#Football – P. Pfeiffer « Toutes ces choses qui me motivent depuis plus de 30 ans »

Avec plus de 31 ans de bénévolat au sein du football Midi-Pyrénéen, Patrick Pfeiffer a pas mal bourlingué et transmis son amour du ballon rond et de l’entraide. Une denrée rare.

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L’aventure du LAP demeure un souvenir à jamais gravé pour Patrick – Crédit Maxppp

Pouvez-vous nous retracer votre parcours dans le monde du football et du bénévolat ?

J’ai commencé mon parcours de bénévole en 1990 en faisant connaissance d’un homme et ancien entraineur d’Onet Le Château en la personne de Francis Cabaniols. J’ai intégré ce club cette année-là, alors que j’étais bénévole sportif dans une radio locale de Rodez et j’y suis resté 23 ans, comme dirigeant, j’ai même été coach avec un super gars Françis Coulon en u11, puis adjoint avec la réserve seniors en compagnie de Françis Cristiano en passant par l’équipe une avec un ancien de Rodez comme coach Daniel Périault. Puis un grand ami, Olivier Lagarde, nous sommes partis dans l’aventure de la création d’un site internet dédié au football régional pendant sept années. Entre temps, une saison avec le club de Luzenac, la fameuse année de la montée non validée en Ligue 2, m’ont apporté beaucoup de professionnalisme grâce au fonctionnement du club, sa communication et surtout, l’accueil des Ariégeois, que certains disent froids. Mais je vous le dit, ils ont un grand coeur et une immense fidélité amicale, et j’ai souffert avec eux, et encore aujourd’hui de cette épisode navrant, prioritairement sur le sportif. Je ne pouvais que répondre également favorablement à l’appel d’Arnaud Delpal et Gilles Boscus en 2013 pour apporter du dynamisme et une nouvelle communication au district de l’Aveyron Football et l’organisation des finales au stade Paul Lignon de Rodez chaque année. Deux personnes qui correspondent à mes idées que je me fais du football départemental et qui le vivent à fond au quotidien.

Une de ces expériences est-elle gravée à jamais dans votre mémoire ?

Je n’oublierais surtout pas, mon passage au club du Rodez Aveyron Football, avec l’équipe réserve seniors et son coach devenu un super grand ami, Florent Rech, où j’ai vécu la montée en N3, et le partage aussi sportivement avec Philippe Andriny coach des seniors 3 et Stéphane Calvel, un grand Monsieur du football Aveyronnais et Ruthénois.

D’autres souvenirs doivent être des plus glorieux à vos yeux non ?

Oui. J’oserais répondre les autres montées, avec Onet Le Château Football en R1 ou Luzenac en Ligue 2. Mais pour mes plus beaux souvenirs, ce sont les gens, ceux avec qui j’échange tous les jours, chaque week-end, chaque saison, dont certains deviennent des amis et parfois des confidents. Car rien n’est plus beau, même si nos idées diverges, l’aspect humain, l’amitié et le fait d’avancer pour faire aimer notre sport aux autres au quotidien reste quand même le plus beau des souvenirs et d’engagement personnel pour moi.

Malgré le scandale de la montée avortée, la montée du LAP est une belle expérience pour vous ?

Effectivement, c’est un douleur omniprésente pour moi. Voir ces visages de joies, de fêtes, des années de travail et à la fin, observer impuissant la détresse dans les yeux des bénévoles, du club, des joueurs et du staff cet effondrement, alors que sportivement tu as fait une saison franchement irréprochable, ce jour-là pour moi, l’aspect humain et la passion pour notre sport avait disparu. Par contre, c’est une douleur qui te sert pour te construire et avancer et relativiser certains situations sportives au quotidien dans notre sport.

Avec le recul, le LAP avait-il les moyens de perdurer en Ligue ? Cette déception ne vous a-t-elle pas donné envie de tout lâcher ?

Difficile de répondre à la question, je n’ai pas toutes les pièces en ma possession. Sur l’aspect sportif, entre les joueurs et le staff, bien évidemment que la ligue 2 était accessible à Luzenac, d’ailleurs la réussite de ce même staff à Amiens et Lorient ne font que le montrer. Oui effectivement, derrière, la saison qui a suivie, a été catastrophique pour moi moralement, je suis reparti à Onet une saison, mais je n’avais plus goût à rien, tout arrêter, et puis parfois, la providence, ce jour-là, le district Aveyron Football en la personne d’Arnaud Delpal et Gilles Boscus suivi de Florent Rech au RAF m’ont redonné cette passion qui commençait à s’éteindre.

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Ce bénévole au grand coeur espère encore avoir de belles années au bord des terrains

Quelle motivation vous a habitée au moment d’accepter chaque nouveau challenge ?

Ce qui me motive, à chaque nouveau challenge, c’est l’accomplissement de satisfaire les clubs, les gens, ce football. Le bénévolat est devenu une denrée très rare. Malheureusement, c’est un peu notre société, parfois certains attendent une contrepartie financière, car la conjoncture est difficile, d’autres veulent côtoyer des gens, partager des idées différentes ou les mêmes passion, mais notre bénévolat a beaucoup changé, car on attend aujourd’hui d’un bénévole qu’il soit irréprochable comme dans son travail au niveau d’une entreprise. C’est plus compliqué du coup. Je dis souvent, en avançant dans ce sport, que les bénévoles doivent devenir de plus en plus professionnels dans les tâches qui leurs sont confiés, comme la trésorerie, la communication, l’organisation de tournois, le déroulé d’une buvette, la sécurité, sans parler de l’administratif qui devient lourd pour les clubs. On voit bien aujourd’hui, que l’époque que j’ai connu avec des éducateurs bénévoles, n’est plus suffisant. Tu es obligé d’avoir maintenant un diplôme pour guider une équipe, dès l’école de foot, c’est une bonne chose pour l’aspect sportif et technique, mais il ne faut pas en oublier l’aspect humain et à tous les étages, même chez les professionnels, et ça….. c’est un autre problème. Alors ce sont toutes ces choses qui me motivent depuis plus de 30 ans, aider, accompagner et mettre en avant ces hommes et femmes de l’ombre par mes différentes fonctions de bénévoles, même si je sais qu’on peu toujours mieux faire, et que beaucoup pourront critiquer à un moment donné tes choix, mais je les assume et certainement cette période de crise sanitaire va nous permettre aussi de mieux repenser notre sport et le bénévolat. Le bénévole pour moi, à parfois juste besoin aussi d’un petit « merci » verbal de la part de ceux qui les sollicitent régulièrement, c’est souvent pour eux la vie de famille qui est derrière, des heures, des jours et des mois entiers à passer à côté de tes enfants, tes amis et ta famille pour ton association, c’est un sacrifice, alors, un petit mot de temps en temps, ça n’a pas de valeur financière pour moi.

Former davantage nos éducateur est sans nul doute un bienfait pour la qualité du savoir transmis. Mais cela risque-t-il de créer des difficultés pour certains clubs ?

Oui je le pense. surtout que dans ce contexte là, comme dans d’autres sports, l’argent est devenu maintenant un atout pour vendre son savoir et ses compétences. Il faut être très attentif à la santé financière des clubs, car derrière cette difficulté, c’est l’avenir de nos enfants dans une activité sportive qui fera défaut, si nous n’avons pas de personne diplômée d’un côté pour raison financière et encadrer les futurs jeunes footballeurs. Nos enfants resteront à jouer au ballon dans la cour de leurs écoles ou dans leurs jardins, malheureusement. L’argent est devenu le nerf de la guerre, certes, mais ne perdons surtout pas de vue la notion d’humain et le rôle d’une « association » sportive à la base.

Sans compter que la crise que nous traversons ne risque pas d’arranger les choses …

Difficile de répondre financièrement à cette question. Mais il est certain, même si certaines aides sont misent en place aujourd’hui au niveau local, départemental et national, que ce soit les clubs, les districts et les ligues, cette crise va impacter financièrement tout le monde et chacun va devoir vraiment réfléchir au lendemain, surtout que certains pensent reprendre le chemin d’avant dès septembre 2020. Je le souhaite sincèrement. Mais il va falloir à mon sens réfléchir sur plusieurs solutions pour les championnats et coupes au niveau calendrier si cet été le confinement n’est pas totalement terminé et bien évidemment que 2020/2021 sera une année très particulière pour tout le monde, en espérant que le maximum de gens n’y laisserons pas comme on dit « trop de plumes ». Mais dans un premier temps, le plus urgent, sera de relancer le lien social, se côtoyer et retrouver ce faisait la beauté et les valeurs de chaque club.

Quels sont vos projets après le confinement ?

L’aventure avec la réserve du RAF s’est achevée pour moi fin mai 2019. Le passage du club en ligue 2 et dans ce monde professionnel, certaines personnes du club ont tenu à stopper ma participation au sein du RAF et de l’équipe, même si Florent Rech aurait voulu continuer l’aventure. Mais avec le recul, c’est beaucoup mieux ainsi. Je suis toujours avec le district de l’Aveyron de football et depuis deux jours maintenant, un autre club est venu vers moi pour solliciter mon intégration. Quand ce confinement sera terminé, je retrouverais avec grand plaisir les vertes pelouses et les gens du football régional. Franchement, mon seul désir c’est continuer à m’épanouir dans ce milieu sportif, de prendre les gens avec qui je me sens bien et qui savent ce que le mot « bénévole » veut dire, pour les autres, j’aurais parfois envie de dire, comme me l’a souvent dit Olivier Lagarde « n’oublie jamais d’où tu viens », car un jour se sera à toi de renvoyer l’ascenseur. Je rajouterais pour ma part, que ce jour-là, si tu ne le fais pas, à quoi aura servi ton passage sur notre belle planète. Après je souhaite continuer la communication au sein du district de l’Aveyron en mettant en avant, tout le boulot de l’instance et surtout des clubs de foot au quotidien.

 

Propos recueillis par Nicolas Portillo

 

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