#Rugby – Fed1 / JB Dimartino (Massy) : «A priori, il n’y aurait pas d’indicateur rédhibitoire pour monter!»

En terre massicoise, tout comme dans le tarn, on reste pendu à la décision des instances du rugby français (LNR/FFR), quant à l’accession ou non du RCME en ProD2. Jean-Baptiste Dimartino, le coach des lignes arrières du RC Massy Essonne, nous a donc accordé un entretien, pour nous donner le pouls de cette attente interminable. Pour l’entraîneur des franciliens, la légitimité de ses troupes à l’étage supérieur ne fait aucun conteste et juge les argumentaires sur l’iniquité des poules déplacées. Focus avec « JBD » sur la saison quasi parfaite d’une brillante et jeune génération Essonnienne, qui pourrait d’ici quelques mois évoluer dans l’antichambre du Top 14.

 

 

Crédit photo Killarney

On va déjà vous demander quelle est la situation du Covidau niveau de votre club et de votre entourage. Est-ce que vous avez eu des cas ? Est-ce que tout va bien pour vous, votre famille et le club ? 

 

On a eu un cas chez les jeunes, un jeune espoir qui a été contaminé mais qui a respecté sa période d’isolement et qui aujourd’hui est guéri et n’a plus de souci. On n’a pas eu de cas sur les seniors et dans mon entourage, ça va aussi, je vous remercie. 

 

Par contre, ça fait maintenant un mois et demi d’arrêt au niveau sportif. Comment on arrive à garder les joueurs concernés ? Je suppose que les préparateurs physiques ont donné des consignes mais maintenant, ça commence à faire long. Ça ressemble plus à une trêve d’été qu’autre chose ? 

 

C’est assez compliqué, notamment parce qu’on n’a pas de visibilité sur la durée de cette « trêve  » donc on avance à tâtons. C’est surtout le boulot du préparateur physique qui a élaboré des programmes aussi liés aux contraintes médicales qu’il y a puisqu’on ne peut pas non plus faire n’importe quoi sur ce qu’on demande aux joueurs. Donc, on a essayé de trouver une méthode de travail qui soit peu sollicitante et facile à faire parce-que les joueurs n’ont pas tous le même matériel à disposition. Ils ne sont pas tous non plus dans les mêmes coins de la France, on sait qu’il y a des coins où il est un peu compliqué d’aller faire son footing que d’autres. Donc, on essaie de trouver quelque chose le plus individualisé possible par rapport à l’état physique et aux besoins individuels des joueurs quand on les a quittés. Et aussi en essayant d’être le moins contraignant possible pour que chacun puisse faire un minimum. 

 

On s’était eu en début de saison, on sait que les ambitions n’étaient pas spécialement la montée mais surtout de faire un bon parcours avec cette équipe de jeunes, d’une moyenne d’âge de 23 ans. Vous avez changé votre fusil d’épaule, si la montée se présentait, vous allez la prendre ? 

 

On était surtout un nouveau staff qui récupérait un groupe qui venait de descendre avec beaucoup de départs donc, on était forcément sur de la reconstruction. On a la chance d’être dans un club qui a un vivier de jeunes important donc on savait qu’on avait des ressources en termes de potentiel. Maintenant, on n’avait un groupe avec une dizaine de joueurs qui n’avaient jamais joué au niveau senior plus certains qui avaient fait partie des aventures de Pro D2 mais sans glaner énormément de temps de jeu. Donc, on savait qu’il y avait un enjeu particulier là-dessus et qu’il y avait une période d’adaptation pour ces jeunes avant de performer au niveau de la Fédérale 1. On va dire que ces joueurs-là notamment ont très vite pris le pli, gagné du temps de jeu, ont progressé, sont rentrés dans la concurrence qui a aussi tiré le groupe vers le haut. Donc, on a eu cette émulation que l’on recherchait assez rapidement et on va dire que la mayonnaise a bien pris et les victoires se sont enchaînées. Etant que le projet  » à l’horizon 2023  » est d’être installé en Pro D2, ce qu’on avait nous fixé en décembre avec les joueurs par rapport aux résultats de mi-saison, c’était bien entendu d’aller le plus possible et d’essayer d’accéder dès cette saison à la Pro D2. Donc, on était dans ces objectifs-là au gré de la bonne première partie de saison. 

 

Les championnats sont arrêtés, l’actualité a fait que cette catastrophe du Covid est arrivée. La Fédérale 1 a joué 18 matches sur 22, pareil pour les autres championnats qui sont arrêtés. La FFR a donné son aval pour Albi et Massy mais que pensez-vous des réactions des autres clubs qui font un peu valoir leurs arguments comme par exemple, une poule plus difficile que la vôtre ou celle d’Albi ? 

 

On va dire qu’on les comprend. La décision aujourd’hui de faire monter les deux équipes qui sont le mieux classées au classement national après 18 journées de championnat semble être ce qu’il y a de plus équitable sportivement. On sait très bien que dans un championnat avec 48 clubs répartis en 4 poules, la composition des poules engendre forcément une part d’inégalité au départ. Maintenant, tous les débats qui disent que telle poule ou telle poule … Vous savez, je pense qu’il faut avoir beaucoup d’humilité et de respect pour les équipes dites  » plus faibles « . On a joué des équipes qu’on ne connaissait pas, on a eu des matches compliqués notamment à l’extérieur et aujourd’hui, je ne connais pas assez le niveau et les équipes concurrentes des autres poules pour savoir si elles auraient gagné ces matches-là. De la même façon, on dit tous que Bourg-en-Bresse avait une très grosse poule, je pense qu’il faudrait être devin ou alors très, très calé sur la connaissance de chacune des 48 équipes pour être capable de mesurer cela. En tous cas, c’est sûr que dans un championnat avec une poule unique, l’équité sportive est respectée à son maximum, dans un championnat où il y a 4 poules et où le classement national compte dans la répartition et la distribution des phases finales, il y a toujours une part de chance, si on peut dire comme ça. Ce n’est pas la première saison qui se joue comme ça en Fédérale 1. On l’avait vu nous aussi, on avait aussi vécu par le passé les enjeux de ce classement national qui permet de déboucher sur des phases finales avec des réceptions lors des matches retour, jouer un 4e de poule sur les 1/4 de finale. Ces enjeux-là, on les connaissait dès le début de saison donc je trouve qu’aujourd’hui, alors que la saison est arrêtée pour des raisons qui sont extra-sportives et d’intérêt général, après 18 journées, il y a deux clubs qui sont premiers parce qu’ils ont eu des meilleurs résultats que les autres. S’il y en a deux qui doivent monter, ça me semble difficile de faire autrement que la décision qui a été prise par la Fédération Française de Rugby. 

 

Votre président François Guionnet, dans une interview accordée au Parisien, s’est montré très, très confiant. Est-ce que vous, dans le staff, avec Mathieu Bonello et peut-être avec les joueurs, vous en discutez aussi ? Vous êtes confiant sur cette montée ? 

 

A partir du moment où on a eu la bénédiction de la FFR, on sait qu’il va y avoir des discussions entre les deux instances, entre la LNR et la FFR, On sait que c’est important pour le rugby amateur et on sait que le rugby amateur a une place importante en France. C’est important pour le rugby amateur qu’on puisse faire monter deux clubs de la plus haute division amatrice. Ça a été fait pour tous les championnats en-dessous de la Fédérale 1, c’est vrai qu’on espère que ça va suivre pour la Fédérale 1. On sait qu’il va y avoir des discussions entre la Fédération Française et la Ligue Nationale de Rugby, des enjeux qui forcément aujourd’hui nous dépassent en termes de droits TV, en termes de calendrier, en termes de tout ça. A priori, il n’y aurait pas d’indicateur rédhibitoire qui empêcherait notre montée donc on veut être confiant parce-que ce serait génial pour le club. Ça récompenserait aussi les joueurs de leur beau 2/3 de saison. Maintenant, on ne peut pas être totalement suspendu à cette décision, on est obligé d’avancer sur les deux hypothèses. Forcément, les joueurs ont les mêmes interrogations que nous et les mêmes attentes donc, on essaie de leur dire ce qu’on sait c’est à dire aujourd’hui pas grand-chose (rires). On est suspendu à cette décision pour pouvoir être fixé et pouvoir travailler. Alors oui, on veut être confiant parce-que ce serait génial pour le club. 

 

En 2021, il va y avoir le 50e anniversaire du club. Ce serait peut-être, comme le disait le président, une récompense avec peut-être un maintien au bout ? 

 

C’est ce qu’on souhaite. On a travaillé avec Mathieu sur ce nouveau projet et forcément, on avait toujours dans un coin de la tête l’idée de se dire  » on va travailler un an avec ce groupe « . On a une grande partie des joueurs de cet effectif qui sont encore sous contrat l’année prochaine donc on se dit qu’on travaille tous ensemble et qu’on aura du vécu ensemble. Le projet de jeu sera beaucoup plus assimilé, on pourra aller beaucoup plus vite, beaucoup plus loin. Donc forcément, on a envie de voir ce que ça peut donner après un an de travail. Ce serait super si ça pouvait se faire en Pro D2, ça serait super si ça pouvait permettre au club de se maintenir pour la 2e fois de son histoire. Maintenant, on ne peut pas faire plus qu’espérer. 

 

Au niveau du recrutement, vous pouvez bien sûr travailler sur deux hypothèses mais il y a quand même des dossiers qui avancent ? Si vous montez en Pro D2, il y aura quelques retouches avec quelques joueurs avec plus d’expérience pour encadrer les jeunes ? 

 

La priorité était déjà de reconduire les quelques joueurs qui n’étaient pas engagés avec nous l’année prochaine, notamment une grande partie des jeunes qui ne l’étaient pas. C’est quasiment chose faite pour qu’ils se sont presque tous réengagés donc, c’était la grosse priorité. Ensuite, en Pro D2, la décision conditionnera forcément notre décision parce-que les joueurs qu’on ira chercher pour la Pro D2 ne seront forcément pas les mêmes que ceux qu’on ira chercher pour la Fédérale 1. On ne va pas énormément élargir le groupe en termes de nombre si on est en Pro D2 par contre, on va s’attacher à aller chercher des joueurs pour faire passer un cap sur la qualité, aussi bien sûr dans le domaine de l’expérience parce qu’on sait qu’on a une équipe jeune. On a besoin d’expérience pour jouer dans ce championnat, on avance mais on on est forcément obligé d’avoir deux différentes expériences et ça fait un peu plus de travail. 

 

Merci de nous avoir accordé cet interview et j’ai envie de vous dire qu’on se retrouve en Pro D2

 

On le souhaite de tout cœur, c’est gentil.

Propos recueillis par Didier Revellat

https://hearthis.at/radio.albiges/mag-sport-21-avril-2020/

Retrouvez l’itw de JB Dimartino , lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 21 avril 2020.

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