poule Pyrénées / Atlantique ? 

 

C’est un peu trop tôt pour le dire parce qu’on vient tout juste d’avoir la poule, nous n’avons pas terminé le recrutement à 100% même si les contours sont bien dessinés. Il faut aussi attendre le recrutement et les effectifs des autres équipes pour se prononcer. On sait qu’il y a des équipes dans la poule qui se sont bien renforcées donc ça sera, je pense, une poule assez homogène avec un candidat peut-être un peu au-dessus qu’est Saint-Jean-de-Luz. Cela fait deux ans qu’ils sont en haut et qu’ils jouent le Jean-Prat donc, avant de commencer, je dirai qu’ils ont pour moi la prime au premier rôle. Mais je crois que ce sera une poule très, très homogène donc, difficile de se prononcer pour le moment. A Lannemezan, nous ne sommes pas de nature à fanfaronner ni à s’enflammer non plus donc, on verra. Terminons notre recrutement, essayons déjà de rester un maximum invaincus à Sarrat, ce qui est toujours l’un de nos principaux objectifs, et puis on verra ce qui arrive. 

 

Vous avez aussi dû cocher deux dates dans le calendrier : la réception de Bagnères et le déplacement là-bas ? 

 

Oui, tout à fait, ça reste un derby mais avec une très bonne entente. Nous avons de très bons rapports, que ce soit avec l’équipe dirigeante, son président, le staff et les joueurs. Mais effectivement, les derbys restent importants pour nous, pour une certaine suprématie de la Bigorre et c’est très bien comme ça. Nos supporters sont ravis de se déplacer à Cazeneuve et c’est toujours un plaisir. 

 

Là, il y aura quasiment le trophée des Pyrénées parce qu’il y a Oloron, Mauléon, Saint-Jean-de-Luz. La suprématie de Bigorre va même s’élargir avec un challenge sur toute la chaîne des Pyrénées ? 

 

Oui, ils appellent ça la poule des Pyrénées mais je dirai que c’est plus une affaire de journalistes. Nous, on ne pense pas à tout ça, on pense à prendre des points, à d’abord acquérir le maintien et après, voire plus si on peut. C’est aussi les joueurs qui se chambrent un peu entre eux mais c’est de très bonne guerre et on apprécie ce genre de choses sur le Plateau. 

 

Et toute cette littérature fait aussi le sel de ce sport qu’est le rugby, ces derbys, ces confrontations, ces rivalités et ces suprématies ? 

 

Exactement. Nos supporters aussi sont friands de tout cela et je pense qu’ils le seront encore plus l’année prochaine parce qu’ils auront été un peu privés de cette fin de saison inachevée. Il y a beaucoup de frustration de la part de tout le monde autour du rugby donc, je pense qu’il y aura une belle effervescence autour de cette saison. 

 

Quand nous t’avions eu au début de la crise coronavirus, tu avais de grosses inquiétudes financières par rapport à l’impact qu’aurait cette crise sanitaire sur un plan tant social qu’économique. Est-ce que vous êtes arrivés à retomber sur vos pattes à Lannemezan ? 

 

L’impact est là. Nous avions un budget à 620 000€ qu’on ne bouclera pas avec déjà 4 matches en moins dont 2 à la maison et un 8e potentiel que l’on avait quand même un peu budgétisé. Tout ça sont des recettes en moins, certes des dépenses en moins aussi mais surtout des recettes en moins. Il y a aussi quelques partenaires qui connaissent quelques difficultés donc, on ne boucle pas à 620 et oui, l’impact y est. Pour l’année prochaine, on a revu le budget à la baisse et on prend ce contexte en compte car ça sera quand même compliqué financièrement. Nous avons aussi demandé un effort à nos joueurs par rapport à leur masse salariale. Ils ont joué le jeu dans l’ensemble et je pense que c’est une bonne chose. On va repartir et travailler sereinement et nous, le staff dirigeant, nous allons nous attacher à consolider un budget à 550 000€. 

 

Tu nous as parlé du recrutement à demi-mots en nous disant « il est en cours mais pas encore bouclé « . Tu nous a mis l’eau à la bouche et la Fédérale veut savoir où en est le recrutement de Lannemezan ! 

 

Ce que je vais dire est un peu bateau mais le premier recrutement a été de conserver au maximum le groupe. Avec Bernard, nous avions décidé qu’on arrêterait la différence à la fin de cette saison et le Covid passant par-là, nous allons refaire un an. Donc, c’est vrai que nous avons dû repartir avec notre sac à dos au recrutement, sur les entretiens de joueurs et notre objectif était effectivement de conserver le maximum de notre groupe puisque je pense que c’est un groupe de qualité. Il y a très peu de départs pour ce qui est de l’équipe une, un peu plus en espoirs mais c’était déjà une bonne base. Ensuite, un recrutement ciblé sur les postes un peu plus fragiles que nous avions et où il nous manquait un peu de monde. Ce seront des têtes un peu connues sur le Plateau qui reviennent, des joueurs en devenir et des joueurs plus confirmés. 

 

On veut des noms ! 

 

Je ne te donnerai pas de nom aujourd’hui. Ce sera pour bientôt parce-que, tant que ce n’est pas signé et même si les joueurs nous ont donné leur accord, je ne donnerai pas de nom. Mais je pense que ce sera un groupe, notamment devant, assez étoffé et de qualité. 

 

On sait aussi que durant la saison, et ça arrive, il y a eu un grand blessé de guerre, un des joueurs clés de ton effectif, Christophe Dasque. Comment va-t-il et où en est-il ? 

 

Christophe fait en effet partie des points noirs de cette saison avec cette blessure de notre arrière et buteur. Ce sont des bonnes nouvelles en ce qui le concerne, il récupère, il est un peu en avance sur son protocole. Nous sommes restés longtemps en discussion avec lui et on compte Christophe dans notre effectif de l’année prochaine. C’est assez récent puisque c’était aussi compliqué pour lui de se prononcer mais c’est chose faîte pour moi. Il devrait pouvoir être opérationnel, peut-être pas sur les premiers matches, mais il devrait revenir dans l’effectif de l’équipe une. Donc ça, c’est une bonne nouvelle. 

 

On va finir sur cette bonne nouvelle et bien qu’Albi soit en National et si les calendriers s’alignent, on essaiera de venir commenter un derby de Bigorre, un Lannemezan / Bagnèrespar exemple. Ca voudra sûrement dire que de belles choses se passent à Lannemezan et ça nous plairait de prendre le pouls de ces derbys qui valent leur pesant de cacahuètes

 

Ça sera avec un grand plaisir en tous cas. On attend maintenant de connaître le calendrier pour coucher la date de tous ces derbys et tu sais que tu seras le bienvenu. Pendant le confinement, on avait évoqué peut-être des grillades ou un méchoui sur le Plateau donc ça sera à faire et tu sais que tu seras toujours le bienvenu ainsi que l’équipe d’Albi à qui l’on souhaite un beau parcours en Nationale et particulièrement à Arnaud qui nous est cher sur le Plateau. 

 

Si on vient commenter le derby de Bigorre, on essaiera de prendre Arnaud Méla dans la valise

 

Avec grand plaisir. Il faudra que tu prennes une grande valise alors (rires)

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-16-juin-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de JP Dastugue lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 16 juin 2020.

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