#Rugby – Fed1 / Y.Garçon (Chambéry) : «J’aimerai que la FFR soit plus affirmative sur les aides qu’elle donnera aux clubs!»

Le club Savoyard se trouve dans une situation actuellement ambigüe concernant la probable « Nationale1 / Pro D3″, entre volonté affichée d’y participer et éligibilité sportive . Yves Garçon, le président du SO Chambéry, est donc venu participer le 12 mai 2020, à notre débat sur le sujet. Ayant été une des victimes des errances de feue la fédérale 1 Élite, aux pieds des Alpes, on appréhende ce remake version 2020 avec une envie certaine, mais teintée de méfiances.

Yves, pour l’instant, à Chambéry, c’est un problème un peu plus paradoxal puisque, selon Les Échos que l’on a, vous n’êtes pas loin d’être dans les critères sportifs mais il faudrait qu’un ou deux clubs se désistent officiellement. Par contre, ce n’est pas l’envie qui vous manque d’y être ? 

 

YG (Chambéry) : On a connu la fédérale 1 Élite , on a connu les phases finales mais on a aussi connu les déboires d’avoir fait la course à l’armement et de ne pas avoir été assez rigoureux et je rejoins totalement ce que disait Benoit (Trey, le Pdt de Blagnac). J’aime bien ces grands effets d’annonce mais j’aimerai quand même bien que la Fédé soit plus affirmative sur les aides qu’elle va donner au club et comment on va pouvoir assister les clubs, parce-que c’est quand même un grand changement. Je pense notamment aux frais de déplacements, qui ne sont pas négligeable. 

 

A priori, des échos que l’on en a, c’est la Ligue Nationale qui financerait en partie les déplacements pour la création de cette Nationale 1, qui serait une vraie division intermédiaire entre la Fédérale 1 et la Pro D2. Ce serait la création d’un nouvel échelon et donc, la Fédérale 1 deviendrait une division 4. Du coup, quid aussi de qui diffusera ce championnat puisque les contrats en cours sont sur la Fédérale 1 et non pas sur une nouvelle division

 

YG (Chambéry) : C’est vrai donc aujourd’hui, ces grands effets d’annonce sont très bien. Nous, sportivement, nous n’y sommes pas pour l’instant, nous y serons peut-être s’il y a des désistements. Mais par contre, et comme je vous le dis, j’ai payé pour voir, je n’occulte pas le côté financier qui restera quand même prioritaire pour ne pas mettre le club en danger. 

 

Il y a eu des années où la Fédérale 1 Elite voyait s’affronter le 1er et le 7e pour monter en Pro D2. La dernière année, Rouen qui était 6e affrontait Bourg-en-Bresse qui était second. Certes, la logique du classement a été respectée mais on savait que, dès Janvier, il n’y avait plus que 3 ou 4 clubs qui pouvaient réellement ambitionner à la Pro D2. Il y avait là aussi certaines équipes qui avaient lâché. Je me rappelle avoir commenté des matches au Stadium où les équipes étaient un peu venues en  » tongs  » parce qu’ils savaient déjà qu’il n’était pas possible pour eux d’aller en phases finales

 

YG (Chambéry) : C’est totalement vrai

Yves Garçon, monter un modèle économique pérenne d’une Nationale 1 sans compter exclusivement sur les droits TV, ça implique de passer par quels autres leviers ? 

 

YG (Chambéry) : Le levier pour nous aujourd’hui, c’est le partenariat car on a très, très peu de subventions des collectivités. Je ne connais pas les subventions des autres mais pour nous, c’est vraiment epsilonesque. Je pense qu’il faut d’abord compter sur nous et sur notre développement économique puisqu’on a la chance d’être dans une région économique qui est quand même assez forte avec notamment les domaines du tourisme et autres. Il faut que l’on sache exploiter cela et surtout que l’on sache compter sur nous et ne pas être tributaires et des collectivités et d’un championnat qui s’arrête. Après, le reste … Il est sûr que le championnat qui s’est arrêté cette année nous a privé de gros matches qui restaient à jouer donc il y a eu un manque à gagner certain. Il faut savoir anticiper pour que ce manque à gagner ne mette pas en péril le club. 

 

Et faire un gros pack avec Rumilly pour devenir une très grosse place forte de cette Nationale 1 est envisageable à court ou moyen terme, pour faire un grand club savoyard ? 

 

YG (Chambéry) : Ça, je pense que ça va être très, très complexe parce-que faire cohabiter les Savoyards et les Haut-Savoyards, c’est un gros, gros challenge. Bien sûr qu’on aimerait mais je pense que ça va être compliqué. En tous cas, ça prendra beaucoup, beaucoup de temps. Quand on voit les difficultés qu’il y a pour faire fonctionner Romans avec Valence ou même Bayonne avec Biarritz, c’est souvent matière impossible. Mais bien sûr que ce serait l’idéal. 

 

Cette Nationale 1 n’est-elle pas aussi un incubateur ou un laboratoire pour créer le rugby de province que beaucoup théorisent ? 

 

YG (Chambéry) : Ça, c’est vrai. Je suis d’accord pour dire qu’aujourd’hui, ce serait le moyen de porter le club sur les deux Savoies mais nous, actuellement, nous avons un autre challenge. On travaille beaucoup sur la formation, on a nos jeunes qui sont très bien classés au niveau national et on va pouvoir faire des championnats nationaux. On va utiliser cette rampe de lancement pour arriver à grouper nos clubs de Savoie et Haute-Savoie. Il faut peut-être commencer par la base et peut-être que ça se passera bien après. 

Si cette Nationale 1 se met en place, qu’est-ce que cela changera fondamentalement dans votre façon d’aborder la saison par rapport à cette Fédérale 1 à 5 poules de 12 en termes de recrutement, financièrement et même d’infrastructures et de déplacements ?

 

YG (Chambéry) : En ce qui nous concerne, pour l’instant, on n’y est sportivement pas donc, c’est le premier point (rires). Mais imaginons que l’on y soit : pour nous, cela va surtout changer l’approche au niveau de nos déplacements. Mais au niveau du reste, le club est dans une phase de structuration avec un objectif à terme de monter en Pro D2 et on essaie d’être en concomitance avec notre stade qui est en train de se faire sinon, sur le reste, ça ne changera strictement rien. Après, si nous sommes dans cette poule dite  » Elite  » ou Nationale, comme on veut l’appeler, il faudra peut-être qu’on révise un petit peu notre recrutement ou notre équipe telle qu’on l’avait imaginée. Mais ça, c’est le domaine sportif et je laisse carte blanche à Antoine et à toute son équipe, comme j’imagine que c’est le cas pour Christophe. C’est le lot des sportifs et c’est à eux de faire la meilleure équipe, à trouver les meilleurs compromis par rapport au budget qu’on leur donne. Donc, pour nous, cela ne changera fondamentalement pas grand-chose

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-12-mai-2020/

Retrouvez l’intégralité du débat Pro D3 lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 12 mai 2020.

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