#Rugby – Fed1 / M.André (Albi) : «Joueurs,dirigeants et présidents, on a un but commun, accéder à la Pro D2!»

Matthieu André, le capitaine du Sporting Club Albigeois nous a accordé un entretien pour revenir sur la période particulière qu’il vit actuellement. Cet hyperactif, à la fois joueur de rugby et entrepreneur se voit confiné, tout en attendant avec impatience et parfois inquiétude le sort du Sporting Club Albigeois. Le « vieux sage » du vestiaire Tarnais , nous a livré son sentiment sur sa longue carrière en jaune et noir qui l’a vu officier au gré des saisons sous les ordres successifs d’Henry Broncan, Hugo Mola, Mauricio Reggiardo, Vincent Clément et actuellement Arnaud Méla. Pour Matthieu André et ses plus de 200 matchs sous la tunique du SCA, la montée en Pro D2 serait l’accomplissement rêvé pour ses dernières années sur le pré. Focus sur un joueur qui à l’instar de son compère Bastien Dedieu, n’aura le sentiment du devoir accompli qu’une fois le SCA en Pro D2.

 

 

J’imagine que tu es confiné en famille et que tu prends ton mal en patience avec bien sûr une petite ritournelle qui doit tourner dans ta tête : Pro D2 ou pas Pro D2 pour le Sporting Club Albigeois ? 

 

Exactement, ça va bien, reposé par la force des choses, on attend comme tout le monde la décision des hautes instances. C’est vrai que cette attente est quand même difficile et compliquée. C’est dur tous les jours d’attendre cette décision. 

 

On le sait, tu es maintenant un des vieux sages, un des vieux briscards du Sporting Club Albigeois avec plus de 200 matches à ton actif. Les saisons que tu as vécues avec le Sporting Club Albigeois n’ont pas été un long fleuve tranquille. Pourtant, souvent, quand les gens arrivent dans une petite ville comme Albi, ils parlent de la quiétude d’une petite ville de Province, que ça va être pépère et tranquille. Mais toi, à Albi, tu as eu de quoi te faire quelques cheveux blancs, même si tu n’en as pas ? 

 

C’est vrai qu’on a vécu quelques années compliquées mais on a aussi vécu de très belles années. On a vécu de très belles années mais les dernières étaient plus compliquées. Les premières aussi parce-que moi, quand je suis arrivé avec Henry Broncan, c’est l’année où il y a eu 23 départs et un gros changement d’effectif. On a du tout mettre en œuvre pour maintenir le club donc, ça a été des années compliquées. Mais il est vrai que les dernières ont quand même leur lot de difficultés. 

 

Ce côté un peu pimenté du Sporting Club Albigeois, c’est aussi cela qui fait son charme ? C’est qui fait aussi que c’est un club un peu à part, un club qui a une âme et qui est toujours dans l’adversité. Depuis l’ère Béchu, on a un peu l’impression que le Sporting se nourrit de cette adversité ? 

 

Oui, c’est ça. Je ne sais pas si on se nourrit de cette adversité mais c’est vrai que depuis Éric Béchu il y a eu, comme je le disais, quelques moments difficiles. Et c’est aussi vrai qu’on s’est nourri de ces moments compliqués où le club s’est soudé dans la difficulté. S’il y avait des bons moments, on les prendrait aussi (rires) ! On ne prend pas du plaisir à vivre ces moments-là, on aimerait bien avoir un peu plus de sérénité et un peu plus de plaisir, comme ça a été le cas lors de la demi-finale contre Mont-de-Marsan, par exemple. 

 

Il y a quelque chose qui m’interpelle. J’ai entendu parler de cette première saison avec Henry Broncan où, avec pas grand-chose, beaucoup de jeunes et surtout beaucoup d’âme, vous êtes arrivés à vous maintenir en Pro D2. Je me souviens d’un certain Julien Raynaud, que tu connais très bien, qui quand il a arrêté sa carrière, nous a dit que sa plus belle année était celle-là. Pour toi, est-ce une année qui a un charme à part ? Parce-que tout le monde vous promettait la mort et à la fin, vous êtes arrivés à vous en sortir ? 

 

Oui, il y a eu pas mal de belles années. Alors, savoir si c’est celle-là la plus belle, je ne sais pas mais c’est vrai que c’était une année très compliquée. On était jeune, on arrivait dans un club qui avait une histoire prestigieuse avec des équipes qui avaient marché. Nous, on devait prendre cette relève et c’était très compliqué parce qu’il y avait eu une large revue d’effectif et c’est vrai qu’on avait fait mieux que de se maintenir, je crois qu’on finit 7e ou 8e. C’est vrai qu’on avait vécu une très belle saison parce qu’on était jeune. 

 

Au Sporting, il y a aussi eu une belle saison cette année, où on avait l’impression qu’une dynamique était lancée, qu’il y avait un rouleau compresseur. Mais aussi que de l’échec et des polémiques de l’année dernière autour de la demi-finale contre Rouen, vous aviez aussi créé un but commun. Et on a l’impression que patatras, quoi que vous fassiez au Sporting, il y a toujours quelque chose qui vient vous rattraper. Là, c’est une pandémie mondiale et ça fait relativiser sur les choses. Mais j’imagine que toi, en tant que capitaine et locomotive du groupe, tu dois avoir un peu le sentiment d’être dans des sables mouvants ? 

 

Oui, c’est vrai que cette situation-là est est difficile moralement. Ce qu’on a vécu l’année dernière était déjà quand même très compliqué, on vit ça comme une injustice. Et d’avoir maintenant cette situation-là, c’est vrai que ça fait beaucoup. On a peut-être le sentiment qu’on a le chat noir ou le corbeau (rires). C’est vrai que ce n’est pas évident mais on est obligé de faire avec. On pense ça maintenant mais tout va dépendre de la décision que vont prendre les instances parce-que ça peut aussi être un beau dénouement. Mais quand même pas aussi beau que si on l’avait vécu sur le terrain. 

 

C’est là où je voulais en venir. Si au bout du bout il y avait cette Pro D2, et la semaine dernière, on avait Gaëtan qui nous disait qu’il pensait que c’était mérité de monter, s’il y avait dénouement positif, ça va donner encore plus de supplément d’âme à ce groupe. Et en Pro D2, vous pourriez faire des surprises parce-que vous allez revenir avec la rage et le couteau entre les dents ? 

 

Après, je ne suis pas sûr que le fait que ça se finisse comme ça nous donne plus au moins d’âme que si on l’avait gagné sur le terrain. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on attend maintenant cette montée depuis trois ans donc, si on a la chance et le bonheur d’y être, on défendra nos chances le plus vaillamment possible. 

 

Quand tu vois la Ligue Nationale de Rugby en train de frotter avec la Fédération Française de Rugby, tu n’as pas un peu l’impression que vous au milieu avec Massy et tous les autres clubs qui veulent monter, vous êtes un levier de négociations, que vous êtes pris en tenailles ou dans un étau ? 

 

Je pense d’abord que s’il y a un problème, ce n’est pas Albi ou Massy, ça aurait pu être n’importe quel club mais c’est cette montée. Je pense que c’est une histoire de politique ou peut-être de finances qui nous dépasse tous, tout simplement. 

 

On sait aussi que tu as une reconversion qui est toute faite puisque tu es l’un des rares joueurs du Sporting a être pluriactif, même quand tu étais en Pro D2, tu étais pluriactif. Le fait d’avoir cette bouée de sauvetage mais aussi le fait de savoir ce que tu feras de ton avenir, c’est quand même un plus pour un joueur comme toi ? Tu sais que quoi qu’il arrive, tu auras quelque chose et que tu ne retrouveras pas à poil comme on dit dans le jargon ? 

 

Oui, c’est un plus même si, quand on est chef d’entreprise, rien n’est jamais acquis. Il faut se battre tous les jours parce qu’on peut aussi vivre des moments compliqués. Mais c’est vrai que cela fait 6 ans maintenant que j’ai créé ma société de construction de maisons et que je sais que, si un jour le rugby doit s’arrêter ou s’il doit s’arrêter ou quand il s’arrêtera, je me suis créé une situation qui me permettrait d’enchaîner directement avec ce travail-là

 

On entend souvent tes coéquipiers dire que toi, Bastien Dedieu ou les anciens, les tauliers du vestiaire jaune et noir, vous avez envie d’arrêter votre carrière en laissant le Sporting propre c’est à dire là où vous l’avez trouvé, en Pro D2. C’est vraiment quelque chose que tu as chevillé au corps et même au cœur ? 

 

Oui. Quand on a vécu cette descente, ça fait partie des choses qu’on s’est promises, qu’en tous cas moi je me suis promis, de tout faire et de tout mettre en œuvre pour remettre le Sporting là où on l’a trouvé quand on y est arrivé. Je pense que ce club le mérite, que les joueurs le méritent et effectivement oui, on a vraiment à cœur de refaire monter le club en Pro D2. 

 

Sur nos ondes la semaine dernière, Alain Roumégoux nous a annoncé qu’il avait bouclé le budget pour la Pro D2 et il a donné des perspectives. On sait que vous les joueurs, vous préférez vous concentrer sur le terrain mais quand même, on ne va pas se le cacher, le financier fait partie de la vie du sportif de haut-niveau. C’est quelque chose qui est venu te rassurer et rassurer tes coéquipiers ? Vous avez échangé sur ça ? 

 

On n’a pas forcément échangé. Après, je sais que les dirigeants et nos présidents ont le même but que nous, celui que d’accéder à cette Pro D2. Nous, on essaie de faire notre travail sur le terrain et eux font le leur sur la partie administrative et financière et notamment budgétaire. Donc, je savais qu’ils étaient prêts, qu’ils mettaient tout en œuvre pour qu’on soit prêt aussi sur ce côté-là, pour accéder à cette Pro D2. 

 

On va aussi parler de quelque chose qui est très important dans le club, ce sont les supporters. On entend des choses différentes tous les jours, parfois des ondes positives pour Albi, parfois des choses négatives sur la montée. Le fait que tous les jours, via les réseaux sociaux, les supporters d’un peu partout continuent à mettre la pression, ça doit aussi vous faire du bien, à vous les joueurs ? Vous vous sentez un peu comme à Liverpool  » vous ne marcherez jamais seuls  » ? 

 

Oui (rires). Je pense que l’événement qui s’est passé l’année dernière a contribué à cette solidarité, notamment entre nous les joueurs mais entre la ville, les supporters. Ça a solidifié cette communion et je pense qu’on est plus solidaire que jamais. On voit encore qu’on est soutenu et ça, c’est très important pour nous mais on n’a pas attendu qu’il y ait cette situation pour le voir. Les supporters nous l’ont largement démontré, notamment lors de tous les matches à l’extérieur cette saison et la précédente. 

 

On va finir avec une question qui ne va pas te rajeunir. Tu arrives à un âge, à une période où l’on pense plus à l’après-carrière qu’à la carrière. Quelle est ta fin de carrière rêvée ? Un dernier match en Pro D2 avec le Sporting en allant arracher un maintien ou une phase finale avec une équipe de guerriers, un peu comme à l’époque de Béchu ?

 

 Oui, c’est ça (rires). Ma fin de carrière rêvée, c’est exactement ça. C’est, pourquoi pas, une accession à une phase finale avec Albi, Je pense que ce serait une bonne chose, que ce serait magnifique. Après, on verra ce qu’il se passera mais ça, ça ne serait pas mal. Oui, ça serait une bonne fin. 

 

Pour terminer par une note d’humour et la question décalée Radio Albigès, on a un point commun tous les deux qui est d’être de grands amateurs de vins. On va te lancer un challenge, c’est la période des grands challenges sur les réseaux sociaux, qu’on va appeler  » le Bastien DedieuChallenge « . On t’offre une caisse de vins de Bourgogne si tu arrives à faire parler Bastien Dedieu plus de 10 minutes à notre micro.

 

D’accord (rires)

 

Le défi est lancé, tu as deux semaines pour nous l’envoyer

 

Dix minutes, c’est long quand même 

 

Si on lui parle du rugby carmausin, on arrivera déjà peut-être à tenir 5 minutes

 

Et quel vin de Bourgogne ? 

 

On t’enverra un petit Volnay, de manière à être dans des vins appréciables que tu pourras ouvrir une fois en Pro D2

 

D’accord, ça marche (rires)

 

Le défi est lancé. Si on a Bastien dans les deux semaines à venir, on sait d’où ça vient, ça viendra de Matthieu André

 

C’est ça

 

On te souhaite le meilleur à toi et ta famille pendant ce confinement et on espère te retrouver en Pro D2 et sur les terrains du Stadium

 

Très bien, merci beaucoup

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-17-avril-2020/

Retrouvez intégralité l’itw de Matthieu André lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 17 avril 2020

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