#Rugby – Fed1 / S.Bouillon (Nantes) : «Il y a la place à Nantes pour devenir un joli petit club!»

Sylvain Bouillon, l’ouvreur du Stade Nantais a participé à l’un de nos débats sur la fédérale 1, l’occasion pour celui qui joue pour les éléphants depuis 3 saison, de nous donner un sentiment sur la situation actuelle. Du confinement dans sa Soule natale, à la gestion de la condition physique , ainsi que les ambitions du club de la Loire Atlantique, l’ex albigeois nous fait un bilan de cette saison qui restera hors cadre.

LC : Sylvain, comment des mordus, des accros, des drogués du rugby arrivent à passer de longues semaines sans voir une balle ovale transiter ? 

 

SB (Nantes) : Déjà, dès que j’ai su qu’il y avait confinement, j’ai pris ma voiture et je suis rentré dans mon Pays Basque natal où j’ai un peu plus d’espace et où je suis avec ma mère. C’est vrai qu’être confiné en centre-ville dans une grande ville c’est, je pense, un peu compliqué. Donc, j’ai pris la décision de rentrer et de profiter du beau temps et un petit peu de la campagne. 

LC : On va rentrer dans le vif du sujet. Cette saison restera pour tous assez ubuesque, exceptionnelle, hors du commun ou hors du temps, comme vous le voulez. Quel souvenir te restera de cette saison ? 

 

SB (Nantes) : Cette saison, ça restera l’état d’esprit des mecs et un super groupe qui vit très bien avec quelques victoires qui ont fait du bien, notamment à l’extérieur. On gagne à Saint-Jean-de-Luz, on gagne à Marmande, des choses qui ont soudé le groupe. Après, c’est un peu dommage parce qu’on était bien placé et on avait un calendrier abordable, on aurait pu faire une très belle saison. 

 

LC : Vous croyiez encore au Jean-Prat avant l’arrêt des compétitions? Ça vous trottait encore dans la tête au mois de Mars ? 

 

SB (Nantes) : Oui, on était à 3 points de Dax qui était second. On avait encore deux matchs à la maison, notamment contre Saint-Jean-de-Luz et un match chez le dernier, Bergerac où on pouvait quand même espérer engranger un maximum de points. Donc oui, on y croyait encore à fond même si on s’était un peu loupé contre Dax avec un match nul à la maison. Mais on y croyait et ça aurait pu être une très belle saison. Malheureusement, il y a des choses plus graves que le sport et c’est  comme ça, il faut faire avec, on n’a pas le choix. 

DR (Mag Sport) : Parlons un peu condition physique. Les programmes d’entraînement, ils ont leur limite, on vous a donné combien de temps, 15 jours, un mois ? Comme le championnat est fini, est-ce que correspond plus à de l’entretien pour la prochaine saison ? 

 

SB (Nantes) : Pour ma part, à Nantes, on nous avait donné un programme sur 15 jours. Mais, vu que là tout a changé, ils refont un programme mais c’est toujours compliqué. Moi, je peux faire de belles séances parce-que j’ai des champs à côté de chez moi et que je peux courir mais il y en a d’autres qui sont vraiment enfermés en pleine ville donc c’est vraiment des choses de base. De toute façon, la saison est maintenant morte donc, je pense qu’au retour à l’entraînement, on reprendra sur du physique, du physique histoire de se remettre d’aplomb. Parce-que c’est vrai que ça va faire une longue coupure et que c’est toujours compliqué. 

LC : C’est certain. Sylvain, comment vois-tu l’avenir avec Nantes en Fédérale 1 ? Avec quelles ambitions et quel format de poules vous conviendrait le mieux ? A Nantes, peut-être qu’une poule élite vous plairait ? 

 

SB (Nantes) : C’est vrai que Nantes ne se cache maintenant plus trop. Ils ont des ambitions d’être un club professionnel à terme donc il faudra faire mieux que cette saison, je pense qu’il faudra finir dans les deux premiers au minimum. Après, on ne sait pas économiquement ce que ça va donner, moi, j’ai juste mon ressenti sportif. De par la qualité du groupe et de notre staff, je pense qu’on se doit de finir dans les deux premiers pour au moins, peut-être l’année prochaine, jouer des matchs-couperet pour faire grandir le club et encore se donner d’autres atouts pour la saison d’après. 

 

LC : Un peu à l’image de ce que fait Blagnac actuellement ? 

 

SB (Nantes) : Oui, voilà. Et puis nous, a contrario de Saint-Jean-de-Luz, on est quand même la 6e ville française donc, on sait que le développement sera peut-être plus simple chez nous que chez eux même s’il y a une grosse opposition avec tous les sports. 

 

LC : Oui car, avec le foot à Nantes, c’est quand même pesant ? 

 

SB (Nantes) : Oui, il y a le poids du foot, le poids du basket, le poids du hand. Tous les clubs sont au plus haut niveau donc c’est une ville très sportive. Mais, il faut qu’on arrive à exister au milieu de tout ça car le rugby est quand même un sport hyper populaire qui peut ramener du monde donc, je pense qu’il y a vraiment la place à Nantes pour devenir un joli petit club de rugby mais il faut qu’on se donne d’abord les moyens sportivement pour arriver à ça. Je croise les doigts, j’espère. 

DR (Mag Sport) : J’ai une question qui s’adresse un peu à tout le monde, présidents, entraîneurs, joueurs. Au niveau Top 14 et Pro D2, peut-être pas au niveau Fédérale 1, n’es-il pas temps aujourd’hui de faire une réflexion collective sur les salaires et les niveaux des salaires ainsi que sur l’économie de ce rugby qui est en train de partir, je pense, vers des sommets astronomiques ? Est-ce qu’il ne pourrait pas justement y avoir une réflexion commune de tout ce monde-là pour redescendre un peu sur terre et que le rugby soit un peu plus vivable par tous les clubs ? 

 

SB (Nantes) : C’est vrai que c’est toujours un peu épineux surtout quand tu vois maintenant qu’il y a des joueurs qui émargent à 500/600 000€ la saison. Après, je me dis que si cet argent ne va pas aux joueurs, il va à qui ? Ce sont quand même les acteurs majeurs du jeu. Ce sera tout le temps une question de pognon, ce sera tout le temps la guerre entre chaque club, entre chaque instance. Je ne sais pas, c’est sûr que, quand tu compares des salaires de joueurs à des salaires de tous les jours, à ceux des infirmiers, à ceux qui sont sur le front aujourd’hui, tu te dis que c’est un peu indécent, c’est sûr. C’est trop pour taper dans un ballon mais ça malheureusement, c’est une question qui, je pense, pose grand débat et qu’il est certain qu’on ne va pas régler dans l’immédiat. 

LC : Sylvain, tant qu’on t’a, tu n’as pas rebondi sur la situation d’Albi et le fait que, pour l’instant, la LNR claque la porte au nez, temporairement on l’espère. Qu’est-ce que ça t’inspire comme sentiment ? 

 

SB (Nantes) : C’est sûr que moi, j’ai passé deux belles saisons à Albi. C’est un club que je suis depuis toujours, notamment parce qu’il y a toujours des anciens collègues à moi qui jouent. Je pense que, vu un peu ce qui s’est passé la saison dernière et sachant que, si le club ne monte pas, c’est un peu la mort du club avec des emplois menacés, la Ligue et la Pro D2 pourraient accepter quelques équipes et qu’il y a moyen de trouver une solution intelligente pour tout le monde. Même si c’est une saison exceptionnelle, il y a quand même eu un championnat jusqu’à mi-mars donc moi, je pense qu’il faudrait quand même prendre en compte tout ça, notamment pour des clubs comme Albi. 

 

LC : Quand il y en a pour 30, il y en a pour 32 ? 

 

SB (Nantes) : Exactement, je le pense, oui. 

LC : Sylvain, toi qui es à Nantes, on a vu passer un article dans le Midol qui parlait de la volonté de monter en Pro D2, de se structurer avec des pointures. Ce qui arrive actuellement est peut-être quelque chose qui va ralentir le processus c’est à dire que les dirigeants vont revoir la voilure largement à la baisse ? 

 

SB (Nantes) : Oui mais, pour en avoir discuté un peu avec eux et vu un peu comment ça s’est passé la saison dernière où on a quand même eu quelques petits problèmes économiques, je pense qu’ils ont vraiment pris conscience des choses et qu’ils ont bien fait les choses. Donc, je pense qu’on peut un peu voir venir cette crise même si ça sera compliqué. On doit être une dizaine de contrat, on est au chômage technique comme tout le monde, les primes des plus jeunes, les indemnités kilométriques sont sucrées. Ça, c’est aussi normal mais je pense qu’ils ont fait les choses bien et j’espère que cette crise ne va pas durer trop longtemps parce-que ce sera quand même compliqué mais, je pense qu’on pourra rebondir là-dessus. Après, on a l’avantage d’être dans une grande ville, il y a aussi ça à prendre en compte car on a maintenant un peu plus le soutien de la mairie. J’espère qu’on la gérera bien et que ça ne freinera pas les ambitions du club même si on est quand même très conscient qu’on ne va pas monter comme ça, qu’on est plein de clubs en Fédérale 1. Ce n’est que la 4e année donc on va y aller «  step by step  » comme on dit et on va faire les choses bien, j’espère. 

LC : On va essayer de terminer ce débat avec une note positive et une note d’avenir. Je vais vous demander ce qu’on peut se promettre, ce qu’on peut se souhaiter pour la prochaine saison ?

 

SB (Nantes) : Déjà, d’être en bonne santé, notamment nos familles, et de se refaire des petits Skype comme ça avec grand plaisir. De prendre des nouvelles de chacun, moi, ça me va. 

Propos recueillis par Loïc Colombié et Didier Revellat.

https://hearthis.at/radio.albiges/mag-sport-3-avril-2020/

Réécouter l’intégralité de notre second débat #Fed1 lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 3 avril 2020.

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