#Football – L1 / F.Balmont, le « mental » et la pérennité réincarnés

Il est des joueurs dont on pense ne jamais voir la fin. C’est un peu le cas de Florent Balmont. Et pourtant, après 18 saisons dans l’élite de football Français, le milieu de terrain a tiré sa révérence après avoir défendu les couleurs de Lyon, Toulouse, Nice, Lille et Dijon. Retour sur la carrière d’un homme qui a commencé en pro quand on commençait tout juste à calculer combien de francs valait un euro.

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Jusqu’au bout, Florent Balmont aura su se montrer décisif pour défendre ses couleurs. Ici lors du barrage d’accession/maintien en Ligue en 2019 contre le RC Lens – Crédit VDNPQR

En 2004, vous quittez définitivement votre club formateur (Lyon) après un prêt d’un an au TFC. Ne regrettez-vous pas de ne pas avoir pu défendre davantage les couleurs des Gones ?

Non. L’époque où j’évoluais avec Lyon, c’était vraiment une grosse écurie avec de très grands joueurs. Moi j’étais le petit jeune, je n’avais pas toute l’expérience que j’ai pu me faire durant toute ma carrière. C’était le moment d’être transféré à Toulouse pour m’aguerrir afin de partir après dans d’autres clubs. A l’époque où j’étais à Lyon, c’est sûr que c’était du très haut niveau.

Revenons sur votre prêt à Toulouse. C’est clairement une saison pleine avec 38 matchs au sein d’une équipe qui retrouvait tout juste l’élite. Que vous a apporté cette expérience ?

J’ai pu découvrir la Ligue 1 au quotidien et enchaîner les matchs tous les week-ends. Ça m’a permis de prendre un peu d’expérience. Je me rappelle, à l’époque je n’étais pas contre rester à Toulouse. Au final je suis revenu à Lyon, j’ai prolongé de quatre ans. Je pensais que mon expérience à Toulouse me servirait pour ce retour, mais j’ai vite compris que je ne rentrais pas trop dans les projets de l’OL cette saison-là. J’ai donc été transféré à Nice, ce qui par la suite m’a permis de faire une carrière aussi longue. Par rapport à ma saison Toulousaine, il me fallait partir dans un autre club pour continuer ma progression.

Du coup avec le recul, vous n’avez pas de regret de ne pas avoir pu rejoindre le TFC, un club également en pleine progression…

C’était un club en progression, je n’étais clairement pas contre rester. Lyon ne voulait pas me transférer et au final, j’ai été transféré deux semaines après. Ça fait parti du football. Mais je n’étais pas contre rester à Toulouse, ça c’était super bien passé avec tout le monde. Je m’étais bien aguerri. J’ai passé une année top là-bas, à chaque fois que je revenais, tout le monde au club était content. J’ai beaucoup aimé le Sud Ouest. J’y ai également eu la naissance de ma première fille. Plein de choses ont fait que c’était une bonne année. Après, j’ai eu la chance de trouver un club à Nice, où je me suis bien éclaté.

Après l’expérience Niçoise, vous signez dans le Nord avec le LOSC. Une expérience où le succès a clairement été de mise. Si vous devez comparer le titre de 2003 avec Lyon et celui de 2011 avec Lille, lequel vous laisse les meilleurs souvenirs ?

Le tire de Lyon c’était super, c’est sûr. Gagner des titres en tant que jeune joueur c’est top. Quand on est jeune et qu’on ne fait pas forcément beaucoup de matchs, on est un petit peu inconsciemment en retrait. C’est logique, mais j’en ai bien profité. Après, le doublé à Lille où je jouais souvent, pour moi c’est l’apothéose. Faire en plus le doublé ! C’est bien également de noter que ce n’était pas un club prévu pour gagner. Nous progressions chaque année, mais je ne pensais pas faire un doublé cette année-là.

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C’est sous le maillot Violet du TFC que Florent Balmont s’est révélé à la Ligue 1.

Effectivement sur le papier, les favoris étaient peut-être davantage l’OM et l’OL. Comment avez-vous fait pour venir tuer les pronostics ?

Comme je dis souvent, c’était l’esprit de groupe qu’on avait à ce moment-là. Nous nous connaissions bien. Comme pas mal de coéquipiers, j’étais arrivé en 2008. Se sont ajoutés pas mal de jeunes du cru qui avaient l’esprit d’équipe. Ça a fait une bonne alchimie entre nous. On sentait que nous étions vraiment solidaires, avec un groupe de qualité. Au fil des années, nous avons progressé et nous nous connaissions beaucoup sur le terrain. En 2011, ça a été l’apothéose pour tout le monde. Je me rappelle, nous avions très mal commencé. Nous commencions très mal les saisons. Nous n’avions pas beaucoup de points en début de saison, en étant quinzième je crois. Au final, nous avons enchaîné et on sait ce qu’il s’est passé.

Vous faites partis des joueurs les plus charismatiques, comme le défenseur Montpelliérain Vitorino Hilton. Il est de trois ans votre aîné et vous n’avez cessé de vous croiser depuis son arrivée à Bastia en 2003. Même si vous n’avez jamais été sous les mêmes couleurs, partagiez-vous un affect particulier avec un tel adversaire ?

Evidemment, j’ai beaucoup de respect par rapport à un joueur comme lui. Nous nous sommes toujours un peu rencontrés sur les terrains. Ça vient de ce qu’il dégage aussi. Il ne fait pas trop parler de lui, il fait son taff et le fait très bien chaque année. De le faire à 42 ans, clairement j’ai beaucoup de respect pour lui. Je lui avais dis l’année dernière déjà. J’ai son maillot, je pense qu’il a le miens. Ce sont des joueurs qui ne font pas beaucoup de bruit, ce que j’aime. Chapeau pour lui, 42 ans il faut le faire.

N’y avait-il pas la petite compétition entre vous deux de savoir lequel raccrocherait en premier ?

Non du tout. Nous n’avons jamais parlé sur ça. 42 ans, moi je n’allais pas arrivé jusque-là. Moi, les dernières saisons, j’ai un peu moins joué. Même si je me sentais bien physiquement. Lui, presque il ne rate pas un match. Ça montre une longévité, mais aussi une hygiène de vie pour arriver à 42 ans et je n’ai pas l’impression qu’il compte s’arrêter là. Il va faire encore une saison l’année prochaine. A mon avis, il voudra atteindre la barre des 500 matchs en Ligue 1. Ce sera sûrement son objectif pour l’année prochaine.

Vous-même cette barre des 500 matchs en Ligue 1, vous l’avez franchie cette saison. En raccrochant les crampons, se dire que l’on a rejoint des légendes comme Alain Giresse ou Joël Bats, comment on le ressent ?

C’est une fierté. On ne va pas s’en cacher. Au début de ma carrière, je n’aurais pas cru enchaîner autant de saisons en Ligue 1. On se dit 100 matchs, c’est déjà bien, 200, 300 puis on y prend goût. Arriver à 500 matchs, ça montre de la régularité aussi. Ça a été une très grosse fierté pour moi de pouvoir jouer mon cinq centièmes matche en Ligue 1 à Dijon. C’était vraiment quelque chose de marquant pour moi.

Au final vous cumulez dix-huit saisons en Ligue 1. Comment avez-vous fait pour conserver une telle régularité et une telle énergie pour demeurer dans ce championnat ?

Il y a beaucoup de mental, on ne va pas se le cacher. C’est un peu ma marque de fabrique aussi. Rien lâcher, toujours se remettre en question, ça a fait ma force dans ma carrière. Je suis tombé dans des groupes avec une très bonne mentalité. Les joueurs ne se prenaient pas la tête, et ils aimaient travailler. Du coup, même dans les moments difficiles, tout le monde était dans le même état d’esprit. Ça y fait aussi je pense. Là, nous avons eu deux années compliquées à Dijon. Mais avec la force de caractère et le mental, nous nous sommes sauvés avec ça.

Raccrocher les crampons cette saison, était-ce une décision mûrement réfléchie depuis plusieurs mois ?

Oui, c’était réfléchi depuis le début de la saison. C’est pour ça, je n’ai pas de frustration par rapport à ça. La décision était réfléchie et je savais que c’était le bon moment pour arrêter.

L’arrêt prématuré de la saison avec le confinement ne vous a-t-il pas fait réfléchir sur un report de cet arrêt ?

Non pas du tout. C’était prévu donc je n’ai aucun regret. Evidemment, j’aurais aimé faire mon dernier match avec les festivités. Je le ferais avec un jubilé, à voir comment ça va se passer dans un ou deux ans.

Avez-vous déjà quelques projets en tête pour la suite ?

Le côté entraîneur me botte aussi. Je vais passer mes diplômes d’entraîneur tranquillement et apprendre ce métier. Tout ce qu’on m’a donné en tant que joueur, je voudrais le retranscrire en tant qu’entraîneur.

 

Propos recueillis par Nicolas Portillo

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