#Rugby – Fed1 / V.Calas (Albi): «Je vis cette situation comme un gros point d’interrogation!»

Lors de notre second débat sur la fédérale 1, du 3 avril 2020 , Vincent Calas, le 3eme ligne aile du Sporting Club Albigeois, est revenu avec nous, sur un sentiment oscillant entre incertitudes et détermination. Malgré la situation sanitaire mondiale, qui amène tout un chacun à relativiser les choses, l’originaire de Béziers, nous décrit le sentiment d’une équipe qui face à l’adversité du destin, continue fermement à croire en ses rêves de ProD2. Focus sur un joueur qui a réalisé une saison hors du commun sous les couleurs jaunes et noires, et dont une partie de l’avenir est accrochée aux futures décisions des instances de l’ovalie.

Crédit photo Jacques Massine

LC : Vincent, en tant que joueur, on sait que tu es un hyperactif, il faut que ça bouge. Là, tu dois être un peu comme un lion en cage surtout avec l’attente en ce moment du devenir du Sporting ? 
VC (Albi) : Non, on s’occupe comme on peut. On a reçu des programmes des prépas physiques à faire pendant le confinement, ça fait trois semaines qu’on s’y attache et que, chaque jour, on fait un exercice physique. J’ai la chance d’habiter en campagne un peu à côté d’Albi donc, du coup, on en profite pour sortir, faire quelques balades et re-rentrer à la maison. 
LC : Dis nous, qu’est-ce qu’il te restera comme souvenir marquant de cette saison ? J’imagine que le plus marquant sera peut-être ce soir s’il y a une bonne nouvelle qui arrive de la Fédération Française de Rugby. En attendant ça, si on refait le fil de la saison, qu’est-ce qui te restera comme vraiment le moment clé ? 
VC (Albi) : Je dirai un peu comme Sylvain (Bouillon), l’état d’esprit qu’on avait dans le groupe, surtout un état d’esprit revanchard par rapport à l’année dernière. Je pense que, chaque week-end, on se rappelait la mésaventure de l’année dernière donc, du coup, on va garder ça comme état d’esprit. Et puis, les résultats qu’on a pu faire contre Blagnac, second de notre poule où l’on gagne avec le bonus à la maison. Là où on revient de loin aussi, c’est à Mauléon où on gagne de trois points mais à deux minutes de la fin et même dans les arrêts de jeu. Je crois que cette victoire-là notamment, on l’aurait perdue l’année dernière. Du coup, c’est l’état d’esprit qu’on a pu avoir cette année, où on n’a rien lâché jusqu’au bout. 
LC : Ce match de Mauléon aurait pu être fondateur pour des play-off si play-off il y avait eu ? 
VC (Albi) : Fondateur oui, parce qu’on a été mené tout le match. Franchement, je crois qu’on a fait le hold-up de l’année. On perd 18-9 à la 73e minute et à la 83e, il y a 21-18. Ça prouve qu’on ne lâche rien, même mené de 9 points à 7 minutes de la fin mais on n’a rien lâché jusqu’au bout. Et je crois qu’on n’aurait rien lâché jusqu’à la fin de la saison. Il nous restait Blagnac chez eux, Lannemezan et Tarbes chez nous. Je pense que c’était trois gros morceaux et que ça aurait été vraiment intéressant de les jouer pour se préparer pour les play-off. 

DR (Mag Sport) :  Vincent les programmes d’entraînement, ils ont leur limite, on vous a donné combien de temps,15 jours, un mois ? Comme le championnat est fini, est-ce que correspond plus à de l’entretien pour la prochaine saison ? 

VC (Albi) : On a reçu un programme pour 15 jours et au bout de ces 15 jours, vu que ça a été prolongé de 15 jours de plus, on a reçu un nouveau programme avec des séances qui alternent chaque jour entre haut du corps et bas du corps. Comme Sylvain, j’ai la chance d’être à la campagne, j’ai la chance de pouvoir aller gambader dans les champs, sur les chemins, faire un petit tour de vélo et  » revenir à la niche  » comme on dit. C’est vrai qu’on attend vraiment la fin de ce confinement, dont on ne sait d’ailleurs pas quand ça va arriver, déjà pour retrouver un peu le groupe parce-que je pense qu’on ne va pas se quitter comme ça. Et puis, s’il y a une bonne nouvelle, faire une bonne bringue. 
LC : Et puis, avec les débats qu’il y a entre la Fédé et la Ligue, tu n’es pas à l’abri qu’ils nous sortent au dernier moment un access-match pour lequel il faudrait que vous soyez un minimum préparés ? 
VC (Albi) : Oui, aussi mais je pense que, si ça doit se faire, ça se fera fin Mai voire début Juin parce-que, le temps qu’on remette tout à niveau, il y aura quand même du travail.
LC : On ne va pas te demander à toi ce que tu aimerais, ce que tu espérerais de la Fédérale 1 l’année prochaine puisqu’on sait que pour l’instant, dans ta tête, c’est la Pro D2 et rien que la Pro D2. Actuellement, le Sporting est en attente de validation par la Fédération Française de Rugby des classements nationaux. En étant premier national, Albi aurait une grande chance de pouvoir postuler à la Pro D2. Problématique dans le rugby français, il y a deux sésames : un de la Fédération et un de la Ligue et il va falloir maintenant que les deux violons s’accordent. Pour commencer, comment vis-tu cette situation et pour toi, s’il n’y avait pas d’accession en Pro D2, est-ce que tu le vivrais comme une injustice ? 
VC (Albi) : Je vis cette situation comme un gros point d’interrogation, on ne sait pas. Chaque jour, quelqu’un sort la sienne donc, je ne sais pas, on ne sait pas ce qu’il se passe dans les bureaux. A l’heure actuelle, ils sont dans les bureaux, peut-être que la réunion est finie, je n’en sais rien. J’ai appris hier qu’une nouvelle date était sortie pour le 7 Avril , puis fin avril donc on ne sait pas et on est dans l’attente. Pour l’année prochaine, je ne sais pas du tout où est-ce que j’en serai, où on en sera avec les autres si on monte ou pas parce qu’on nous a toujours dit que le club ne repartirait pas avec la section pro cette année si on ne montait pas. Donc, je ne sais pas du tout comment tout ça va se finir. J’espère bien parce qu’avec ce qu’on a vécu l’année dernière, même s’il ne faut pas revenir dans le passé, on sera encore passé près du Graal et ça ferait chier que, deux années de suite, on soit privé de notre rêve. 
LC : Avec tout ce que vous vivez humainement actuellement, et ce que vous avez vécu dans le passé avec ce groupe, si vous arrivez à monter en Pro D2, vous aurez une rage intérieure, quelque chose qui, je pense, sera loin d’être neutre ? 
VC (Albi) : Franchement, c’est sûr qu’avec ce qu’on a vécu l’année dernière, ça nous a encore plus soudé et heureusement parce-que sinon, je crois qu’on en serait pas là aujourd’hui. Comme je le disais en début d’interview, on se sert de ça à chaque match pour nous rappeler ce qu’on nous appris l’année dernière. La joie de vivre dans le groupe est top et je crois que, même si on ne se voit pas au jour d’aujourd’hui à cause du confinement, ça continue de perdurer. Vraiment, on languit que tout ça soit fini, que tout soit acté et que ça se passe bien pour nous pour se retrouver parce qu’être à la maison H24, ce n’est pas facile. 
LC : Vincent, on avait quand même l’impression depuis quelques années que c’était la course à l’échalote avec des salaires toujours plus, toujours plus hauts. Tu penses qu’il y va y avoir un coup d’arrêt donné avec cette crise ? 
VC (Albi) : Je ne sais pas du tout. Je rejoins Sylvain (Bouillon) sur le fait qu’en ce moment, il y a beaucoup plus de gens qui sont au front que nous et, en ce moment, ils méritent plus un plus gros salaire que tout ce qui touche aux jours précédents. Je ne sais pas, c’est délicat. A Albi, parce-que ça fait un petit moment que j’y suis, je sais qu’au niveau salaires, on n’était pas non plus des grands fous. Depuis que Bouillon (Sylvain. Présent lors du débat) est parti, ça va un peu mieux quand même parce qu’il prenait tout (rires). 
LC : Il prenait tout, je n’en doute pas
VC (Albi) : Et Bagate aussi ! (rires de Benjamin Bagate présent au débat). Non mais, ces questions de salaires et de sommes astronomiques, c’est vrai que c’est toujours délicat. Moi, je suis passé dans des clubs où ce n’était pas le cas donc je ne sais pas du tout comment tout ça peut se gérer. Mais, même par rapport au foot, je pense qu’on en est loin. 
LC : Toi qui, en tant que joueur, n’a quasiment connu que le professionnalisme, s’il y avait encore une désillusion, tu pourrais faire comme certains le disent et un peu tout envoyer valser en disant  » allez, le rugby pro, j’en suis dégoûté et je reviens au rugby amateur, aux vraies valeurs et au terre/terre  » ? 

VC (Albi) : C’est possible mais, pour dire la vérité, je ne me suis pas vraiment penché sur la question. 
LC : Je ne te demandais pas si tu allais le faire mais si c’était quelque chose d’envisageable ? 
VC (Albi) : C’est possible, oui, de revenir chez moi à Béziers et de retrouver un petit club à côté. Oui, pourquoi pas me plonger dans le rugby complètement amateur et me plonger aussi dans la vie active. Mais franchement, je pense que ce serait très dur, du jour au lendemain et que, comme on dit, je prendrais un coup derrière les oreilles. Ce serait dommage. 
LC : On ne te le souhaite surtout pas surtout que, pour l’instant, tu marchais sur l’eau. Cette saison, tu étais en plein accomplissement. 

VC (Albi) : Je ne sais pas, mais, si je fais une saison comme ça, c’est peut-être aussi qu’il y en avait 14 autres sur le terrain qui me permettaient de l’être. Il serait temps que j’en fasse une de bonne (rires). Ce que je veux dire, c’est que je ne me concentrais pas trop sur moi, je pensais surtout au groupe et au club et au final. 

LC : On va essayer de terminer ce débat avec une note positive et une note d’avenir. Je vais vous demander ce qu’on peut se promettre, ce qu’on peut se souhaiter pour la prochaine saison ?
VC (Albi) : La Pro D2 et si possible, revivre une saison avec Albi l’année prochaine, que ce soit bien sûr en Pro D2 ou même en Fédérale. Après,  » merde  » à tous, comme on dit et prenez soin de vous. 

Propos recueillis par Loïc Colombié et Didier Revellat.

https://hearthis.at/radio.albiges/mag-sport-3-avril-2020/

Retrouver (ci dessus) l’intégralité du Débat #Fed1 avec Vincent Calas lors du « Le #MagSport – RadioAlbiges » du 3 avril 2020.

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