#Rugby – Fed1 / E.Bonachera (SJLO) : «La santé des joueurs de Féd1, ils y pensent juste maintenant!»

Vendredi 12 mai 2020, le Président du Saint Jean de Luz Olympique – Pays Basque, Eric Bonachera est venu débattre aux côtés de Frédéric Moine (Rumilly), Benjamin Bagate (Perigueux), Vincent Lagassé (Drancy) et Franck Panafieu (Issoire) sur bouillant sujet de la réforme de la fédérale 1. Le Co-Président du SJLO, est venu nous faire part de son scepticisme sur le timing et les moyens mis en œuvres, pour la genèse de cette Nationale1. Ayant décliné l’invitation de Bernard Laporte, les corsaires luziens préférés rester dans une fédérale1 dite « basique  » , plus en adéquation avec les valeurs revendiquées par la formation au scapulaire« . Focus sur un coprésident qui va au bout de ses idées et n’hésite pas à décrier, une réflexe icarien, chez certains des ses confrères de fédérale 1.
Crédit photo : Virginie photos 64
Eric, tu n’as pas mâché tes mots chez nos confrères de Sud-Ouest. Tu étais en colère ? 
EB (SJLO) : Pas en colère, j’étais surtout surpris du coup de téléphone de Bernard Laporte vendredi dernier. En fait, qu’il veuille faire une poule élite, pourquoi pas ? Après tout, puisqu’ils veulent jouer dans la même cour professionnelle, pourquoi pas ?  Sauf qu’il y a 6 mois, il me semble que l’on est tous monté à Marcoussis, que l’on avait voté et qu’il y avait une grosse majorité  des gens qui avaient conclu que l’on ne changerait rien à la Fédérale 1 pendant 2 ans. Arrive le Covid, il y a effectivement des changements, on nous prévient qu’on passe à 60 et qu’on va jouer avec les espoirs, ce qui est bien, et que ça va démarrer comme ça. Et, à une semaine de donner les poules, il y a changement ! Donc, c’était surtout cela qui nous gênait aux entournures. Après, que des clubs se précipitent sur cette division, grand bien leur fasse. Ce que moi j’ai dit à Bernard Laporte, c’est que c’était sympa que l’on soit invité mais qu’on ne pouvait pas y aller et passer à table avec eux. 
On connaît Saint-Jean-de-Luz, on sait que que vous avez de la ressource et que, sportivement, vous seriez allés chatouiller les gros clubs. Ça, ça vous plaît ? 
EB (SJLO) : Ça, c’est super bien. D’ailleurs, ça me fait rigoler parce qu’il y a maintenant des présidents qui pensent  à la santé des joueurs de Fédérale 1, ils y pensent juste maintenant. Ce qui est sûr pour nous, c’est que quand on rencontre Albi, qu’on les chatouille un peu ou qu’on bat Tarbes ou Dax à la maison, nous sommes contents. C’est un peu petit plus pour tous les joueurs de se confronter à des matches comme ça. On a conscience de tout cela et on en est bien content. Par contre, être invité à aller dans une poule professionnelle alors que l’on a un contrat 1/2 au club par obligation, car c’est un jeune de chez nous qui a tâté du professionnalisme et qui est revenu, on n’est pas dans cette optique-là. On ne va pas aller se déplacer à Bourg-en-Bresse ou un vendredi d’ailleurs, parce qu’il y aura la télé, pour revenir jouer contre Albi derrière ou recevoir Massy et partir à Suresnes. On n’en a pas les moyens et on n’est pas invité donc, sans aucun regret, c’est la position de Saint-Jean-de-Luz. 
Eric, il y a aussi une problématique qui sont les déplacements. En enlevant des équipes comme Dax, les poules vont obligatoirement être reformées géographiquement et les déplacements risquent de s’allonger pour toi ? Ces déplacement sont à ton niveau un sujet très prégnant car je me souviens que, lors du dernier débat auquel tu as participé, tu nous parlais d’un déplacement à Nantes dont tu attendais encore le remboursement. D’ailleurs as-tu obtenu ce remboursement ? 
EB (SJLO) : On l’aura dans deux ans (rires). On a fait un deal avec l’hôtel de Nantes donc, dans deux ans, ils nous rembourseront. Ils ne sont pas très sympas. 
Quand ils remonteront ? 
EB (SJLO) : Je ne sais pas où Nantes en est exactement. 
Il y a eu une annonce, sous réserves de recours, comme quoi ils étaient en Fédérale 3
EB (SJLO) : Il faudra le dire à Vincent Etcheto parce qu’il voulait être en poule Elite. 
Il faudrait quand même que son président l’ait prévenu
EB (SJLO) : Non mais voilà, c’est le rugby français. Je voudrai juste dire que je rejoins vraiment mes collègues sur le fait que c’est vraiment le timing, le temps qui n’est pas bon. Aujourd’hui, je n’ose même pas appelé mes partenaires. On a beaucoup de petits partenaires qui, aujourd’hui, pensent à sauver leurs fesses, leurs boîtes, leurs emplois et c’est vrai que l’on n’a aucune visibilité. Et partir à l’aventure comme ça, ce n’est pas très cool, ça tombe mal et je pense que c’est le plus difficile. D’un point de vue sportif, j’entends ce que dit Benjamin, j’entends tout, ce n’est pas le souci. Nous, on a 750 000€ de budget, tous les gars travaillent, les managers travaillent, tout le staff travaille, les présidents travaillent, sauf quand tu n’as plus de commerce parce qu’ils sont encore fermés. Mais aujourd’hui, le timing n’est pas bon. Après, on verra si pour les clubs qui y vont, certains sont sportivement tout à fait capables, il n’y a pas de souci, le timing est le bon. Parce-que j’ai entendu des présidents pleurer il y a un mois au niveau des déplacements, au niveau des partenaires et dès que le président Laporte a appelé, ils ont plongé sur la Fédérale 1 Elite. Ils ont plongé en suivant, c’est cela qui me surprend. 

Même dans un ou deux ans, le SJLO n’aurait pas vocation à y être sportivement dans cette division?

EB (SJLO) : Non, on n’a pas les moyens. Comment est-ce que je peux dire à 30 mecs, qui ne sont pas professionnels et qui ont des boulots, je ne pleure pas, c’est juste un fait, qu’on y va ? On n’a pas de contrat pro, c’est un fait, c’est comme ça. Après, en ce qui concerne les déplacements de cette poule Nationale, je présume que ça va être un deal avec la Fédé. J’espère que la Fédé ne va quand même pas tout payer mais c’est vrai que les coûts sont importants. Nous, on nous a promis une poule régionale, et on a un peu plus de chance que certains comme Issoire, ce qui représenterait 20 derbys sur un rayon de 22 km et 8 clubs sur 200 km. 
En fait, vous faîtes les déplacements en vélo ? 
EB (SJLO) : Oui, en vélo électrique alors (rires). Donc, c’est vrai qu’on a de la chance à ce niveau-là et c’est vrai que ça fait du public et de la recette. L’année où Rouen est monté, on les a joués 4 fois et quand ils sont venus, il y a eu trois spectateurs de plus, ce sont les trois qui étaient venus dans l’avion avec le président, c’est tout et ça n’amène pas plus. 
Rassure-moi, vous ne prenez pas l’avion à Saint-Jean-de-Luz ? 
EB (SJLO) : Non, on leur a offert les places pour qu’ils rentrent au stade parce qu’ils ont demandé mais ils sont venus en avion perso. Pour revenir sur le sujet, je ne suis pas sûr qu’un derby Suresnes / Massy fasse des milliers de personnes en région parisienne. On nous vend du rêve ! Je ne crois pas que ce soit le bon moment et maintenant, si on nous rechange les poules à nous mettre à cavaler à droite ou à gauche, là, ils auront vraiment gâcher beaucoup de temps et d’envie. 
Eric, à Saint-Jean-de-Luz, sentiment d’appartenance et formation sont votre fond de commerce. Il y a une autre problématique qui te tient à cœur, c’est la réforme des espoirs qui a été annoncée avec es espoirs allaient jouer en lever de rideau avec les équipes seniors. Tu as des inquiétudes par rapport à cela ? 
EB (SJLO) : Par rapport à ce qui a été dit, je veux juste préciser que l’on a juste 4 ans en Fédérale 1, on est pas très vieux non plus. Et notre plus grande fierté, c’est lorsque l’on va à l’extérieur et que le speaker n’arrive pas à prononcer les noms des gars parce qu’ils sont tous basques. 
Même les commentateurs, je te rassure
EB (SJLO) : La différence, c’est que l’on a un gros bassin de joueurs et je peux dire que jamais personne n’a pris 1 500€ à Saint-Jean-de-Luz depuis qu’on y est. C’est aussi pour cela que notre budget est plus serré. On a quand même des gens qui jouent pour le maillot parce qu’on a le sentiment d’appartenance, on n’est pas dans des recherches. Ce que je voudrai dire aussi, c’est que ce n’est pas la faute du joueur. Quand il y a un président qui donne 1 500€, c’est ça qui n’est pas normal, ce n’est pas le joueur qui demande. Chez nous, le mec peut demander tout ce qu’il veut, il ira ailleurs et puis c’est tout. Le club sera toujours au-dessus du joueur et au-dessus des entraîneurs et au-dessus des présidents. Je voulais rajouter ça mais on est quand même tous à peu près dans les mêmes logiques. J’ai un petit ailier qui arrête cette année, qui s’appelle Patxi Etcheverrigaray, il fait 1m75 et il n’est pas surdimensionné. Je me rappellerai toujours à Rouen, à la fin du match de qualif pour Rouen, il y a un fidjien qui est arrivé et qui est venu le prendre dans les bras. L’autre ne l’a pas lâché et il fait 30 kgs de moins que le Fidjien. C’était marrant et c’est quand même sympa. Hormis cela, on est tous dans la même problématique et il faut quand même aller chercher les sous. C’est pour cela que la nouveauté des espoirs qui suivent l’équipe première nous enchante, on était content de cette nouveauté. C’est toujours compliqué, et pour les staffs et pour l’ensemble du club, d’envoyer deux équipes pas au même endroit le dimanche. J’ai bien peur qu’avec la nouvelle réflexion sur  » la Poule Pro « , la problématique des espoirs ne soit énorme parce-que, passer à 60 tous les dimanches, ça va être compliqué. Et j’espère que, s’ils changent pour eux, ils ne vont pas rechanger pour nous puisqu’ils nous l’ont promis. Donc, je crains un peu les choses vu qu’en ce moment, on est quand même un peu soumis à la douche écossaise. On et a des nouvelles tous les deux jours et ça change à chaque fois donc, j’ai un peu la trouille de ça.  
On entends tes confrères (F.Moine Pdt Rumilly et F.Panafieu Issoire) sur notre plateau virtuel « tailler » Suresnes, et on te voit acquiescer, toi aussi tu as une anecdote Eric ?
EB (SJLO) : Pour la petite histoire, Suresnes est très riche mais une année, on les a pris en amical en avant-saison. Ils ont quand même essayé de gratter 1€ par repas pour les repas d’avant-match des joueurs. Ce jour-là, on a ouvert les grilles en très larges parce qu’il me semble que certaines têtes ne passaient pas. 

On sait que si Albi et Massy montent en Pro D2, il n’y aura pas de Pro D3 et on reste dans un format à 5 poules de 12. Si Albi et Massy ne montent pas, il y aura la Nationale 1. Qu’est-ce que vous préférez comme solution ? 

EB (SJLO) : Sans faire de langue de bois, c’est exactement la même. Ils méritent de monter et s’ils montent, tant mieux pour eux. Donc, je préfère qu’Albi monte et s’ils restent, et bien, on s’adaptera. De toute façon, on ne jouera pas avec eux donc, on s’adaptera. 
C’est ce qui me fend le coeur parce-que je rêve de revenir à Kechiloa et tu le sais
EB (SJLO) : Ils méritaient de monter Albi et Massy, Bourg-en-Bresse n’est pas d’accord mais ils méritaient de monter. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-15-mai-2020/

Retrouvez l’intégralité du débat Pro D3 lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 12 mai 2020.

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