#Football – Souvenirs / Revivre l’épopée des pitchouns avec Anthony Bancarel

Au printemps 2001 s’écrivait l’une des pages les plus sombres du football Toulousain. Une descente sportive et un déficit de 70 millions de francs plongent les Violets en National. Le TFC fait alors peau neuve, avec l’air des pitchouns encadrés notamment par des joueurs qui ont de la bouteille comme Anthony Bancarel, aujourd’hui coach des U17 Nationaux.

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Après son retour, l’ancien attaquant n’a plus quitté le club Violet – Crédit TFC

A l’été 2001, vous aviez quasiment défait les valises pour vous installer à Ajaccio au mercato précédent. Qu’est-ce qui vous a motivé pour repartir six mois plus tard et revenir à Toulouse ?

Il y avait tout d’abord l’appel du cœur sans oublier l’attrait d’un nouveau challenge. Après c’était principalement mon affection pour mon club formateur qui fut primordiale.

Comment cela s’est-il fait ?

J’ai eu un premier contact avec William (Prunier). Il m’a appelé pour me dire qu’il y avait un nouveau repreneur et que malgré la situation, c’était plutôt du solide et m’informer de leur recherche d’un attaquant d’expérience. Comme je connaissais bien le club pour y avoir déjà joué, avec William on s’est croisé à Bordeaux (lors de la saison 1994-95, donc il m’a contacté. L’ancien président monsieur Delsol m’a également contacté pour me « forcer » à m’engager. Nous avions des relations très affectives. Le fait de me voir revenir au club était pour lui quelque chose de plaisant. J’ai contacté directement le président et nous nous sommes mis d’accord pour convenir d’un rendez-vous. J’habitais donc à Ajaccio et suis donc venu à Toulouse. Nous avons convenu un premier accord par téléphone : si je signais à Toulouse, je payais mon billet d’avion mais si je rentrais à Ajaccio, il me payait l’aller-retour (rires). Je ne suis pas reparti.

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Anthony Bancarel fut l’un des acteurs importants des deux remontées successives du club pour renouer avec la Ligue 1 – Crédit TFC

Vous voilà donc de retour sous le maillot violet avec quasiment que des jeunes autour de vous. Vous étiez avec Christophe Revault, Stéphane Lièvre et William Prunier parmi les cadres avec de la bouteille. Comment avez-vous ressenti la mise en situation dans un climat si différent de vos habitudes de professionnel ?

Quand on est en situation de compétition, c’est là que l’on se pose les premières questions. Lors du premier déplacement à Boulogne dans un hôtel qui ne ressemblait plus à ce que l’on fréquentait d’habitude, nous nous sommes regardés tous les quatre et nous nous sommes dit « ça y est on est parti, maintenant il faut y aller ». Nous étions vraiment au pied du mur, et nous avons pensé avoir relevé d’autres challenges certainement plus durs sportivement. L’aventure était très belle à vivre et il fallait la vivre à 200%.

Lors de cette saison de National, vous êtes monté un peu sur le fil en étant troisième ex-æquo avec le quatrième, Valence également promu. Ce fut l’occasion de quelques frayeurs pour vous non ?

Oui, nous avons été premiers une bonne partie du championnat. Quelques situations mal négociées sur des matchs à domicile, Clermont et Brest, ne nous ont pas permis de rester sur une dynamique et un parcours irréprochables pour nous assurer une accession glorifiante. Nous sommes passés par un petit trou de souris finalement mais l’essentiel c’était de passer.

En tant que joueur du cru Toulousain, ce souvenir n’entre-t-il pas parmi les meilleurs de votre vie de footballeur ?

Oui. Personnellement, par rapport à mes trois collègues du groupe, je suis issu de cette région. J’y ai été formé et c’est quelque chose que j’avais envie de redonner. J’étais parti pour Bordeaux en 1994 lorsque le club était redescendu en D2. Je voulais rendre ses lettres de noblesse à ce club et l’aider à s’installer de façon continue en Ligue 1. A Toulouse, il y a des capacités très intéressantes.

L’installation a été faite, l’équipe ayant écrit depuis 17 ans plusieurs belles pages de son Histoire avec notamment la remontée sous l’ère Dupraz ou la double rencontre contre Liverpool. Quels ont été les facteurs de tels résultats ?

Après de belles saisons et intenses et de très beaux résultats que l’on n’avait pas vu depuis l’épopée de 1986 contre Naples notamment. A l’époque Toulouse avait terminé deux fois troisième pour jouer la Coupe UEFA (maintenant Europa League). Le club a connu une évolution fulgurante sur des valeurs familiales, sportives et avec un soutien important du public. Tout allait pour le mieux à ce moment-là : des jeunes qui arrivaient, de bonnes valeurs, de bonnes recrues. Tout ce qui permet à un club de bien fonctionner. Des personnes ont pris à certains moment les bonnes décisions.

Aujourd’hui, le club est en attente d’une probable descente en L2 dont la décision devrait arriver dans les prochains jours. Des supporters pointent notamment du doigt le président Sarran. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

C’est triste évidemment. Après lorsque l’on joue une compétition, on connaît les risques. Il peut y avoir des échecs sportifs, ça en est un, ça arrive. Ce qui est sûr c’est que l’on peut faire largement mieux.

Selon vous ce risque de descente n’est absolument pas alarmant ?

Non du tout. Sur les dernières années, au-delà des résultats de l’équipe fanion, nous avons bien montré que les résultats des équipes jeunes sont probants. La proposition de plusieurs jeunes joueurs pour faire parti de l’équipe première va dans ce sens-là également. Il y a un réel potentiel qui peut certainement être mis en valeur davantage. Nous le verrons dans les mois à venir. Si nous évoluons en Ligue 2, il y a des chances que l’on fasse appel au jeunes, et là nous verrons qu’il y a clairement du potentiel et du bon boulot qui a été fait au centre de formation. C’est d’ailleurs dommage de ne le voir que dans ce genre de situation.

 

Propos recueillis par Nicolas Portillo

 

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