#Rugby – Fed1 / L.Magnaval (Albi) : «Mes années Toulon ont été les plus marquantes!»

Nous avons réalisé, en ces temps de confinement, une interview portrait de Laurent Magnaval, le demi de mêlée du Sporting Club Albigeois. Formé à Nice et à Toulon , celui qui joue dans la cité épiscopale est revenu sur une carrière qui l’a vu côtoyer des légendes du rugby mondial et hexagonal. Ayant aussi évolué, au Biarritz Olympique, au Métro Racing, encore au Stade Montois, son arrivée dans le Tarn, lui a permis de re-côtoyer son ami d’enfance, un certain Romain Barthélémy. Amateur de pêche et de navigation, passions héritées de son père, Laurent Magnaval est comme tous les jaunes et noirs suspendu aux décisions des instances du rugby français, et dans l’attente de savoir si la ProD2 re pointera, enfin, le bout de son nez au Stadium Municipal. Focus sur un joueur qui ne manque pas d’humour même en ces périodes moroses et qui n’hésite pas à faire une dédicace à son compère varois de chasse , un certain Lucas Vaccaro.

 

 

Laurent, tu passes dans un cas particulier dans notre série de portraits sur les joueurs du  Sporting Club Albigeois. Le sport est à l’arrêt suite à la crise sanitaire coronavirus, on y reviendra en fin d’interview. Tu connais maintenant un peu le fonctionnement de ces entretiens-portrait des joueurs du Sporting, qui permettent de parler de la carrière d’un joueur dans son ensemble, pas uniquement en jaune et noir. Donc, on a un peu étudié ta carrière et on voit que, malgré le fait que tu sois né à Rosny-sous-Bois, tu as commencé tes premiers pas de rugbyman à Nice ? 

 

Oui, exactement. Je suis né à Rosny-sous-Bois parce-que mes parents habitaient et travaillaient sur Paris. Je n’y suis pas resté très longtemps parce que je suis originaire du sud-est et mes parents du Var. Du coup, ils ont vite été mutés dans les Alpes-Maritimes, du côté de Nice. Donc, j’ai commencé la balle ovale à Saint-Laurent-du-Var exactement, à l’école. Ça m’a plu et avec un copain, on est allé s’inscrire au rugby à Saint-Laurent-du-Var, une ville juste à côté de Nice. A Nice, c’était le Racing qui a fait faillite, du coup, le Nice Université Club a été monté, a fusionné et ça a été l’occasion pour moi et quelques copains d’aller à Nice. Donc voilà, ça a commencé à Nice. 

 

Ce club de Nice, c’est l’ancêtre de l’actuel Stade Niçois ? 

 

Exactement. Le club a après fait faillite, il y a eu une entente et une restructuration du club. En gros, ils ont travaillé autour de ça, ça fait bien une quinzaine d’années que j’y suis passé mais en tous cas, ils étaient déjà autour de ça, essayer de restructurer avec l’ambition de remonter un club digne de ce nom. 

 

Un Albi/Nice en 1/4 de finale du Jean-Prat aurait eu pour toi une saveur très particulière ? 

 

Ça fait un moment que je suis parti de Nice et après, il a eu le Pôle Espoir. Du coup, je suis vite venu sur Toulon, sur Hyères exactement avec ma famille, donc je ne vais plus trop sur Nice mais c’est vrai que ça a des odeurs de maison. 

 

De Madeleine de Proust comme on dit ? 

 

Tout à fait, et des débuts. Donc, c’est vrai que ça aurait eu une saveur particulière. 

 

Comme tout bon petit varois, le Saint-Graal, c’est Toulon, le Racing Club Toulonnais. De 2006 à 2010 puis après de 2010 à 2013 chez les grands, tu as porté le beau maillot au muguet. J’imagine que pour toi et toute ta famille, c’était une fierté incommensurable ? 

 

C’était génial. C’était mes débuts en équipe professionnelle et franchement, je ne pouvais pas rêver mieux que d’évoluer avec Fernandez Lobbe, George Smith, Wilkinson, c’était cool et c’était vraiment des bons moments. Surtout qu’on était plusieurs joueurs en même temps à avoir intégrer l’équipe professionnelle, je pense à Mickaël Ivaldi, Jérémy Sinzelle, Xavier Chiocci, Stéphane Munoz, quelques mecs avec des noms qu’on entend de ci de là et finalement, on était plusieurs à vivre un peu ce rêve à l’époque des débuts. Ce n’étais pas les débuts, débuts mais c’était Boudjellal et l’arrivée de Philippe Saint-André soit des gros moyens pour faire venir des joueurs avec une vraie volonté de créer un grand club donc, c’était top. J’étais aux prémices de Toulon champion d’Europe et du grand Toulon champion d’Europe avec Bernard Laporte. 

 

On voit qu’à ton poste de demi de mêlée, il y avait une pointure à l’époque, un certain Pierre Mignoni. Il t’a donné quelques ficelles ? 

 

Oui, super. Il m’encadrait, il était vachement dans le partage avec moi donc, c’était top. Il y avait Pierre Mignoni, il y avait Matt Henjack, Fabien Cibray

 

L’entraîneur de Provence

 

Oui, et moi-même. Franchement, c’était super de commencer à évoluer avec des professionnels et d’avoir ces joueurs-là avec moi. 

 

Comme tu es un garçon gourmand, tu es ensuite parti de Toulon. Tu es allé faire un petit tour au Stade Montois et au Racing Métro. Là aussi, ce sont des clubs qui, dans le paysage du rugby français, parlent ? 

 

Oui, l’exode a commencé là. J’avais pas mal joué en équipe première au RCT quand il y avait Saint-André. Après, Bernard Laporte est arrivé, du coup, j’étais un peu moins dans les plans et il a fallu bouger. Il me restait une année de contrat au RCT et j’ai fait une année de prêt à Mont-de-Marsan et à la fin de ce prêt, il y a eu une possibilité au Racing Métro et voilà, ça s’est fait comme ça. 

 

Tu gardes de bons souvenirs de cette époque au Stade Montois et au Racing ? 

 

Oui, super. Déjà, c’était la première fois que je partais de chez moi donc, riche en apprentissage. Ce n’était pas facile, notamment au Stade Montois, parce-que j’étais jeune. Partir loin de chez soi jeune, c’était un peu de l’apprentissage. Après, le Racing qui faisait des créances mais il y avait déjà les infrastructures avec les moyens, un centre d’entraînement qui avait été créé de toutes pièces par Jacky Lorenzetti. Et c’était vraiment le top et l’excellence avec encore une fois des joueurs de renom comme Jonathan Sexton, Dan Lydiate. En gros, un vrai club qui cultivait l’excellence. 

 

Avec aussi un certain standing ? 

 

Avec un certain standing, exactement, et des moyens pour pouvoir aussi se le permettre. 

 

Tu as porté le noeud-pap pendant ta période au Métro ? 

 

Le noeud-pap, c’était l’ancienne époque donc on n’a pas porté le noeud-pap mais c’est vrai qu’il y avait quelques petites anecdotes marrantes, des photos en costard affichées un peu partout dans les vestiaires, etc. C’était cultiver un peu le côté Haut-de-Seine et l’élégance à la mode Racing. 

 

Après le Racing, tu as fait des infidélités à ta Méditerranée chérie, tu es parti sur la Côte Atlantique, à Biarritz. Là aussi, le BO est une belle période de ta carrière. Et une période où tu as commencé à affronter le Sporting Club Albigeois en Pro D2 ? 

 

Oui, c’est vrai. On a joué quelques fois contre mon super pote niçois, on s’est rencontré à Nice et au final, c’était le début de notre rencontre avec Romain Barthélémy. Ça a été l’occasion d’être adversaires lors d’un Biarritz/Albi. Et oui, c’est une belle région, je ne l’apprends à personne, la Côte Basque, c’est vraiment une belle région, c’est vraiment agréable d’y évoluer au quotidien. Biarritz est un club historique, très, très animé, avec beaucoup de rebondissements au fil des saisons, notamment financiers, au niveau de la direction. 

 

J’allais le dire, sur et en-dehors du terrain ? 

 

Exactement, sur et en-dehors du terrain mais c’est vrai que le Pays Basque était franchement un cadre hyper agréable pour évoluer et pour y vivre tout simplement, en-dehors du contexte rugby et sportif. 

 

De toute façon, le Pays-Basque et le Béarn sont des terroirs bénis pour le rugby ? 

 

Absolument, c’est vrai qu’ils ont ça dans les veines, c’est une certitude. Tout le monde parle rugby, tu vas acheter ton pain, c’est rugby, tu vas au marché, c’est rugby. Et puis, il y a la vraie culture du derby Biarritz/Bayonne, ça aussi c’est une certitude, on ne pouvait pas y échapper. 

 

Tu me tends la perche. J’imagine que ces derbys ont dû te mettre des étoiles dans les yeux la première fois que tu es rentré sur le terrain, que ce soit à Jean Daugé ou à Aguilera

 

Oui, c’était top. La semaine était vraiment particulière, une semaine de derby, c’est vraiment particulier. Tout est fait dans la semaine pour te rappeler que c’est une semaine de derby donc encore une fois, du boulanger le lundi matin au supermarché le vendredi veille du match, tout le monde de la semaine te rappelait qu’il y avait le derby. Il y a des affiches partout dans la rue, il y a une ambiance particulière. C’est sympa, ça amène un peu de monde et ça rajoute un peu de saveur particulière à la semaine d’entraînement avant le match. Ce qui est marrant, c’est que c’est aussi bien à Biarritz qu’à Bayonne. J’avoue que c’est toujours sympa à l’extérieur parce qu’il y a un climat hostile et franchement, Jean Daugé, avec leurs supporters … 

 

Ah oui, entendre la Pena Bayona pour de vrai, ça doit quand même faire quelque chose, même si on joue chez l’adversaire ? 

 

Oui mais Swan et Romain Barthélémy pourront plus t’en parler. 

 

Swan m’en a déjà parlé quand il est venu vous voir à Mauléon. C’est la première question qu’on lui a posée en interview et il avait les yeux remplis d’étoiles rien que d’en parler. 

 

J’imagine bien. J’imagine que ça vaut presque, je dis bien presque, un pilou-pilou à Mayol. Mais, j’ai quand même une préférence pour Mayol, on ne va pas se le cacher. 

 

On n’en doutait pas ! Après ton aventure à Biarritz, avoir goûté à la Coupe d’Europe, au Top 14, à la Pro D2, tu t’es aventuré en Fédérale 1 avec le Sporting Club Albigeois qui venait juste de descendre de Pro D2. J’imagine que ton copain Romain Barthélémy, qui était capitaine du Sporting à l’époque et Fabien Dorey, qui était aussi venu faire une pige au Sporting Club Albigeois, ont du t’appuyer sur ce choix ? 

 

Oui, c’est clair. J’étais en fin de contrat avec le BO, je n’avais pas beaucoup joué parce-que c’était Maxime Lucu qui faisait déjà les beaux jours du Biarritz Olympique du coup, je cherchais un club. Comme tu l’as dit, je connaissais la situation du SCA par Fabien et surtout Romain donc, ça a été l’occasion de partager une saison avec Romain et de s’inscrire dans le projet de la remontée avec le SCA. 

 

Tu nous parlais du fait qu’il y avait des problèmes extra-sportifs à Biarritz pendant les deux saisons où tu y étais. Quand tu es arrivé à Albi, c’était aussi un peu une poudrière ? Il y avait eu cette descente en Pro D2 qui était un peu resté en travers de la gorge des supporters, il y avait des corps du club qui étaient un peu fractionnés. Tu n’as pas eu un peu peur en arrivant dans cette poudrière ? 

 

Je t’avoue que moi, quand je suis arrivé, au final, je n’avais pas connaissance de la transition. Je suis arrivé dans la phase  » on essaie de reconstruire et on avance tous dans la même direction « . Du coup, j’en ai un peu entendu parler mais je ne l’ai pas personnellement vécu donc, c’est un peu dur pour moi d’en parler, je n’en sais rien même. Par contre, la difficulté était surtout d’accepter la descente et de maintenant se projeter dans un objectif de remontée. Après, ça s’est fait plutôt naturellement et ce n’était pas le même type de problèmes extra-sportif qu’ils se passaient au BO. Je sens plus une communion et une vraie volonté de travailler et d’avancer ensemble à Albi que ce n’était le cas à Biarritz. 

 

On va parler de ta première saison au Sporting Club Albigeois, c’est une saison qui, pour toi, c’est fini en cacahuète tant sportivement que physiquement puisque tu avais terminé avec une blessure, un arrachement ligamentaire à l’épaule. Mais sportivement, c’est aussi la saison où, à chaque fois, la pièce n’est jamais retombée du bon côté. On se souvient d’un match à Bourg-en-Bresse où Albi devait gagner mais où les faits de jeu sont allés contre vous. Il y a eu une demi-finale aller/retour pour la montée face à Rouen où ça ne se joue sur pas grand-chose sur la dernière action au Stadium Municipale et sur une série de pick and go. Sur cette saison 2017/2018, on sent que le Sporting n’est pas loin mais il manque toujours ce petit brin de folie, ce petit quelque chose qui fait basculer le match du bon côté ? 

 

J’ai envie de te dire que c’est l’apprentissage. Clairement, sur cette première saison, il a manqué quelque chose, on peut dire que c’est l’apprentissage mais en tous cas, maintenant, c’est passé. J’ai l’impression qu’on a su s’en servir au fil des années pour progresser et essayer de changer un peu la donne. 

 

Avec le recul, sur cette première saison, le Sporting n’a peut-être pas été un peu présomptueux sur la Fédérale 1 en se disant que ça allait être une balade de santé pour remonter et que, finalement, vous avez été un peu surpris par le niveau de la Fédérale 1 Elite et par les guets-apens qui pouvaient y traîner ? 

 

Je ne crois pas qu’on se soit dit que ça allait être une balade de santé, loin de là, ça reste du sport. Et du coup, dans le sport, il faut d’abord y mettre des ingrédients et notamment de l’humilité. Donc, je pense que ça, on l’avait bien en tête. C’est surtout que tout était nouveau et encore une fois, il fallait apprendre. Il n’y a pas beaucoup d’exemples de clubs qui ont fait la descente/remontée de suite. En tous cas, ce qui est sûr, c’est qu’il y a une phase de transition, il fallait l’accepter et du coup, c’était peut-être cette année-là. 

 

On va maintenant parler de la seconde saison. On va essayer de ne pas trop épiloguer sur la fin, on l’a vécue ensemble à Rouen au micro à Diochon avec l’affaire Cardona. Mais, la saison de l’année dernière est quand même une saison assez marquante parce-que vous vous faîtes un peu secouer dans des terroirs, dans des bastions du Béarn et des pays de la Côte Basque. Je pense à Nafarroa, à Oloron, à Anglet. Mais tout ça, ça soude le groupe et on voit qu’en phases finales, vous arrivez avec un esprit conquérant. Face à Dijon, il y a déjà un cap de passé et puis, il y a cette demi-finale aller face à Rouen où, quand on vous voit sortir des vestiaires, on a vraiment l’impression de voir des vikings et que rien ne pouvait vous arrêter. On avait vraiment l’impression que, pour Albi, cette saison 2018/2019 était vraiment le bon moment pour monter. Et puis, tout s’est fracturé à Diochon ? 

 

Ce qui est marrant sur cette deuxième saison, c’est qu’on pourrait croire qu’il y avait déjà eu une expérience Fédérale 1 avec la Fédérale 1 Elite et au final, la saison d’après, c’était encore de la Fédérale 1 mais avec le Jean-Prat classique avec les 4 poules. Mais, ce qui est sûr, c’est qu’il a fallu repasser par l’apprentissage avec des équipes dîtes  » plus faibles  » sur le papier mais au final pas moins valeureuses, du moins chez elles. Du coup, il a fallu s’adapter à ça, on était toujours, pareillement à cette année, dans la peau du favori. Donc, c’est une situation qu’il faut apprendre à gérer et c’est vrai que ça a été un peu en dents de scie tout au long de la saison mais c’était notre histoire et c’était notre parcours. Et ça nous a permis d’arriver, comme tu l’as dit, plein fer sur les phases finales, avec des matchs vraiment de qualité et avec de l’envie, de la qualité, de la précision, de l’engouement parce qu’il y avait du monde et des supporters. Sur ces matchs à enjeu, ça a pris une autre tournure et c’est vrai qu’on est monté en puissance tout au long des phases finales. Le problème, ça a été l’arrêt, la dernière marche et cette histoire Cardona qui, franchement, nous a frustré et dont on essaie de se rappeler parce-que c’était clairement une injustice. 

 

Moi, je m’en rappelle. Tu commentais le match avec nous, avec aussi Fabien Dorey pour le côté Rouen. A la mi-temps, on s’est regardé et on s’est dit qu’ils ne pouvaient rien nous arriver. On pensait vraiment que le Sporting allait enfin re-tutoyer la Pro D2 et puis, il y a eu cette seconde mi-temps qui restera sûrement dans les annales de l’arbitrage mais pas dans les annales albigeoises qui est vraiment venue fracasser un groupe, avec tout ce que ça a engendré derrière. Il y a eu pendant quelques semaines une mise entre parenthèses, on ne savait pas si ça allait continuer à Albi. J’imagine que pour toi, le joueur professionnel qui ne vit que du rugby, ça a dû être une période compliquée et qu’entre joueurs, vous avez dû vous fédérer pour vivre ça ? 

 

Exactement mais je n’étais pas le seul puisqu’on est professionnels, je pense qu’il y a 90% de l’effectif qui est professionnel. Du coup, il a fallu être ensemble, aller chercher des réponses, accepter la situation, attendre un peu, se battre pour sauver les meubles tout en restant un peu dans l’expectative mais le dénouement a été plutôt positif. On n’a pas fini de reparler de ce dernier match de Rouen avec cette affaire Cardona mais en tous cas, ce qui est sûr, c’est qu’on a été dans l’attente, qu’on a eu un peu peur pour la situation du club parce-que ça, c’est la vérité des clubs de Fédérale 1. 

 

Ils sont à flux tendu ? 

 

C’est ça, c’est que c’est à flux tendu et que chaque choix, chaque montée, chaque billetterie a son importance pour maintenir le cap au niveau de la trésorerie. Donc, du coup, on attendu, on s’est serré les coudes, on s’est dit qu’on se rappellerait de ce moment et que, peut-être, avec cette injustice dont on avait été victime, on apprendrait plus, qu’on en ressortirait grandi et qu’on arriverait à en tirer une force et voilà, c’est cette saison. Mais non, saison bloquée avec ce coronavirus donc, il faut voir à quelle sauce on va être mangé. 

 

C’est là où j’allais en venir. On avait l’impression que cette saison, Albi allait être inarrêtable, tout le monde parlait du rouleau compresseur jaune et noir. Malgré un petit accroc à Saint-Sulpice, vous faîtes quasiment la saison parfaite, vous êtes premier national, c’est à dire quasiment avec une voie royale pour les phases finales. Et là, patatras, c’est le contexte sanitaire, c’est une crise sans précédent qui arrive et qui vient arrêter la marche en avant du Sporting. Passe-moi l’expression mais on a l’impression qu’à la maison jaune et noire, on est mafré 

 

Oui, c’est vrai qu’on se dit  » putain, qu’est-ce qu’on a fait ? « . C’est peut-être Cardona qui manigance tout ça, peut-être que chez lui, il gère un peu tout ça (rires). 

 

Je ne pense pas qu’il ait ce pouvoir là (rires)

 

La différence entre l’année dernière et cette année, c’est que l’année dernière, c’était vraiment une réelle injustice. Cette année, pour le moment, c’est que peu importe le secteur d’activités, toute la France et tous les pays européens sont dans le même cas. Donc, c’est une situation inédite, à situation exceptionnelle, démarches et actions exceptionnelles du coup, on est un peu dans l’attente de savoir comment on va pouvoir freiner cette épidémie et comment notre championnat va pouvoir repartir parce qu’on a hâte de jouer les phases finales. C’est vrai que jusqu’à présent, on a eu ce petit accroc à Saint-Sulpice mais pour le moment, on est sur le bon chemin, en tous cas pour des phases finales. On avait à cœur, et on a à cœur cette saison de franchement essayer de faire monter le club. Ce serait très, très difficile que le championnat soit gelé, vraiment pas acceptable pour nous parce-que ça fait trois ans qu’on se lève le cul et trois ans qu’on n’est pas loin. Et franchement, je pense qu’on mérite d’aller le chatouiller un peu du bout du doigt. Ce serait difficile aussi d’être privés de phases finales parce qu’on attend ça depuis le début du championnat. 

 

Tu as discuté un peu avec tes coéquipiers ? Vous échanger un petit peu sur la situation ? 

 

Oui, on en discute mais c’est ce que je te disais, la vérité, c’est qu’on ne sait pas. C’est que très clairement, à l’image de tous les secteurs, on ne sait rien, on verra bien. Le maître mot, c’est la santé et le ralentissement de l’épidémie donc au final, évidemment qu’on en en parle entre nous mais les décisions seront prises et viendront d’au-dessus, dans un souci de santé. C’est vraiment la priorité et c’est la priorité pour le bien de tout le monde en-dehors du rugby et du monde du sport. Là, on est tous dans le même bateau. 

 

Tu nous parlais de bateau, on imagine que tu es parti dans le Var vivre ce confinement. Par contre, tu as eu une punition, ils ont interdit la pêche. Toi, le grand amateur de pêche, tu ne peux même pas aller pêcher en bateau ? 

 

Belle transition (rires). Et oui, il faut se plier aux règles, c’est important que ces règles soient respectées. Du coup, je suis juste à côté de la mer, il fait un grand soleil. J’ai déjà la chance d’être sous le soleil, d’avoir un petit peu d’extérieur pour pouvoir bouger mais en tous cas, ce qui est sûr, c’est qu’il y a des consignes et qu’on ne peut pas aller en mer. Confinement, c’est confinement et en plus de ça, imagine qu’il y ait un souci en mer, ça peut nécessiter l’intervention de secours ou mobiliser du personnel. Du coup, l’idée, c’est d’être à 100% contre le coronavirus donc de ne pas être égoïste et de ne pas penser qu’à soi. On respecte les consignes et on espère que ça se terminera le plus rapidement possible. 

 

Tu peux nous parler un peu de cette passion du bateau ? Ça t’es venu tout jeune en habitant au bord de la mer ou c’est vraiment quelque chose que tu avais vraiment dans les veines, tu avais l’esprit marin depuis tout petit ? 

 

Oui, je pense que je l’ai depuis tout petit mais c’est cultivé par le contexte familial. J’ai un oncle qui avait un bateau et qui nous emmenait à la pêche, faire de la palangrotte, pêcher de la soupe de poissons et franchement, depuis tout jeune, ça m’a plu. Tu l’as dit, on est quand même en bord de mer et très près de la côte donc, ça paraît inévitable de vouloir s’y projeter et d’aller un peu naviguer dessus. Et mes parents sont passionnés, mon père a un voilier. Au début, il louait des voiliers puis il a acheté le sien donc, on a pas mal navigué en famille avec mon frère et ma mère. et c’est venu naturellement. Franchement, c’est plaisant, c’est un moment un peu différent, on coupe vraiment de ce qui se passe à terre. C’est un milieu qui me plaît bien et où, en tous cas, je me retrouve. 

 

Pour passer sur un côté un peu humour, on a vu que tu as aussi converti un chasseur à la pêche. Lui aussi, c’est un varois, c’est Lucas Vaccaro. On a vu passer des photos où il est venu pêcher avec toi ? Ça a quand même dû être quelque chose parce-que lui, c’est plutôt la chasse et le pied terrien qu’il a. 

 

C’est la chasse mais il a des licences dans tous les sports, il est passionné de tout, Lucas. Du coup, c’est chasse mais c’est aussi chasse et pêche. Du coup, je me demande si ce n’est pas lui qui a créé le programme et qui organise les différents documentaires sur la chaîne Season. Donc, il n’était pas très difficile à convaincre. Mais, à contrario, il a aussi réussi à m’enquiller un peu à la chasse, je ne pensais pas y aller mais il a réussi à m’enquiller, à m’emmener aux palombes et aller voir autour d’Albi ce qui s’y passait. Donc, tant mieux, ça change un peu de contexte, on sort un peu du rugby et surtout, ça nous permet d’être ensemble et dans la nature et c’est top. 

 

Dans des valeurs qu’aiment bien Arnaud Méla. S’il y avait un moment de ta carrière, que l’on espère encore longue car tu n’as que 29 ans, à retenir, ce serait lequel ? 

 

Pour le moment, je t’avoue que mes années Toulon sont quand même marquantes. C’est le début de ma carrière professionnelle, il y avait vraiment un contexte particulier avec Wilkinson et toutes ces grandes stars et franchement, c’était très instructif. J’ai été rapidement immergé là-dedans avec notamment un match au Vélodrome, un match à Thomond Park en Irlande contre le Munster où on avait pris une branlée mais qui était au final, vraiment génial à vivre. Donc, si je dois t’en dire un, j’ai celui-là qui vient naturellement et ce qui me vient en suivant, c’est toujours toulonnais, ce sont les années jeune avec mes collègue de Toulon. Je pense que, peu importe le sportif, peu importe le sport, peu importe le niveau auquel on joue, au final, les années les plus marquantes, les plus joviales et les plus insouciantes, ce sont celles de la jeunesse. Donc, ce sont ces années avec notamment un titre de champion de France Reichel avec Toulon et tous les moments passés au Pôle Espoir au RCT avec les équipes jeunes et mes collègues à Toulon. 

 

Tu nous a donné deux moments, il en reste un 3e pour être sur le podium, ça pourrait être une montée en Pro D2 avec le Sporting Club Albigeois et une belle fête au Vigan ? (Itw réalisée avant l’arrêt définitif des compétitions)

 

Exactement, ce serait magnifique et ce serait des bons moments. Je t’assure qu’on les prendra à cœur et que ces moments, on s’en rappellera. 

 

C’est tout le mal qu’on souhaite au Sporting ainsi qu’à toi. On te dit de rester au chaud comme tout le monde dans cette crise sanitaire et à très bientôt

 

Merci, à bientôt

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s