#Rugby – N1 / L.Terré (Tarbes) : «À nous de ne pas faire n’importe quoi.»

En pays Bigourdan, du côté de Trélut au Stado Tarbais Pyrénées Rugby, le président Lionel Terré prépare la saison 2020-2021 en Nationale . Pour celui qui au gré des aléas de la vie d’un club, a faillit rendre son tablier de président, la création de la nouvelle division Nationale, l’a remobilisé tout comme l‘ensemble des ours Tarbais. Mais Lionel Terré, ayant connu la poule élite de fédérale 1, ancêtre de la « Nationale« , le président du Stado prévient ses 13 homologues, que cette nouvelle passerelle entre Pro D2 et fédérale deviendra ce qu’ils en feront. En clair, à Tarbes on se délecte déjà du challenge sportif de la « Nationale » , mais on appelle à la raison financière, qui plus est en ces temps incertains économiquement, suite à la crise du Coronavirus.

 

 

Nous n’avions pas fait le point depuis quelques mois sur le Stado Tarbais Pyrénées Rugby. En suivant la presse locale pyrénéenne, nous avons vu qu’il y avait eu quelques soubresauts à Tarbes. Vous aviez annoncé que vous vouliez jeter l’éponge et tout compte fait, il semblerait que vous resteriez en place à la présidence du TPR? Qu’en est-il de la situation à Tarbes ? 

 

Comme dans beaucoup de clubs, la crise sanitaire à Tarbes a causé quelques soucis. Mais, comme je le dis tout le temps, Tarbes n’est jamais un club facile mais c’est un club qui est toujours là, qui n’a jamais connu de dépôt de bilan, qui n’a jamais eu de souci donc, nous sommes toujours là. C’est vrai que ce n’est jamais facile mais nous sommes toujours là. 

 

Quand il y a des soucis et des soubresauts, cela veut dire qu’il y a de l’âme derrière et de l’âme au rugby, il en faut. Surtout avec ce nouveau défi qui s’annonce, la Nationale ? 

 

Tout à fait, c’est vrai qu’à Tarbes, nous avons du caractère. Alors parfois, ce n’est pas à bon escient et on se fâche entre nous mais on revient toujours aux bonnes choses pour arriver à porter haut les couleurs de notre club et c’est le cas. 

 

On a vu que, pour l’instant, il y avait eu pas mal de départ du côté de Tarbes. Mais, on imagine que vous n’allez pas en rester là et que vous allez vous  » équiper  » pour affronter cette Nationale ? 

 

On travaille et, comme je le dis souvent, je ne parle jamais pour ne rien dire. Donc, tant que ce n’est pas acté, on ne dit rien et on travaille. Mais, il y aura bien une belle équipe l’année prochaine à Tarbes. 

 

On va parler du sujet d’actualité, la création de cette Nationale. Au début, nous avons eu une réforme de 5 poules de 12 puis l’idée d’une Nationale qui a germé petit à petit et qui s’est faite en un temps record. Quel est votre sentiment et votre position par rapport à la création de cette poule ? 

 

Depuis le début, nous sommes favorables à cette Poule Nationale et on la prend comme un marchepied pour la Pro D2. 

 

La Pro D2 reste un élément intangible et c’est la place de Tarbes. A quelle échelle la visez-vous ?  

 

Quand j’avais repris la présidence il y a deux ans, on s’était fixé jusqu’en 2023 pour y arriver  et on avait un projet sur 5 ans. Et c’est vrai que l’on considère que c’est un marchepied pour y arriver. 

 

L’inconvénient, c’est que les fameux derbys bigourdans n’auront plus lieu. Ces derbys face à Bagnères et Lannemezan sont quand même un manque à gagner pour la trésorerie ? 

 

C’est surtout au folklore local que cela va manquer. Quand nous allons recevoir, Narbonne, Dax et Albi, ce sont de belles chambrées et sur le cumul de la saison, cela se compense plus que largement. Nous avions certes deux derbys mais le reste des rencontres ne mobilisait par forcément du monde tout le temps. Donc là, avec des clubs de renom, car il y a beaucoup de clubs au passé prestigieux qui vont venir à Tarbes, j’espère qu’ils feront déplacer le public. Après, il ne faut pas travestir ma pensée, j’étais très heureux des clubs qui venaient chez nous. On ne veut surtout pas être prétentieux par rapport aux clubs qui sont venus chez nous durant ces dernières années mais il est vrai que le public tarbais a connu les grandes années 80 / 90. C’est ensuite resté un des plus vieux clubs de Pro D2 donc, une partie du public avait la nostalgie de ces affiches-là. Mais tous les clubs de Fédérale 1 qui sont venus pendant deux ans ont vendu chèrement leur peau à Trelut et ont montré qu’ils savaient jouer au rugby sans problème. 

 

On l’a vu avec Mauléon qui est allé chatouiller Albi et Tarbes. Ces équipes amateurs ont quelques valeurs ancestrales qui surprennent parfois le giron professionnel ? 

 

Tout à fait. Au rugby, la vérité est dans l’heure et demi de match et le reste après n’est parfois que littérature. 

 

Cette Poule Nationale va être épaisse comme un ruck. Quel sera l’objectif pour Tarbes pour cette première saison de Nationale ? Etre au chaud de la mêlée et essayer de jouer les outsiders ? Tout le monde donne des favoris mais souvent, ceux du mois de Juillet ne sont pas ceux du mois de Mai

 

Moi, j’aimerai bien savoir qui peut se permettre de faire des pronostics ou ce genre de choses dans la mesure où là, nous retrouvons 14 clubs qui étaient disséminées dans 4 poules différentes pendant deux ans. Moi, je connais Albi et Blagnac mais je ne connais pas les autres et eux ne nous connaissent pas. 

 

Avec Tarbes, vous avez également connu la Poule Elite ainsi que les tracas inhérents à cette poule. Pour vous, est-ce que les choses ont été bien faîtes pour ne pas que cela se reproduise ? 

 

Nous avons surtout l’antériorité par rapport à cette poule donc, à nous de ne pas refaire la même chose. Les clubs s’étaient mis eux-mêmes dans la panade, à nous de ne pas faire la même chose. C’est vrai qu’il y avait d’importantes contraintes financières en termes de structures. Là, pour l’instant, il y en a un peu moins à priori mais à nous de ne pas faire n’importe quoi. C’est surtout aux clubs de se gendarmer par rapport à ce qu’ils veulent faire. 

 

Et ça permet de garder la passerelle, ce qui a aussi été le grand débat de ce printemps, entre la LNR et la FFR, entre monde amateur et professionnel ? C’est quelque chose d’important pour le rugby

 

Oui, tout à fait mais la passerelle n’a pas été rompue. Il y a eu une crise mondiale exceptionnelle et c’est pour cela que la passerelle a été rompue sinon, elle ne l’aurait pas été. S’il n’y avait pas cette crise sanitaire, la passerelle y était. 

 

Pour vous, s’il y avait eu deux montées sur un championnat pas totalement terminée, est-ce que cela aurait été juste ou injuste ? Il est difficile de faire monter quelqu’un dans cette situation ? 

 

Dans la mesure où le règlement stipule que ce sont les deux finalistes qui montent, il faut d’abord que l’on connaisse ces deux finalistes. Et nous avons un sport tellement compliqué que l’on sait très bien que les phases finales ne sont jamais jouées à l’avance. Je ne veux surtout pas polémiquer avec les gens d’Albi, que je connais très bien, qui ont fait les efforts nécessaires pour bien figurer mais le championnat n’était pas terminé et le règlement porte sur les deux finalistes. Albi aurai sans doute été l’un des deux finalistes, il n’y a pas de souci là-dessus, tout comme Massy mais, il faut jouer les matches. 

 

Bien entendu, la vérité du terrain n’est pas parfois pas celle des pronostiqueurs. 

 

C’est ça, il faut jouer les matches. Il n’y a pas de classement national, ce n’est pas vrai, c’était les deux finalistes. 

 

On va terminer avec la question un peu décalée. A un moment, on a vu que vous étiez prêt à jeter l’éponge. Qu’est-ce qui avait motivé ce ras le bol ? On sait que tous les présidents sont de grands passionnés de rugby donc, qu’est-ce qui vous avait amené à envisager de quitter la présidence ? 

 

A un moment donné, c’est un sport où il faut savoir fédérer autour de soi et j’avais parfois l’impression de ne pas y arriver mais peut-être que cela venait aussi de ma personne. La preuve, c’est que pour l’instant, j’ai beau avoir des sautes d’humeur, je suis toujours là et je travaille pour que mon club figure correctement l’année prochaine. Si bien que, quand on nous a posé la question pour la Poule Nationale, nous avons été de suite favorable à ce projet-là et, pour l’instant, je le mène à bien jusqu’au bout. 

 

Nous sommes rassurés, les Ours Tarbais sont bel et bien toujours debout, toujours vivants et prêts à relever ce défi de la Nationale ? 

 

Tout à fait

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-16-juin-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Lionel Terré lors de l’émission « Le #MagSport du 16 juin 2020 ».

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