#Football – Tribune / « Seulement » du foot féminin ?

Amateur de football depuis toujours et notamment de foot féminin, je ne pouvais pas rester de marbre contre les attaques incessantes de professionnels du canapés contre le ballon rond de nos dames.

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L’accession des Portésiennes en D2 restera un souvenir gravé pour moi – crédit ASPCR

Malgré un essor du football féminin ces dernières années, les mentalités ont les plus grandes difficultés à suivre. Hier encore, la preuve m’en a été donnée au fil de l’actualité Facebook. Confinement oblige, je traînais sur le réseau social pour finalement tomber sur une publication du compte L’Equipe. Ces derniers nous apprenaient le report de l’Euro 2021 féminin. Les réactions des pros du canapé ne se sont alors pas faites priées. « Pas grave, pour voir un tournoi niveau CFA, on peut bien attendre 2 ans de plus », « La question d’annuler le football féminin tout court n’avait pas été posée ? », et sûrement la palme d’or « Votre info n’intéresse pas les hommes, parce que Le foot c’est masculin point barre ! » Inutile de préciser que ces commentaires misogynes et désobligeants sont issus de la gente masculine. Je vois d’ici le portrait, le supporter campé sur son canapé depuis trop longtemps pour se rappeler le réel plaisir du football, à crier « Arbitre En**** » une bière ou deux à la main. De là à les entendre dire que la place des femmes est aux fourneaux, il n’y aurait limite qu’un pas à sauter. Se pose alors la question : Qu’est-ce qui les dérange réellement dans le football féminin ?

Evidemment, ces footix new age vont avancer le critère de la rapidité du jeu. Malgré la qualité du jeu d’une Megan Rapinoe, ou d’un de nos bijoux, Eugénie Le Sommer, certes en vitesse pure elles seront loin derrière un Cristiano Ronaldo ou un Neymar. Ce défaut physique serait dans ce cas sorti dans toute discipline sportive. Pourtant, dans bien d’autres sports, des féminines ont su jouer avec notre palpitant et nos sensations. Je pense là à Laure Manaudou, à Marie-José Perec, ou encore aux « Battantes » championnes du Monde de hand en 2017 ! Non non non, cette misogynite aiguë ne peut s’appuyer seulement sur de si faibles arguments. Cela peut-il provenir d’une certaine frayeur cachée ? L’essor du foot féminin, avec aujourd’hui le cap des 200 000 licenciées en France, sous-entend la possibilité pour chaque fille, chaque ado, chaque femme, chaque mère de vouloir faire comme ces messieurs et délaisser le foyer pendant un ou deux soirs par semaine pour aller taper dans le cuir avec les coéquipières. On ne peut qu’imaginer que pour certains, une telle vision d’horreur serait difficilement supportable. Pire encore, ils devront même s’il le faut s’occuper seuls de nourrir et coucher les gamins. « Et mon Paris-OM alors ? »

Vivement que ces fans déchus aient l’idée de s’ouvrir plus en détail aux plaisirs et aux valeurs du football dans son ensemble. Ne parle-t-on pas de solidarité et d’ouverture d’esprit pour qualifier ce sport. Depuis gamin, ce qui fait mon attachement au football c’est notamment le descriptif que m’en faisait mon père : à l’inverse du rugby ou du basket, tout le monde peut le pratiquer sans aucun prérequis qu’il soit maigre, gros, petit, grand, technique ou pas. Personnellement, j’ai pu sonder dans toute son ampleur la beauté du football féminin au printemps 2018. Depuis quelques mois j’avais pu m’ouvrir au football amateur via mes premiers écrits sur le sujet. Mon premier match couvert dans son intégralité (photo, vidéo et après-match) restera gravé longtemps dans ma mémoire. Invité par le club, j’ai pu suivre le barrage d’accession en D2 des féminines de Portet contre Monteux. Les prouesses des troupes d’Emma Davezac, aujourd’hui coach à Toulouse Métropole, leur ont permis de surclasser leurs adversaires 3-0 et d’embraser la tribune remplie. Oui ce jour-là au bord du terrain j’ai ressenti la ferveur des supporters, la passion de tout un club, et le dépassement de soi de chaque féminine sur le terrain. Oui j’ai vibré pendant cette rencontre admirant les prouesses de Bleues qui allaient alors écrire une page Historique de leur club en accédant quelques semaines plus tard en D2. Alors oui, excusez moi les professionnels du canapé mais je serais fier si dans quelques années ma fille me demandait de l’amener au foot et je n’aurais qu’une hâte : vibrer devant les exploits de ces féminines naissantes.

 

Nicolas Portillo

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