#Rugby – Fed1 / P.Padroni (Bagnères) : «Une Fed1 à présent plus faite pour nos ambitions!»

Le Président du Stade Bagnerais, Patrice Padroni, a participé ce vendredi 5 juin 2020 à notre débat sur la création de la nationale par France Rugby (FFR). Non invité dans cette division intermédiaire entre Pro D2 et Fédérale1, et malgré la perte de billetteries substantielles (du fait de la probable accession du Stado Tarbes Pyrénées Rugby en N1), au pied du pic du midi on ne s’est pas opposé à la création de cette dernière dans l’intérêt supérieur du rugby. Pour Bagnères, le retour d’une fédérale1 plus homogène, laisse la perspective de pouvoir, à nouveau, espérer voir de fédératrices et rémunératrices phases finales Jean Prat en 2020-2021. En clair le chaudron de Cazenaves pourrait s’éveiller au gré d’une aventure sportive et humaine des noirs et blancs.
Patrice, qu’avez-vous pensé de cette réforme de la Fédération et cette séparation en deux entre les gros calibres et les  » petits clubs  »  au Stade Bagnérais ? 
PP (Bagnères) : Nous, de toute façon, on ne postulait bien évidemment pas à cette poule Nationale. Nous sommes pour bien que je pense qu’elle soit venue un peu rapidement et peut-être pas à un bon moment. Mais je dis qu’il faut qu’elle se fasse parce qu’elle est dans la logique des choses et dans la logique du rugby. Cette année, nous avons rencontré Albi, Blagnac et Tarbes qui postulent pour cette poule Nationale et on a eu énormément de casse avec eux mais aussi de beaux matches. Pour nous, je pense qu’il faut que cette poule se fasse et que nous puissions jouer avec des clubs qui ont nos budgets et notre niveau. 
On va maintenant s’intéresser aux joueurs pour savoir comment ces derniers ont perçu le grand feuilleton du printemps. Patrice, est-ce que vous avez-eu des remontées de vos joueurs par rapport aux faits que les grands s’en aillent ou non ? Que préfèrent-ils, jouer dans une Fédérale entre équipes amateurs et semi-pros ou dans l’ancienne Fédérale 1 où, tous les 3 ou 4 matches, il y avait de l’armada qui arrivait et qu’il fallait un peu  » piocher  » ? 
PP (Bagnères) : Chez nous, c’est vraiment un sentiment mitigé parce-que c’est vrai que recevoir des gros était motivant avec de sacrés challenges et c’était pour eux vraiment le plus. Ceci dit, le challenge va être pour nous d’autant plus excitant que maintenant, plutôt que de jouer systématiquement le maintien voire le milieu de tableau, on espère pouvoir jouer la qualif. Donc, c’est revoir le challenge et essayer maintenant de figurer dans une Fédérale 1 à présent plus faite pour nos ambitions. 
Vous vous imaginez aller faire des play-off. A Bagnères, cela doit quand même vous plaire pour faire re-vibrer ce stade Cazenave qui est mythique ? 
PP (Bagnères) : Vous savez, le stade Cazenave vibre même quand on joue le maintien, vous pouvez le demander à Benoit Trey et à Blagnac quand ils sont venus. A Bagnères, nous avons très mal pris le terme de  » mouroir « , je vous le dis de suite. Je pense qu’il faut quand même respecter ces clubs qui cherchent à vivre en Fédérale 1, qui ont le mérite d’avoir un paquet de bénévoles qui se donnent tous les dimanches et toute la semaine. Et quand j’entends qu’on parle de  » mouroir  » pour la Fédérale 1, mot qui en plus n’est pas adapté dans la période actuelle … Il y a d’autres clubs, quand vous allez à Mauléon par exemple, demandez à Albi et à Alain, où l’on vendra toujours chèrement notre peau, à Cazenave ou ailleurs. 
Patrice, si j’ai bien compris vos propos, le mot  » mouroir  » vous a choqué, comme beaucoup. André Goichot et Alain Piguet avaient aussi été très révulsés par ces mots. En clair, vous n’irez pas en vacances cet été dans l’Aude à Narbonne Plage ? 
PP (Bagnères) : Je ne sais pas qui l’a dit et c’est peut-être pris dans un certain contexte. Mais, s’il m’invite, ce sera avec grand plaisir (rires). Ceci dit, Bagnères / Narbonne, c’est une longue histoire. Quand les Narbonnais venaient à Bagnères, je ne sais pas s’ils considéraient ça comme un mouroir. Vous demanderez à certains anciens joueurs de Narbonne, ils doivent se souvenir des voyages à Bagnères dans les années 70, 80 et même 90. C’est joli le Pic du Midi mais c’est parfois compliqué. Mais, c’est vrai que ça nous a choqué et je pense qu’il y a besoin de respecter tout le monde et beaucoup de clubs semi-pros et pros ont respecté. e prends l’exemple d’Albi avec qui on a d’excellentes relations, Benoit et Blagnac, Tarbes, nous ont respecté dans cette poule-là, ne nous ont jamais considéré comme un mouroir quand ils venaient chez nous et ça a toujours été des matches intéressants. 
Comme le disait Patrice Padroni, c’est magnifique le Pic du Midi. C’est l’un des plus beaux points de vue sur un stade qu’il y a avec Oloron. J’imagine que ce serait une joie pour Bagnères de recevoir le grand Bourgoin ? 
PP (Bagnères) : Avec grand plaisir mais nous, on reçoit tout le monde et on les reçoit bien. 
On va revenir sur ce que va être le format de cette Nationale qui impactera aussi la Fédérale 1. On parle de 18 clubs potentiellement éligibles mais de 12 ou 14 clubs qui auront la  » wild car « , l’accès à cette division. S’il y a 14 clubs, cela va engendrer 2 poules de 11 et 2 poules de 12 en Fédérale 1 et donc, des péréquations. Patrice, qu’est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous préférez 4 poules de 12 et qu’au moins, tout le monde soit sur le même pied d’égalité ou bien les  2 poules de 11 et 2 poules de 12 avec péréquations dont on connaît le côté un peu  » alambiqué  » ? 
PP (Bagnères) : Ce que je préfère pour nous, c’est surtout que l’on ait une poule de 12, par rapport au recettes dont nous parlions tout à l’heure. Le fait de perdre Tarbes, s’ils sont dans cette poule Nationale, va nous impacter car cela représente 40 000€ de recettes, ce n’est pas neutre dans un petit budget comme le nôtre. Évidemment que des poules de 12, cela fait 11 matches à domicile, il ne faut pas qu’en plus, on perde un match à la maison. Nous, c’est 2 000 personnes chaque dimanche au stade, on fait partie des 10 meilleures recettes de la Fédérale 1 donc, il ne faut pas qu’on perde en plus de rencontres. Vous comptez comme vous voulez, on aide les clubs qui montent même si je ne sais pas comment tout ça va être fait. En tous cas, nous, ce qu’on veut, c’est 12 clubs, qu’on ne vienne pas en plus nous parler de 11. 
On va rentrer dans un registre qui est devenu le nerf de la guerre dans le sport moderne : les finances et le modèle économique et en Fédérale 1, il faut aussi un modèle économique. Avec ce changement et cette nouvelle formule, est-ce que le modèle économique de la Fédérale 1 va être impacté ? Patrice, est-ce que ce sera le cas au Stade Bagnérais ? Vous nous avez déjà donné une partie de la réponse avec la perte des recettes des derbys mais, même si les gros s’en vont, vous allez réussir à garder le modèle économique passé ? 
PP (Bagnères) : J’ai donné une partie de la réponse. Nous avons un budget avoisinant les 700 000€, un budget revu à la baisse. On a un public fidèle donc, on va essayer de trouver à travers les matches qu’on va nous proposer les ressources nécessaires et il va falloir être inventif. Cette nouvelle poule va peut-être nous donner l’occasion d’essayer de nous qualifier. Les joueurs ont aussi fait des efforts financiers, on va essayer de voir d’autres aspects. Le sponsoring va commencer un peu plus tard, nous sommes une région touristique et comme le président de Bourgoin veut venir, on espère qu’ils viendront 8 jours avant avec son équipe comme cela, on lui montrera les hôtels pour qu’il nous remplume nos finances. 

Il faut qu’ils viennent en Janvier / Février quand il y aura de la neige pour aller à la station du Grand Tourmalet faire la prépa et ne pas être usés en fin de saison comme lorsqu’il a rencontré Benoit Trey. 
PP (Bagnères) : Voilà
On voit que les clubs du haut vont être aidés pour la création de cette Nationale. Vous allez demander un petit obole à la Fédération pour qu’ils pensent aussi à redistribuer à la Fédérale 1 s’il leur reste un peu de sous au fond des poches ? 
PP (Bagnères) : S’ils veulent le faire, c’est avec plaisir, vraiment avec grand plaisir (rires). Le président de l’ASVEL a parlé de 100 000, moi je parle de 40 000 minimum. On nous avait parlé de Dax dans notre poule mais ils n’y seront pas alors qu’ils pouvaient compenser Tarbes et cela fait quand même une perte. Vous parliez des clubs du Sud-Est mais, dans le Sud-Ouest, c’est un peu la même chose. Vous parleriez avec le président d’Oloron, il aurait la même réflexion ainsi que le président de Lannemezan. C’est pour cela que je disais tout à l’heure que ce n’étais pas le moment et en plus, ça s’est passé pendant un week-end. En un week-end, nous avons perdu 40 000€ et peut-être 100 000 pour l’ASVEL donc, c’est quand même chaud à apprendre. Après, il faut rebondir et peut-être ne pas toujours penser à son club mais aussi à l’intérêt que tout ça peut avoir tout en essayant d’être inventif. Mais, être inventif quand j’entends parler de 100 000€, ça peut poser d’énormes questions. Nous, nous avons peut-être la chance d’être dans une terre de rugby, il est peut-être plus facile de compenser 40 000€ pour nous que cela ne le serait pour l’ASVEL, avec tout le respect que je leur dois. 
Autre chose de très important dans le rugby moderne, c’est la médiatisation. Patrice, vous avez bénéficié cette année de l’éclairage de la chaîne l’Equipe avec un derby entre Tarbes et Bagnères, un derby de Bigorre. Est-ce que le fait que la chaîne l’Equipe revienne faire des petits coucous à la Fédérale 1 va être une demande que vous allez faire à la Fédé ? On sait bien qu’ils vont être attirés par les strass, les paillettes et l’engouement qu’il y a autour de la Nationale mais qu’ils continuent quand même à mettre en valeur cette Fédérale 1 et ce rugby de la base. 

PP (Bagnères) : J’espère qu’on continuera quand même à s’intéresser à la Fédérale 1. Ce n’est pas parce-que maintenant, il y aura cette poule Nationale que la Fédérale 1 ne devra plus avoir droit d’être visionnée sur l’Equipe. Il y aura toujours des matches intéressants en Fédérale 1. Nous ne sommes pas trop concernés parce-que notre stade ne peut pas recevoir de match le soir mais j’espère quand même que l’Équipe s’intéressera aux matches de Fédérale 1. 
Lors du séminaire, vous allez tous être face à Bernard Laporte et Maurice Buzy-Pucheu. Patrice, quelle va être la question principale que vous allez leur poser ? 
PP (Bagnères) : C’est un piège ? (rires)
Non, non. C’est pour savoir le cri du cœur que vous aller porter car on imagine que beaucoup de clubs vont avoir la parole ? 
PP (Bagnères) : C’est vraiment une question que l’on a déjà un peu posée avec le président de l’ASVEL. Pour moi, ça va aussi être une question financière : est-ce que nos clubs de Fédérale 1 qui vont rester en Fédérale 1 classique vont avoir une aide dans la mesure où cette poule Nationale va être crée et qu’ils vont percevoir une certaine aide ? Est-ce que nous allons pouvoir bénéficier de quelque chose pour nous ? 
On va terminer avec la question décalée. Patrice, rassurez-moi, malgré qu’il n’y ait plus Tarbes, les derbys de Bigorre resteront toujours aussi bouillants, enfiévrés et à la fin, bon enfant ? 
PP (Bagnères) : Un derby en Bigorre est toujours bon enfant (rires)
Il ne manque plus que Lourdes maintenant. Il faut qu’ils montent pour avoir plus de derbys ? 
PP (Bagnères) : Peut-être que quand Lourdes montera, on montera dans la poule intermédiaire pour rencontrer nos amis tarbais. On a Lannemezan, on a Auch, on ne va pas se plaindre, il nous en reste encore dans le coin. Et on fera toujours de beaux derbys et il y aura toujours de belles affluences à Cazenave. 
Patrice, je ne pose pas la question sur une fusion des clubs des Hautes- Pyrénées parce-que je sens que je vais mal finir. Je l’ai posé à Lourdes l’autre jour, j’ai failli me faire clouer sur place. 
PP (Bagnères) : C’est pour cela que je préfère que tu ne me la poses pas (rires). Je veux encore traverser les coustous à Bagnères tranquillement. L’entente Bagnères / Tarbes / Lannemezan, on peut toujours en parler, on peut toujours la rêver mais on ne la réalisera pas encore (rires). 
Patrice, vous nous avez dit que vous receviez très bien au Stade Bagnérais. Après le séminaire et quand tout le monde pourra ressortir, vous accueillez tout le monde au Stade Bagnérais pour faire une grande fiesta ? Ca va être ça le happy-end ? Par contre, ça va vous coûter un peu
PP (Bagnères) : Attendez, on ne fait pas que la fiesta à Bagnères. On deux mi-temps aussi, parce qu’on ne va pas passer pour un club spécialiste de la fiesta. 
Moi, je dis surtout qu’on y mange bien

PP (Bagnères) :  On mange bien si vous voulez mais pour nous, l’important va être le sportif. De toute façon, il faut une fin et que ça se termine, que le sport reprenne un peu le dessus et qu’enfin, on retrouve tous après cette période le chemin des stades et que tout le monde se revoit, dans la convivialité et dans cette ambiance du rugby qui manque à tout le monde. 
Et puis, vous aurez un petit challenge gastronomique avec Michel Courtès parce qu’à Fleurance aussi, on y mange très, très bien

PP (Bagnères) : Je sais, ils nous ont très bien reçu cette année. On se côtoie depuis quelques temps et c’est très bien. 

Propos recueillis par Loïc Colombié
https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-5-juin-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Patrice Padroni lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 5 juin 2020.

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