#Rugby / Le verbatim de la Fed1 – Ep3: Oloron (P.Séréna)

Depuis le début du confinement et des mesures gouvernementales pour lutter contre la crise Coronavirus, la rédaction du MagSport -RadioAlbiges organise des débats avec les acteurs de la fédérale 1. Aujourd’hui focus sur le FC Oloron et son Vice Président Pierre Séréna , qui quelques heures avant l’annonce définitive par France Rugby de l’arrêt des compétitions (le 27 mars 2020), avaient répondu à nos questions et celles d’Oussama Boucherka du Rugbynistère, en compagnie de ses homologues de Pamiers (Patrice Galy), Fleurance (Michel Courtès), Blagnac (Benoit Trey) et Lannemezan (Jean Philipe Dastugue).

LC : Pierre Séréna, première question, commentés passe ce confinement

 

PS (Oloron) : On fait comme mes collègues, on attend patiemment. On prend quelques kilos dans ce moment de confinement (rires). Et j’espère que ça ne va pas durer deux mois de plus parce-que sinon mes collègues vont pouvoir me recruter pour prendre un droitier parce-que je pense que je vais prendre quelques kilos. C’est une situation difficile mais il faut regarder devant soi et toujours se dire qu’il y a pire. J’ai une maison, j’ai un terrain où je peux sortir. Il y en a d’autres dans les villes qui sont complètement confinés et qui ne peuvent pas sortir donc, il faut toujours regarder à côté et prendre son mal en patience même si ce n’est pas facile mais comme tout le monde le fait. 

LC : Pierre, pour revenir sur le FCO, on entend souvent les clubs du haut de tableau parler de pertes économiques et financières. Mais, dans le bas de tableau aussi, il  va y avoir un impact financier sur vos clubs. C’est de l’ordre de combien. On entendait EricBonachera (SJLO) nous dire qu’il avait déjà 10% de son budget qui était dehors. Vous, à Oloron, vous êtes dans quel ordre de grandeur ? 

 

PS (Oloron) : Nous, on est pratiquement à 120 000€. 

 

LC : Sur un budget de 500 000€, ce n’est quand même pas une paille ? 

 

PS (Oloron) : Bien sûr puisqu’on avait budgétisé 60 000€ pour la venue de Mauléon car beaucoup de partenaires avaient acheté des tables, on était pratiquement 500 au repas d’avant match. Donc, 60 000€ plus la recette de Bagnères qui attire quand même du monde plus, comme l’a dit Jean-Philippe, allervoir les partenaires qui règlent leurs partenariats et leur demander les règlements, je n’en suis pas capable aujourd’hui. Donc, c’est compliqué et je crois que oui, on aura 120 000€ de perte sur un budget de 550 000€. C’est pas mal et ça commence à faire. 

LC : Pierre, tu nous parles de 120 000€ d’impact économique sur Oloron et encore, c’est la première vague. C’est comme le coronavirus, on verra sûrement la seconde à la reprise du championnat car il y a peut-être des entreprises qui, de ci de là, auront peut-être pliées boutique ou auront pris du plomb dans l’aile. Comment toi à Oloron, tu as pris l’annonce des 35 millions de fond de soutien au monde amateur ? Est-ce que ça a été une bouffée d’air et une nouvelle qui t’a réjoui ? 

 

PS (Oloron) : D’abord, je pense que le fait que la Fédé soutienne tous les clubs amateurs est une bonne nouvelle et c’est déjà très bien. Maintenant, 35 millions, comment cela va être utilisé, comment cela va être réparti ? Je pense que si nous, à Oloron, on a 120 000€ de perte, je ne sais pas combien Blagnac va en avoir, je ne sais pas à Albi. Donc, c’est une enveloppe qui fait plaisir mais quand on voit le nombre de clubs qu’il y a aussi au niveau amateur, en Fédérale 1, Fédérale 2, Fédérale 3, les gros budgets qu’il peut y avoir aussi en Fédérale 2, il faut voir la répartition qu’il peut y avoir dans ces clubs. Bien sûr que cela fait plaisir mais maintenant, on va voir surtout la répartition et sur quels critères va être établie cette répartition. Je ne pense pas que ça va être réparti sur la perte de l’entreprise, ça va plus être réparti sur la perte de la billetterie que sur les entreprises qui ne vont plus donner dans les clubs, à mon avis. Donc, c’est une bonne nouvelle mais, comme je vous l’ai dit, il faut voir la répartition. 

OB : Est-ce que vous pensez que ce que veut faire la DNACG, c’est suffisant sur une saison pour permettre à certains clubs de se relever ? Est-ce qu’en une saison, on peut se relever d’un trou financier de 120 000€ par exemple ? 

 

PS (Oloron) : Honnêtement, je pense qu’il faudra au moins deux ans pour assainir les finances et retrouver un équilibre. 120 000€ pour un club comme Oloron, c’est beaucoup, surtout que ce match de Mauléon, tout le monde l’attendait, ça se rue sur les guichets, il y avait 3 000 personnes au stade. Donc, c’est vrai que c’est comme Tarbes/Lannemezan, c’est pareil, ce sont des derbys que tout le monde attend, y compris le trésorier. Donc, pour nous, c’est quand même compliqué, se relever sur un an, je ne vous cache pas que ce sera compliqué. 

 

LC : Dans une période comme ça, on va faire un peu d’humour. Pour Oloron/ Mauléon, il y a une personne qui est contente à Oloron, c’est la personne qui s’occupe de la voirie, il n’aura pas à remettre les panneaux dans le bon sens. Parce qu’on sait qu’il y a un petit jeu entre les panneaux d’Oloron et de Mauléon. 

 

PS (Oloron) : Exactement ! On l’avait prévu, on allait mettre le panneau d’Oloron sur la route de Bayonne. Comme ça, ils n’allaient pas mettre le panneau Mauléon. On avait prévu, les gars ! (rires)

LC : On va aussi poser une question qui est un peu transversale, qui est sociétale mais aussi rugbystique. On sait que le rugby a de grandes valeurs, cette crise du coronavirus nous ramène aussi un peu à ce qu’on est tous, à la façon que l’on a de consommer, de vivre, de voir la société. Est-ce que vous pensez que, comme on le disait au début, il y aura un avant/un après et que le rugby, comme la société française, va devoir se réinventer ? 

 

PS (Oloron) : Bien sûr qu’il y aura un après de tout ça, avec ce qui se passe en France et partout dans le monde. Mais je pense que ça va nous donner de grandes leçons mais aussi que les gens sont suffisamment intelligents pour repartir vivre autrement. Comme l’a dit mon collègue de Pamiers, le sport va peut-être redescendre un peu sur terre aussi parce-que je pense que le rugby prenait de grosses ampleurs avec l’argent, en Fédérale 2 et en Fédérale 3 aussi. Aujourd’hui, quand on contactait un joueur de Fédérale 3, il te demandait des sommes mirobolantes alors que ce n’était  » qu’un joueur de Fédérale 3 « . Il était peut-être content de venir jouer en Fédérale 1 mais l’argent a pris le pas sur tout. Et j’espère qu’il y aura un après de tout cela mais vraiment très positivement. Très positivement pour le sport mais aussi pour notre société parce-que, dans notre société, on vivait au-dessus de tous nos moyens, on se prenait beaucoup pour d’autres et je crois qu’on va revenir à des raisons beaucoup plus raisonnables. Et je pense que, malheureusement dans un contexte comme ça, on garde toujours des traces mais je crois que l’après sera vraiment positif pour tous. 

OB : On sait que le manque attire énormément. Là, il va y avoir un énorme manque de rugby, tant chez les pros que chez les amateurs. Moi, personnellement, je pense et j’espère qu’il va y avoir un énorme boom rugbystique au niveau des supporters qui vont vouloir revenir. On en parle souvent à la télé, quand on sortira de ça, ça repartira économiquement. Est-ce que vous pensez que ce sera pareil au rugby, sachant qu’il y aura moins de moyens et avec une perte ?  Est-ce que vous êtes préparés ou pas du tout à ce boom rugbystique ? 

PS (Oloron) : On peut refaire le Nouvel An au mois de Juillet, ça pourrait redonner du dynamisme et du gaz à tout le monde. 

 

LC : Ça va durer une semaine cette histoire ! 

 

PS (Oloron) : C’est ça, les fêtes de Mauléon le 14 Juillet ! 

LC : Pierre Serena, on ne va pas se mentir, on sait qu’Oloron/Mauléon n’aura pas lieu. Mais, on m’a dit dans l’oreillette droite que le brasseur d’Oloron était en dépression car il a une perte de 100 fûts ? 

 

PS (Oloron) : Là, je peux te dire une chose, c’est qu’il m’a appelé le brasseur ! Il m’a dit  » tu es sûr que ça ne va pas se jouer ? Il n’y a pas moyen ? « . Je lui ai répondu  » Non, il n’y a pas moyen, c’est comme ça, c’est comme ça « . Mais je pense qu’il a même dû appeler à Mauléon car Mauléon était en passe de se qualifier et quand on sait l’engouement populaire qu’il y a à Mauléon et l’engouement populaire qu’il y aurait pu avoir parce qu’apparemment, ils auraient pu prendre Bourgoin en Du Manoir. Alors, imagine un peu, faire venir Bourgoin en Soule, ça aurait été de la folie. C’est bien dommage que le championnat s’arrête là parce-que j’aurai aimé que ce club soit récompensé des efforts qu’ils font, pas des efforts depuis un ou deux ans mais des efforts depuis 20 ans. Comme a dit Benoit, eux, ils ont formé, ils n’arrêtent pas de former, ils ont énormément de valeurs et ça m’embête un peu si la route s’arrête là. C’est bien dommage pour eux parce-que moi aussi, j’aurai été à Marius Rodrigo voir Bourgoin car ça aurait quand même été un tirage au sort avec de la gueule. 

 

LC : Et puis, magnifique pour Mauléon qui monte de Fédérale 2. Aller faire un Du Manoir, c’est quand même quelque chose d’exceptionnel ? 

 

PS (Oloron) : C’est extraordinaire pour eux . On espère nous aussi un jour le revivre.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié / Oussama Boucherka

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-27-03-2020/

Réécoutez en intégralité notre premier grand débat fédérale 1, lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 27 mars 2020

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