#Rugby – Fed1 / B.Nogier (Villefranche) : «Il y aurait eu d’autres surprises si le corona n’avait pas été là»

Nous sommes allés à la rencontre téléphonique de  Bertrand Nogier le désormais, ex manager de Villefranche-sur-Saône. Quasiment sauvé sportivement à l’arrêt des compétitions, les rhodaniens, ne poursuivront pas la saison prochaine en fédérale 1. Pour Bertrand Nogier qui a pris l’équipe en fédérale 2 pour la faire accéder à l’échelon supérieur, la crise Coronavirus permettra de mettre une cause sur des problématiques financières , qui selon lui seraient de toute façon ressorties, même si la saison s’était déroulée correctement. Focus sur un coach, qui malgré 3 années auréolées de réussite sur le terrain, laisse transparaître à demi mots, une certaine frustration sur la trajectoire descendante du CSV.

 

 

On aurait aimé vous avoir pour d’autres raisons parce-que sportivement, sur le terrain, vous aviez quasiment assuré votre maintien. Mais, on vient d’apprendre que Villefranche avait fait le choix, j’imagine de raison, de redescendre en Fédérale 2. Un choix qui va être prononcé par la Fédération Française de Rugby puisque vous leur avez envoyé la demande officielle il y a quelques heures. Qu’est-ce qui a amené Villefranche à redescendre à l’échelon inférieur ? 

 

Oui, effectivement. Tout d’abord, comme vous l’avez dit, sportivement, sur le terrain, malheureusement à la date où le championnat a été arrêté, le groupe de joueurs a réussi à se maintenir puisqu’on avait 10 points d’avance sportifs moins 2 points administratifs qu’on n’avait pas? En tous cas, sportivement, on avait 10 points d’avance sur le premier relégable. Pour une première saison, je pense que ça, c’est à souligner avec un groupe qui a toujours répondu présent, qui a toujours fait les efforts, avec des matches-clé qui ont été gagnés. A la maison, un petit passage à vide à un moment face aux deux concurrents directs qui nous ont faut un peu mal dans la saison. Ça, c’est pour le côté sportif, après vous parlez de choix de raison. Effectivement, c’est un choix de raison qui a été prononcé par le Comité Directeur d’aller voir à l’échelon inférieur. Malheureusement, peut-être que financièrement, nous n’étions pas prêts, que nous n’avions pas les épaules pour monter aussi vite plus ce corona qui est venu un peu clore les choses et a peut-être aussi mis quelques bâtons dans les roues au niveau de l’administratif. Donc, des choix ont été faits, une nouvelle aventure va commencer, retour en Fédérale 2. Effectivement, avec le budget qui a été proposé et les efforts financiers que le club devait faire, ça semble plus raisonnable de partir en Fédérale 2. Ça, c’est si on se place du côté administratif, si on se place du côté du groupe des joueurs, je pense que c’est une grosse déception parce-que certains joueurs qu’on avait fait venir venaient pour jouer en Fédérale 1 et pas en Fédérale 2, d’autres étaient montés et souhaitaient bien y rester. Le club a fait des choix de raison, comme vous le dîtes, peut-être que la raison a été faite sur la fin. Peut-être que sur toute la saison et au début de saison, il n’y avait pas trop de raison mais plus de l’euphorie. 

 

Comme élément d’explications dans votre choix, il y a la part du coronavirus dont on sait qu’elle va impacter toute l’économie du sport. De combien est-elle ? Parce-que, si j’ai bien compris, la réflexion de redescendre en Fédérale 2 était en amont de la crise du coronavirus ? 

 

Oui, il y avait déjà des petites choses, des petits détails qui nous faisaient dire que … Après, de combien est la partie du Coronavirus  ? Moi, je ne me prononcerai pas là-dessus, il faudrait que vous ayez le président, moi, je gérais la partie sportive. Le président sera plus à même de vous dire les choses plus précisément et l’impact du corona là-dedans, je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est qu’économiquement, malheureusement, il vaut mieux redescendre en Fédérale 2 que de rester en Fédérale 1, voilà le constat. 

 

En clair, l’année dernière, quand vous êtes allé sportivement gagner cette montée en Fédérale 1, vous êtes peut-être allé un peu plus vite que la machine administrative ? 

 

Oui, le projet était sur trois ans. Vous savez, quand le sportif se met en marche positivement, il y a des choses qui se passent, qui ne sont peut-être pas prévisibles, qui ne sont pas le raisonnable. Et puis, les choses avancent, le groupe a répondu présent donc, la montée s’est présentée. On ne pouvait pas la refuser, elle avait été gagnée par les joueurs et par le collectif donc il fallait que tout le monde l’assume. Est-ce que ça n’était pas trop tôt ? Peut-être. Il faut bien savoir que le CSV est apparu deux fois en Fédérale 1, une fois cette année et une autre il y a, je pense, une dizaine d’années. Ça fait peu donc, ça fait peu d’expérience à ce niveau-là pour tout le monde. Il y a des choses qui se gèrent, il y a des choses pour lesquelles il faut avoir un peu de vécu, un peu d’expérience. Donc, peut-être qu’il y a des erreurs qui ont été faîtes. 

 

Au niveau sportif, qu’est-ce que cette redescente en Fédérale 2 va impacter ? Il va y avoir une diaspora de joueurs ? 

 

Ça impacte déjà que moi, ma mission est terminée. Ça fait trois ans donc, il y a un changement de staff qui repart, un ancien joueur qui reprend. Après, là-aussi, je suis un peu en-dehors de ça. Je suis déçu que le club reparte en Fédérale 2 parce-que tout ce qui a été fait en trois ans est tombé comme un château de cartes au niveau sportif. Il y a aura peut-être effectivement un impact sur les joueurs, ça, je ne le sais pas et je ne m’aventurerai pas là-dedans. C’est mon successeur Sébastien Bouillot qu’il faudra contacter et lui pourra vous en dire un peu plus. Mais c’est en tous cas une nouvelle aventure qui s’annonce. 

 

Pour vous personnellement, si on doit tirer un bilan de ces trois saisons à Villefranche, quel serait-il ? J’imagine qu’il y a déjà le pic émotionnel de la montée en Fédérale 1 mais il doit y avoir bien d’autres choses qui se sont passées en trois ans ? 

 

En trois ans, oui. C’est un peu bizarre et paradoxal de dire ça mais il n’y a que du positif. Quand on est arrivé, il y avait un groupe de joueurs qui vivotait en Fédérale 2 et qui aurait dû descendre deux années de suite en Fédérale 3. Par des repêchages administratifs et des jeux de clubs qui ne répondaient pas aux conditions financières, on restait en Fédérale 2. Ça veut dire une première année où on termine 7e avec un objectif de maintien largement assuré, une deuxième année où il y a tout de suite une montée en Fédérale 1 et une troisième où on reste en Fédérale 1 sportivement mais malheureusement, vous connaissez la suite. Donc, que du positif, une découverte des hommes vraiment formidable à ce niveau-là, avec un groupe de joueurs qui a toujours, toujours répondu présent, des leaders comme Fabio Da Silva ou même Seb Bouillot avec une expérience du niveau au-dessus, qui avaient joué en Pro D2 et même un tout petit peu en Top 14 et qui sont venus nous apporter toute leur expérience. Ils se sont investis, ils n’ont surtout pas été des mercenaires mais au contraire, des joueurs investis dans le projet avec la volonté de faire monter et pérenniser ce club en Fédérale 1. Malheureusement, ça n’a pas été possible mais ça a vraiment été une belle aventure. 

 

J’imagine qu’un des rares pincements au cœur que vous aurez, c’est de ne pas avoir acquis ce maintien totalement sur le terrain. Pourquoi je dis totalement, parce-que mathématiquement, vous étiez quasiment maintenus, il aurait fallu un exploit des autres équipes pour revenir dans les clous et vous déloger du maintien. Alors oui, vous avez acquis ce maintien sportivement mais il manque la saveur d’un dernier match couperet que vous gagnez avec la fête qui va avec, la joie, l’émotion, et toute cette farandole de choses qui arrivent quand on a un maintien ? 

 

Oui, effectivement. En tous cas nous, + 10, on était logiquement maintenu. Après, ce que vous me dîtes sur la fin de saison, on se serait arrêté au mois d’Avril et vu le beau temps, les spectateurs dans les tribunes, oui, effectivement. 

 

La grande fête du club en clair ? 

 

Oui, il nous manque ça. Après, peut-être que ça aurait été différent. Je ne vais pas m’épancher avec vous sur ce sujet-là mais peut-être qu’il y aurait eu d’autres surprises si le corona n’avait pas été là, peut-être plus désagréables à la fin. Donc, on est bien, sportivement, la mission a été remplie. Le club va repartir en Fédérale 2, ne sera pas sanctionné et pourra participer à des phases finales si jamais en Fédérale 2 l’année prochaine ce qui n’aurait pas été le cas dans un autre contexte. Donc, estimons-nous quand même plus ou moins heureux. 

 

Et puis pour conclure, quoi qu’il arrive, la période Nogiercorrespondra à une belle page du livre d’or du CSV ? 

 

Oui, la période Nogier/Montméat, la période Nogier/Pakihivatau, la période Nogier et le groupe de joueurs, il faut associer tout le monde là-dessus, vous savez, nous les entraîneurs, on est avec un collectif. Alors, est-ce que ce sont les entraîneurs qui font les joueurs ou les joueurs qui font les entraîneurs ? Je pense qu’il y a un peu des deux. 

 

Grand débat philosophique ! On n’est pas encore en période de bac mais on aurait pu la mettre comme sujet de bac, celle-là

 

Oui (rires)

 

On va vous souhaiter le meilleur pour l’avenir. On imagine que vous devez foisonner de projets dans le rugby et hors du rugby et on espère que vous pourrez rebondir le plus vite possible. 

 

Merci à vous

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/mag-sport-24-avril-2020/

Retrouvez en intégralité l’itw de Bertrand Nogier lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 24 avril 2020.

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