#Rugby – Fed1 / N.Chocou (Albi) : «Il ne faut prendre personne à la légère!»

Le pilier droit du Sporting Club Albigeois, Nicolas Chocou, de retour après des longs mois de blessure, nous a accordé un entretien. Victime d’un syndrome rare, celui de Claude Bernard Horner, l’ex narbonnais et massicois, après l’inquiétude légitime, à remonté la pente tout en évitant une opération, qui aurait anéantit ses rêves de playoffs. Pour celui qui découvre la fédérale 1 avec Albi, le printemps lui permettra peu-être, de prendre une revanche avec ses deux anciens clubs, tout en menant en ProD2, une famille jaune et noire qui l’a vite adopté. Focus sur un garçon jovial, qui entre deux parties de pétanque entre amis et un pari capillaire, n’oublie pas de regarder fixement vers l’horizon des playoffs Jean Prat.

 

 

Pour toi, le long tunnel de la blessure est en train de s’évaporer puisqu’on a vu que ce week-end, tu as fait tes premiers pas sur la pelouse. Et j’imagine que ça a fait beaucoup de bien à la tête ? 

 

C’est clair, ça fait beaucoup de bien à la tête. Ça fait plaisir aussi de rejouer avec les collègues, de revoir les supporters, de revoir le pré. Après 3 mois, 3 mois 1/2 de galère, parce-que je pense que cette blessure d’un petit peu avant mon arrêt, ça fait un bien fou de reprendre, comme tu le dis. 

 

Tu peux nous parler un petit peu de cette blessure ? On sait que tu as hésité entre te faire opérer et ne pas te faire opérer. Ca a quand même été compliqué ? 

 

Oui, ça a été compliqué. C’est une hernie en dessous des cervicales, entre les dorsales et les cervicales. Je pense que je trainais ça depuis un petit moment parce-que ça allait les premiers matchs puis, ça allait de moins en moins bien sur les mêlées. Je me suis arrêté deux semaines et quand j’ai repris, je crois que c’était contre Lannemezan à la maison, dans la semaine qui suivait, on préparait le déplacement à Tarbes. Je fais une mêlée en opposition à l’entraînement et là, ça craque complètement. J’ai eu une perte de sensibilité dans le bras, j’ai la vue à gauche qui a un peu baissé et je me suis dit  » il faut que j’aille voir le docteur « . On fait tous les examens et ils m’ont diagnostiqué cette hernie. Là, je commence à voir le bout du tunnel et c’est une bonne chose. Il n’y a pas eu d’opération, ça s’est bien remis, j’ai bien bossé et j’ai fait tout ce que j’avais à faire pour être au top. 

 

On sait que les cervicales, c’est un peu le nerf de la guerre pour un pilier. Avec ce que tu nous racontes, quand cette blessure est arrivée, tu as dû pas mal gamberger et limite te demander si tu allais pouvoir rejouer au rugby ? 

 

Oui, c’est clair. Quand on te fait tous les examens et qu’on te diagnostique une maladie qui est en plus un syndrome rare, le Claude Bernard-Horner, c’est à dire que tu perds un peu de la vue à cause d’une hernie, ce n’était pas rigolo, rigolo sur le coup. On m’a parlé d’opération, je suis allé voir un spécialiste sur Toulouse qui lui n’a pas voulu m’opérer parce qu’il m’a dit que ça pouvait se résorber tout seul. On a tenté ce pari et, à force de travail, au bout de trois semaines, j’ai déjà réattaqué le renfo des cervicales. Au bout de trois mois, le fait est que je peux rejouer et de me sentir en forme plus que jamais. 

 

Du coup, quelles ont été tes sensations pour ce premier match face à Saint-Sulpice-sur-Lèze ? On imagine que tu vas monter en puissance pour arriver plein fer, lancé comme un frelon pour ces play-offs ? 

 

Personnellement,  j’espère que je suis monté en puissance et que le groupe aussi monte en puissance petit à petit. Je pense que c’est ce qu’il faut et ce qu’il va falloir pour faire de bonnes phases finales et monter en Pro D2. Ça, c’est clair et net. 

 

Quand tu as signé à Albi, on t’avait vendu comme un pilier droit et mais que tu pouvais aussi dépanner à gauche. Avec l’exclusion de Maxime Escur pour un match à minima, il ne va pas y avoir légion sur ce poste de pilier gauche. Tu pourras dépanner à gauche ? 

 

Je pense plutôt que ce sera mon collègue Damien Nevers qui dépannera à gauche. Moi, je suis spécialisé à droite et justement, avec l’hernie cervicale, je préfère rester dans ma spécialité et ne pas m’amuser à passer à gauche après ce qu’il m’est arrivé et rester vraiment focus sur mon poste.

 

Ton poste de pilier droit, c’est un poste où il y a très peu de joueurs français qui y jouent, c’est une denrée rare. Tu dois te sentir parfois demandé parce qu’on parle de clubs qui sont intéressés par des profils français JIF piliers droits ? 

 

Oui, c’est clair. Moi, j’ai navigué un petit peu, c’est clair et net que, si Albi monte en Pro D2, moi, je veux rester dans ce club, dans cette ville. Tu sens qu’il y a quand même une passion du rugby et faire plaisir aux supporters et à toute la ville, se maintenir en Pro D2 l’année prochaine, ce serait déjà énorme. Monter et se maintenir, ce serait énorme. 

 

On va dire qu’Albi, l’essayer c’est l’adopter ? 

 

Exactement (rires). 

 

On parle de ces play-offs. Maintenant, vous êtes officiellement qualifiés en Jean-Prat mathématiquement. On n’en a jamais douté, que ce soit en terre albigeoise ou en Fédérale 1, mais là, c’est fait, c’est acté. Il y a d’autres équipes qui vont sûrement se qualifier en Jean-Prat. Une autre qui est qualifiée, c’est Massy, ton ancien club. J’imagine qu’une confrontation face à Massy ou aussi contre Narbonne ne te déplairait pas ? 

 

C’est clair que ça ne me déplairait pas. Mais, au plus tard on les prendra, au mieux ce sera pour nous je pense. L’objectif est non pas d’être qualifié mais de finir premier comme on le répète depuis le début. Et si on finit premier, on a déjà un petit pied en Pro D2. Du coup, l’objectif premier est de gagner tous les matchs qui nous restent à venir parce-que là, on a déjà trois points d’avance sur Massy. Si on gagne tous les matchs, ils ne pourrait pas nous rattraper et on éviterait Massy et Bourg-en-Bresse notamment en demi-finale. Quant à Narbonne, revenir au Parc des Sports de l’Amitié, ce serait un plaisir pour moi et de pouvoir monter et prouver ce que je vaut à Albi contre Narbonne, ça serait magique.

 

On sent un petit sentiment revanchard, de bonne guerre, contre cette équipe de Narbonne. Tu as un peu une revanche d’orgueil à prendre envers toi-même et envers eux ?

 

Oui, il y a un peu une revanche parce-que normalement, si Narbonne n’était pas descendu et avait respecté ses promesses, je serai encore Narbonnais à cette heure-là puisqu’à l’époque, il y a deux ans, j’avais signé pour 4 ans à Narbonne. Il s’est passé ce qu’il s’est passé donc oui, ce serait une petite forme de revanche contre cette équipe de Narbonne. 

 

Pour toi, il y a aussi un club où ça te fera sûrement plaisir d’aller ferrailler avec eux, c’est Dax puisque, pour le moment, c’est l’équipe qui affronterait Albi en 1/4 de finale si le championnat s’arrêtait aujourd’hui. On connait tes racines basquo-landaises, aller faire un petit tour à Dax à Maurice Boyau, ça doit te parler aussi ? 

 

Oui, que ce soit Dax ou même Saint-Jean-de-Luz, ça me ferait plaisir parce qu’il y aurait le soutien de toute la famille et de tous les amis qui sont là-bas. Donc, ce serait encore plus motivant sur un plan personnel et émotionnel. 

 

On sait aussi que tu aimes bien les ambiances typiques de Fédérale 1. On t’a souvent vu pendant ta blessure venir soutenir les copains même si tu ne pouvais pas jouer et faire le déplacement. Mauléon, tous ces coins-là de France, ces ambiances et ces cultures du rugby qui sont ancestrales, ça t’évoque des choses ? 

 

Ce sont des cultures du rugby, du rugby  » de clocher « . Ils sont attachés à certaines valeurs que l’on respecte. C’est pour ça que, quand on joue contre ces équipes, il n’y a aucune équipe à prendre à la légère en Fédérale 1. Moi, j’ai appris ça tout au long de l’année, c’est ma première année en Fédérale 1. Chaque équipe est batailleuse, accrocheuse et il ne faut prendre personne à la légère si on veut aller jusqu’au bout. 

 

En clair, il faut mettre le bleu de chauffe chaque samedi et chaque dimanche ? 

 

Il faut mettre le bleu de chauffe tous les dimanches. Il n’y a pas de petite ou de grosse équipe, on peut se faire surprendre à tous moments donc là, il reste je crois 4 matchs, il va falloir tout donner et ne pas regarder. 

 

On va finir avec la question décalée  » Le Mag Sport Radio Albigès « . On t’a vu avec une nouvelle coupe de cheveux et surtout une nouvelle couleur de cheveux, blond platine. On t’a un peu branché pendant le direct samedi dernier à la radio. Il paraît que tu as perdu un pari. Qu’est c’était comme pari ? 

 

Ça vient d’un pari fou avec un de mes meilleurs amis. On a parié sur une partie de pétanque et j’étais un peu trop confiant. Du coup, ça s’est retourné contre moi et pari fait, pari tenu. 

 

Donc maintenant, on sait pourquoi tu as une belle crinière blonde quand tu débarques au Stadium ou sur les terrains de Fédérale 1 ? 

 

Exactement, une belle crinière blonde (rires). 

 

On espère qu’elle te portera chance et que tu la garderas jusqu’à la Pro D2. Et après, si tu montes en Pro D2 avec ta crinière blonde, tu vas être obligé de la garder à vie ? 

 

Je vais être obligé mais ce n’est pas grave, c’est un choix (rires). 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

L’itw audio de Nicolas Chocou lors de l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges  » du 3 mars 2020.

https://hearthis.at/radio.albiges/magsport03032020/

 

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