#Rugby – Fed1 / J.Archimbeau (RCHCC) : «Béda, Châto, La Seyne, Nice il y a un petit quelque chose entre eux et nous!»

Joris Archimbeau seconde ligne de Hyères-Carqueiranne-la-Crau est de ces joueurs rompus aux joutes méditerranéennes de fédérale 1. Avec le retour annoncé de poules géographiques pour le prochain exercice, celui qui a aussi évolué à la Seyne sur Mer commence à déjà se projeter vers une saison avec son lot de bouillants derbys. Une configuration qui ne déplairait pas à ce joueur de devoir, qui aime ce genre de contest et nous donne déjà le ton. Mais après une saison tronquée par une blessure et l’arrêt des compétitions suite au Coronavirus, Joris Archimbeau espère continuer avec le RCHCC la marche en avant sportive entamée depuis l’accession en fédérale 1.

 

 

Joris c’est ton anniversaire aujourd’hui (le 16 avril 2020). Du coup, comment tu vis ce confinement, ce moment sans rugby et du coup, ton anniversaire sans pouvoir voir les copains ? 

 

C’est assez compliqué, ça fait maintenant 5 semaines qu’on ne fait pas grand-chose. On s’entretient physiquement mais ça manque de ne pas voir les copains, de pouvoir s’exprimer sur le terrain. C’est un peu compliqué et c’est vrai que, passer son anniversaire et ses 30 ans à la maison, c’est encore plus dur. Mais il faut faire avec et se dire qu’il y a pire que nous et qu’il y a des malades qui sont des situations bien pires que la nôtre. 

 

Bien sûr. J’imagine que tu as du faire un petit peu le deuil de cette saison. Ca a dû être un peu compliqué au début parce qu’il y avait la possibilité pour Hyères de faire de belles phases finales en Du Manoir, on sait qu’à Carqueiranne, on ne fait pas beaucoup de bruit mais qu’on a quand même des ambitions. Comment cela s’est passé lorsque tu as entendu ces annonces ? Est-ce que tu as compris dans ta tête que tu avais joué le dernier match de ta saison le 29 Février ? 

 

Pour moi, ça avait été un peu avant parce-que je m’étais blessé au poignet à Aubenas et je n’avais pas joué depuis le 8 Décembre. Je devais reprendre pour le match contre Narbonne, je devais sûrement être dans le groupe, donc c’est vrai que c’est encore plus dur de se dire que pas de rugby pendant 8 mois. Quand ils nous ont annoncé le confinement, je pensais que ça allait durer 15 jours ou 3 semaines, qu’on n’aurait peut-être pas fait les 4 premiers matches de la saison mais qu’au moins, on aurait attaqué direct en phases finales. Je ne m’attendais pas à ce que le championnat serait arrêté mais après, je pense que c’est la meilleure solution. Maintenant, de reprendre avec l’arrêt qu’on a eu, ce serait n’importe quoi et qu’il y aurait beaucoup de blessures pour, au final, pas grand-chose. 

 

Et puis, priorité à la saison, dans des moments comme cela, même si le rugby est notre passion commune, ça passe à côté. C’est d’abord la santé et l’intégrité des gens qui passent avant ? 

 

Bien sûr. C’est vrai que le rugby est maintenant devenu un spectacle pour certains et une passion pour d’autres. Mais après, il y a la santé et la santé, c’est plus important que tout. Il ne faut pas jouer avec ça surtout quand on voit les drames qu’il y a en ce moment dans le monde entier. 

 

On imagine quand même qu’à Hyères-Carqueiranne, on doit avoir un petit pincement au cœur par rapport à ces phases finales parce-que vous étiez dans la poule de la mort, cette fameuse poule 2 assez compacte et dense. A Hyères, vous étiez rompus à des joutes quasiment dignes de play-off, ce qui veut dire que vous partiez peut-être en Du Manoir avec un ascendant sur les prétendants des autres poules ? 

 

C’est sûr qu’on était prêt à de grosses phases finales sachant qu’on avait des matches de très haute intensité tous les week-ends pour la Fédérale 1. On l’a bien vu, l’Equipe TV a diffusé beaucoup de matches de notre poule car il y avait des chocs tous les week-ends. Il n’y avait pas de petites équipes, c’était toujours très compliqué. Quand tu allais à Bédarrides, que tu recevais Châteaurenard ou à Castanet ou même à Mazamet, ce sont toujours des déplacements compliqués. Toutes les poules sont quand même assez relevées mais nous, elle était vraiment très dense. C’est vrai que ce n’était pas facile mais c’est quand même plus sympa d’avoir des poules comme ça, même si on l’appelle la poule de la mort. C’est plus sympa mais pour le classement, c’est plus compliqué, on dira (rires). 

 

Certains l’appelaient aussi  » la Demi Fédérale 1 Elite « . Tu corrobores ? C’était quasiment le cas pour 7 ou 8 clubs sur 12 ? 

 

Quand tu as Nice, Bourgoin, Bourg-en-Bresse, Narbonne, nous, c’est quand même énorme. Il n’y a pas photo, les équipes sont quasiment professionnelles, les joueurs ne s’arrêtent pas, ils s’entraînent tous les jours comme une équipe de pros. Donc, oui, c’est une poule Elite bis, il manquait 2/3 équipes. A l’heure actuelle, Bourg-en-Bresse et Narbonne ne doivent pas être trop contents d’être dans cette poule mais c’est le jeu (rires). 

 

On va justement en parler. On connaît ton amitié avec certains joueurs du Sporting Club Albigeois. Tu étais cette année dans la poule de Bourg-en-Bresse et Narbonne. Qu’est-ce que tu penses de ce débat qui assaille la Fédérale 1 pour savoir qui doit monter ? Est-ce que c’est le classement national qui doit prévaloir et donc Albi et Massy ou alors, tu comprends aussi les rancunes et les rancœurs de Bourg, Narbonne ou Dax ? 

 

Moi, sur le principe, je trouve que s’il y a deux équipes qui doivent monter, ce sont les deux premières au classement national parce-que ça a été compliqué tout au long de l’année. Je ne connais pas bien la poule de Dax mais je comprends que Bourg et Narbonne soient un peu déçus parce-que d’aller chercher des points dans notre poule, c’était compliqué pour eux tous les week-ends, malgré qu’ils aient eu une ligne de conduite énorme toute l’année avec beaucoup de victoires. Je comprends vraiment que ce soit frustrant parce-que c’est plus compliqué dans une poule comme la nôtre de sortir dans les premiers nationaux. 

 

On va basculer sur l’autre partie du débat qui est le refus des clubs professionnels de voir des clubs de Fédérale 1 intégrer le giron de la Pro D2. Toi, en tant qu’homme de base de la Fédérale 1 puisque cela fait quelques années que tu es rompu à cette division, que penses-tu de ce revers de la main du monde pro ? Est-ce que pour toi, ça pourrait être quelque chose qui pourrait casser le pacte qu’il y a entre la Fédérale 1 et la Pro D2, cette passerelle entre monde amateur et monde professionnel ? 

 

Je trouve cela un peu fou quand même. En fait, je n’arrive pas à comprendre le monde pro qui  » boude  » le monde amateur surtout qu’il y a de plus en plus de clubs de Pro D2 ou de Top 14 qui viennent chercher des joueurs dans les fédérales. Là, ils  » boudent  » en pleine épidémie mondiale alors que les championnats sont finis et que tout le monde est dans la difficulté. Je pense que le meilleur moyen pour avoir une équité sportive, c’est qu’il y ait deux équipes de Fédérale 1 qui montent, comme on l’a dit tout à l’heure, et que les clubs de Pro D2 l’acceptent. Je peux comprendre que les clubs de Top 14 refusent de passer en Top 16 pour éviter que cela fasse trop de match pour les joueurs de l’équipe de France. Mais que la poule de Pro D2 passe à 18, moi, ça ne me choquerait pas. Ils n’ont pas de Coupe d’Europe et ça ferait des recettes pour eux. Surtout que j’ai bien compris que Mr Bernard Laporte assumerait la montée de ces deux équipes donc je ne comprends pas trop. 

 

Quelles que soient les équipes de Fédérale 1 qui montent, tu n’as pas l‘impression que la LNR utilise un peu ces deux clubs de Fédérale 1 comme levier de négociations avec la Fédération Française de Rugby pour obtenir quelques dédommagements ? 

 

C’est possible. Après, si j’ai bien compris, la FFR ne dirait pas non à faire des efforts financiers. Je pense que Mr Laporte a quand même  » posé ce qu’il faut sur la table  » et que c’est maintenant à Paul Gotze d’assumer un peu les conséquences de tout cela. Et j’espère pour Albi que cela se fera. 

 

On va retourner sur ton club du RC Hyères-Carqueiranne-la-Crau. Comme on le disait en début d’interview, c’est un club qui se structure pas à pas, qui ne fait pas beaucoup de bruit, qui essaie de grandir. Et l’imagine que l’année prochaine, le but va être de passer à nouveau une étape et d’aller peut-être à fleur du Jean Prat pour commencer à aller tutoyer ses cimes ? 

 

C’est sûr qu’on aimerait pouvoir tutoyer le haut mais si on a la même poule, ce sera très compliqué de pouvoir le faire, on verra, j’espère. L’équipe est compétitive pour le faire, on va tout faire pour le faire. Ça sera quand même compliqué, il ne faut pas en dire trop vite non plus ni griller les étapes. Petit à petit, l’oiseau fait son nid et on verra à quoi cela nous mènera et déjà, quand on va reprendre le championnat parce-que, si j’ai bien compris, ce ne sera pas pour de suite. 

 

On est sur le registre sportif, parlons aussi du registre humain et social. On entend beaucoup parler de baisse de la voilure économique des clubs de rugby, de casse sociale dans certains clubs de rugby. Toi qui est un joueur, un acteur, qui est même au milieu de tout ça, est-ce que cela te fait monter un certain stress ou une certaine angoisse ? 

 

Non, pas un certain stress. Bien sûr, il y aura beaucoup moins d’argent dans le rugby amateur,. Je pense que pour toutes les petites entreprises et les sponsors, ça va être plus compliqué de sortir de l’argent donc, il est sûr que c’est très, très compliqué. Après, en tant que joueur, on est là en acteur parce qu’on ne peut malheureusement pas faire grand-chose pour cela. Donc, on est un peu dans l’attente, on ne sait pas trop comment ça va se passer, on attend. De toute façon, pour le moment, on ne peut pas trop en dire, on ne sait pas trop comment ça va avancer. 

 

Est-ce que tu penses que dans cette Fédérale 1 qui était en train de se professionnaliser, qui s’armait et même parfois se surarmait, la preuve en est cette poule 2 dite de la mort où il y avait vraiment des effectifs  » maousse costaud « , cette bulle spéculative va exploser ? 

 

Je ne pense pas pour les clubs qui sont dans le haut des poules. Franchement, quand je vois les 6 premiers de notre poule, je suis sûr que cela n’aura pas d’impact financier et je ne pense pas que ça va empêcher les équipes de continuer à s’armer, je ne l’espère pas surtout. Ça serait vraiment bête. 

 

Dans le débat, il y a deux écoles. Tout le monde sait qu’il y aura un avant et un après crise du coronavirus. Il y en a qui disent qu’en Fédérale 1, ça va niveler les niveaux et d’autres qui disent que ça va accentuer la fracture sociale qu’il y a entre les clubs professionnels du haut et les clubs amateurs du bas. Toi, tu es sur quelle vision ? 

 

Je crois que c’est plus cela. Je pense que cela va accroître la différence entre les gros et les petits. Je ne l’espère pas pour eux mais pour  » les petites équipes « , pour les promus, pour les petits villages ou des petites villes, ça va être compliqué d’assumer cette crise. Mais comme les grosses équipes, je pense que même nous allons être impactés. Personne ne va être épargné mais je pense que cela va être beaucoup plus difficile pour les  » petits clubs  » que pour les équipes qui sont déjà installées en Fédérale 1 depuis un moment. 

 

On sait aussi que tu es un joueur avec de la grinta, que tu aimes les derbys. La Fédérale 1 va voir beaucoup de clubs de Fédérale 2 monter. La FFR a dit qu’elle voulait faire des poules quasiment exclusivement géographiques. Toi qui aime les derbys, ça va te plaire : La Seyne remonte, peut-être Grasse aussi qui pourrait remonter en Fédérale 1. Il y a déjà Châteaurenard, Nice et Bédarrides. Cela ferait une poule assez «  grinta  » du sud-est ? 

 

Oui, c’est sûr que cela mettra un peu de piment dans cette poule, ça sera sympa si toutes ces équipes sont dans la même poule. Avec La Seyne, c’est sûr que c’est une plus-value pour la région de faire ce derby-là. On est vraiment proche, il y a beaucoup de match qui vient au stade. Pour avoir joué dans les deux clubs et avoir fait le derby du côté de La Seyne contre Hyères et maintenant du côté de Hyères contre La Seyne, c’est quand même quelque chose qui est particulier. C’est la première date que l’on regarde quand le calendrier sort, c’est un match très attendu. 

 

Il y a vraiment un contexte qui monte dans la presse, une pression médiatique avant ces matches entre La Seyne et Hyères ? C’est vraiment le moment qui fait monter un peu la mayonnaise ? 

 

Oui, s’il n’y a pas d’autre match ce jour-là, tous les petits villages ou les petites villes autour de Toulon viennent au stade. Je peux te dire que le stade est plein, s’il y a un match où tu es sûr qu’il y a du monde au stade, c’est celui-là. Ça fait monter la mayonnaise toute la semaine, tous les joueurs se connaissent donc c’est sûr que c’est très sympa. En plus, La Seyne s’est bien relancée avec le projet des frères Fickou, j’ai vraiment l’impression que tout repart bien. Tant mieux pour le bassin toulonnais et tant mieux pour les futurs derbys. En plus pour moi, c’est un peu spécial parce-que je travaille encore pour La Seyne et c’est vrai que les semaines où arrivent le derby, je me fais souvent brancher au boulot. Ça fait partie du contexte. 

 

Se faire brancher au boulot, c’est l’avant-match. Après, pendant le match, il faut sortir le casque à pointes et cette année, s’il y a une poule géographique, tu vas quasiment le porter tous les week-ends ? 

 

C’est sûr que là, ce sont des matches très, très chauds. Que ce soit à Bédarrides, à Châteaurenard, La Seyne ou même à Nice où il y a un petit quelque chose entre eux et nous, il est sûr que c’est chaud tous les week-ends. 

 

Il y a un petit quelque chose ? Dis-nous tout car on n’était pas au courant

 

Depuis que je suis à Hyères, c’est une équipe qu’on rencontre, d’abord en Fédérale 2 puis en Fédérale 1. Il y a quelque chose, je ne sais pas, c’est comme ça. On dira qu’on ne s’apprécie pas des masses. 

 

On va revenir sur le moment présent et le confinement. Comment s’organise a journée type d’un joueur de rugby de Fédérale 1 confiné ? 

 

Moi, ce n’est pas compliqué, je suis à la maison, je garde ma fille. Ma femme est en télé-travail donc je garde ma fille toute la journée et quand elle fait sa sieste, j’en profite pour faire mon sport et entretenir un peu la maison. Ça se répète tous les jours. 

 

Et le soir, Thalassa, une tisane et au lit ? 

 

Pas loin (rires). Un film et au lit après parce qu’entre garder la petite et s’occuper de la maison, c’est sûr que ce n’est pas facile. Mais c’est bien, ça rapproche. On fait beaucoup de concessions pendant l’année avec les entraînements, les déplacements et tout le reste donc, ça fait du bien à la famille de se retrouver enfermée. Même si c’est parfois un peu chiant parce qu’on est coupé du monde extérieur, c’est vrai que ça fait quand même du bien d’être en famille.

 

D’un événement qui est quand même très grave et négatif puisqu’il y a des centaines et des milliers de morts en France et en Europe, on arrive à en tirer des valeurs positives et des ressources ? 

 

C’est malheureux, je ne dis pas que je suis content qu’il y ait cette épidémie. Mais oui, c’est un positif dans le négatif. 

 

On va finir avec la question décalée. On sait que comme beaucoup de gens dans le milieu du rugby, tu aimes bien lever le coude et tu es un fêtard. Tu as du fêter ton anniversaire en mode confinement. J’imagine qu’il va y avoir une grosse nouba, une fois que toutes les règles sanitaires le permettront, et que tu vas fêter cela dignement ? On aura quelques échos ? 

 

Des échos, je ne sais pas (rires)

 

Tu nous feras quand même une petite story ? 

 

Oui, une petite story (rires). C’est vrai qu’avec ce confinement, j’ai pu finir tous les extérieurs de la maison. Là, je suis en train d’organiser mes 30 ans avec tous mes amis. Dès que le confinement nous le permettra, c’est sûr que cela risque d’être … mouvementé. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-17-avril-2020/

Retrouvez l’itw de Joris Archimbeau lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 17 avril 2020

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