#Football – N2 / G.Insou (Colomiers) « J’ai gardé un souvenir particulier de Jean-Louis Gasset »

A 30 ans, le capitaine de l’US Colomiers, Guillaume Insou, a décidé de raccrocher les crampons. Le joueur Columérin aura connu une carrière riche en sensations tant à Bordeaux sous les ordres que Laurent Blanc que lors de l’épopée Luçonnaise ou sous le maillot tricolore.

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Guillaume Insou a trouvé bien plus qu’un club à Colomiers – Crédits photo USC

 

À 30 ans, vous raccrochez les crampons. Cette décision a-t-elle été réfléchie ou davantage due à vos soucis de santé ?

Je l’avais préparée cette fin de carrière. Mais je ne pensais pas la voir arriver aussi tôt. Je pensais pouvoir jouer encore de nombreuses années à Colomiers. Les soucis de dos que j’ai eu m’ont fait prendre la décision de cet arrêt.

Ne vous sentez-vous pas frustrés de terminer comme cela ?

C’est sûr, ce n’est pas la fin de carrière que j’imaginais (rires). Je l’ai terminée à l’extérieur sur un synthétique à Chamalières. Je n’ai même pas terminé la première mi-temps. Je suis sorti à la 42è minute le dos plié. Effectivement pour un dernier match, ce n’est pas ce dont je rêvais. C’est comme ça. Il faut voir le bon côté des choses, d’autres opportunités s’offrent à moi derrière.

Et vous restez au sein du club de Colomiers du coup ?

Dans le club, je vais m’occuper de la partie image, sponsors, et partenariat. Je ne m’occuperais pas des réseaux sociaux et de la communication.

Que retiendrez-vous de votre expérience en tant que joueur de l’USC ?

J’y ai vécu de grands moments. C’est un club avec des valeurs humaines. J’y ai rencontré des personnes exceptionnelles et qui m’ont bien accueillies. Par la suite j’ai eu des responsabilités au sein du club étant capitaine pendant quasiment toute mon expérience Columérine. Je garde en souvenir l’épopée en Coupe de France et beaucoup de grands matchs. Avec nos moyens limités, nous arrivons toujours à finir chaque année dans le top 5. Sur le bassin Toulousain, c’est le seul club à un tel niveau. Nous avons une certaine pérennité basée sur des valeurs sûres. C’est ce qui m’a plu dans ce club.

Quand vous évoquez des moyens limités. Qu’est-ce qui vous permet malgré tout d’avoir des résultats aussi bons et réguliers ?

Nous nous appuyons sur une mentalité club. Les joueurs aiment rester ici. Aujourd’hui, même dans le foot amateur, ce n’est pas commun de voir des joueurs rester quatre à sept ans. Ici nous avons des joueurs présents depuis neuf ans ! Il y a une mentalité qui fait que l’on se sent bien. Il y a également une structure. Nous avons de très bonnes installations avec une structure quasi professionnelle. Nous avons des conditions d’entraînement très bonnes avec plusieurs synthétiques. Nous sommes proches d’une grande ville comme Toulouse, c’est attractif. Le recrutement est également intelligent. Nous proposons un accompagnement aux joueurs et de l’avenir. C’est intéressant et ça peut attirer. Pour pouvoir rivaliser avec le haut du panier, nous avons besoin de nous structurer davantage et bien évidemment sur l’aspect financier, même si nous sommes énormément soutenus par la ville de Colomiers. Elle nous suit tous les ans et nous accompagne dans nos projets. Aujourd’hui, c’est important de les avoir auprès de nous. Nous avons tout de même besoin de nous développer financièrement pour pouvoir aller plus loin.

Nous allons maintenant évoquer un peu plus votre parcours personnel. Quels grands moments garderez-vous gravés dans votre mémoire ?

Il y a eu plusieurs étapes. Je vais bien sûr évoquer mon premier banc en professionnels. À l’époque, Laurent Blanc était coach à Bordeaux donc c’était vraiment sympa à vivre. Je ne peux bien sûr pas oublier mes sélections en équipe de France de jeunes. Ma greffe de peau m’a écarté un an des terrains quand j’étais à Orléans. J’avais 22 ans, nous étions en National et c’était clairement un moment fort. Mes années à Luçon ont été très belles. Nous avons fait rêver du monde. C’est un petit village de Vendée, et nous avons lutté pour la montée en Ligue 2 pendant deux saisons consécutives toute en produisant un football vraiment attrayant. J’ai atteint une certaine maturité à Colomiers. J’y ai franchi des caps humains et sportifs.

Vous débutez en pro sur le banc des Girondins du coup. Qu’est-ce que ça fait de commencer sous les ordres du Président, Laurent Blanc, un ancien défenseur international reconnu ?

J’ai eu la chance de monter avec les professionnels lors de ma dernière saison à Bordeaux avec Laurent Blanc et Gasset. C’était effectivement une grande fierté et un grand honneur. J’ai gardé un souvenir particulier de Jean-Louis Gasset. C’était un coach particulièrement exceptionnel, quelqu’un de très passionné et très proche de ses joueurs. C’était l’occasion de se rapprocher du très haut niveau. C’étaient évidemment des souvenirs inoubliables. Dans le vestiaire, j’étais avec des Yo Gourcuff, Alou Diarra, Fernando Menegazzo, Marouane Chamakh. C’était un gros Bordeaux.

 

Parlons de votre parcours chez les Bleus. Quand on est jeune et qu’on rêve de devenir professionnel, qu’est-ce qu’on ressent lorsque l’on endosse le maillot frappé du Coq ?

C’est particulier. Je me souviens du jour où Patrick Battiston, le directeur du centre de formation m’a dit que je partirais jouer contre la Pologne avec l’équipe de France. C’était un moment inoubliable. J’ai eu cette chance et pouvoir vivre ça quand on est footballeur, c’est quelque chose d’unique et c’est une grande fierté. Ça offre également beaucoup d’expérience de jouer à un niveau international, même si c’était en jeunes.

Au fil des saisons avec l’expérience et la maturité votre ligne de conduite a du évoluer mais quelles valeurs défendiez-vous sur le terrain ?

C’est difficile de parler de soi. Mais je pense surtout à des valeurs d’unité, d’humilité et de fair-play. C’est ce que j’ai essayé de véhiculer le plus. Après, comme tout sportif de haut niveau, c’est être compétiteur. Ça me semble inhérent avec la pratique du sport de haut niveau.

Avec le recul auriez-vous des regrets à nourrir sur des parcours ou décisions de votre carrière ?

Oui, forcément, on peut toujours faire mieux (rires). Quand j’étais à Luçon, nous pouvions faire mieux. Maintenant, je me dis que j’ai fais ce que j’avais à faire. Ça n’a pas été long mais j’ai eu un rôle de transmission à Colomiers. Peut-être que certaines erreurs que j’ai pu faire, certains jeunes ne les feront pas car à Colomiers nous avons la chance de voir des jeunes en clubs pros chaque année. Aujourd’hui je ne serais plus sur le terrain mais les joueurs savent qu’ils peuvent compter sur moi donc c’est important.

Maintenant vous verriez-vous revenir sur le banc pour coacher des équipes ?

Non honnêtement je ne pense pas avoir cette fibre en moi. Ce n’est pas forcément mon profil, je vais laisser ça à ceux qui se le sentent. Je n’ai pas passé les diplômes pour. Ce n’est pas quelque chose qui m’intéressait même si j’aime forcément beaucoup le terrain. Être entraîneur, ce n’est pas mon truc.

 

Propos recueillis par N.Portillo

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