#Rugby – Fed1 / C.Rouch (CAL) : «Je suis un petit commingeois!»

Cédric Rouch, le talon du Cercle Amical Lannemezanais, nous a accordé un entretien pour nous narrer son parcours, débuté aux pieds des Pyrénées haut-Garonnaises. Pour ce natif de Saint Gaudens, ingénieur à la vie civile, le rugby fut un véritable vecteur d’émancipation et de développement personnel. Au gré de sa formation à Tarbes , au près de son mentor Henry Broncan, le jeune et fougueux commingeois qui s’obstinait à l’époque, à jouer 3eme ligne, s’est enraciné en pays Bigourdan. Débarquant à Lannemezan, en recherche d’un club où il pourrait s’épanouir, et exprimer pleinement son potentiel, Cédric Rouch a trouvé sur le plateau une véritable famillle. Récemment accusé à tort de propos racistes par la vindicte populaire et médiatique en marge du derby face au Stado TPR, blanchi récemment par la Fédération Française de Rugby, nous avons décidé de mettre en lumière le « bonhomme » plutôt que la sordidité d’une affaire, révélateur d’une société les loups hurlent souvent avec un bandeau sur les yeux. Focus sur un petit montagnard, qui n’esquive aucun col , même les plus escarpés et qui, quoiqu’il advienne, ne courbe jamais l’échine.

 

 

Cédric, on t’avait eu un peu dans la tourmente il y a quelques mois de cela. Entre temps, tout s’est aplani, les nuages se sont évaporés et on y reviendra en fin d’interview. Mais, on a voulu que tu interviennes aujourd’hui pour que tu nous parles du rugbyman,, du passionné et de la personne que tu es parce qu’on a beaucoup parlé de cette polémique et de ce «  bad buzz  » qui t’étaient tombés dessus mais peu de personnes se sont intéressées au rugbyman que tu es. Et nous, au Mag Sport, ça nous intéresse et c’est pour cela qu’on te donne la parole, pour voir un peu qui tu es, que tu nous montres ta facette et surtout, comment tu es venu à ce sport merveilleux qu’est le rugby. 

 

A la base, je ne suis ni Lannemezannais ni Tarbais mais je suis saint-gaudinois. Je suis un petit commingeois qui a commencé le rugby quand même tard, vers 14 / 15 ans à Saint-Gaudens. J’ai fait deux, trois ans là-bas en commençant en cadets et après mon bac, il fallait soit que je parte à Toulouse soit à Tarbes. J’avais choisi la ville de Tarbes tout simplement par rapport à un petit choix sportif vis à vis du TPR qui me prenait dans son staff sportif en tant que 3e ligne car à la base, même si aujourd’hui je suis talonneur, j’étais 3e ligne. Je ne suis pas très grand, c’est vrai que c’est un petit défaut, je fais 1m78 et donc, pour un 3e ligne qui voulait rentrer dans un club de haut-niveau en junior ou en Crabos, c’était un peu petit. Donc, j’étais parti à Tarbes en Crabos

 

Tu me dis que tu es de Saint-Gaudens mais Saint-Gaudens, c’est une terre de XIII. Tu n’as jamais été piqué par le virus du XIII ? 

 

Et non, ils m’ont appelé plusieurs fois mais je n’étais pas du tout dans le XIII tout simplement parce-que la première année où j’ai commencé le rugby, j’ai eu un petit titre Midi-Pyrénées. C’est le petit bouclier que tout le monde a un peu pris dans son parcours mais peut-être aussi l’un des rares et des seuls que j’aurai dans ma vie. Car au final, toucher un bout de bois, et je me souviendrai toujours de l’entraîneur qui nous disait quand on était petit que des finales, ça ne se jouait pas tout le temps. C’est pour cela que je suis resté au XV, par rapport à ce qui m’était arrivé la première année, et que je ne suis pas parti au XIII. 

 

Quand tu es arrivé au Stado TPR, tu as fait une des rencontres fondatrices de ta vie, c’est celle avec Henry Broncan ? 

 

C’est ça, exactement. J’ai rencontré Henry Broncan au bout de ma 3e année, après avoir fait mes deux années Crabos où j’avais vraiment connu le haut-niveau et où je m’étais frotté à plus gaillard et plus solide que moi un peu tous les week-ends. Avec Tarbes, on rencontrait des équipes comme Toulouse, Bayonne, Brive, Auch aussi qui était vraiment très fort à l’époque. Ensuite, après Crabos, je suis passé directement en espoirs parce qu’il y avait eu cette fameuse réforme sur les catégories jeunes dans les clubs professionnels qui, d’ailleurs, existe toujours. Henry Broncan est arrivé par là et effectivement, c’est un sacré, sacré personnage que j’ai rencontré. Je me rappellerai toujours de sa première phrase et de cette première rencontre que j’avais eu avec lui, c’était assez choquant. 

 

Quand tu as l’âge que tu avais à cette époque et que tu rencontres Henry Broncan pour la première fois, ça doit quand même  » poser  » ? C’est quelqu’un dans le rugby qu’on compare souvent au Guy Roux du foot, c’est un véritable sorcier comme son surnom l’indique ? 

 

C’est ça, le sorcier gersois, le dernier des Mohicans, c’était le nom d’Henry Broncan qui circulait un peu. Mais moi, comme je te l’ai dit, j’étais un petit jeune, je venais de Saint-Gaudens, je ne connaissais pas trop, trop les grands noms. Et c’est ça qui est un peu marrant parce-que la première fois qu’il est venu me parler lors du premier entraînement au mois de Juillet qu’on avait fait avec les espoirs, je ne savais pas qui il était. Il m’en avait foutu plein la gueule et je me suis dit  » mais c’est qui ce mec qui m’en pose comme ça ?  » (rires). 

 

Et depuis est née une grande amitié entre toi et Henry. C’est quelqu’un sur qui tu t’appuies et qui, quand il y a des moments de dur, est toujours là au soutien ? 

 

C’est exactement ça. La relation qu’on a un peu eue avec Henry était au début très conflictuelle pour les raisons que je t’ai évoquées tout à l’heure concernant mon choix entre Toulouse et Tarbes c’est à dire tout simplement par rapport à mon poste. J »étais toujours 3e ligne à l’époque, il voulait me mettre talonneur et moi, je ne voulais pas, je ne comprenais pas pourquoi tout le monde se fiait à la taille. Donc, ça a été beaucoup dans le conflit et au final, même dans le soutien, parce-que je m’étais gravement blessé au pied cette année-là et personne ne trouvait ce que j’avais ni n’arrivait à me soigner et je n’arrivais pas à me remettre. Et au final, Henry, qui malgré son âge avancé était très actif, il faisait tout le temps du vélo et du rameur, pendant que moi, durant ma phase de ré-athlésisation, on me laissait un peu la salle de muscu parce-que j’étais étudiant et que je n’avais pas de sou. Donc, j’allais à la salle avec lui à 6h du matin avant d’aller en cours et c’est à partir de là qu’est passée notre relation un peu conflictuelle à une relation d’amitié et de soutien. 

 

Tu as une autre particularité dans ta carrière. On sait l’antagonisme qu’il y a entre le Stado et le Cercle Amical Lannemezannais mais, tu es passé du Stado à Lannemezan, tu es monté au Plateau. Les degrés sont déjà moins élevés sur le Plateau mais, quand on monte de Tarbes à Lannemezan, ça fait d’habitude couler de l’encre dans la vallée ? 

 

En fait, je suis parti de Tarbes au Plateau exactement pour les mêmes raisons, pour continuer à jouer 3e ligne. Je suis un peu têtu (rires)

 

On ne s’en doutait pas

 

Au début, c’était un peu spécial, j’étais un peu regardé. J’étais tout jeune, j’avais 20 ans, et je suis arrivé l’année où ils sont descendus de Fédérale 1 à Fédérale 2. Je suis arrivé là-bas un peu sur la pointe des pieds mais aussi après une longue blessure et quelques mois sans jouer et pas à mon meilleur niveau non plus. Donc, il m’a quand même fallu un petit temps d’adaptation et même d’acceptation par le groupe. Parce qu’il y a quand même certains cas là-bas aussi et rentrer comme ça d’un coup dans un groupe senior à 20 ans, ce n’est pas évident parce-que tu te retrouves avec des  » vieux briscards  » d’une trentaine d’années qui n’ont connu que la Fédérale 1 dans leur vie et sont en plus vexés d’une descente. Donc oui, ça n’a pas été évident mais au final, ça s’est super, super bien passé et en voyant là où on en est aujourd’hui, je ne regrette pas du tout. 

 

A Lannemezan, il y a aussi un public assez bouillant. Quand il y a derby ou de grosses équipes qui s’amènent à Sarrat, il y a une belle chambrée et ça pousse fort derrière les rouges et blancs ? 

 

Exactement. C’est un peu ce qui m’avait manqué à Tarbes dans les catégories jeunes où l’on n’est pas trop suivi. Là, j’arrive à Lannemezan en équipe première en Fédérale 2, la première année, on ne se qualifie pas, la deuxième année, on se qualifie mais on ne monte pas. Et la troisième année, on se qualifie et  en plus, on monte et pendant ces phases finales, on a vraiment pu apprendre et connaître ce public de Lannemezan vraiment très fougueux, très ancien, très tailleur aussi. Ici, ça taille vraiment sévère, quand tu arrives à l’entraînement, les vieux te disent bonjour avant que tu ailles aux vestiaires alors que, quand tu perds et que tu leur demandes comment ça va, ils te disent  » non, ça ne va pas « , tu ne poses pas plus de questions et tu vas te changer (rires). 

 

C’est du public à l’ancienne, les publics du  » ter-ter  » de l’ovalie comme on dit

 

C’est tout à fait ça. On a eu l’occasion de plus les connaître et de les voir encore plus dans les vraies valeurs dans les derbys qu’on a pu connaître en montant en Fédérale 1, c’est à dire contre Bagnères et contre Tarbes. Là oui, il y avait vraiment beaucoup de monde, énormément, énormément de monde. Ce peuple lannemezannais nous suit tout le temps et ça, c’est vraiment quelque chose de voir cette foule rouge et blanche ou ces gens qui nous suivent n’importe où. 

 

Tu me lances sur les derbys et souvent, j’ai des clubs de Fédérale 1 qui ne sont pas du sud-ouest et me disent souvent  » quand même, dans le sud-ouest, vous en faîtes des tonnes avec vos derbys « . Explique leur ce qu’il y a de spécial dans un derby et quelle est la saveur de ces derbys entre Bigourdans ou clubs basques ou clubs tarnais ? 

 

Ce qui est spécial dans ces derbys, c’est déjà la proximité, le fait que tu connaisses les personnes contre qui tu joues. Tu en entends parler toute la semaine et tu n’as presque rien à foutre du match qu’il y avant le derby, tu ne fais que penser au week-end d’après. Toute la semaine, tu ne penses qu’à ça, tout le monde t’en parle, tu reçois des coups de téléphone, il y a des gens qui viennent te voir pour te dire  » je viens ce week-end, je viens ce week-end « . Et forcément, tout cela te monte le bourrichon, ça te monte à la tête et tu as évidemment envie d’y arriver et de tout péter. En plus, avec Lannemezan, Tarbes, Bagnères, tu as Tarbes qui est au milieu et tu as 30 km entre chaque ville donc forcément, je peux te dire qu’il y a tout un sentiment d’orgueil, de fierté qui arrive avant et même après ces derbys, parce-que ça reste. Même si tu gagnes cette année-là, tu as toujours envie de regagner, toujours envie, et ça revient l’année d’après. 

 

Comme tu le dis, un derby, c’est tendu et explosif et parfois, ça pète comme ça a été le cas à Trélut cette saison. Ça a été l’avant-dernier match que vous avez pu jouer sur le pré. Ça a été une grosse partie de chiffonniers, c’est parti dans tous les sens et là, le derby est peut-être allé un peu trop loin quand il y a eu cette pléthore de bagarres générales ? Peut-être que dans les années 80, ça aurait fait monter les foules mais là, sur le coup, je pense que l’image que vous avez retransmise a été mauvaise ? 

 

C’est sûr que ce n’étais pas terrible. Sur quatre derbys que l’on a fait cette année, deux contre Tarbes, deux contre Bagnères, les matches contre Bagnères se sont toujours bien passés, les matches contre Tarbes ont toujours été un peu plus accrochés. Sur les matches à la maison, il n’y a pas eu trop de soucis, il y en a même eu moins que l’année dernière mais par contre, le match retour à Tarbes a été très particulier de la 1ère à la 75e minute vu que le match s’est même arrêté un peu avant. Le match était télévisé donc, quand je te parle de derby et qu’en plus on te dit que tu vas passer à la télé alors que nous, à Lannemezan, on n’est jamais passé à la télé de notre vie, au final, ça fout quand même un peu les boules de savoir comment ça s’est passé vu que tout a été télévisé et qu’il y a eu beaucoup plus derrière. 

 

Avec le recul, tu regrettes que ce derby soit autant monté dans les tours sur le terrain ? 

 

Avec du recul, quand on en parle, on a forcément un souvenir très partagé de ce derby parce-que c’était quand même quelque chose d’énorme, tu joues devant 7 000 / 8 000 personnes, c’est quand même rare, surtout en Fédérale 1. Après, tu peux regretter le scénario avec ce score assez lourd, on est vraiment vexé d’avoir perdu ce match et surtout, on est même vexé de ne pas l’avoir joué. C’est ce qu’on regrette, on est surtout beaucoup plus vexé qu’autre chose par rapport à ce derby carrément manqué. 

 

En marge de ce derby, et c’est pour cela qu’on t’avait eu la première fois, tu a été victime d’accusations de racisme. Accusations qui ont été levées et blanchies par la Fédération Française de Rugby via une commission de discipline. Là-aussi, avec en plus le confinement, tu as quand même vécu quelque chose de compliqué parce-que ton nom a été sali. Dans la presse, tu as été traîné dans la boue par certains qui bien sûr, maintenant, t’ont remis à ta juste place. Ces moments-làont quand même dû être humainement durs ? 

 

Ça a été assez spécial. Déjà, lors de l’après-match, on savait que des sanctions allaient tomber de tous les côtés, autant financières que pour les joueurs qui avaient pris des expulsions définitives. Et en plus de ça, quelques jours plus tard, j’ai su qu’on m’accusait de propos racistes envers le 2eligne de Tarbes (Marvin Wokie) lorsqu’on avait pris un carton jaune après une petite bagarre tous les deux. Donc oui, ça avait fait bizarre parce-que forcément, tu subis un peu tout, tu es dans une spirale infernale et tu as l’impression qu’elle ne s’arrête jamais. Au début, tu ne t’en rends pas compte, tu t’en rends compte vraiment après quand tu as des gens que tu n’as pas vu depuis longtemps ou qui sont à Paris, à Nice, à Châteaurenard, à Béziers qui t’appellent donc, ça fait vraiment bizarre. Et ça fait d’autant plus bizarre que cette information n’est pas restée locale, elle est devenue nationale et a été reprise par des grandes personnalités du rugby français qui ont voulu aller plus loin et même jusqu’à une enquête sur ces fameux propos que j’aurai tenu. 

 

Tu nous le confirmes, la Fédération Française de Rugby vient de te blanchir. L’affaire Rouch a fait  » pschitt  » ? 

 

C’est ça, l’affaire Rouch est maintenant terminée, c’est une bonne chose et j’en suis déjà très content. Au moins, je pourrai continuer à jouer au rugby comme avant  mais surtout, c’est la moindre des choses après tout ce qu’il s’est passé qu’il n’y ait pas de sanction et que je sois blanchi. Et encore, quand je dis que je suis content d’être blanchi, c’est oui et non parce-que, même si cette affaire est maintenant terminée, cela ne fait pas autant de bruit qu’au départ et il y a encore plein de questions. Pourquoi est-ce que cela s’est passé comme ça ? Qu’est-ce qui lui a pris ? Qu’ont voulu faire l’entraîneur et même le président de Tarbes ? Je ne sais pas, c’est inacceptable et je ne comprendrai jamais, mes présidents ne comprendront jamais, pourquoi il y a eu ces réactions de leur part et pourquoi il y a eu ces coups bas. Ce sont vraiment des coups de bâton qu’on a essayé de me foutre par derrière mais autant à moi qu’à mon club. 

 

Et malheureusement, il y a quelque chose qui reste pour toi  Quand on tape ton nom sur Google, la première des recherches associées qui arrive, c’est  » raciste « . Et ça doit quand même faire mal d’avoir son nom de famille associé à ça ? 

 

Ca fait un peu bizarre quand tu tapes Cédric Rouch sur Google, tu t’es amusé à le faire, tu vois tous les articles qui sont sortis avec mon nom, avec ma photo, mon image, ma tête, en train de sortir avec l’autre joueur et en gros plan  » affaire de racisme lors du derby entre Tarbes et Lannemezan  » donc, c’est vraiment très particulier. C’est surtout pour les gens autour de moi que c’est particulier, même plus que pour moi parce-que c’est plus l’image que j’ai envers les autres personnes. Moi, je sais qui je suis mais les autres ne savent pas forcément qui je suis. 

 

Et puis, quand tu as touché ton premier ballon à Saint-Gaudens, ce n’était pas pour ça, ce n’était pas pour vivre des moments aussi compliqués où là, les valeurs du rugby sont bien loin ? 

 

Pas du tout. Pourquoi j’ai touché mon premier ballon et commencé tard ? Parce-que j’ai fait 10 ans de judo avant, c’est un sport individuel donc, j’étais plutôt introverti et solitaire avant, même beaucoup. Ce sont des amis là-bas qui sont venus me chercher pour aller au rugby et j’ai commencé à courir tout le temps et à avoir beaucoup plus d’amis, à avoir même des histoires en dehors, beaucoup de souvenirs que je n’avais pas dans un sport individuel comme le rugby. Et quand j’ai eu ce premier bouclier lors de ma première année de rugby, c’est ce qui a été déclencheur et m’a fait dire  » je n’arrêterai jamais ce sport, je n’arrêterai jamais d’être dans un groupe comme ça avec des copains, des amis, en train de faire tout et n’importe quoi « . 

 

Et puis, ça a bien marché parce-que, si tu nous dis que tu étais introverti jeune, ça ne se voit plus maintenant. Quand on t’a en interview, on n’a pas du tout l’impression que tu étais introverti quand tu étais jeune. 

 

Forcément, j’ai dû un peu apprendre à changer. Mais, quand j’ai quitté la maison à 17 ans pour aller jouer au rugby à Tarbes, je n’avais pas le permis, je n’avais pas de voiture. Il a fallu que je me démerde, j’ai dû aussi faire une classe prépa en parallèle donc, si je ne changeais pas, je n’allais pas m’en sortir ni à l’école ni au rugby ni au boulot aujourd’hui. 

 

Tu viens de me faire une belle passe sautée puisque je voulais aussi parler de ta profession. Comme quasiment tous les joueurs de Lannemezan, tu es pluriactif e tu es donc ingénieur. Tu peux nous parler un peu de ton boulot car ça doit être très prenant ? Je sais que tu as beaucoup de monde sous ta responsabilité, environ une vingtaine de personnes et en même temps, tu jongles avec le rugby semi-pro / semi-amateur. Tu dois avoir des semaines bien remplies et tu dois bien dormir la nuit ? 

 

Oui, c’est ça. Heureusement que je te fais une passe sautée plus par ma parole que par ma technique gestuelle parce qu’étant talonneur, je ne t’en ferai pas sur un terrain (rires). 

 

Toi, tu ne touches le ballon qu’en touche ? 

 

En touche ou alors derrière le ruck, à faire un petit pick and go avec mes petits piliers mais c’est tout. Après, c’est la défense (rires)

 

Alors, je t’enverrai un ballon à Noël et un joli

 

Avec plaisir, ça, je le retiens (rires). Mais ne m’envoie quand même pas un ballon d’Albi ! 

 

S’il est dédicacé par « Méloche« , ça le fera ? 

 

Par Arnaud Méla, OK, ça passe

 

Acté, vendu

 

Par rapport au boulot, j’ai des semaines bien remplies. Comme tu le dis, on est pluriactif et non pas pro donc forcé d’avoir un boulot à côté. En plus de cela, je faisais les équipes et les postes c’est à dire que je travaillais le matin, l’aprèm et la nuit, je faisais deux matins, deux après-midi et deux nuits donc, 5h-13h, 13h-21h et 21h-5h. J’avais 27 jours de congés dans l’année et tout mes jours de congés passaient quand ? Les jours d’entraînements quand j’étais d’après-midi ou alors les dimanches quand je jouais, pour pouvoir aller jouer. 

 

Ou pour poser le lundi pour pouvoir se reposer un petit peu quand on fait des grands déplacements ? 

 

Ou pour poser le lundi quand on fait des grands déplacements et encore, on a de la chance dans notre poule qu’elle soit géographique. Mais surtout, quand on sait qu’il y a une semaine de derby et qu’on joue un derby, je peux te dire que toute la semaine d’avant, on la posait. Et on posait aussi le lundi mais pour autre chose (rires)

 

J’imagine bien. On va laisser le passé derrière et parler aussi du futur. Il y a une saison qui reprendra tôt ou tard mais elle reprendra, le rugby reprendra ses droits à un moment donné. Comment tu vois la saison de Lannemezan la saison prochaine et bien sûr, est-ce que tu continueras à faire partir de l’aventure du CAL l’année prochaine ? 

 

Oui, l’année prochaine, je ferai toujours parti du CAL. J’espère que le groupe sera à peu près le même, on ne devrait normalement pas trop bouger d’effectif. C’est quand même très bien parce-que je pense qu’on a construit un groupe très solide et solidaire avec des mecs vraiment intéressants à tous les postes. Ce qu’on peut souhaiter l’année prochaine, on est quand même un petit club avec un budget assez restreint, j’espère qu’on s’en sortira à ce niveau-là et que le staff dirigeant fera quelque chose de propre comme il a su le faire jusqu’à présent. Ensuite, d’un point de vue sportif, c’est se rattraper de ce derby loupé contre Tarbes mais aussi contre tous les autres où l’on espère vraiment garder notre titre de  » Rois de la Bigorre « , ce qu’on avait un peu créé ces dernières années avec Tarbes et Bagnères et auquel on ajoutera Fleurance, Lombez et Auch l’année prochaine. Ça va faire encore plus de derbys, plus de semaines compliquées et ça, ça va vraiment être super à jouer. 

 

On va basculer sur la question d’actualité. On sait que le coach du Sporting Club Albigeois est du Plateau et de Lannemezan. Il a le cœur rouge et blanc mais maintenant, il l’a aussi un peu teinté de jaune et noir et de noir et blanc puisqu’il est passé par Brive et Albi. On voit qu’actuellement Albi, qui était en Fédérale 1 dans la poule de Lannemezan et qui avait tout pour monter en Pro D2, se voit refuser la Pro D2 par les clubs pros de la LNR. Toi qui voit ça de l’extérieur, que penses-tu de cette histoire ? 

 

Je vois les articles sur Facebook entre vous et Massy qui vivent l’ascenseur émotionnel entre  » on monte, on ne monte pas « . Franchement, si tout le monde a eu des montées et que les clubs de Fédérale 1 ne peuvent pas monter en Pro D2, je peux sentir qu’il y a un gros sentiment d’injustice, ça, je le comprends tout à fait. Après, niveau structures, organisation et même joueurs, je pense que oui, Albi a le niveau pour aller faire une belle figuration l’année prochaine en Pro D2. Ensuite, ce sont des choix de la Ligue ou de la FFR, c’est très compliqué et là, tu es beaucoup mieux placé que moi pour en parler. 

 

Et à Lannemezan, ça cause sur ce sujet, pour savoir si Arnaud Méla, l’enfant du pays, va arriver à ses fins ? 

 

C’est sûr qu’Arnaud Méla a toujours un bon nom et une bonne réputation à Lannemezan. Chaque fois qu’on allait jouer à Albi ou qu’on les recevait, d’ailleurs, on n’a pas eu la chance de vous recevoir cette année parce-que j’espère que ça aurait été un autre scénario que celle qu’on avait livrée chez vous. 

 

Je sais que vous nous attendiez de pied ferme

 

Ah oui parce-que chez vous, on n’a pas un bon souvenir du tout cette année (rires) ! Donc oui, tout le monde nous parle de Méla à chaque fois qu’on parle d’Albi  » oh tiens, c’est Arnaud Méla, l’entraîneur là-bas « . Il a une bonne réputation mais je pense que les gens aimeraient quand même plus le voir en rouge et blanc qu’en jaune et noir. 

 

J’imagine bien mais qui sait, peut-être qu’un jour, pour boucler la boucle, il reviendra coacher sur le Plateau, sur ses terres natales, au bonheur du public de Sarrat. La balle est dans le camp de Lannemezan ! 

 

Qui sait, peut-être

 

On va te souhaiter une belle année 2020 / 2021 et mettre celle-là au tiroir, même si vous auriez pu aller en Du Manoir. Et en Du Manoir était projeté un possible Lannemezan / Tarbes dès les 8es de finale et là, je peux te dire qu’à Radio Albigès / Le Mag Sport, on serait venu le commenter celui-là

 

C’est ça, on était normalement qualifié en Yves du Manoir, c’était même presque certain vu les écarts qu’on avait réussi à faire avec le 7e et donc, du coup, on allait sûrement prendre le 3e national qui allait être Tarbes ou Nice. Normalement, on allait faire un joli match aller / retour contre Tarbes en 8e, ça aurait été pas mal. 

 

Ça aurait été une nouvelle page qui se serait écrite de ces derbys de Bigorre hauts en couleurs

 

Là, je pense que c’est vraiment un truc qu’on aurait aimé faire, ça aurait été un gros souvenir pour la suite et surtout, une grosse revanche pour nous et beaucoup de choses à rattraper. On les rattrapera l’année prochaine. 

 

On te laisse sur cette note guerrière et pleine d’optimisme qui fait du bien dans ce contexte, on te souhaite le meilleur pour cette saison 2020 / 2021 et on dit à très bientôt

 

Ça marche, à bientôt

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-8-mai-2020/

Retrouvez en intégralité l’itw de Cédric Rouch, lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 8 mai 2020.

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