#Rugby / Y.Corréa (Albi) : «On reviendra, il faut bien l’annoncer à tout le monde!»

Nous sommes allés à la rencontre d‘une légende jaune et noire, qui fleure bon la belle épopée albigeoise de la Pro D2 et du Top 14, Yogane Corréa. Pour ce joueur de devoir sur un pré, Albi reste et restera son club de cœur, quelque soit les hommes, quelque soit le contexte. Toujours très investi au sein du SCA, ce seconde ligne qui faisait la paire avec un certain Arnaud Méla, sous l’ère Béchu, a tenu à nous livrer son sentiment sur une situation qui le révolte. Pour celui qui fut capitaine de l’équipe du Sénégal, le refus de la Ligue Nationale de Rugby de voir Albi, Bourg ou Massy en Pro D2 le fait sortir de ses gonds . Entretien coup de gueule , avec « Yogi » , un homme au cœur jaune et noir, dont l’attachement au « Sporting » est indéfectible.

 

 

Yogane, tu connais l’adage, on dit souvent  » les 3/4 sont les amis, les avants, c’est la famille « . En ce moment, le Sporting Club Albgeois a un peu besoin de la famille pour faire un gros maul et essayer d’amener ce club en Pro D2. On voit que, petit à petit, les instances sont en train de fermer et de verrouiller la porte. J’imagine que toi, l’ancien, le vieux grognard, ça te rappelle de mauvais souvenirs de l’ère Béchu avec des attentes qui sont longues et qui se terminent parfois en désillusion ? 

 

Oui, on l’a vécu et je n’ose même pas penser une seule fois que le scénario se représente à nouveau et qu’il se déroule de la même manière. Aujourd’hui, c’est juste de prendre conscience des efforts qui ont été faits, du travail qui a été un travail de sape avec le staff d’Arnaud, les joueurs, les dirigeants, la ville d’Albi qui est derrière le club et qu’on était tous dans l’attente du verdict pour au moins savourer ce qui nous appartient, c’est à dire le retour en Pro D2. L’année dernière, on a eu une désillusion qui fut douloureuse, qui l’est encore et plutôt que de pleurer, les gars se sont remis au travail et se sont dits  » on va prendre notre destin en main « . La crise sanitaire est arrivée, personne ne l’avait vue venir et on s’était dit que vu le classement d’Albi, il était logique qu’Albi retrouve la Pro D2. Il y a des clubs en haut, que ce soit en Pro D2 ou en Top 14, qui ont pu en bénéficié mais nous, bien sûr, on essaie visiblement de nous parler d’autres divisions, ce qu’on ne veut pas entendre. La seule division dont on veut entendre parler pour l’année prochaine, c’est la Pro D2 et uniquement la Pro D2. Et à un moment donné, il va falloir qu’Albi arrête d’être la bête qu’on essaie de crever à chaque fois. 

 

Toi qui étais encore joueur il n’y a pas longtemps, tu as encore des liens indéfectibles avec des cadres du vestiaire. Comment tu perçois le sentiment qu’ils ont ? Comme l’a dit Arnaud Méla, après l’injustice de Rouen, il y a l’incohérence de 2020 donc, cela doit être humainement compliqué. En plus, ils n’ont pas comme d’habitude le levier du terrain, là où tout se règle normalement, et où ils ne peuvent même pas aller ? 

 

Bien sûr et de toute façon, ce rugby-là est révolu. L’abnégation des joueurs, tout ce travail effectué sur une année, je les vois car je continue à m’entraîner et quand j’arrive au stade, les gars s’y filent donc, au final, ce sont deux ans de travail pour rien du tout ? A un moment donné, il faut être solide mentalement pour aller chercher des objectifs. C’est ce qu’on va faire, le Sporting ne va pas passer les bras parce-que ce n’est pas notre tempérament mais par contre, c’est vrai que ça commence à faire. Le plus dur pour Arnaud sera de remobiliser les joueurs pour une 3e année car, sur le plan psychologique, ça peut être très compliqué. Donc aujourd’hui, je pense et c’est même une certitude que je ne veux pas entendre parler d’une autre division que la Pro D2. 

 

Toi qui a vécu de ce rugby professionnel, quel regard jettes-tu sur les réactions de ce dernier qui se referme sur lui-même ? 

 

Moi, j’ai parfois l’impression que certains n’ont pas joué au rugby et qu’ils ont la mémoire courte. Je pense que tout le monde a vécu des montées et des descentes et qu’à un moment donné, ça demande des efforts. Aujourd’hui, c’est faire des efforts pour que ce soit réduit à néant derrière, car c’est ce qu’il se passe. L’année dernière, ça devait monter, le travail avait été fait à la maison, le travail a été fait à l’extérieur, il y a eu un décisionnaire au milieu du terrain qui a pu mettre un coup de baguette magique et mettre fin à notre rêve.

 

Passe-moi l’expression, il est venu  » saloper  » le travail ? 

 

Je ne vais pas le dire mais bon … 

 

Parlons vrai, comme diraient certains (rires)

 

(Rires) Je ne veux pas juger les arbitres parce-que cela fait un peu « pleureuse » mais c’est vrai que l’année dernière, c’était très moyen de ne pas faire valoir les valeurs sportives. Après, je ne sais pas ce qu’il s’est passé derrière, ça nous dépasse. En attendant, on a fait un retour de Rouen vers notre cathédrale avec le cœur lourd. 

 

Est-ce que tu sens qu’il y a une adhésion populaire autour de ce Sporting Club Albgeois qui est en train de renaître petit à petit ? Parce qu’avec toutes ses péripéties, il y a un peu à côté  » club maudit « . Est-ce que tu penses que ça peut être le levier de demain pour aller chercher de nouvelles victoires ? 

 

J’ai presque envie de dire que, depuis que je suis arrivé à Albi, ça a toujours été notre levier car à chaque fois, on a pris des coups de bambou. Sous l’ère d’Éric, c’était aller chercher la justice : quand je suis arrivé, le club était en Pro D2, il y a eu la rétrogradation, il a fallu remonter. On ne va pas dire qu’on est des pleureuses mais, force est de constater qu’à chaque fois, c’est dur à avaler. Il est dur d’avaler des décisions qui mettent à mal tout le travail d’une saison. Et comme je le disais, ces gens-là qui prennent des décisions savent ce que c’est puisqu’ils ont joué. Peut-être pas au niveau d’aujourd’hui mais quand les gars se lèvent tous les matins pour allers’entraîner, se préparer, faire les matches, être fatigués, chercher des temps de repos pour être plus performants et que derrière, arrivés au 2 / 3 de la saison, on leur dit  » tout ce que vous avez fait, vous allez recommencer  » … Aujourd’hui, pour moi, je pense que la discussion n’a même pas à aller loin, on a qu’une chose en tête, c’est la Pro D2 et ça restera la Pro D2. 

 

Et s’il y a une mauvaise nouvelle qui arrive, il faudra à ton avis un gros, gros, gros travail de préparation mentale d’Arnaud Méla auprès de ses troupes pour les remonter et les remobiliser une fois de plus car il doit y avoir une certaine usure ? 

 

Ça, Arnaud sait le faire. Il savait le faire sur le terrain, il sait le faire. Aujourd’hui, il a un management sur le terrain qui est intelligent, il prône le jeu. On voit que les joueurs se régalent, il y a du mouvement sur le terrain mais il est clair qu’au niveau préparation mentale, il va devoir mettre les bouchées doubles. Mais je n’ai aucun doute sur Arnaud et le staff. On ne lâchera rien et si jamais l’épée de Damoclès descendait, on s’en dépatouillera et on fera tout pour revenir. Mais de toute façon, on reviendra, il faut bien annoncer à tout le monde qu’on reviendra. Si ce n’est pas maintenant, ce sera plus tard mais on reviendra. 

 

On va finir sur cette note pleine d’optimisme. On te sent vaillant comme sur un terrain et on te dit à bientôt

 

A très bientôt (rires)

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-26-mai-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Yogane Correa lors de l’émission  » Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 26 mai 2020.

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