#Rugby – Fed1 / G.Laporte (Graulhet) : «Offrir la plus belle des résistances!»

L’ex ouvreur international Français, vainqueur du Grand Chelem 81 et président du Sporting Club Graulhetois, Guy Laporte, nous a livré une interview à la bonne franquette, gorgée d’anecdotes et de quelques coups de gueule. Focus sur un président qui se fait une joie d’affronter les professionnels du Sporting Club Albigeois lors du derby Tarnais .

 

 

Guy, on vous dérange en pleins préparatifs d’avant-match de ce derby qui va être une véritable fête du rugby, comme l’a dit Jean-Christophe Bacca à notre antenne mardi. Et à Graulhet, le président met les mains dans le cambouis ? 

 

Oui, c’est normal. C’est la grande ville, c’est la grande équipe qui nous rend visite donc, c’est normal qu’on mette les petits plats dans les grands. 

 

Ca a même déjà commencé depuis jeudi soir parce-que, si j’ai les bonnes informations, il y avait un repas d’entreprises, un  » club affaires  » comme certains l’appellent, où il y avait le président Roumégoux. Donc, on va dire que le derby est lancé depuis jeudi soir ? 

 

Oui, c’était bien sûr sympathique puisque tout le monde est sympa. On avait réuni nos partenaires et on avait voulu le faire à proximité du match d’Albi. Il ne faut jamais oublier qu’Alain Roumégoux a grandi à Graulhet, son père André, une personne très sympathique, était notre président. 

 

J’imagine aussi qu’Alain Roumégoux, et il a dit vous en parler, quand il va franchir les portes de Pélissou en tant que visiteur, ça risque de lui faire un peu bizarre ? 

 

Un peu bizarre, oui et non (rires). Il avertit toujours ses troupes  » attention, attention, vous allez dans des clubs un peu plus modestes qui vont jouer au moins pour l’honneur « . Lui, ce qu’il veut, c’est évidemment arriver avec une équipe parfaitement rodée au mois de Mai parce-que le championnat pour Albi commence au mois de Mai. 

 

Pour Graulhet, c’est  » objectif commando maintien  » et comme je le disais avec Paul Armengaud, c’est quasiment obligation de faire un coup dimanche parce-que là, les points commencent à coûter très, très chers ? 

 

Bien sûr. On aurait dû gagner 3 ou 4 matchs de plus, qu’on a perdu à la toute dernière minute. Et c’est sûr que ces points perdus, par manque de lucidité ou d’avis favorables de l’arbitrage, ça nous dessert aujourd’hui. Et, compte-tenu de la réception d’Albi plus celle de Blagnac après, ? (2.24)

 

Il y a eu de grandes épopées graulhetoises avec un stade de Pélissou qui était comble, avec des gens qui montaient jusque dans les arbres pour regarder les matchs. Vous me disiez aussi que les arbres étaient maintenant bien tranquilles. Mais est-ce que les arbres vont être embêtés ce dimanche ? 

 

C’est marrant parce-que vous m’appelez justement alors que je suis au stade parce qu’on a un  problème avec la panneautiquetournante et je regarde ces arbres qui étaient habités quand on recevait le Stade Toulousain par exemple ou le Grand Béziers (rires). 

 

Est-ce qu’il y aura un locataire dimanche dans ces arbres ? 

 

A moins qu’Albi se déplace en nombre mais je ne pense pas, en plus, ça tombe en même temps que Carnaval (rires). Il y aura quand même une chambrée intéressante avec déjà plus de 350 personnes au repas d’avant-match. On mobilise aussi l’école de rugby, il y aura des animations pour eux avec château gonflable et présentation à la mi-temps. Les espoirs vont jouer en lever de rideau contre une belle équipe de Tyrosse. Je crois qu’il y aura beaucoup de maillots rouges et noirs dimanche, sur le terrain ou aux alentours, et c’est déjà pour nous une belle réussite. 

 

Et puis, ce derby entre Graulhet et Albi aurait pu ne jamais avoir lieu vu qu’à une époque, on parlait de fusion entre Albi et Graulhet. On est dans une période maintenant où beaucoup de clubs fusionnent, en parlent ou font coopération. A l’époque, vous étiez déjà au club j’imagine, qu’est-ce qui avait empêché cette fusion entre les Mégissiers de Graulhet et la préfecture albigeoise ? 

 

Je crois m’en rappeler puisque j’étais l’un des protagonistes de cette fusion. C’est vrai que Graulhet, à l’époque, avait des résultats et jouait en 1ère division. Albi n’avait pas encore connu les heures de gloire qu’il a connu un peu plus tard. Je sentais que le rugby allait devenir une affaire de grandes villes donc j’avais testé pour voir si un rapprochement était possible. Et c’était possible mais les dirigeants n’étaient pas prêts, à Albi notamment. Ils ne pensaient pas souhaitable que les clubs fusionnent. De plus derrière, Albi a quand même connu des heures glorieuses en faisant justement un effort pour bien figurer. C’est normal que la capitale du département offre au moins une vitrine de Pro D2. 

 

On imagine que, même si c’est le rôle des coachs, vous allez un peu remonter vos joueurs comme des coucous dans ce derby, en leur disant qu’il y a l’honneur d’une ville et d’un bastion du rugby en jeu, quel que soit le résultat ? 

 

Oui, je crois que justement, c’est un peu l’ADN de votre radio parce-que je vous entends parler de derbys, de l’honneur et de la grosse volonté. Je crois que c’est un peu le cas parce-que la différence est criarde au niveau rugbystique. Quand on a budget de 3M5 et non de 500 000, vous comprenez bien qu’on a de quoi s’offrir des joueurs de qualité (rires). Ça parle tout seul. Il y a quand même, et j’espère que les joueurs ne l’auront pas oublié, un honneur à défendre, un maillot. Et j’espère qu’on va offrir la plus belle des résistances, ce sera déjà la plus belle des victoires. 

 

On va revenir sur une problématique que vous avez eue suite au drame que vous avez vécu, le décès de Beka Burdiashvili, vous êtes en pénurie de piliers droits. On sait que la Fédération Française vous a donné une dérogation, qui a un peu fait parler quelques personnes. Je pense que la Fédération a fait un beau geste. Est-ce que vous avez trouvé ce pilier droit ? 

 

On attendait le match de Pamiers donc, on va prendre le pilier géorgien qui jouait à Auch et qu’Auch libère. Donc, ce n’est pas loin, c’est quelqu’un qui peut jouer des deux côtés et qui va soulager. Ça va surtout soulager les jeunes parce-que je ne me vois pas lancer les jeunes en pilier droit et les faire blesser, ce qui allait être automatique parce qu’en Fédérale 1, c’est d’abord la mêlée qui fait la différence. C’est aussi dommage parce-que pour rebondir aussi sur les piliers et la venue d’Albi, si l’hiver avait fait son boulot, au mois de Février, il pleut, le ballon est glissant, il y a des mêlées. On avait deux piliers droits extraordinaires, on en a perdu en route, c’est le cas de le dire et ça nous manque. Donc, Graulhet ne sera pas dans sa robe de mariée (rires). 

 

Et, pour rebondir sur cette dérogation, on a vu un candidat à la présidence de la FFR râler parce-que vous aviez eu une dérogation. J’imagine que cette histoire a du mal passé à Graulhet ? Je parle de Florian Gril en l’occurrence. 

 

C’est mal passé. La première réaction a été de dire  » c’est un con « . Parce qu’après tout, qu’est-ce qui manque à la Fédérale 1 ? C’est en plus de combler un vide un manque qui est anormal, qui est criard. Puisqu’on mélange des amateurs et des professionnels, il doit donc y avoir un joker médical automatiquement. Ce n’est rien moins que ça. Moi, je dis qu’il vaut mieux ne pas jouer que de mettre les jeunes au feu parce-que là, les hernies discales et tout ce que vous voulez, ça va tomber. 

 

Rassurez-nous parce qu’on a vu qu’il y avait eu un derby entre Tarbes et Lannemezan qui a été chaud bouillant. On a eu entre autres Henry Broncan qui nous en a parlé. Le derby entre Graulhet et Albi ne partira pas dans ses extrémités ? 

 

Ça dépendra d’Albi. Si Albi veut déclencher les hostilités, les nôtres répondront, ça, c’est sûr (rires). Au moins qu’ils ne jouent pas dans ce registre-là parce-que, dans ce registre, ils ne sont pas sûrs de gagner, loin s’en faut ! 

 

Vous ne vous échappez pas ? 

 

Non, on ne s’échappera pas par contre, on les craint dans les courses donc un peu de pluie aurait été la bienvenue (rires). Même ça, on ne l’aura pas. 

 

Il va falloir bloquer les extérieurs comme l’a fait Mauléon le week-end dernier ? 

 

Voilà. Alain Roumégoux disait  » on connaît les inégalités  » et je lui ai dit  » je crois que le mieux pour vous serait de vous présenter à 13 ou à 14, comme ça ça nivellerait un peu « . (rires)

 

On va aussi parler de quelque chose qui va vous tenir à cœur, c’est l’équipe de France qui a un rebond. Qu’est-ce que vous pensez de ce début de parcours au tournois de VI Nations, vous qui avez gagné en 81 le Grand Chelem ? 

 

Oui, c’est bien parce-que la période post Coupe du Monde offre un avantage d’essais, d’expérience et de mettre les jeunes dans le bain, ce qui est le cas. On a été champions du Monde deux fois de suite chez les moins de 20 ans. Je crois qu’on ne peut pas être champions du Monde si on n’a pas quelques qualités. Donc, c’est le moment de les démontrer au niveau supérieur même s’il y a des couacs. Je crois qu’on a le temps, sur un an ou deux de bien préparer et de faire progresser tout ce beau monde. Mais, il ne faut pas oublier que ce sera pareil chez les autres et que les rivalités existeront. Et vous avez vu les Gallois qui commencent déjà à brancher sur la mêlée. Donc, quand on est autant véhément, je crois que cette équipe doit avoir de la qualité. 

 

On va vous poser une question un peu anecdote. On était au téléphone avec un certain Laurent Gonzales qui venait souvent au Stade Pélissou dans sa jeunesse. Il m’a parlé d’un certain Guy Laporte qui aurait passé une transformation du talon, en face des perches. Cette histoire est vraie ou c’est une légende ? 

 

Non, c’est faux (rires). Mais il est vrai qu’à l’entraînement, je passais souvent des drops du talon. Je n’ai pas eu le courage de le faire en match (rires). 

 

C’est sûrement à l’entraînement qu’il l’allait vu mais il faut quand même le passer. 

 

Quand on s’y entraîne, tout arrive. 

 

Je ne suis quand même pas sûr que tous les ouvreurs actuels arrivent à le faire. 

 

Je me mettais à l’angle des 50. Une fois, il pleuvait à verse, j’ai gagné une caisse de champagne, du bord de la touche des 50 mètres. Il pleuvait des hallebardes, le gars de Leclerc me promet une bouteille de champagne et il est passé à gauche des poteaux. Il me dit  » demain matin, à 9h, tu passes au dépôt  » (rires). 

 

Ça, c’est une affaire qui marche

 

Voilà mais on tapait davantage de drops que maintenant.

 

On va finir avec la question un peu décalée Radio Albigès, vous savez qu’on aime bien chambrer. Avant le match entre Fleurance et Blagnac, on avait eu Michel Courtès, le président de Fleurance qui nous avait dit  » si on gagne contre Blagnac, je vais à pied à Lourdes « . Si vous gagnez contre Albi, vous faîtes quoi ? 

 

Je ne vais pas à Lourdes à pied, ça, c’est sûr (rires). 

 

A la Drèche ? 

 

A la Drèche ? Non. Si je gagne contre Albi, je ne me couche pas de la nuit, on arrose ça toute la nuit. Et vous serez mon invité ! (rires)

 

C’est très gentil. Et ce qu’on va vous souhaitez pour vous et pour Graulhet, c’est que lundi matin, vous ayez de grosses cernes ce qui voudra dire que vous aurez gagné. 

 

C’est gentil à vous, merci. 

 

 

 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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