#Rugby – Fed1 / D.Lelievre (ASBC) : «Je suis favorable au maintien du format actuel!»

Le président de l’AS Bedarides Chateauneuf du Pape  , a participé le 10 avril 2020 à notre grand débat entre les présidents de fédérale 1 et Maurice Buzy Pucheu, le vice président de France Rugby en charge du monde amateur. Pour celui qui est à la tête des  vauclusiens depuis quelques mois, cette saison fut un apprentissage express de l’ensemble du panel des tâches qui incombent à un président de club. David Lelievre, a donc exposé dans un contexte sanitaire et économique dont les perspectives sont des plus alarmistes, les attentes du champion de France 2018 de fédérale 2, pour ce troisième exercice consécutif de l’ASBC dans l’élite fédérale.

David Lelièvre, à Bédarrides, comment avez-vous vécu cette crise qui est venue chambouler tout ce qui était prévu, toutes les habitudes du monde du rugby Fédérale ? 
DL (Bédarrides) : Concernant la décision de la Fédé de tout arrêter au vu de la situation sanitaire du pays, on ne pouvait qu’être solidaire de cette décision. Ça nous permet de préserver l’essentiel de nos licenciés par contre, pour ce qui est de la gestion proprement dite, comme tous mes collègues, on a une réunion tous les samedis matins avec les instances fédérales pour exposer nos problématiques. Déjà que l’économie était tendue, là, ça devient très, très compliqué puisqu’on avait les deux dernières affiches qui devaient amener des recettes très bénéfiques avec une météo qui était bien au rendez-vous. On a beaucoup de questions aujourd’hui par rapport aux joueurs qui sont sous contrats, pluriannuels, par rapport à la période de vacation qu’il va y avoir pour l’intersaison. Si elle existe, de quelle durée sera t’elle et quels seront les moyens en termes administratifs et de ressources humaines dont nous pourrons disposer, de mises au chômage ou de non mises au chômage ? Parce-que, si la saison s’arrête le 30 Juinet là, c’est une certitude, administrativement, quid de la reprise et donc, qu’est-ce qu’il en sera des contrats FFR ? Je crois qu’il y aura des précisions cette semaine mais on attend beaucoup du fond de dotations, en quoi cela consistera et ce qu’il en sera. On est également, comme beaucoup de présidents de Fédérale, attentifs à l’accompagnement qui serait fait par la FFR au niveau des deux clubs de Fédérale 1 qui pourraient monter en Ligue Nationale pour ne pas impacter les droits TV des 14 clubs qui résident déjà en Pro D2. Là aussi, je ne parle pas en termes de montants mais d’une certaine équité de l’accompagnement des clubs du haut-niveau d’une façon générale. Bref, un certain nombre de questions qui sont surtout aujourd’hui sur la manière de manager nos joueurs, sur la manière de gérer les recrutements potentiels. On est en discussion avec des joueurs dont les profils nous intéressent mais ils ont écopé de sanctions administratives, seront-elles purgées à la rentrée puisqu’ils n’auront pas purger de manière légale leurs cartons ? Est-ce qu’on repartira à zéro avec ces joueurs-là ou est-ce qu’on les engagerait avec 3/4 cartons et donc des suspensions de matches en début de saison ? Forcément, on ne prendrait pas les négociations de la même approche avec ces joueurs-là. On entend également parler d’évolution sur le qualification et le classement des joueurs étrangers, pour les licences A, on entend parler de 5 ans au lieu des 7 révolus. Voilà, ce genre de questions qui, aujourd’hui, nous mettent dans beaucoup de confusion de façon générale et dans notre domaine particulier, il y a ces questionnements. Et, je comprends que la FFR ne puissent répondre à tout puisqu’on est très dépendant de ce que va décider l’Etat quand à la sortie du confinement et une éventuelle ouverture des infrastructures sportives aux clubs. 

Maurice Buzy-Pucheu, une réponse fédérale par rapport à ces questionnements qui nous viennent du Vaucluse ? 
MBP (FFR) : Sur la partie qui concerne les frais que vous avez en début de saison, le plan de relance tel qu’il a été conçu est la prise en charge de tous les frais que vous avez en début de saison c’est à dire les mensualités que vous payez ou bien tous les trimestres selon certaines ligues. Donc ça, il est clair que ce sera pris en charge par la FFR. Concernant les sanctions, si on prend par exemple au 13 Mars un joueur de Fédérale 1 qui aurait été suspendu pour plusieurs matches et qui devait encore les purger, les matches qui n’ont pas été joués seront pris en compte et seront compris dans le calendrier. Pour les licences à 5 ans essentiellement pour les joueurs étrangers, on applique une règle générale. Jusqu’à maintenant, c’était à 7 ans et on a abaissé à 5 ans de pratique en France pour qu’il devienne un joueur qualifiable comme un joueur français. 
David Lelièvre à Bédarrides, l’avenir de la Fédérale 1, comment vous le voyez d’ici deux ou trois ans. Comment après cette crise du sanitaire coronavirus, après un crise économique attendue, voyez-vous cette Fédérale 1 évoluer ? 
DL (Bédarrides) : Je ne vais pas risquer de répondre à cette question parce qu’économiquement, on avait déjà pas mal de choses qui étaient fragiles et là, c’est comme un éléphant d’argile qui n’a plus beaucoup de pattes. L’année qui vient va effectivement être une année de transition pour voir déjà de quelle façon on va tous pouvoir rebondir économiquement et reconstituer ce qu’on avait du mal à constituer, en outre notamment pour ma part, sur la saison qui vient de se terminer. Moi, j’étais de ceux qui ont voté pour le maintien du format actuel de la Fédérale 1 lors du séminaire du mois de Novembre. Pourquoi ? Parce qu’effectivement, le fait de se confronter à de grosses écuries, et je rejoins mon collègue de Chambéry qui ne sont pas dans notre poule mais, quand on avait Bourg, Bourgoin, Aubenas,Narbonne, il y avait deux types de structures qui s’affrontaient. Mais, ça nous apporte beaucoup parce-que ça nous fait aussi grandir à l’échelle d’un match, même à l’échelle d’une saison et je ne parle même pas de l’aspect de la trésorerie parce-que, quand tu reçois Bourg-en-Bresse ou Narbonne, ce n’est pas pareil que quand tu reçois Castanet. Même si j’ai beaucoup de respect pour mes collègues de Castanet, ce n’est pas le même attrait ni la même chose pour notre public. Moi, je serai favorable au maintien du format actuel. Il me semble que Bernard avait apporté le témoignage de la présidente de Ceret qui était très inquiète de voir rentrer ses petits, comme elle le disait, jouer contre des joueurs qui physiquement sont des golgoths mais qui semblait avoir également un temps de pratique rugbystique hebdomadaire bien supérieur au sien. Mais, quand la question a été posée dans l’amphithéâtre, on a tous dit qu’aujourd’hui en tous cas, on avait le sentiment de tout faire pour que nos joueurs, athlétiquement en tous cas, soit préservés. Certes, on ne s’entraîne pas tous les jours, notamment chez nous à l’ASBC, mais on est train de travailler et de structurer pour la saison prochaine pour qu’il y est une séance collective supplémentaire qui intègre le groupe et le matin, il y aura des séances individualisées par ateliers. Donc, je pense que nous sommes des compétiteurs, que nous sommes tous dans une démarche, que nous voyons très bien comment évolue la Fédérale 1 et notamment grâce aux grosses écuries qui nous tirent vers le haut. On fait ce qu’on peut, toujours avec nos moyens, pour préparer au mieux nos équipes et les faire évoluer. Donc, je suis favorable au maintien du format actuel. Après, pour répondre à ta question sur l’évolution de la Fédérale 1, il est quand même très lié à l’économie et là, c’est vraiment une boule de cristal qui est très opaque. 
Maurice, quel est votre sentiment après ces analyses et de David Lelièvre de l’AS Bédarrides-Châteauneuf-du-Pape et d’André Goichot du CS Beaune ? 
MBP (FFR) : Par rapport à la Fédérale, c’est vrai que les clubs, in fine, ont fait ressortir l’intérêt de recevoir des équipes de qualité. Je comprends Chambéry, qui est dans une autre démarche de travail, mais pour moi, il n’y a pas de petit match. Excusez-moi de revenir encore sur le match Mauléon/Albi où Loïc, tu étais là. 
Absolument, un magnifique match. 
MBP (FFR) :  S’il n’y a pas un carton rouge pour Mauléon à 13 minutes de la fin, Albi gagne le match à la 81e ou 83e donc, il y a de l’intérêt. Ensuite, quand on a fait le séminaire des présidents de Fédérale 2, on a demandé aux clubs qui étaient descendus l’an dernier leurs sentiments, à savoir est-ce que c’était une délivrance pour eux de retrouver la Fédérale 2. On leur a aussi demandé s’ils gagnaient le droit d’y revenir, est-ce qu’ils hésiteraient ou est-ce qu’ils accepteraient. De façon unanime, ils ont dit que c’était une très, très belle expérience et qu’ils espéraient y revenir. Ensuite, sur la partie début de saison, je comprends tout à fait vos inquiétudes. On les a tous à titre individuel donc, on les a tous pour les responsabilités qu’on a au sein de la FFR. On était à la commission de statuts des joueurs et entraîneurs, jusqu’à maintenant, les contrats de travail divers sont signés de façon, je ne vais pas dire à l’ancienne, mais de façon réelle, vous alliez ensuite à la poste avec un papier réglementé. On est en train d’étudier des méthodes techniques qui feront foi et valeur pour vous permettre de le faire de façon électronique. C’est à l’étude, on est en train de travailler dessus, c’est un sujet qu’on a identifié et qu’on va essayé de vous simplifier. 
David, le fait qu’il y ait un point d’interrogation sur la montée de deux clubs de Fédérale 1, ce revers de la main, ce refus du monde pro envers la Fédérale 1, même si vous, vous jouez le milieu de tableau, est-ce que ce n’est pas aussi un peu vexant ? C’est un petit peu toute la Fédérale 1 qui est balayée d’un revers de la main ? 
DL (Bédarrides) : Ma première réaction a été de dire  » sportivement, c’est dommage  » parce qu’un club dont tu es très proche a fait beaucoup d’efforts en termes de structuration, sur le plan économique et pour qui, au vu de ce qui s’est passé la saison dernière, la non-montée pourrait être fatale. Tout ça est loin de nos considérations propres mais on se doit de voir comment les choses évoluent et de façon plus solidaire. Donc, j’espère de tout cœur qu’ils vont arriver à faire monter Massy et Albi. Surtout que quand on regarde, même si le gel a été décidé, quand tu vois les deux derniers de Pro D2, même s’ils avaient gagné leurs derniers matches, je ne pense pas qu’ils auraient pu mathématiquement se sauver, en tous cas pour le dernier. Et il ne faut quand même pas oublier qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de joueurs qui alimentent la Pro D2 qui viennent se relancer chez nous., en Fédérale 1. Donc, même si on est dans deux univers différents avec des modes de gestion qui sont totalement différents et notamment de gouvernance parce qu’on ne dépend pas des mêmes instances, il y a quand même un ballon ovale qui nous lie et qu’on peut allègrement se passer, si je peux prendre une métaphore, au travers des joueurs que l’on prépare pour eux. Moi, j’en ai un qui est parti de Pro D2 l’année dernière, il est venu chez nous, il a totalement éclos cette saison et nous ne sommes que Bédarrides. Je ne suis pas Chambéry, je ne suis pas Bourgoin-Jallieu où il y a une exposition médiatique qui est sans comparaison avec la nôtre. Donc oui, je pense que c’est manquer de respect à un monde amateur qui fait ce qu’il peut, comme il peut, avec ses petits moyens de milieux citadins ou ruraux pour faire avancer et progresser nos jeunes qui in fine, et c’est tant mieux pour eux, alimentent la Pro D2 ou le Top 14. 
On a entendu pas mal de clubs dans nos débats dire qu’à la fin du confinement, ils feraient un méchoui, quelque chose de festif comme l’appelle de ces vœux Maurice Buzy-Pucheu et qui réenclenche la vie normale des clubs de rugby. David Lelièvre, est-ce qu’à Bédarrides, on a déjà commencé à plancher sur, on l’espère, l’happy end de ce coronavirus ? 

DL (Bédarrides) : On avait déjà une échéance qui était programmée mais je pense qu’elle va tomber. Pour la 3e année, on organisait un beach-rugby à Châteauneuf. Il y a des tonnes de sable qui sont mises au pied du château historique du Château des Papes et là, il y a vraiment une fête du rugby et du petit breuvage, sans vouloir faire concurrence à mes amis de Beaune. 
Je savais bien qu’on y viendrait à un moment ou à un autre sur ce terrain (rires) :
DL (Bédarrides) : Et bien sûr (rires). Il y avait une deuxième échéance, qui était prévue et qui devait inclure tout le club, les féminines, vraiment la fête du club pour qu’on se retrouve tous après cette période difficile. Ça, je l’avais pensé il y a deux semaines de cela quand justement, Henry Modino nous avait présenté le projet de la FFR de lancer des festivals de rugby cet été. Mais samedi dernier, j’ai compris que cela aussi allait certainement être renvoyé et resté au stade de projet. Donc, on est prêt, on a plein d’idées, on a des gens qui sont mobilisés pour ça. Je le vois avec les échanges que j’ai dans les groupes Facebook des différentes catégories de jeunes, il y a beaucoup, beaucoup d’attentes, d’envie de se retrouver sans pour autant se refaire la bise mais la convivialité qu’il y a autour de notre sport manque à beaucoup de gens aujourd’hui. On a besoin de clôturer cette saison autrement que de cette façon qui n’est pas dans nos us et coutumes. J’espère qu’on pourra juste le faire avant le 30 Juin sinon, si ça glisse sur Juillet, ça va être compliqué. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-10-avril-2020/

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