#Rugby / Q.Pilet (Albi) : «On croise les doigts pour que ça monte … »

Il est une des premières recrues du Sporting Club Albigeois, l’arrière / Ailier Quentin nous a accordé une interview pour nous parler d’une jeune carrière déjà riche en émotions. Focus sur un néo albgeois déjà dans le tempo de l’ambiance actuelle chez les jaunes et noirs : la mobilisation générale pour soutenir le SCA, dans sa volonté d’accéder au Pro D2.

 

 

Crédit photo Serge Richemont

On t’avait eu brièvement le jour de ta signature où tu nous avais dit quelques mots sur ton arrivée albigeoise. Quentin, Aujourd’hui, on va décliner un peu ta carrière et savoir un peu qui tu es pour que les supporters albigeois et les suiveurs du SCA puissent un peu connaître le nouveau  » feu follet  » des lignes arrières. Déjà, comment es-tu arrivé au ballon ovale ? C’est la question habituelle, est-ce que tu as des racines ou des gens dans ta famille qui t’ont poussé vers ça ? 

 

Non, il n’y a eu aucun rugbyman dans ma famille mais mon papa adorait le rugby. Avant, je faisais du sport individuel, de la gym et de la natation, et après, vers l’âge de 11 ans, mon père m’a dit  » on va te mettre dans un sport co « . J’ai dit OK parce-que j’avais déjà des copains à l’école qui en faisait et du coup, j’y suis allé un mercredi après-midi. Ça a tout de suite accroché, que ce soit les petits entraînements, les petits jeux et surtout le petit goûter entre copains qui faisait plaisir, on rigolait bien. 

 

Il y a eu cette période école de rugby puis, tu as grandi et tu as commencé à avoir des ambitions. Il y a un entraîneur qui a beaucoup compté pour toi dans ta structuration dans le rugby pro, c’est Renaud Gourdon. Tu l’as connu à Soyaux-Angoulême, il t’a récupéré à Dijon. Des échos que j’ai eu, s’il avait pu te re-récupérer à Dijon cette année, il ne s’en serait pas privé. C’est quelqu’un qui a compté pour toi ? 

 

Oui, c’est clair. J’ai connu Renaud quand je suis parti du centre de formation de Perpignan. J’avais 20 ans, il était à Angoulême, ils étaient intéressés par moi et par mon style de jeu. Donc du coup, ça s’est fait et je m’entendais très, très bien avec lui, c’est quelqu’un d’assez spirituel. Ça s’est fait de fil en aiguille, on s’est entendu et on a fait un petit bout de chemin ensemble, que ce soit à Angoulême ou à Dijon. 

 

A Angoulême, tu avais déjà goûté à la Pro D2. Qu’est-ce qui n’avait pas marché à cette époque-là ? Tu étais peut-être un peu trop jeune, un peu trop tendre comme on dit dans le jargon ? 

 

Oui, il y a un peu de ça mais surtout, au fil du temps, je n’étais plus dans les plans des entraîneurs ni dans leur stratégie. Du coup, c’était compliqué pour moi de grappiller du temps de jeu. 

 

Quand cette aventure à Angoulême s’est terminée, c’est de nouveau Renaud Gourdon qui t’a récupéré au Stade Dijonnais pour une année totalement pleine. C’était sûrement, actuellement, la meilleure année du Stade Dijonnais. Qu’est-ce que tu as retenu de cette année ? Parce-que c’était une bonne bande de copains, une belle aventure qui s’est terminée au Stadium Municipal mais pas que ? 

 

Oui, il y a eu une très belle aventure, on était un bon petit groupe, des bonnes petites sommes d’individualités donc du coup, la mayonnaise a bien marché sur cette année. Moi, pour mon cas personnel, j’étais très content de revenir, que ce soit en Fédérale 1, pour retrouver du temps de jeu et du plaisir, prendre du plaisir à rentrer sur le terrain, ce qui a été fait. J’ai eu la confiance de Renaud donc tout de suite, ça s’enchaîne. Quand tu as la confiance, c’est différent. 

 

Il y a eu cette double confrontation, d’abord à Bourillot puis ce second match au Stadium, On parlait avec Dimitri Tchapnga de ce match retour où, pendant 20 minutes durant la seconde période, vous sentiez quasiment que vous aviez un pied voire un pied et demi en demi-finale ? 

 

Oui mais je pense que ce qui nous a coûté, c’est le manque d’expérience de ces matches importants, couperets, phases finales. Ce sont des matches importants et je pense qu’on a manqué d’expérience. Ça s’est vu dans les 20 dernières minutes du match au Stadium où on a pris 20 points. 

 

Pour toi, c’est le manque d’expérience. C’est peut-être une fébrilité qui est montée en se disant  » on est tellement près « . Et, quand on est tellement près du but, on comment à devenir fébrile et à manquer de lucidité ? 

 

Il y a de ça mais surtout, dans notre groupe, il y avait très peu de personnes qui avaient joué des phases finales. Donc, il y en avait pour qui c’était de inattendu, il y avait un peu de frilosité sur la fin quand on sait qu’on peut y aller mais qu’on a peur. Du coup, c’est ce qui nous a manqué l’année dernière. 

 

A titre personnel, tu as tiré quelque chose de cet échec ? Parce qu’on sait que souvent, les champions et les grands sportifs de haut-niveau comme toi retirent quelque chose des échecs comme ça. 

 

Un échec comme ça, c’est formateur. On préfère tous la victoire mais les échecs sont formateurs car c’est là qu’on se rend compte de ce qui nous manque pour avoir la victoire. Donc, on travaille là-dessus et on s’enrichit justement de cela. 

 

Après cette belle année à Dijon, tu es parti à Vannes. On a eu écho que, lors de ton départ en Bretagne, Renaud Gourdon a un peu boudé parce-que son  » fils spirituel  » n’étais pas resté à Dijon. C’est une légende ou c’est une vérité ? 

 

Il a un peu boudé mais ça n’a pas duré longtemps. 

 

Comme tout mentor qui est un peu déçu quand son  » petiot  » part loin ? 

 

Voilà mais au final, je sais qu’il était content pour moi que je parte à Vannes. Sur le moment oui, il a un peu boudé. 

 

A Vannes, tu as fait un début de saison tonitruant mais après, tu as quand même vécu une saison un peu particulière ? 

 

Oui, au début, j’ai fait un très bon début de saison, une bonne phase aller. Et puis, sur la phase retour, il y a un autre arrière sur lequel il comptait un peu plus qui est revenu de blessure et du coup, ils m’ont gentiment écarté. 

 

Pour nous qui sommes de l’extérieur, ce qui nous impressionne avec ce club de Vannes, c’est le public de la Rabine. Cette entrée au son des binious, c’est si impressionnant que ça ? Ça met autant la chair de poule que quand on le voit à la télé ? 

 

Oui, franchement. Je me souviens du premier, contre Oyonnax, où il y a les binious derrière nous qui poussent quand on rentre dans le stade. C’est un très beau stade où aller jouer, à voir jouer, c’est très sympa la Rabine. 

 

On sent cette identité bretonne qui est très présente et prégnante. Rassure-moi, ils ne t’ont quand même pas obligé à apprendre le breton ? 

 

Non (rires)

 

Parce-que, quand un joueur signe au Barça dans le foot, ils sont obligés d’apprendre le catalan. Donc, je me suis dit qu’à Vannes, on était peut-être obligé d’apprendre le breton ? 

 

Ils pourraient mais non

 

On va revenir à ce qui t’a amené au Sporting Club Albigeois. J’imagine bien sûr qu’il y a l’objectif Pro D2, le fait aussi qu’Albi soit un club qui a évolué en Top 14 et en Pro D2 dans un passé récent. Mais il y a peut-être aussi Arnaud Méla et ce groupe ? 

 

Déjà le groupe. Je les avais vus l’année dernière et franchement, j’aimais beaucoup l’équipe. Je connaissais deux, trois joueurs dont Gaétan et je suivais leurs résultats. Ensuite, Arnaud m’a appelé dans le courant de l’année, il a pris des renseignements sur moi, sur comment se passait ma saison et il y a un feeling qui est bien passé. 

 

Tu as déjà pu échanger avec Jérémy Wanin, l’entraîneur des lignes arrières 

 

Non, pas encore

 

Quels ont été les mots d’Arnaud Méla qui t’ont convaincu de signer à Albi, qui t’ont amené à avoir le déclic et à prendre ta décision ? 

 

Lui, il veut monter en Pro D2 donc forcément, ça donne envie. Ensuite, j’ai senti qu’il aurait confiance en moi et que je pourrai bien m’intégrer dans le groupe. 

 

Tu es un joueur qui marche beaucoup à la confiance et qui a besoin d’avoir un petit cocon, quelqu’un qui te fasse énormément confiance ? C’est un levier et un moteur pour toi ? 

 

Oui, c’est un moteur. J’ai besoin de me sentir bien dans un endroit, que ça se passe bien, qu’il y ait une bonne relation avec l’entraîneur et aussi avec les autres joueurs. Comme ça, on tirera le meilleur de moi-même là-dessus. 

 

Le côté familial du Sporting Club Albigeois, un peu à l’instar du Stade Dijonnais où l’on sait qu’il y a des grandes fêtes à la mythique Grotte, un lieu bien familial et convivial, t’a également plu et a été un élément qui a motivé ta décision ? 

 

J’aime toujours les 3es mi-temps mais maintenant avec un peu plus de modération. Ce sont des moments importants dans ce sport qui se gardent, même au niveau professionnel. Il faut garder cet esprit du rugby qui, justement, le différencie des autres sports, c’est très important. 

 

On va en arriver à la question d’actualité, la question fondamentale actuellement quand on a le cœur jaune et noir. L’attente de la montée en Pro D2 commence à devenir très, très, très longue, qui plus est pour les joueurs comme vous dont l’avenir en dépend ? 

 

Oui mais on est obligé d’attendre. On est tellement impuissant là-dedans, encore plus quand on est joueur ou entraîneur qu’on est obligé d’attendre. Malheureusement, il n’y a rien d’autre à dire. On croise les doigts pour que ça monte mais … 

 

Et ton sentiment personnel ? Tu penses que ça va le faire ? 

 

Moi, honnêtement, je pense que ça va le faire, oui. Je pense qu’ils vont faire deux montées et pas de descente. Je le pense mais je n’en sais rien, je ne suis ni à la FFR ni à la LNR. Mais je pense que ça va monter, je l’espère en tous cas.

 

On va croire en ton intime conviction et on espère ardemment que tu auras raison pour que le Sporting monte en Pro D2. Tu as sûrement vu aussi le dernier recrutement : Thomas Toevalu, Dimitri Tchapnga. On ne va pas te demander pour Dimitri car tu as évolué avec lui pendant un an mais tu t’es un peu frotté à Thomas Toevalu contre Rouen en Pro D2 ? 

 

Je le connais depuis longtemps parce-que, quand on était jeune, je me souviens qu’il jouait à Pau et on a fait quelques sélections ensemble. J’ai joué contre lui cette année à Rouen, c’est un joueur intéressant. J’aimais beaucoup le joueur donc, je pense que ça va être sympa de jouer avec lui. 

 

Tu nous parlais de joueurs que tu connaissais à Albi comme Gaëtan Bertrand. Il y en a d’autres avec lesquels tu as des affinités ou contre qui tu as joué ? Ou même, au pire, avec qui tu t’es accroché sur un terrain parce-que ça arrive aussi parfois qu’on se branche sur un terrain et on sait que tu n’es pas le dernier à brancher. 

 

Oui, on se branche mais ça ne va jamais plus loin et après, on va boire une bière. 

 

Ça fait partie du folklore

 

Mais non, à part Gaëtan, je ne connais pas encore les autres joueurs. 

 

On va te laisser dans ta ballade de confinement, on espère te retrouver très bientôt au Stadium Municipal et bien sûr, en Pro D2

 

Pas de souci

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/mag-sport-28-avril-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Q.Pilet lors du MagSport du 28 avril 2020.

 

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