#Football / Le ballon rond tangue entre équité et avidité

Dans la continuité de la crise du Covid-19 et de son confinement, le Président de la République, Emmanuel Macron, doit s’exprimer ce soir. Si un prolongement encore important du confinement n’étonnera personne, la question de la fin de saison de football semble des plus compromises.

Là où de nombreuses ligues de sport ont pris les devants en essayant de clarifier au plus tôt la situation, la LFP et la FFF ont pendant longtemps été catégoriques quand à l’aboutissement de cette saison 2019-20 de football. Les instances dirigeantes suggéraient alors de jouer en juin et juillet pour rattraper le retard constaté. Evidemment, une telle proposition n’a pu que faire jaser, notamment chez les amateurs où le football reste avant tout une passion ! Comme le révèle nos confrères de Footamateur, la Fédé semble finalement décidée à faire machine arrière. Nous en saurons sûrement plus dans la semaine, après la prise de parole de l’Elysée. Dans tous les cas, la décision des grandes instances ne pourra être que tardive et en appellera une autre : que faire pour la saison actuelle ? Entré équité sportive, sponsoring, et diffusion télé (pour les pros), la tâche s’annonce ardue et fera des déçus. Le Mag Sport récapitule et livre son avis sur les possibles scénarios. Une chose est sûre, chaque solution a ses avantages et inconvénients. Reste à voir s’il sera donné priorité à l’argent ou à l’équité.

 

Une saison blanche

Ce fut la première proposition à fuiter, merci monsieur Aulas. Si l’on met l’intérêt exclusif auquel pense le président Lyonnais avec une telle suggestion, la saison blanche semble plutôt bien classée en terme d’équité sportive. Elle présente cependant des lacunes évidentes. Prenons le cas évident de la rivalité OM-OL, en cas de saison blanche, les Gones seraient en Ligue des Champions la saison prochaine, après une saison pourtant compliquée, à l’inverse de Marseillais fiers dauphins du PSG. Cela enlèverait le mérite de plusieurs équipes au top cette saison et bien partis dans la course au podium, ou à la montée : Canet en N3, Pau en N1, Albères Argelès en R1… Pour tous ces clubs, une saison à la poubelle pourrait symboliser une frustration compliquée à gérer pour la reprise en août prochain.

 

Arrêter les classements au Jour J

Cette proposition en l’état semble dans de nombreux cas l’une des plus mauvaises, si aucun autre match n’était joué. En effet au fil des divisions, de nombreux matchs en retard n’ont pas pu être joué. Certes, si vous pointez du doigt le cas du PSG, ça ne leur manquera pas trop de ne pas jouer ce match en retard contre le RC Strasbourg. Mais de nombreux clubs auraient un grand besoin des possibles points de ces matchs manquants. Le triello entre Golfech, Colomiers et Castanet en poule 1 de R1 en est le meilleur exemple. Actuellement, Castanet est leader avec un point d’avance sur Colomiers, qui compte un match de moins et quatre points d’avance sur Golfech lesquels ont deux matchs de retard… J’ai l’écho de l’équité qui ne fonctionne plus sur le coup ! Rentre alors en compte la fameuse péréquation. Les calculs mathématiques ne sont pas forcément exceptionnels lorsqu’ils entrent en compte dans le monde sportif. L’Etoile Aussonnaise en est l’un des meilleurs exemples. Le club Haut-Garonnais a été capable lors des deux dernières saisons de coups de turbos exceptionnels pour se sauver de façon héroïque. Ont-ils pris des cours chez les Violets de Dupraz, on ne peut que le supposer. Cependant, la péréquation condamnerait sans retour Aussonne sans leur permettre de se défendre dans le money-time.

 

Ne prendre en compte que la phase aller

Supporter Lensois oblige, cette solution peut me plaire si je ne pense qu’à mon club. Lens serait promu en étant champion de Ligue 2 ! Mais une nouvelle fois l’équité n’est pas forcément au rendez-vous. Une telle situation ne tiendrait pas compte de l’avantage de jouer à domicile contre un concurrent direct et mettrait bien plus en avant les possibles coups de mou qu’un club a connu durant le début de saison. Prenons l’exemple de Saint-Orens, promu en R1. On ne peu que constater que leur phase aller fut compliquée avec trois points au compteur. Mais le coach Haut-Garonnais, Guillaume Balagué l’a confirmé dans nos colonnes, « ça enlèverait quelque matchs » et également le mérite des joueurs lors de ces rencontres. Avec quatre points sur neuf en phase retour, Saint-Orens s’est relancé en sortant de la zone rouge. Un mérite que l’équité aurait du mal à passer aux oubliettes.

 

Montées validées, descentes annulées

Ce sont les suggestions que l’on entend le plus dernièrement, et plus particulièrement pour les clubs professionnels avec une Ligue 1 à 22. Une telle situation commence à s’accommoder un peu plus du terme d’équité. Les équipes méritantes commenceraient à ne pas être frustrées de perdre leur bon parcours mais des équipes quasiment déjà condamnées seraient sauvées. On peut facilement penser ici au TFC ou à l’US Albi. Les dirigeants auraient ici à justifier pourquoi les Violets mériteraient de rester en Ligue 1 malgré une saison catastrophique empêchant ainsi Ajaccio, Clermont ou Troyes (les barragistes de L2) de prétendre l’accès à l’élite.

 

Continuer cette saison en septembre

Idée pour le moins pas si bête mais elle entraînerait à son tour des aménagements et un timing des plus serrés. Certes l’équité sportive est totale sur le coup.

Cette solution pose également ses propres questions notamment au niveau des Coupes. Doivent-elles perdurer ou être toute annulées, mêmes les compétitions Européennes ? Même sans coupe avec parfois jusqu’à dix rencontres à jouer, les clubs amateurs risquent une nouvelle fois d’être lésés. Niveau pro, on se plaint que l’on fait trop de match, mais ils pourraient sans soucis enchaîner deux matchs par semaine pour accélérer la chose. Malheureusement, il est difficilement concevable de demander à un joueur qui a son boulot à côté d’aller faire un déplacement entre Pibrac et Balaruc les Bains en pleine semaine. Les équipes qui n’ont pas un système de revenus pour leurs joueurs risquent d’être ici les dindons de la farce ! Il faudrait également voir comment organiser la saison suivante sans qu’elle ne finisse en été, et régler les questions des fins de contrat… sans oublier les contrats télé pour les championnats pros

 

Mêler avec la saison suivante

Cette solution proposée par Alain Giresse, qui retire quelques inconvénients de la précédente mais en rajoute. Les équipes qui avaient du plomb dans l’aile cette saison ne peuvent même pas compter se relancer la saison suivante. Mine de rien, la position au classement peut vous plomber les jambes en arrivant sur le terrain. On peut par exemple évoquer l’US Albi. Ancien club phare du Tarn, ils sont quasiment assurés de descendre en Régional 3 n’ayant pas encore glané le moindre succès en championnat cette saison. Les Tarnais auront à coeur de rapidement tourner la page de cette saison compliquée et se relancer la saison prochaine sur de nouvelles bases.

 

Le Lensois

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