#Rugby – Fed1 / C.Hamacek (UCS) : «Si la loi Evin était modifiée, ça serait intéressant pour nous !»

Le manager de l’Union Cognac-Saint-Jean d’Angely, Christophe Hamacek, ois a accordé une entretien pour nous donner son ressenti quand à l’avenir de son sport, des ambitions futures de l’Union Cognac Saint Jean D’Angely, ainsi que sa perception des enjeux qui attendent les cognaçais dans leurs développement pour accéder à terme à la ProD2. Conscient du changement de dogme qui va s’opérer dans l’ensemble du sport français, l’ex entraîneur de Béziers s’intéresse de près, aux travaux menés par certains parlementaires sur la loi Évin. Une perspective, qui dans ce terroir viticole, pourrait donner de nouvelles mânes et permettre à l’UCS de pouvoir pérenniser son ambition de monter en Pro D2 d’ici quelques saisons.

 

En début de saison 2019/2020, on s’était promis une chose. Albi avait commencé ses matches de préparation avec un match contre Cognac-Saint-Jean d’Angely, tu nous avais promis de se retrouver en phases finales. On n’en était pas loin mais le coronavirus est passé par là ? 

 

Malheureusement. Ça aurait été un plaisir pour nous de faire les phases finales après une saison précédente où nous n’avions pas été qualifiés puisque nous avions perdu des points contre Bergerac, on avait perdu trois points, et on nous était passé devant lors de la dernière journée pour un point. Cette année, je pense que la voie était royale pour aller faire des phases finales et bien évidemment, ça nous aurait fait plaisir d’aller à Albi qui est un très beau club. 

 

Pour Cognac comme pour tout le rugby français, cette crise du coronavirus est un coup d’arrêt. Comment as-tu organisé les choses avec tes joueurs pour ne pas les laisser dans la nature et qu’ils continuent quand même à rester focus sur le sport du haut-niveau ? 

 

En fait, les gars sont sérieux et je suis vraiment satisfait. Notre prépa physique envoie des programmes, un de nos joueurs, Sonny Cecot, fait aussi des programmes. On s’envoie des vidéos, on se téléphone, on fait des face-time et ils sont sérieux, c’est bien. 

 

J’ai vu que, pendant le confinement, tu en profitais même pour faire des recettes et des recettes très élaborées sur Facebook. 

 

Oui (rires). C’était une idée pour rigoler un petit peu et que les filles évitent de leur tourner autour. 

 

En fait, il y a du Joël Rebuchon en toi ? 

 

Pas trop non, malheureusement. 

 

On va revenir au côté sportif, qui est souvent lié au côté financier. On entend parler de grosse casse économique dans le monde du sport, et pas que dans le monde du sport mais dans tous les pans de l’économie française. Qu’en est-il à Cognac-Saint-Jean d’Angely 

 

On est productif c’est à dire qu’on essaie de trouver des solutions. Bien évidemment, il va y avoir une baisse de budget, on ne peut dire de combien puisqu’on a attend encore des réponses. Notre président travaille énormément mais l’idée est de trouver des emplois de pluriactifs pour faire basculer quelques joueurs sur la pluriactivité. Au niveau du recrutement, on a été très sobre, précis en essayant d’avoir un recrutement qualitatif. 

 

Sur le recrutement, tu as vraiment été obligé de changer ton fusil d’épaule à cause de cette crise du coronavirus ? 

 

Oui, bien évidemment puisque j’ai quelques joueurs que j’ai eu par le passé en Pro D2 qui souhaitaient venir à Cognac et malheureusement, que je ne pouvais pas prendre parce qu’aujourd’hui, on est prudent. 

 

Pour Cognac, tu penses que ça peut changer l’objectif de Pro D2 que vous aviez à terme dans deux, trois ans, une fois que vous auriez été bien épais et bien structuré ? Ça peut changer cette ambition de monter en Pro D2 ? 

 

Non, ça ne changera pas les ambitions mais il est sûr que la saison à venir va être une saison charnière qui va évidemment être difficile financièrement bien que, sur le sportif, je crois que l’équipe sera aussi bonne que la saison précédente. 

 

Par contre, sur les formats de championnats et le nombre de clubs en Fédérale 1, on entend des clubs du haut râler et des clubs du bas être plutôt contents. Qu’en est-il à Cognac ? 

 

On le subit donc on fera comme nous le propose la Fédé. J’ai juste une inquiétude : nous, nous avons des joueurs professionnels qui s’entraînent tous les jours, on a quelques joueurs hors-norme physiquement, qui sont costauds, qui vont très, très vite, qui sont puissants sur les impacts. 

 

Des bulldozers ? 

 

Oui, quelques autobus. Et je suis inquiet parce-que le club amateur de Fédérale 2 qui est monté, qui a gagné sa montée, qui a des joueurs pluriactifs qui bossent la journée et s’entraînent le soir comme ils peuvent, je pense que ça peut être compliqué. Par le passé, je me rappelle il y a deux ans, on avait vu pas mal de chaos dans notre poule et oui, je suis inquiet par rapport à cela et je dis qu’il y a danger. 

 

En parlant de danger et de chaos, tu as eu des joueurs qui ont subi des chaos et des protocoles commotions cérébrales cette saison, on pense entre autres à Mathieu Peluchon. Comment va-t-il ? 

 

Mathieu, ça va, j’ai l’impression qu’il a envie de reprendre. Il fait des soins, il se fait suivre et peut-être qu’on le reverra sur le terrain mais en 2021, je le souhaite. Thibaut Visensang, lui, a mis un terme à sa carrière. 

 

On sera au moins heureux pour Mathieu, la flamme de l’espoir continue à perdurer et on espère qu’on le reverra très prochainement botter sur les terrains

 

Peut-être

 

On va revenir sur les formats de compétitions, on a compris ton inquiétude. L’autre credo des clubs du haut tableau, des clubs pros ou qui tendent vers la Pro D2, c’est une Pro D3, c’est une Fédérale 1 Elite, qu’il y ait une poule d’accession pour les préparer au mieux sportivement à la Pro D2 voire même financièrement. Qu’est-ce que tu en penses parce-que cette poule élite a déjà été tentée avant et ça a été une bulle financière qui a explosé ? 

 

Je reviens à ce que j’ai dit précédemment. Je crains qu’il y ait des blessés et que, par la force des choses, on soit obligé de faire une poule homogène, on l’appellera comme on veut, Pro D3 si la Ligue veut intégrer ces clubs ou Poule Elite. Mais toujours est-il qu’on ne va pas pouvoir associer 60 clubs parce qu’il n’y a pas un niveau homogène. J’espère me tromper et que cette année va bien se passer et me faire mentir. 

 

Sportivement, ça changerait beaucoup de choses pour la préparation, dans le rythme et l’intensité des matches ? 

 

Sportivement, bien sûr. Tu sais que tous les matches sont des matches de haut-niveau alors que cette année, dans notre poule, tu savais que tu pouvais faire tourner quelques joueurs, lancer quelques jeunes qui avaient moins de temps de jeu. Quand tu as une poule élite resserrée, il faut que tu joues la gagne tous les dimanches, ce n’est effectivement pas pareil. 

 

Tu le sais aussi bien que moi, quand on dit Pro D3 ou Fédérale 1 Elite, il faut un modèle économique autour de cela. Comment tu verrais ce modèle économique pour qu’il soit pérenne ? Avec peut-être les mânes de l’équipe qui ne soient concentrés que sur la Fédérale 1 Elite en termes de droits TV ? Avec des aides de la Fédé pour structurer les clubs et aider ceux qui descendent de Pro D2 ? Comment tu verrais les choses ? 

 

On parle beaucoup du sport d’après, peut-être qu’il va falloir trouver des solutions pour du  » partenariat d’après « , peut-être donner envie aux entreprises de nous aider encore plus. J’ai aussi écrit à une députée LREM qui avait souhaité modifier la loi Evin. Tu te doutes bien qu’à Cognac, si la loi Evin est modifiée … 

 

Ou à Beaune, ou à Bédarrides

 

Voilà, ça serait intéressant pour nous. Donc, je me dis qu’on va être obligé de trouver des pistes pour trouver de l’argent parce qu’on a besoin de sport. Du sport, il y en aura toujours donc, un modèle économique à réinventer ou des solutions à trouver pour financer le sport. Je trouve que c’est un peu hypocrite, on joue la Heineken Cup, Hennessy est partenaire de la NBA, on voit ça à la télé et par contre, on ne peut pas récupérer cet argent qui est ici et qui pourrait nous permettre, sans parler nécessairement des joueurs pros, de former aussi des gamins. 

 

Toi, tu serais pour une loi avec une exception pour les territoires viticoles ? Parce-que, dans les terroirs viticoles comme à Beaune, comme à Cognac, comme à Bédarrides, c’est tout un village qui vit autour de cette économie du vin

 

La vigne, il y en a partout en France (rires). Il y en a dans le Béarn, il y en a à Narbonne

 

Il y a le Jurançon dans le Béarn

 

Voilà. Moi, je trouve que c’est un peu hypocrite, je ne suis qu’entraîneur et sûrement qu’il y a des incidences autres mais ça me fait doucement rigoler quand je vois la Heineken Cup et d’autres partenaires à la télévision et que nos clubs ne puissent pas profiter de cette manne financière. 

 

Tu connais mon amour pour le terroir viticole mais il y a quand même une loi Evin qui interdit aussi la pub pour le tabac. Si tu fais une adaptation, le lobby pour le tabac va se réveiller ? 

 

En fait, c’est une députée qui a fait cette proposition il y a peut-être déjà deux ans, elle ne parlait que des alcools. Après, c’est quelque chose qui me dépasse, je n’ai pas de compétence là-dedans. Je dis simplement qu’il y a de l’argent qui y est, qui est là et qui va dans d’autres nations. Je pense à Hennessy qui est N°1 au monde, qui est partenaire de la NBA et qui sont ici, à Cognac. 

 

C’est vrai et il est sûr que ça pourrait donner un autre essor financier à l’Union Cognac-Saint-Jean d’Angely. Comme on sait que tu es un touche à tout, on va te parler aussi un peu du contexte sanitaire. Distanciation sociale et rugby, ça ne va pas bien ensemble ? 

 

Non, c’est vrai que c’est frustrant, le face-time ne remplace pas les bons moments que l’on passe ensemble. C’est vrai que c’est une période particulière. 

 

Par contre, pour en venir au cœur de ton métier, tu penses vraiment qu’on pourra reprendre en Septembre voire en Octobre et que ce ne sera pas plus tard ? 

 

Comme je t’ai dit, je ne suis pas compétent mais je suis très, très pessimiste sur ce que j’entends. Jusqu’à preuve du contraire, le rugby est quand même un sport de contact. Il me semble lire que dans les entraînements au foot, ils devront être à plus de 4 ou 5 mètres. Je ne sais pas mais je t’avoue que j’ai été un petit peu pessimiste en ce début de semaine. Maintenant, on va voir. 

 

Du moins, on te sent circonspect ? 

 

Oui, je suis un peu inquiet. 

 

On va maintenant te poser la question d’actualité à Massy et à Albi. Qu’est-ce que tu penses de tout le pataquès qu’il y a autour des montées en Pro D2, de la bataille entre la FFR et la LNR ? Et déjà, penses-tu que ce soit légitime qu’il y ait des montées ? 

 

Bien évidemment que je trouve bien qu’il y ait des montées mais j’aurai souhaité que ça se passe autrement. Le président a tranché et peut-être qu’il a pris la décision la moins pire. Maintenant, je peux comprendre aussi que certains clubs qui prétendaient monter cette année soient un petit peu frustrés mais la situation est compliquée et donc, la réponse ne peut pas satisfaire tout le monde. 

 

Du fait que la LNR traîne pour l’instant des pieds pour laisser monter Albi et Massy, que penses-tu de cette situation ? Est-ce que tu penses que ce sera la FFR qui aura le dernier mot à la fin ? 

 

Je le souhaite vraiment pour ces deux clubs. 

 

A moins que le Ministère ne doive peut-être intervenir ? 

 

J’aime bien Albi pour son passé historique et ce que ça représente donc je suis content pour eux. Mais, ça me paraît très long et il y a des enjeux financiers tellement importants derrière sur le partage des droits TV et autres que voilà, je suis prudent. 

 

On va finir avec une question un brin décalée. On a eu il n’y a pas longtemps un débat avec Maurice Buzy-Pucheu et entre autres le président du CS Beaune et de l’AS Bédarrides-Châteauneuf-du-Pape, deux terroirs illustres de la viticulture française. Ils ont proposé de faire un petit challenge avec Cognac, Bédarrides et Beaune, tu le relèves ? 

 

Oui, ça serait bien. Avec la Section Paloise aussi, on a du bon vin en Béarn (rires). Mais oui, ça serait bien de faire un petit challenge. 

 

Ça serait aussi un bon outil de promotion pour ton idée de libéraliser la loi Evin ? 

 

C’est une proposition. Et après, c’est aussi l’assurance d’une bonne 3e mi-temps, c’est bien aussi. 

 

Ça voudra aussi dire que le rugby a repris ses droits, que la vie normale est revenue et c’est ce qu’on souhaite tous ardemment, le plus rapidement possible. 

 

Evidemment

 

On te remercie Christophe et on espère te retrouver très prochainement pour parler de la saison 2020/2021 de l’Union Cognac-Saint-Jean d’Angely en Fédérale 1 avec toujours cet objectif, à terme, de monter en Pro D2

 

Avec grand plaisir

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/mag-sport-28-avril-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de C.Hamacek lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 28 avril 2020.

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