#Rugby /B.Laporte (FFR) : «Ce qui m’importe, c’est la santé de tout le monde!»

Le président de France Rugby, Bernard Laporte nous a accordé une interview, lors d’une journée qui fera date tant dans le monde du Rugby que de l’histoire française. Plaçant l’intérêt sanitaire de la nation, au dessus de toutes autres considérations, l’ancien ministre des sports, teinte cet entretien de beaucoup de solennité et de gravité, face à une Crise Coronavirus-Covid 19 qui laisse l’ensemble des acteurs du rugby dans l’expectative. Malgré une vive inquiétude pour l’économie du sport en général, l’homme fort du rugby français tente d’envoyer un message d’apaisement à l’ensemble d’une famille, celle de l’ovalie, qui va devoir faire corps à l’instar de la nation .

 

Bernard Laporte, comme on l’a appris ce matin et comme beaucoup de disciplines depuis hier soir, le rugby vient de se mettre en stand-by pour cause de crise sanitaire due au coronavirus. Mr Laporte, c’était une décision qui était nécessaire et totalement inéluctable ? 

 

Effectivement, suite aux mesures et aux déclarations du président de la République hier, on a senti que le ton était grave et qu’on doit aller dans le sens des mesures prises par le gouvernement. Donc, c’est vrai qu’il n’a pas évoqué le cas du sport mais quand il dit qu’il ferme les écoles, les lycées, les collèges et les universités, ça veut bien dire que les rassemblements sont interdits, c’est aussi simple que ça. Et quand on fait des tournois ou des compétitions de rugby, il y a des rassemblements donc, on va dans le sens des mesures gouvernementales. Et ça me semblait nécessaire parce-que la priorité est quand même la santé des gens, c’est tout simplement logique. Maintenant, on va suivre l’évolution de ce virus, ne prenons pas de décision trop hâtive mais, pour le moment, tout est suspendu et on verra au fil du temps comment ça va évoluer. 

 

Ce matin, des confrères ont parlé d’une possible annulation du championnat de Fédérale 1, d’une annulation des montées et des descentes. A l’heure actuelle, à l’heure où on parle, ce n’est pas du tout le cas et ce n’est pas envisagé ? 

 

Non, non, pour le moment, on n’a rien envisagé du tout. Je le répète, on attend de savoir comment tout ça va évoluer. On a des réunions de crise tous les jours mais on ne peut pas maintenant parler sans savoir. Est-ce qu’on va pouvoir rejouer dans 4 semaines, 5 semaines, dans deux mois, dans trois mois ? C’est tout cela qui va dicter la suite des compétitions. 

 

On entend aussi un cri du cœur, un cri d’alarme qui monte de la base fédérale, des clubs amateurs et semi-pros sur l’impact économique, social et humain que va avoir cette crise. J’imagine qu’à la Fédé, vous avez une oreille très attentive sur ces remontées de la base ? 

 

Nous, sur la Fédération, ce qui nous intéresse, ce sont les clubs amateurs pas les clubs de Pro D2. 

 

Je parlais des clubs semi-pro comme Bourg-en-Bresse , Albi ou tous ces clubs qui tendent à monter ? 

 

Nous, ce qui nous intéresse, ce sont les clubs amateurs et il est effectivement question de créer un fond de soutien pour accompagner les clubs qui auront des pertes plus importantes que les autres. Donc oui, il en est question, on l’a évoqué et on va se pencher là-dessus dès la semaine qui arrive. 

 

Dans votre institution, France Rugby, j’imagine que là aussi vous allez être obligé d’adapter les conditions de travail de vos salariés

 

Notre problématique est comme celle de toutes les entreprises. On a des salariés qui vont avoir leurs enfants à garder dès lundi. Donc, il va effectivement falloir s’organiser et ce sont pour ces raisons-là que la direction de la Fédération fait des réunions depuis ce matin avec les salariés pour trouver les meilleures solutions. Encore une fois, le point principal, c’est la santé des gens. Il faut protéger les plus vulnérables donc, la priorité est de veiller sur les salariés et de leur dire  » occupez-vous de vos enfants et protégez vos parents et vos grands-parents « . Le travail devient secondaire. La Fédération a pris des mesures pour cela. L’Etat a pris des mesures pour accompagner les entreprises donc, ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus. Ce qui m’inquiète, c’est l’économie du sport en général, professionnel et amateur mais surtout, ce qui m’importe au-delà de tout cela et je le répète, c’est la santé de tout le monde. 

 

En clair, on est dans les valeurs du rugby, de s’occuper des plus faibles et de ceux qui en ont le plus besoin ? 

 

Bien sûr. J’ai eu beaucoup de présidents ce matin qui m’ont téléphoné et qui m’ont dit qu’on avait pris les bonnes mesures et que le plus important n’était pas de savoir si on allait monter, si on allait descendre. Le plus important, c’est que nos parents et nos grands-parents ne décèdent pas parce-que nous, nous n’aurions pas fait ce qu’il fallait. Je crois que là, le président a pris des mesures d’intérêt général, il n’y a pas d’autre mot. Donc, vous comprenez bien que le sportif, ça passe derrière. 

 

On vous remercie Bernard Laporte de nous avoir porté ce message en tant que patron de la Fédération Française de Rugby et en espérant que cette crise passe le plus rapidement possible en faisant le moins de rugby dans et en-dehors du rugby. 

 

Merci à vous

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

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