Omnisports / C.Ramond (Dépt Tarn) : «Le sport joue un rôle fondamental dans le Tarn.»

Nous avons rencontré le président du département du Tarn, Christophe Ramond, pour balayer l’ensemble de l’actualité sportive du territoire. Du sport loisir, en passant par le vélo, le rugby, le foot ou encore le circuit d’Albi, celui qui préside les destinées du département du Tarn depuis 3 ans, nous a fixé le cap et livré son sentiment sur un sujet qu’il considère fondamental : le sport. Entretien avec un président du conseil départemental du Tarn passionné de sport, qui compte bien accentuer le soutien envers un tissu associatif tarnais subissant de plein fouet, la crise economico-sanitaire du Covid19.

 

 

Comme l’ensemble de la nation, votre département a traversé une crise sanitaire, celle de la pandémie Covid-19. Et bien entendu, comme à l’échelle nationale, le sport tarnais a été impacté. Comment avez-vous aidé et soutenu tout ce tissu associatif et sportif tarnais à passer cette vague du coronavirus ? 

 

C’est vrai que le sport et la culture jouent un rôle fondamental dans le Tarn. On a la chance d’avoir 10 000 associations, ce qui favorise le  » vivre ensemble « . Ce sont pour nous des acteurs très structurants et donc, depuis de nombreuses années, le Conseil Départemental soutient les 68 comités départementaux. Et, en 2020, on avait déjà décidé d’augmenter de 5% notre aide financière pour le tissu associatif tarnais. Par rapport au coronavirus, on souhaite vraiment permettre à toutes ces associations de continuer à jouer un rôle fort et donc, pour se faire, il faut qu’on soit à leurs côtés pour leur permettre de faire face aux pertes de recettes éventuelles. C’est pour cela que l’on a lancé un fond de soutien exceptionnel de 500 000€ ouvert à l’ensemble des associations sportives, culturelles, de jeunesse afin de les aider au cours des prochains mois. On a souhaité également continuer toutes nos aides pour les associations dont les manifestations n’auront pas eu lieu au cours de cet été ou des mois passés depuis Mars. Parce-que, comme je l’ai dit, le sport et la culture jouent pour nous un rôle moteur, notamment pour la jeunesse. Je crois que c’est une belle école de la vie et on se doit d’être au côté du tissu associatif comme au côté des nombreux bénévoles pour qu’en Septembre, on puisse tous reprendre des activités sportives ou culturelles. Des activités qui nous permettent de nous retrouver et de passer de bons moments dans notre département. 

 

Depuis le début du déconfinement, vous avez des remontées du tissu sportif et associatif tarnais par rapport à des craintes, des inquiétudes ou des dangers qu’ils encourent ? 

 

Oui, les craintes et les dangers sont de continuer à boucler les budgets avec des recettes qui ne sont plus là. Notre tissu associatif organisent beaucoup de manifestations et certaines justement pour générer des recettes et permettre, parfois, l’activité des écoles de sports. Donc, il faut que l’on soit très vigilant à ce niveau-là afin de travailler avec les comités sportifs départementaux et veiller à ce que notre maillage associatif perdure dans le temps car ce sont des enjeux forts. On sait que nous avons des bénévoles mais qui sont parfois vieillissants donc, il faut aussi qu’il y ait une transmission dans les clubs et que les pouvoirs publics soient là pour les accompagner, que ce soit l’Etat, la Région mais aussi le Département et les inter-communalités. Nous, nous avons fait ce choix d’augmenter nos crédits en matière de sports, d’être là pour pallier aux manifestations qui ont été annulées et on sera aussi à leurs côtés dans les mois à venir pour trouver le meilleur moyen de continuer à développer le sport. J’ai dit que le sport était une formidable école de la vie mais c’est aussi un atout santé important. Au niveau du Conseil Départemental, on a mis en place avec la conférence des financeurs de nouveaux moyens et de nouvelles perspectives pour aussi permettre à nos aînés de continuer à pratiquer le sport après 60 ans. Il faut s’offrir de nouvelles perspectives et pour ça, on ne pourra y arriver qu’avec un tissu associatif riche dans le département. Il est actuellement important mais il faut continuer à les aider. 

 

L’année dernière, vous aviez parlé de «  sanctifier  » le budget du sport. Cette année, au vu de la crise et des événements qui se sont passés, on a compris que vous alliez temporairement l’amplifier pour venir au soutien du tissu associatif ? 

 

Oui, on l’a sanctifié depuis de nombreuses années malgré parfois les baisses de dotations que l’on a subies. On n’a jamais baissé nos budgets liés au sport et en 2020, on l’augmente de 5% pour justement continuer à soutenir le tissu sportif. On s’est aussi lancé dans  » le Tarn terre de jeu  » qui est un nouveau partenariat pour faire vivre jusqu’en 2024 les valeurs de l’Olympisme, pour démontrer ce que le sport peut amener de manière globale et pas uniquement en regardant des émissions sportives ou de beaux reportages à la télé mais pour être vraiment acteur. Et je souhaite que le Tarn soit acteur dans la perspective des futurs JO en termes de formation car aura la chance d’avoir de jeunes Tarnais qui pourront participer aux JO en 2024. Et je crois qu’il faut démontrer que le sport joue un rôle moteur pour notre jeunesse donc, ces JO en 2024 doivent aussi fédérer dans nos territoires. En termes d’infrastructures, on sait qu’on a besoin de renouveler certaines infrastructures et on a augmenté de 20% nos crédits consacrés à l’investissement des communes pour leur permettre, si elles le désirent, de rénover ou d’aménager des salles ou des terrains de sports. On sera à leurs côtés afin que l’on ait des installations mais aussi des clubs pour favoriser la pratique mais également pour créer de beaux moments de sport parce qu’on a la richesse du sport amateur mais on a aussi le CO, le Sporting Club Albigeois, Albi XIII qui doiventcontinuer et faire rêver le public tarnais. 

 

L’autre pan du sport, c’est le sport  » plaisir « , le sport loisir, le sport détente. Il y a des bases de loisirs départementales comme par exemple Sérénac qui permettent cela. Est-ce que vous avez un peu adapté ces bases par rapport au contexte sanitaire ? 

 

Oui, on les a adaptées et je crois que ces bases doivent vivre même si c’est actuellement compliqué de pouvoir organiser des séjours. Généralement, on accueillait des classes vertes ou de découvertes mais, malheureusement, c’est impossible depuis ces derniers mois. Je crois qu’on a la chance d’avoir ces espaces naturels, le sport et l’environnement sont intimement liés. On a ces sports natures qui se développent, que ce soit le trail ou également la découverte de l’environnement par le sport, donc à nous d’être là aussi facilitateurs. On a un environnement extraordinaire et le Tarn est un formidable terrain de jeu. Pour les amoureux de vélo, quand on vient faire du cyclisme dans le département du Tarn, on peut avoir des côtes relativement dures et des grandes lignes droites donc, un formidable terrain de jeu pour nos cyclistes mais aussi pour ceux qui aiment le trail. Nous allons développer un plan vélo de près de 6M d’euros afin de mettre en place des pistes cyclables davantage sécurisées dans notre département pour qu’il y ait un vrai mix entre le vélo sur route, où l’on n’a pas besoin d’être autant encadré, et des pratiques plus familiales de sport santé. C’est pour cela que ça nous semble important de développer ce plan vélo et de structurer des pistes cyclables permettant de traverser notre département mais aussi d’aller, si on le souhaite, travailler en toute sécurité et d’avoir un trajet domicile / travail ou domicile / école plus sécurisé. Nous allons présenter ce plan vélo courant Juin avec deux axes forts dont des pistes cyclables départementales. On a déjà la chance d’avoir la voie verte entre Albi et Castres qui est un formidable terrain de jeu, on va aller un petit peu plus loin et aussi financer les inter-communalités et les communes qui le souhaitent afin de développer ces pistes cyclables sécurisées pour du sport loisir. 

 

En parlant de vélo, on sait que le Tarn est maintenant devenu une terre de cyclisme, ce n’est pas encore la Bretagne mais on en est pas loin. Il y avait une belle course qui se créait début Juillet avec le Tour du Carmausin-Ségala Junior et qui a été repoussée d’un an du fait du contexte sanitaire. Par contre, la Route d’Occitanie et le Tour de France passeront bien par le Tarn. Est-ce que le Tarn sera en capacité d’accueillir ces deux événements, l’un début Août et l’autre début Septembre ? 

 

Oui, bien sûr, je le redis, le Tarn est une formidable terre de vélo. On a des champions actuels avec Calmejane, on en a eu avec les frères Jalabert, avec mon ancien collègue conseiller départemental et maillot vert du Tour de France Jacques Esclassans. On a cette chance-là d’avoir aussi un territoire varié et de belles épreuves car n’oublions pas que la Route d’Occitanie était au départ le Tour du Tarn dans les années 80. J’ai échangé plusieurs fois avec Christian Prudhomme pendant la crise du Covid et je lui ai dit que, pour moi, il fallait absolument qu’il y ait du public pour le Tour de France car c’est un élément essentiel. Il y a trois piliers du Tour de France qui sont le public, une belle épreuve cycliste et une valorisation du territoire. Donc il faut absolument, en respectant quelques règles sanitaires, qu’il puisse y avoir cet échange et cette communion entre la population tarnaise et les coureurs du Tour de France. J’espère qu’on va y arriver, en tous cas, le Tour s’est mobilisé pour changer les dates et j’ai assuré à Christian Prudhomme qu’il ne devait pas s’inquiéter car le département du Tarn mais également toutes les collectivités territoriales françaises s’adapteront afin que le Tour puisse passer dans nos territoires en 2020. Pour la Route d’Occitanie, qui est une très belle manifestation, le Conseil Départemental du Tarn en est un partenaire historique puisqu’on en décerne tous les ans le maillot vert et généralement, on a la chance que les coureurs français brillent lors de cette épreuve. Cette année, il y a une belle arrivée prévue à Cap’Découverte et ce sera la première course nationale cycliste en France au lendemain du coronavirus donc, les feux médiatiques seront tournés vers notre département. Les meilleurs coureurs cyclistes seront là puisqu’on sera à trois semaines du départ du Tour de France. Quintana devrait être là tout comme l’équipe de Bernal donc, je pense qu’on aura un plateau extraordinaire et ce sera aussi une chance pour notre département d’avoir cette arrivée dans le Tarn à Cap’Découverte d’une des quatre étapes du Tour d’Occitanie. Là aussi, les conditions sanitaires pourront être respectées puisqu’on aura de l’espace à l’arrivée et qu’on pourra voir les coureurs et surtout, je l’espère, vivre un beau moment de sport et de convivialité autour du vélo. Ce que j’apprécie dans le cyclisme, c’est aussi ce côté gratuit, accessible au plus grand nombre et c’est peut-être également pour cela que le Tarn a toujours eu une attention particulière pour les coureurs cyclistes et une passion tout aussi particulière pour ce sport. 

 

Et puis, pour le passionné de sport que vous êtes, lorsque la reprise aura lieu au mois d’Août avec les courses cyclistes après cinq mois sans sport, cela sera une véritable soupape de décompression ? Cela va faire du bien de revoir du sport, ces événements et la Nation en mouvement ?

 

Oui, je crois qu’il y a eu une attente forte. Lorsque l’on est passionné de sport, on aime le pratiquer, des pratiques encadrées pour l’instant, mais on aime aussi pouvoir se retrouver et dans le Tarn, on a des clubs de haut-niveau et de qualité. Par exemple, il y a eu le fait que l’on ait pu accueillir l’équipe de France de volley pour un match Espoirs Elite  lors du championnat Elite cette année et j’espère qu’on va pouvoir continuer l’an prochain. Il y a cette passion du sport mais aussi dans le Tarn, de bons moments de convivialité où l’on peut échanger. Parfois également, des relations économiques peuvent se nouer pour des entrepreneurs donc, il faut effectivement que l’on puisse absolument revivre ces moments de sport. On a la chance d’avoir le CO qui a été champion de France en 2018 et on espère revivre du sport de haut-niveau dans notre département avec des phases finales mais aussi ce sport du quotidien, ce sport de nos campagnes. Parce qu’au-delà du haut-niveau, on sait que tous les dimanches, des bénévoles et des familles se retrouvent autour des terrains pour des moments de convivialité et de partage. Donc, c’est ça le sport tarnais, du sport de haut-niveau et du sport pour tous et c’est ce que l’on souhaite permettre pour les années à venir. N’oublions pas aussi que, si nous sommes au côté des associations sportives, c’est parce-que je crois que le sport est une formidable école de la vie. On y apprend des règles, un savoir-vivre et c’est important pour notre jeunesse d’être encadrée dans des pratiques sportives dans des clubs. Nous avons la chance d’avoir des clubs bien structurés donc nous allons aussi continuer à les soutenir pour notre jeunesse tarnaise. 

 

Vous le disiez, le Tarn est depuis des décennies une terre d’accueil du cyclisme mais le Tarn est surtout aussi terre d’ovalie. On va donc parler de rugby et déjà, de ce rugby amateur tarnais qui vit bien, on le voit puisqu’il va y avoir 4 clubs du Tarn en Fédérale 1, on a espéré qu’il n’y en aurait que 4 car ça voulait dire qu’Albi montait en Pro D2. Mais ça montre déjà une certaine vitalité du rugby tarnais ? 

 

J’espère qu’il n’y aura que 3 clubs en Fédérale 1 l’an prochain et qu’effectivement, Albi sera en Pro D2 parce-que je crois qu’Albi a démontré tout au long de la saison une forte domination, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. C’est le premier club de Fédérale 1 lorsqu’on additionne les autres poules donc , d’un point de vue sportif, Albi devrait évoluer en Pro D2 la saison prochaine. Même si je n’ai pas l’habitude de commenter les décisions arbitrales, on sait que l’an dernier, après un match extraordinaire à Rouen, c’était un sacré coup dur de se retrouver éliminé. Donc, ce serait très dur de se retrouver un petit peu sanctionné une nouvelle fois et de ne pas pouvoir évoluer en Pro D2 qui est, je crois, le bon équilibre pour le club d’un point de vue financier et sportif. Il reste une fenêtre de tir, faisons confiance à Bernard Laporte pour permettre à Albi de retrouver l’élite française, un vrai statut professionnel, de vrais derbys aussi avec de beaux clubs voisins tels que Montauban ou Colomiers. On reste tous mobilisé afin que le Sporting puisse évoluer l’an prochain en Pro D2 (Itw réalisé avant la decision de France rugby de créer la Nationale 1) .Même si Gaillac a refusé la montée en Fédérale 1, je crois qu’effectivement, pour les autres clubs tarnais, c’est un bel équilibre de se retrouver à ce niveau-là, même si la saison n’a pas été très, très bonne du côté de Graulhet. Ça crée un engouement et je crois aussi beaucoup aux passerelles entre nos clubs, c’est à dire qu’on a la chance d’avoir un vivier de joueurs tarnais important et de belles écoles de rugby. Donc, à nous aussi de permettre à ces jeunes d’évoluer en fonction de leurs compétences à proximité, dans des clubs tarnais parce-que, dans un monde mondialisé, on se rend bien compte que même au niveau du sport, l’attachement est beaucoup plus fort quand on retrouve dans les clubs des jeunes issus du sérail du terroir. Avec un club en Top 14, un autre, espérons-le, en Pro D2 et plusieurs clubs en Fédérale 1 jusqu’aux championnats inférieurs, les Tarnais doivent trouver un moyen d’expression en fonction de leurs motivations et de leurs qualités. Et je crois que c’est encore plus important pour le public de savoir que, dans ces clubs, il y a des jeunes issus de notre terroir. C’est toujours la volonté des clubs tarnais et je pense qu’il faut continuer dans cette voie. 

 

Parlons un peu du joyau de la couronne tarnais et la locomotive sportive qu’est le Castres Olympique. On sait que beaucoup de clubs en Top 14 ont des problématiques financières liées au Covid-19 et à la réception ou non de public à la rentrée. Est-ce que de savoir que le Castres Olympique peut se retrouver dans une situation difficile est quelque chose qui inquiète le Conseil Départemental ? 

 

On est plus inquiet pour le rugby professionnel que pour le CO. On connaît la qualité de gestionnaire de Pierre-Yves Revol donc je ne suis pas plus inquiet pour le CO que pour les autres clubs de Top 14. Mais effectivement, les clubs professionnels ont besoin de public et de recettes donc, il faut être très vigilant et il y aura une attention particulière pour le CO. Mais, cette attention n’est pas plus focalisée sur le CO que sur les autres clubs parce-que, comme je l’ai dit, le CO a toujours été très bien géré, administré et structuré. Dans un club où les moyens ne sont pas les plus importants, on arrive à avoir des résultats au-dessus des moyens financiers investis. Quand on regarde le budget du CO, on ne devrait pas jouer tous les ans les phases finales, on n’aurait pas dû être champion de France en 2018. Mais, c’est la force d’un collectif et aussi celle d’un club mené par Pierre-Yves Revol donc, je fais entièrement confiance aux gestionnaires du CO pour trouver le bon équilibre financier dans un contexte compliqué afin que le CO continue à faire rêver tous les Tarnais au cours des prochaines saisons. 

 

A votre avis, une reprise du championnat à huis-clos ou en mode dégradé comme un temps annoncé, est-ce que c’est une bonne idée ? 

 

Il faut faire du mieux possible. Je ne suis pas médecin, de ce que je sais à priori, c’est que cette priorité sanitaire doit absolument être essentielle. On n’a pas envie de se retrouver confiné à nouveau donc, essayons de respecter ces règles sanitaires, de voir comment va évoluer cette pandémie et de trouver le juste équilibre pour que le sport professionnel puisse rapidement nous enchanter et qu’on le retrouve vite sur les terrains et dans nos stades, on l’a vu avec le Tour de France, il y a des perspectives intéressantes. On sait que pour le sport professionnel, et notamment le rugby, c’est compliqué parce-que c’est aussi un sport de contact mais je ne doute pas qu’il y ait une forte volonté de faire reprendre des matches et de rejouer. Je ne sais pas quand mais le plus tôt possible sera le mieux pour les joueurs, bien évidemment, mais aussi pour les clubs et leurs santés financières. 

 

Il y a également le sujet du foot tarnais où l’on voit que l’ASPTT Football de l’Albigeois est dans le très haut-niveau avec les féminines qui évoluent en 2e division nationale. Par contre, chez les garçons, et même s’ils ont fait un parcours extraordinaire en Coupe de France, on voit Marssac, un village de 3 500 habitants, être la locomotive du foot tarnais. Il y a un petit côté  » village d’Astérix  » mais ça montre peut-être un malaise dans ce foot tarnais car, logiquement, les locomotives devraient être Albi et Castres ? 

 

Je crois qu’au foot, il faut des moyens financiers importants, on le voit avec le haut-niveau. Je ne prendrai pas l’exemple du Paris-Saint-Germain mais on est dans des moyens financiers qui ne correspondent pas forcément au tissu de TPE / PME que l’on a dans notre territoire. Là aussi, il y a toujours beaucoup d’engouement chez les jeunes pour pratiquer le football et l’idée, je crois, est de continuer de permettre à nos jeunes de s’épanouir en jouant et en pratiquant ce joli sport en ayant des clubs bien structurés. Mais je crois qu’aujourd’hui, on peut difficilement rêver et imaginer un club tarnais en Nationale à court terme. Donc, continuons à nous féliciter des résultats de Marssac, qui a fait un superbe parcours en Coupe de France l’an dernier. Continuons aussi à veiller à ce que l’ASPTT, et on peut vraiment féliciter les féminines, se maintienne en seconde division. Ça a été un peu compliqué cette année, n’oublions pas qu’il y a deux ans encore, elles étaient en D1 et on a souvent vibré devant leurs belles prestations. Donc, ce sont les féminines dans le foot qui tirent ce sport au niveau départemental et là aussi, je veux saluer le travail du président Espié, bon gestionnaire également car je crois qu’il est difficile de trouver un bon équilibre économique pour cette équipe-là. Et concernant le foot masculin, félicitations à l’équipe de Marssac qui est, là aussi, bien gérée. Et surtout, continuons à permettre à notre jeunesse de pratiquer ce sport dans les meilleures conditions, c’est l’objectif du Conseil Département. Si demain, on a un club qui a l’ambition de retrouver le très haut-niveau, tant mieux, mais je crois que ce n’est pas la priorité aujourd’hui des clubs tarnais. 

 

S’il y a des synergies, des fusions, des passerelles qui se font entre clubs pour monter des clubs de territoire, comme par exemple et au hasard l’ASPTT et l’US Albi qui fusionneraient ou des clubs de l’agglomération albigeoise, est-ce que le Conseil Départemental verrait ça d’un bon œil ? Et est-ce que vous pourriez, comme on dit dans le jargon, participer à  » la corbeille de la mariée  » pour lancer l’idée ? 

 

Non, je crois que nous travaillons très bien avec le District de Football. L’idée est d’accompagner les bonnes volontés et surtout, de ne pas m’immiscer dans le sportif ou la gestion du club, chacun a sa place. Quand il y a un beau projet, on est là pour les accompagner mais je ne veux surtout pas m’immiscer dans la gestion des clubs et encore moins dans la gestion sportive. Faisons confiance aux présidents des différentes structures et le jour où ils auront un projet, on sera là pour les accompagner. Le District de Football fait aussi un excellent travail de formation, de sensibilisation au développement durable, au respect des règles avec des petites compétitions internes sur le respect de l’arbitrage. Ça, je crois que ce sont des actions qui vont dans le bon sens et c’est pour cela qu’on les soutient aussi financièrement par rapport à la jeunesse. Ça rejoint ce que je disais au début à savoir que le sport est une formidable école de la vie et pour moi, ce sont des enjeux forts dans l’apprentissage du football. Après, si des fusions de clubs ont lieu, tant mieux, à condition que ce soit la volonté des différents protagonistes. 

 

Avant le confinement, il y avait un sujet d’actualité un peu bouillant qui a pu s’apaiser un peu durant cette période : le circuit d’Albi. C’est un véritable patrimoine historique du sport albigeois, les grands prix autos, motos et même camions sur le circuit du Séquestre sont ancrés dans la culture albigeoise. On sait qu’il y a des riverains qui sont contre le fait que le circuit se développe plus, entraînant plus de journées bruyantes. Comment est-ce que vous appréhendez ceci au Conseil Départemental parce-que le circuit d’Albi est quand même un véritable vecteur de promotion du territoire ? 

 

Oui, je crois qu’il y a un côté historique, c’est à dire qu’il y a toujours eu beaucoup d’engouement au niveau de la population albigeoise et tarnaise autour du circuit d’Albi. Le Grand Prix joue un rôle fédérateur tous les ans, y compris au niveau des motos. Donc, je crois qu’il faut arriver à trouver un juste équilibre entre permettre la réalisation de ces belles manifestations mais aussi de respecter la réglementation. Là aussi, je fais confiance aux différents protagonistes pour qu’il y ait un réel équilibre entre le développement du circuit et le respect des voisins. On sait le travail qui est fait aussi pour donner d’autres perspectives à ce circuit, il y a de nombreuses réflexions. Mais, nous serons en relais en fonction des projets qui pourraient émaner concernant le devenir de ce circuit. En tous cas, dans un premier temps, continuons à respecter la réglementation mais aussi à proposer de belles manifestations. 

 

On a vu que cette crise du coronavirus nous a ramenés à des fondamentaux, pour reprendre le registre du rugby. Que peut-on retirer de cette crise pour s’en resservir dans le milieu sportif et même dans la vie de tous les jours ? Quel est l’adage qui en ressort ? 

 

Je crois que c’est la solidarité. La solidarité est un élément fédérateur dans le mouvement sportif, il faut de la solidarité dans une équipe. Les Français ont fait preuve de solidarité, les Tarnais également, ils ont envie de se retrouver, de partager, de serrer les coudes si on ne peut plus se serrer les mains tout en serrant les dents car ça a été compliqué pour nos concitoyens. Cet esprit de solidarité est important comme valeur sportive donc, je ne doute pas que le mouvement sportif continue à essayer de le faire vivre au quotidien. C’est aussi un élément assez symbolique de notre territoire parce-que je crois qu’aujourd’hui, il n’y a plus un Tarn Nord, un Tarn Sud, un Tarn Est, un Tarn Ouest. Non, il y a vraiment un département qui se serre les coudes, qui a envie d’avancer. On le voit aussi autour du Castres Olympique, c’est bien évidemment le club de Castres mais c’est surtout le club emblématique au niveau du département. Il y a cette vraie solidarité autour de nos clubs et c’est en tous cas une valeur fondamentale. Dans les mois à venir, on aura encore tous besoin de solidarité et d’union donc, continuons à travailler ensemble pour le développement du sport tarnais. 

 

En clair, un département uni derrière ses sports et ses sportifs ? 

 

Oui, un département uni derrière ses sportifs. Et puis, je crois qu’il faut aussi que l’on continue à innover en matière sportive parce-que pour moi, le sport senior sont des enjeux forts pour permettre à nos aînés de bien vieillir. Donc, continuons de les accompagner avec le monde sportif afin de permettre la pratique du sport le plus longtemps possible pour rester en bonne santé. On a vu que la place des seniors étaient importantes dans notre société, notamment avec cette crise du Covid, et l’un des enseignements forts est aussi d’avoir une attention particulière envers nos seniors. Le sport peut jouer un rôle fondamental pour, justement, continuer à accompagner ces seniors et ça passe certainement par une nouvelle offre sportive et innovante pour les seniors tarnais. 

 

Merci d’être venu nous faire un bilan du sport tarnais après cette crise du coronavirus

 

Merci beaucoup

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-29-mai-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Christophe Ramond lors de l’émission « Le #MagSport » du 29 mai 2020

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