#Rugby / Y.Garcon (Chambéry) : «Bien sûr qu’on a envie d’être en Nationale 1 – Pro D3!»

En amont du séminaire France Rugby concernant la création de la division intermédiaire entre Pro D2 et fédérale 1, Yves Garçon le Président du SO Chambéry a participé à notre grand débat sur la Nationale 1 . Malgré quelques petites réserves, le président des Éléphants Chambériens tient bien entendu a participé à cette nouvelle division qui va réunir les meilleures équipes de fédérale 1. Positionné au 18ème rang du classement national, le SOC devra certes bénéficier du désistement de clubs mieux classés, mais espère vivement pouvoir relever ce nouveau challenge.
Yves, vous avez eu le mérite d’être le premier à dire haut et fort  » je milite pour une Pro D3  » lors de l’un de nos premiers débats. A priori, vous êtes arrivés à vos fins à Chambéry mais maintenant, il va falloir en être ? 
YG (Chambéry) : Oui, bien sûr qu’on a envie d’être en Pro D3 parce qu’on a eu le privilège d’être en poule Elite il y a quelques années. Certes, ça avait été dans la difficulté et on s’est rendu compte de tous les maux de cette poule avec une grande course à l’armement ce qui avaient mis beaucoup de clubs, dont nous, en difficulté, il n’y a pas lieu de s’en cacher. Il est sûr que l’on va être candidat même si je ne connais pas les critères pour rentrer dans cette poule, s’ils seront financiers, sportifs. A priori, il n’y aurait que ceux-là donc, bien évidemment que nous sommes intéressés. Pourquoi sommes-nous intéressés ? Parce-que, de notre expérience en poule Elite, il y a des confrontations de rugby à haut-niveau, ce qui permet aux clubs qui ont envie d’aller au niveau supérieur de se préparer, tout simplement. C’est en totale concordance avec notre développement actuel, avec le centre de formation, avec le stade, avec le projet du club qui est, à terme, d’aller au niveau supérieur. 
A Chambéry, ça ne doit pas avoir le même écho. Les joueurs doivent trépigner d’impatience de savoir à quelle sauce ils seront mangés la saison prochaine, Nationale 1 ou Fédérale 1 ? 
YG (Chambéry) : Pour l’instant, nous sommes dans une situation de statu-quo donc, on ne sait pas. A priori, si on ne prend que les critères sportifs, on va être difficilement éligibles. Bien sûr que nos joueurs veulent jouer au niveau supérieur, ils sont tous très attentifs à jouer des gros calibres. Après, on suivra ce qui se passera et, dans tous les cas, je suis un peu comme Pierre-Henri Gueydan : on fait une équipe en espérant jouer cette année les phases finales et on aura l’effectif qu’on a. Il est sûr qu’avec le fait de jouer en poule Elite, tous les joueurs veulent y aller. Je comprends la position de tout ceux qui disent  » on va perdre des recettes, des confrontations qui sont très intéressantes pour nous « , on est à peu près tous dans la même situation. Donc nous, pour l’instant, si c’est uniquement sur critères sportifs, je pense que ça va être compliqué qu’on soit éligible mais on y croit et advienne que pourra. 
Yves, pour vous, l’optimum c’est 14 en Nationale afin que Chambéry y soit ? 
YG (Chambéry) : Non, je ne suis pas forcément en adéquation avec ce que tu dis. SI tu ne mets que du sportif, à 12, incontestablement, on n’y sera pas. Mais je pense que sur le sportif, il ne faut pas intégrer uniquement l’équipe une mais également les aspects de la formation et des jeunes qui intègrent également l’aspect sportif. Et je pense que tous ces critères-là doivent être pris en compte. Au niveau de l’aspect financier, il est vrai que le cahier des charges d’avant était extrêmement exigeant mais moi, je n’intégrerai pas uniquement l’aspect sportif à l’aspect sportif.J’inclurai un aspect global avec les jeunes , les U16, les U18, les espoirs dans le jugement sportif qui doit être pris en compte. Qu’on soit 12e, 14e ou 15e, c’est un autre sujet mais j’intégrerai l’aspect sportif dans sa globalité. 
Yves, est-ce que vous pensez que le modèle économique qui est en train de se créer autour de la Nationale est viable ? Et pour vous, est-ce que 100 000€ pour compenser les déplacements, la formation et la structuration est assez ? 
YG (Chambéry) : Je dirai que nous, nous avons tablé notre budget prévisionnel sur une poule qui, à l’époque, n’était pas nationale et donc, notre budget a été fait ainsi. Après, c’est vrai que ça compense partiellement les déplacements et il est vrai que, si on doit se déplacer avec les espoirs, les 100 000€ tout cumulés seront peut-être quand même justes, surtout si on joue le soir. Est-ce que c’est économiquement viable ? Je pense que ça peut l’être à la condition que ce ne soit pas la course à l’armement comme on l’a connue il y a quelques années en arrière. A ce moment-là, effectivement, le modèle économique sera viable. Mais, sans trop de contraintes financières, est-ce que ça ne sera pas un championnat qui se limitera à 4 / 5 équipes capables d’accéder au niveau supérieur ? Parce-que ça veut dire que ce seront forcément les équipes qui auront de gros budgets qui pourront faire venir de gros joueurs et des joueurs performants, qui auront la possibilité de monter.  On a fait partie à l’époque de la poule Elite alors qu’on n’avait pas les moyens d’y être et que l’on a fait un peu la course à l’armement avant d’être rattrapé par la patrouille, à juste titre d’ailleurs. C’est à prendre en compte donc, il faut faire une poule qui intègre également des critères financiers, bien évidemment du sportif mais il faut faire attention. Je pense qu’un club qui part dans la poule Elite avec un budget relativement faible, est-ce qu’on ne l’envoie pas à l’échafaud ? C’est la question que je me pose. 

Est-ce que le business plan de la Nationale 1 est bon ?

YG (Chambéry) : D’autant que, si tu fais le rapport avec ce que tu aurais touché avec les indemnisations classiques, tu n’es peut-être pas très loin. Avec une poule nationale qui t’envoie partout en France, tu ne dois pas faire un gros delta donc, ça ne doit pas t’apporter beaucoup plus que ce que t’aurait amené le système classique.

Yves, si Chambéry est accepté en Nationale, vous aurez plus de probabilités de passer à la télé puisqu’il n’y aura plus que 14 clubs. Cela peut-être vous permettre d’aller chercher de nouveaux partenaires ou de monnayer ces matches ? 
YG (Chambéry) : C’est évident, encore que nous, on n’a pas eu à se plaindre parce-que ces dernières saisons, on a été relativement souvent télévisé. Mais il est certain que cela donne une opportunité, que nous n’avons pas quantifiée à ce jour et absolument pas intégrée par rapport à l’apport que cela peut nous donner. Aujourd’hui, on a la chance d’avoir un projet qui est la création d’un stade donc, ça nous aide beaucoup au niveau partenariat parce-que beaucoup d’entreprises veulent participer au grand projet du stade. On n’a pas du tout tablé sur une quelconque rétribution par rapport à la télévision mais c’est vrai que ça peut nous aider. On travaillera le sujet en temps et en heure selon que l’on y soit ou pas. 
Yves, une remarque ou une question à poser voire une idée à suggérer à Bernard Laporte et à Maurice Buzy-Pucheu ? 
YG (Chambéry) : Je connais suffisamment Bernard pour savoir qu’il fera un peu comme il a envie, comme il l’a fait maintenant par rapport à la poule Nationale. Il est arrivé à faire plier la LNR ce qui n’est pas mal. Moi, je dirai juste, et bien évidemment, je prêche pour ma paroisse, que je souhaiterai qu’il intègre la globalité du sport et pas uniquement l’équipe première. C’est la question que je souhaiterai qu’il prenne en compte. 
On a beaucoup parlé du rugby de territoire, à l’exemple de Rouen. Yves, pour s’inscrire dans cette Nationale, fusionner des clubs de Savoie, faire un grand club de Haute-Savoie ou de la Haute-Savoie, ça peut être quelque chose qui permette d’être une machine de guerre pour exister dans cette Fédérale 1 ++ ? 
YG (Chambéry) : Je pense que ça, c’est un vœu pieux parce-que la rivalité entre la Savoie et la Haute-Savoie estun petit peu quelque chose de viscéral (rires). Après, je crois que ça ne peut être qu’un choix politique. Effectivement, économiquement parlant, nous sommes deux clubs assez riches, il faut quand même le dire. Par contre, j’ai fait comme l’ASVEL, on a changé de nom cette année et on s’appelle maintenant Savoie-Mont Blanc c’est à dire qu’on essaie justement de grouper les deux Savoie. Bien évidemment, on aimerait y arriver mais sincèrement, je n’y crois pas beaucoup. Mais économiquement, ce serait effectivement le choix le plus pertinent pour exister si on arrive au niveau supérieur, c’est évident. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-5-juin-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw d’Yves Garcon lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 5 juin 2020.

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