#Football – D2F / P.Garrigues et C.Galien (ASPTT FA) : La fin d’un cycle!

Nous sommes allés à la rencontre des deux anciens entraîneurs de l’ASPTT Football de l’Albigeois, pour faire un point sur la fin de l’aventure ASPTT FA. Remercié par le Pdt Espié après 3 saison en (D1F et D2F), les deux ex techniciens des rouges et jaunes nous livrent leurs sentiments.

 

 

Patrice, Clément, vous êtes tous les deux avec nous pour faire un peu le point. Il y a eu une décision présidentielle de Bernard Espié qui est tombée, qui ne souhaite pas continuer l’aventure avec vous deux. Avant de parler de cette décision, qu’est-ce qu’il restera de cette aventure ASPTT ? Parce-que pendant trois ans, vous avez quand même vécu des choses assez hors du commun, que tout le monde ne vit pas. Une aventure en D1 contre le gotha du football hexagonal et même européen puisqu’il y avait Lyon qui se déplaçait à Rigaud, une aventure aussi en D2 féminine avec d’autres tenants et aboutissants. J’imagine qu’il y aura quand même pas mal de choses dans la boîte à souvenirs ? On va commencer par Patrice

 

PG : Oui, l’aventure est bien évidemment largement positive. Elle s’achève d’une drôle de manière enfin, je ne sais même pas mais on y reviendra peut-être. Je ne garderai que de très bons souvenirs même si, l’image qui va me rester, c’est quand même le dernier match à Montpellier lors de la descente de D1. C’est dommage que ce soit cette image-là qui reste mais ça sera celle-là parce qu’on a vu beaucoup de tristesse, beaucoup de joueuses en larmes et pas que des joueuses. Donc, malheureusement, c’est cette image-là qui me restera. Mais c’est tellement compensé par d’excellents souvenirs, par d’excellentes rencontres. Voilà ce que je retiendrai, de belles rencontres. 

 

Clément, tu es dans la même optique que Patrice ? 

 

CG : Oui, je suis dans la même optique que Patrice dans le sens où on a fait énormément de belles rencontres, comme toi par exemple. On a maintenant beaucoup d’amis au sein de l’ASPTT, enfin actuellement qui peuvent éventuellement partir, on ne sait pas, mais il y a eu d’excellentes rencontres. Après, il y a eu des hauts et des bas, il y a eu de la compétition, il y a eu du haut-niveau. Toute la première année de D1 a été fantastique, moi, je l’ai vécue en tant que préparateur physique, et ça a vraiment été exceptionnel à vivre. Oui, le dernier match à Montpellier a été dur mais, ayant changé de rôle sur les années de D2, ce n’est pas cette image que je garde. Ce que je garde, c’est vraiment ce sursaut de l’équipe cette année contre La Roche-sur-Yon et contre Toulouse. Parce-que ça signifie tout le travail qu’on a pu faire sur les années où on était à Albi, c’est à dire l’exigence qu’on a eu sur les joueuses, le fait de les faire sortir un peu de leurs sentiers battus et de leurs zones de confort. Pour moi, il y a entre autres deux grandes joueuses qui sortent de ce lot, c’est Camille Toumi qui montre vraiment tout le travail qu’on a pu accomplir dans le sens où, c’est une petite qui venait d’arriver et qui n’avait pas d’expérience en D2 et qui a montré contre La Roche la voie pour arriver au final. Et puis, Eden Avidal qui nous marque ces deux buts contre Toulouse. Ces deux matches sont, pour moi, vraiment significatifs de tout le travail qu’on a pu accomplir sur ces deux années en commun avec Pat. Et vraiment, je tenais à dire que, bien sûr, je remercie le club d’Albi de m’avoir permis de participer à cette aventure mais surtout aussi, je remercie beaucoup Patrice parce-que c’est lui qui, dans un premier temps, m’a mis le pied à l’étrier. Parce-que si lui n’avait pas contacté Albi, il ne m’aurait pas non plus demandé de le suivre dans cette aventure-là et je lui en suis très reconnaissant. 

 

PG : Merci Clem

 

On le sait, et tu me tends la perche pour la seconde question, le football est un monde un peu impitoyable mais il y a quand même des histoires d’amitié. Toi et Patrice êtes arrivé ensemble, vous repartez ensemble, on va dire que la boucle est bouclée. Il n’y a pas eu de trahison, d’amitié qui s’est fendue parce-que dans le football, ça arrive souvent ? On voit souvent des gens qui arrivent ensemble mais qui repartent fâchés comme la mort. Là, ce n’est pas le cas et c’est bien, c’est une belle image. Votre amitié a été indéfectible même si, dans le foot, il y a des moments de tension, des choix divergents, qui font partie du lot commun de coach ? 

 

PG : Déjà, que les choses soient bien claires, on n’a pas décidé de partir, on ne nous a pas laissé le choix donc ça, c’est le premier point. Peut-être qu’on aurait fait ce choix-là l’un et l’autre ou individuellement. Après, il ne faut quand même pas se tromper, c’est à dire qu’il y a le sport d’un côté et il y a le relationnel et l’amitié de l’autre. Donc, ça aurait quand même été grave et dommage qu’une décision sportive ou qu’un parcours sportif pour l’un ou l’autre brise de l’amitié ou brise les liens qu’il y a entre nous,  ça veut dire qu’il n’y aurait pas eu cette amitié-là ou cette complicité-là. Donc, heureusement que cette amitié n’est pas brisée mais pour ma part, quoi qu’il se soit passé et quoi qu’il se passe à l’avenir, on a vécu des choses ensemble, on partage des choses ensemble. J’ai voulu travailler avec Clément, la première année sous une certaine forme et les deux années suivantes, sous une autre forme mais encore plus proche. Je ne remets pas du tout ça en question, loin de là, donc heureusement que cette amitié-là n’est pas brisée. Après, si le choix du club, si le choix de la direction avait été différent de garder l’un ou l’autre par exemple, j’ose espérer que cette amitié aurait perduré. Donc, pour ma part, ça ne change absolument rien et je pense qu’il faut être capable de remettre les choses à leurs justes valeurs, il y a le sport d’un côté et il y a les relations humaines de l’autre. 

 

Clément, un petit mot sur ce sujet ? 

 

CG : Patrice a vraiment résumé tout ce qu’il fallait. Notre histoire a déjà commencé un petit peu avant Albi, ce qui a fait que je l’ai suivi parce-que c’est une personne qui a de grandes valeurs humaines et c’est ça qui me fait décider de travailler avec des gens, ce sont surtout les valeurs humaines et c’est pour cela que j’ai suivi Patrice dans l’aventure albigeoise. Après, il y le contexte humain, il y a le contexte sportif et professionnel, je pense qu’il faut savoir faire la part des choses. On a su en tous cas voir notre travail sur les trois dernières années, on a su également faire notre analyse sur notre travail. Oui, il y a des points positifs, oui, il y a des points à améliorer, on est complètement d’accord par rapport à cela. On a su y faire face, on a su poser des choses, là, récemment mais tout ça reste du travail, du sportif et aucunement le côté humain. Du coup, si l’un ou l’autre avait été gardé, il aurait été dommage que ceci se brise. Mais ça aurait été la même chose, si ça se brise, c’est que les liens ne sont pas forts et que les valeurs humaines ne sont pas là non plus. Et à ce moment-là, est-ce que les choses ont un intérêt à être vécues ? Je ne crois pas mais Pat n’est pas dans ce sens-là, je ne suis pas non plus dans ce sens-là. Et c’est aussi ce qui fait que cette amitié restera, tout simplement. 

 

Pour rester dans le credo du facteur humain, cette dernière saison a quand même été humainement compliquée pour plusieurs raisons. Ça a été une saison un peu galère avec beaucoup de blessures, des suspensions, le sort qui s’est un peu acharné, un mercato qui n’était peut-être pas aussi le plus probant, un début catastrophe. Et à la fin, il n’y a même pas d’happy-end, il n’y a même pas de fin pour vous. Il n’y a pas de  » petite mort  » puisque vous avez joué un match et vous ne saviez pas que, deux semaines après, ce serait le dernier match que vous joueriez avec l’ASPTT., il n’y a pas cet au-revoir, ce moment que l’on peut faire d’habitude. Que ce soit dans les éclats ou la simplicité, on dit au-revoir au club ? 

 

PG : Pour ma part, je trouve que c’est un bel au-revoir que de finir sur les notes sur lesquelles on a fini. C’est à dire qu’on finit par un nul contre Rodez, deux victoires auparavant et un début 2020 assez positif, voire très positif puisque c’est ce qui permet à l’arrêt des championnats et face à cette situation de nous sauver. Donc, c’est peut-être, non pas le meilleur des au-revoir, du moins, je ne le pense pas. 

 

Là où je voulais en venir, c’est que tout le monde s’est dit  » à la semaine prochaine  » et il n’y a pas eu de semaine prochaine

 

PG : Il n’y a pas eu mais bon, voilà, je pense que ça restera une année particulière à plus d’un titre. Le contexte est comme ça, oui, ça fait tout bizarre de devoir annoncer aux joueuses un maintien, de devoir annoncer aux joueuses un départ pour le staff. Mais je pense que cette année 2020 restera exceptionnelle à plus d’un titre et au niveau sanitaire, économique, social et au niveau sportif. On se souviendra de cette année avec ses lots de particularités. 

 

Clément, il ne te manque vraiment pas un petit quelque chose avec ce dernier match à Rigaud, où tu aurais pu dire au-revoir comme il faut, dans les règles de l’art ? 

 

CG : Oui, ça aurait été sympa. Après, moi, comme je te l’ai dit tout à l’heure, mes deux plus belles images restent sur les derniers matchs que l’on a fait. 

 

Et le hold-up de Guingamp, tu ne t’en souviens pas ? Ça n’est pas une belle image ça aussi ? Ils s’en souviennent encore là-bas

 

CG : Ce n’est pas le même contexte, ce n’est pas la même chose

 

PG : Oui, mais on est descendu quand même cette année-là

 

Clément, c’était quand même une vraie opération commando comme tu les aimes ? 

 

CG : Ah oui, carrément, et puis là, on était préparé. On avait aussi fait un match abouti puisqu’on gagne 1-0 à la fin. Mais tu vois, même si c’était de la D1, même si c’était contre Guingamp, même dans ces situations, moi franchement, mes deux plus belles images, c’est vraiment ce match de La Roche et ce match de Toulouse. Parce-que tu vois, cette année, et tu l’as bien dit, le recrutement a été très compliqué pour diverses raisons que l’on a identifiées au sein du club et auquel on a donné les éléments. Ensuite, le niveau des filles, puisqu’on a travaillé avec des filles qui ne connaissaient pas du tout la D2 donc, on avait quand même un mélange de filles expérimentées, de filles qui ne connaissaient pas mais aussi de filles qui venaient d’équipes qui descendaient. Donc, on pouvait penser que le challenge serait quand même lourd mais surtout, ce qui s’est rajouté à cela, c’était que derrière, on a eu des suspensions, on a eu des blessures plus ou moins courtes ou longues. 

 

En clair, si je veux un peu résumer ton propos, tu me dis un peu que c’est dans l’adversité que l’on voit la valeur des gens ? Et pour cela qu’on a vu dans ces deux matches, qui étaient vraiment dans l’adversité, les ressources qu’avait le groupe ? 

 

CG : Oui, c’est ça, on a vu l’adversité mais il n’y a pas que ça. C’est à dire que, sur ces deux matches-là, j’insiste vraiment, moi, Pat et le reste du staff, parce qu’il ne faut pas non plus oublier Samuel et Hervé, il y a eu un gros travail qui s’est fait avec les filles. 

 

PG : Et je pense qu’on peut ajouter Romain au niveau de la prépa mentale. Certes, il était à distance mais je pense qu’il a fait un travail de l’ombre, qu’au quotidien peut-être on ne voyait pas parce qu’il n’y avait pas de présence réelle, mais on sait qu’il travaillait de Dijon. 

 

CG : Et oui, et ça, il ne faut pas l’oublier, je parle parfois un peu trop vite, mais il ne faut surtout pas l’oublier Romain. Tout cet ensemble a fait que derrière, on a travaillé avec ce groupe, on a fait face à ces adversités comme on a pu le citer tout à l’heure. Mais en plus, ce qu’il faut rajouter dans cette adversité-là, c’est que le groupe psychologiquement avait aussi pris une charge négative. Donc, c’était vraiment un travail ultra besogneux cette année et cette saison-là. Et moi, ces deux matches-là résument vraiment le travail que nous, on a pu accomplir au fond des tripes des filles. Ça montre aussi cette rage de vaincre des filles qui ont voulu s’en sortir et qui ne sont pas restées dans le fond du classement comme à la fin des matches aller. C’est pour ça qu’avec ces deux matches, pour moi, on finit sur la bonne note, tout simplement. 

 

PG : Je pense que c’est un club qui a toujours eu des ressources mentales et psychologiques. Elles l’ont montré sur ce début d’année 2020 donc ça, c’est une grosse qualité des filles qui composaient le groupe. 

 

Comme on dit, vous partez la conscience tranquille. Vous avez maintenu le club, c’était la mission fixée par le président Espié. Maintenant, on va en arriver au fait que vous ne soyez plus aux manettes l’année prochaine. Qu’est-ce qui a motivé le président Espié ? On l’a eu au téléphone, il nous a dit que ça avait compliqué humainement pour lui de vous annoncer cette nouvelle. Quelles ont été les motivations du président Espié pour mettre fin à vos missions ? 

 

PG : Il m’a d’abord mis en avant une logique économique, ça peut se comprendre par rapport à la situation actuelle. Après, on était deux à avoir une masse salariale élevée ou très élevée, je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, la personne qu’il va recruter, il va quand même, à mon avis, lui donner un salaire, il ne va pas travailler pour rien. Donc, je ne pense pas que ce soit la principale raison et celle-ci n’est pas valable sinon il aurait pu en garder un des deux à une masse salariale identique voire diminuée. Il y a donc ce premier argument qui m’a été annoncé. Ensuite, il y a eu un autre argument qui a été la complexité de gérer le fait que nous soyons nous sur Rodez et qu’on ait un autre travail chose que j’entends tout à fait. C’est vrai que c’était vraiment exceptionnel de coacher comme on l’a fait en étant à distance. Par contre, je sais que là aussi Clément lui a avancé quelques arguments le concernant. Il y avait peut-être la possibilité d’être un peu plus présent sur Albi l’année prochaine, si discussion il y avait eu. Moi, j’ai un temps de travail qui me permettait éventuellement d’être plus sur Albi. Il n’y a jamais eu discussion par rapport à ça donc, cet argument-là, ne peut pas non plus tenir à un moment donné. Par contre, l’argument que je retiens, c’est qu’il m’a dit que c’était la fin d’un cycle, ça, je l’entends aussi. C’est à dire qu’au bout de trois ans, peut-être que le discours est émoussé, qu’il est bien pour le club de voir autre chose, de se donner un nouvel élan. Et là, c’était l’occasion de changer de personnes, de trouver ce nouvel élan, une nouvelle approche du football ou de la gestion d’une équipe et des joueuses par un changement de personnes donc ça, je l’entends. Je ne suis pas d’avis et d’accord avec tous les arguments, même si je les respecte et qu’en aucun cas, je n’ai essayé de négocier quoi que ce soit. Je pense que c’était très clair dans la tête du président, dans la tête du club et dans la tête de certaines personnes de faire ce choix. Il n’y a même pas eu de négociation possible ou une quelconque ouverture par rapport à ça. Voilà moi les arguments qui m’ont été présentés, je ne pense pas en avoir oublié. 

 

Clément, les motivations du président Espié et la façon dont tu analyses la situation ? 

 

CG : Je l’analyse de la même manière que Pat, c’est aussi pour cela qu’on travaille en binôme, on a à peu près les mêmes idées et la même manière de fonctionner. Oui, il y a le côté économique, financier et aussi le côté distance que l’on peut comprendre. Mais je pense aussi que, si on veut vraiment travailler avec des gens, on ouvre la discussion, on ouvre le sujet et il peut y avoir des solutions. Après, moi je crois plutôt que c’est la fin d’un cycle, qu’on a passé trois ans et qu’il voulait passer la main à quelqu’un d’autre. Tout peut se trouver en termes de solution. Moi, j’ai un poste de kiné, oui, j’ai mon cabinet mais j’ai aussi la possibilité d’avoir un deuxième cabinet. Rien ne m’empêchait par exemple de descendre et de travailler sur Albi pendant un temps, on trouve des solutions. Du coup, je pense que ça n’a pas été le désir du club, pour eux, ils veulent tourner la page et passer le flambeau à quelqu’un d’autre, comme tous nos prédécesseurs. Si on regarde bien, tous nos prédécesseurs ont une moyenne de deux ans, nous, on est resté trois ans, c’est plutôt pas mal. Après, c’est le fonctionnement du club et c’est comme ça dans leurs prises de décisions. 

 

Tu me donnes des éléments pour ma nouvelle question. Il y a plusieurs façons de tourner la page : ou c’est radical, on la déchire et on passe à autre chose ou on tourne la page en douceur en faisant une transition. On sait que Pat et toi aviez un fidèle lieutenant qui s’appelle Samuel Fau. On des échos selon lesquels il ferait partie d’une short-list de potentiels  » repreneurs  » sportivement à l’ASPTT. Pour vous, une nomination de Samuel Fau, ça serait aussi un gage de transition en douceur et puis, c’est un garçon qui a beaucoup de compétences ainsi qu’une certaine maturité ? 

 

PG : De toute façon, je n’ai jamais caché, d’une part la sympathie et même l’amitié que j’avais pour Sam, ça, c’est le premier point. Et je n’ai jamais caché non plus les compétences que je lui trouve. Donc, j’ai toujours dit que si je continuais dans l’aventure football, je serai le premier à le solliciter pour qu’il continue à travailler avec moi. Ce n’est pas maintenant que je vais dire le contraire donc oui, je pense vraiment qu’il peut être l’homme de la situation et que ça doit être l’homme de la situation. Ça fait trois ans qu’il est là, parfois même dans l’ombre parce-que le travail d’adjoint et d’analyste vidéo qu’il fait n’est pas évident. On sait très bien la qualité de ses analyses quand on lui demandait de faire ce travail-là. C’est quelqu’un qui connaît très bien le football, c’est quelqu’un aussi qui a des compétences en prépa physique, qui, j’ose espérer, a appris à nos côtés. Il a évolué, il a progressé et ça s’est vu au fil des années. Parce-que, quand je me rappelle de Sam la première année en D1, il était tout timide, tout discret. Et maintenant, il est capable d’animer des séances, de les prendre à sa charge et il est capable d’être à la tête d’une équipe de D2 sans aucun souci. Ça serait même, pour ma part, une suite logique et puis, c’est quand même un travailleur, un bosseur. Si moi le premier, je ne passais pas souvent au club, lui y était pour moi et y était pour nous. Il faisait le lien entre le terrain, entre le bureau donc, ça me paraîtrait normal que le club lui fasse une offre et une proposition. 

 

Et on peut quasiment le considérer comme quelqu’un du cru même s’il a le malheur d’être originaire de Montauban, tant pis pour lui, c’est la petite boutade à son intention. 

 

PG : Il le vit bien 

 

Oui, il a l’air de bien le vivre. Mais, il s’est quand même bien intégré à Albi, dans le club. On voit que c’est quelqu’un qui a le relationnel facile dans le club ? 

 

PG : Oui donc, pour moi, il mérite d’avoir un appel du pied du bureau et une proposition. Après, il se positionnera comme il veut, il ne faut pas non plus qu’on le prenne pour un imbécile. Mais si la proposition est correcte, d’autant plus qu’on sait pertinemment qu’il a envie de passer les diplômes et d’avancer au niveau de sa formation, ça pourrait être pour lui une excellente occasion de passer son diplôme dans une continuité. Donc, pour moi, ça me semble une évidence. Après, je ne suis plus au club et je n’ai pas de conseil à donner au club. Là, je parle, encore une fois, en tant qu’ami et qu’en tant de Patrice Garrigues. 

 

Clément, sur le même sujet et en allant un peu plus loin, en pensant à une solution externe. Quels seraient pour toi les avantages et les inconvénients des deux solutions, la solution totalement externe où l’on déchire la page totalement ou la solution où l’on continue à écrire une partie de la page avec une transition en douceur, entre autres avec Samuel Fau ou d’autres éléments ? Maintenant que tu es  » libéré, délivré  » comme la reine des Neiges, tu as parole libre. 

 

CG : Oui, j’ai la parole libre. 

 

PG : Il l’a toujours eu de toute façon (rires)

 

CG : Oui, j’ai toujours eu la parole libre. Je pense que là-dessus, je ne me suis jamais trop caché de ce que je pensais. Le président Espié a quand même toujours ma gratitude sur l’ensemble des choses, le fait qu’il ait accepté ma venue, le fait qu’il m’ait maintenu pendant trois ans. Après, bien sûr, on ne peut pas être d’accord sur tout. Moi, je pense que la piste Samuel Fau serait la plus probable si on s’appuie sur les arguments du président quant à, non pas notre éviction mais à notre remerciement par rapport à cela. 

 

Oui, c’est sûr que s’il va chercher quelqu’un au fin fond de l’Ariège alors qu’il vous dit à vous que Rodez est trop loin, ça ne sera pas crédible. 

 

CG : C’est ça, et pour moi, il faut mettre les choses claires. Sam est sur Albi, pour moi, c’est un travailleur, c’est un gars issu de tout ce qui est agriculture. Donc, le travail, il sait ce que c’est. 

 

PG : Oui, il ramasse des cerises

 

Des prunes pour l’instant

 

PG : Il a les mains en plein dans le cambouis

 

Il y a un côté labeur, un côté tellurique

 

CG : Oui, c’est ça donc, pour moi, il a tous les éléments. Il est multi-cartes, il rentre dans les choix économiques et géographiques, il est toujours au club, il travaille tout le temps, il ne s’arrête pas, ça bosse. Et puis, ce serait aussi une juste récompense pour lui par rapport à tout l’investissement qu’il a eu au sein du club parce qu’il a quand même fait beaucoup de choses. 

 

PG : Moi, je pense que si on a pu bien fonctionner en étant loin, c’est parce qu’il y avait Sam qui était sur place, même si cette année, il travaillait un peu sur Rodez en début de semaine. Mais on peut vraiment le remercier du travail qu’il a effectué parce qu’il a souvent fait le lien et palier à notre distance. Quand on arrivait, souvent les choses étaient prêtes, quand on avait besoin de quelque chose, on appelait Sam qui faisait le taf sur Albi. Donc, je pense que sans cette cheville ouvrière, que sans Sam, notre binôme n’aurait pas pu fonctionner. On était presque sur un trinôme, sur une triplette. Alors, il y avait nous deux qui étions en tête de gondole mais lui, il bossait derrière, c’était la fourmi qui taffait. D’ailleurs moi, je ne peux que le remercier parce-que je pense que, je ne sais pas si réussite il y a eu, mais en tous cas, si on a pu tenir trois ans, c’est en partie grâce à lui. 

 

Comment s’inscrit votre avenir ? Hors du foot pour faire un peu une coupure et se régénérer les chakras ou vous allez de suite replonger dans un projet si quelque chose vous est présenté ? 

 

PG : En ce qui me concerne, Carpe Diem d’une part et je ne coupe pas tout à fait avec le football parce-que de par ma profession, de par mon rôle au sein de la Section Sportive à Rodez, j’ai toujours ce pied dans le football. Ensuite, j’avoue que j’ai besoin de compétition, j’aime la compétition, j’aime le haut-niveau, j’aime avoir ces montées d’adrénaline donc, si elles ne sont pas dans un présent très, très proche, elles seront dans un futur proche, pour jouer avec les mots. Je ne vais pas courir après les projets, par contre, j’étudierai tous projets qui me semblent intéressants. J’ai vraiment envie de continuer à coacher, à m’investir, sous quelle forme, je ne sais pas. Ça peut être avec d’autres missions ou d’autres rôles mais de garder ce pied dans le football parce-que j’aime ça et que ça fait partie de moi et je ne peux pas m’en passer. C’est ce qu’on appelle la passion, tout simplement. Après, si c’est une année tranquille, une année sabbatique, je la prendrai aussi avec plaisir parce qu’après trois ans à ce niveau-là, on sort émoussé, on sort fatigué, mentalement, psychologiquement et physiquement. Donc, je pense que si il y a une année sabbatique, je la prendrai avec grand plaisir. Et puis, s’il y a autre chose, je l’étudierai. Voilà mon état d’esprit à aujourd’hui. 

 

Clément, comment s’inscrit ton avenir ? Peut-être dans le futsal ? 

 

CG : Moi déjà, quoi qu’il en soit, je suis un passionné, un passionné de la performance. 

 

Parce qu’il faut le rappeler pour nos lecteurs, tu es quand même un ancien international de futsal, gardien de but émérite. 

 

CG : Oui, j’arrêtais les buts malgré que ce fût quand même une période délicate sur le début du futsal. Moi, j’ai plusieurs cordes à mon arc : je suis dans le football, dans le futsal, je suis kiné, préparateur physique donc, j’ai plusieurs possibilités. Et vu que moi, la passion c’est la performance, je ne pense pas que je m’arrêterai à l’aventure d’Albi. Les seuls moments où je me suis arrêté dans le football, c’est lorsque que j’ai repris mes études de kiné donc, j’ai toujours été dedans. Je suis aussi un boulimique de boulot donc, si je reste sur une courte période, même si c’est un an, sans challenge sportif, ça va être dur à vivre voire peut-être même lancinant. Même si je reste toujours à la Section Monteil de futsal, et bien, je m’occuperai du futsal. 

 

Et dans d’autres sports, cela pourrait t’intéresser sur le côté kiné/prépa physique ? 

 

CG : Tout peut m’intéresser à partir du moment où c’est la performance. C’est pour cela, j’ai cette possibilité d’être multicartes. C’est vrai qu’à l’heure d’aujourd’hui, j’ai eu deux, trois propositions footballistiques et futsalistiques. Ca ne veut pas forcément dire que je donnerai suite mais ça montre quand même qu’il y a un intérêt et que je ne resterai pas sans rien, quoi qu’il en soit. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/mag-sport-24-avril-2020/

Retrouvez l’intégralité de l’itw de Patrice Garrigues et Clément Galien lors de notre émission du 24 avril 2020

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