#Football – D2F / N.Castanier (ASPTT FA) : «Lutter jusqu’au dernier moment!»

Nicolas Castanier, le coordinateur technique de l’ASPTT Football de l’Albigeois nous a accordé un entretien à quelques heures de rencontrer son ancien club, le Toulouse FC dans un derby de la mort pour le maintien.

 

 

Nicolas, on va commencer par rappeler ce qu’est ton poste de coordinateur technique. Parce qu’il y a plein de notions dans le foot, directeur sportif, coordinateur technique, ambassadeur, manager, coach principal. A force, on s’y perd. 

 

C’est vrai qu’il y a beaucoup de choses. Donc, je m’occupe des relations techniques et sportives évidemment entre les équipes, que ce soit la D2, les 19 ans, la R1, que tout se passe bien. 

 

Que sur la partie féminine ? 

 

Evidemment que sur la partie féminine qui est justement beaucoup de discussions, ce qui manquait un peu. Il manquait un peu ce boulot-là à l’ASPTT Albi, il manquait quelqu’un qui s’occupait de tout ça. Et ça, c’est mon rôle maintenant. 

 

Comme tu nous l’avais dit au moins de Juin, il y avait des lacunes et des carences. Tu arrives quand même dans une saison assez compliquée ? L’ASPTT joue le maintien en D2, en R1, c’est compliqué aussi. Est-ce que tu as au moins des bonnes nouvelles à nous donner des U19 ? 

 

C’est que les U19, les pauvres, n’ont pas trop de chance avec les résultats. Mais c’est encourageant, il y a une belle relève qui arrive, il y a clairement une belle relève. Maintenant, il va falloir nous aussi leur donner les moyens de réussir, c’est à nous d’être là pour elles, pour que tout se passe bien et qu’elles soient la relève des grandes. 

 

Quand on arrive dans un club, il y a souvent une feuille de route et des dossiers prioritaires. A quoi t’es-tu attelé en premier et quelle est ta feuille de route ? 

 

Le tout premier, c’était vraiment, vraiment ça, ce fameux dossier R1, les relations qu’il peut y avoir avec la R1, les 19 ans et la D2. C’était vraiment ça mon cheval de bataille parce-que la communication laissait à désirer. 

 

On va dire qu’il y avait de la friture sur la ligne ? 

 

Oui, c’était exactement ça, il y avait de la friture sur la ligne. Donc, il a clairement fallu rétablir un dialogue entre les staffs, avec aussi avec la direction un petit peu par moments. Il fallait être un petit peu cette oreille mais aussi le bâton quand il fallait être le bâton mais il fallait être comme ça pour que ça puisse un peu plus avancer ou du moins, qu’on ait des choses un peu plus carrées au niveau des structures et des infrastructures. 

 

On va aussi parler de la D2 féminine. Il y a eu un rebond il y a deux semaines avec une victoire face à La Roche-sur-Yon qui a a fait du bien à tout le monde, qui a donné du baume à cœur à tout le monde, suiveurs, supporters, joueuses, encadrants. Mais la saison est quand même compliquée. On le sait, il y a un effectif qui n’est pas pléthorique, il y a un budget qui a baissé. Il y a aussi des lacunes à l’ASPTT qui sont récurrentes, on sait que depuis des années, on cherche une grande attaquante. C’est un peu comme l’OM, la grande attaquante est la perle rare qui manque à l’ASPTT. Il y a eu aussi sur des phases de jeu depuis trois ou quatre ans sur des phases de jeu et des moments sur certaines phases de jeu où l’ASPTT est en difficulté. Mais il n’y a peut-être pas que ça, il y a aussi l’émergence de clubs pros qui sont en train de  » squatter  » cette D2 féminine ? 

 

C’est tout ça. Les clubs pros aujourd’hui ouvrent de plus en plus de sections féminines ou au moins, ravalent des clubs aux alentours pour pouvoir créer leurs propres sections féminines. Je pense qu’à la longue, en D1, il n’y aura plus que des clubs pros. Et en D2, il y a aura peut-être des clubs de Ligue 2 garçons qui seront là. Je n’espère pas, j’espère qu’on saura garder ce côté-là, ce côté un petit peu amateur chez les filles mais j’ai quand même peu d’espoirs que ça arrive un jour. A mon avis, l’argent finira de toute façon par prendre le pas. Moi, ça fait 10 ans que je suis dans le foot féminin et ça ne cesse de progresser. L’argent est de plus en plus présent, les infrastructures professionnelles, comme tu l’as dit, font de plus en plus de choses pour les féminines. Donc, les clubs amateurs sont de plus en plus en difficulté à mon avis pour les sponsorings, pour les partenaires. Ce sera de plus en plus difficile, il n’y en aura que très peu qui tireront leur épingle du jeu, j’espère qu’on en fera partie. Après, par rapport à nous et pour en revenir à ce que tu disais, cette victoire a fait beaucoup de bien à tout le monde, ça a vraiment été un vrai bol d’air. Et puis heureusement, vu les résultats du TFC le week-end où on a joué, c’était mieux. Heureusement qu’on a gagné, ça nous laisse un joker mais il est sûr qu’il ne faudra pas trop se rater jusqu’à la fin. 

 

Ce match contre le TFC va être, comme on dit dans le jargon,  » un match à 6 points « . Là, c’est vraiment le cas et pour toi, ça va avoir une charge assez émotionnelle ? Parce-que tu es parti du TFC l’année dernière, on va même plutôt dire que tu as claqué la porte du TFC. 

 

Non, je ne l’ai pas claquée, ils me l’ont claquée (rires). 

 

Je m’étais trompé de sens. 

 

Non, on va rétablir la vérité parce qu’officiellement, ce n’est pas moi qui suis parti. 

 

Donc, j’imagine que tu retournes là-bas remonté comme un coucou, passe-moi l’expression. Déjà, comment s’est fait ce départ du TFC ? Et quel est ton ressenti par rapport à ce club ? 

 

C’est forcément un club qu’évidemment j’apprécie. J’y ai passé 4 saisons, j’y ai gagné des titres et j’ai aussi évolué en tant qu’entraîneur. En fait, j’ai autant passé de saisons à Albi qu’à Toulouse donc effectivement, comme tu l’as dit, ce sont deux clubs qui me tiennent à cœur, c’est sûr. Maintenant, il y en a un qui m’a respecté plus que l’autre et voilà, c’est tout. Je n’ai rien contre les joueuses parce-que je garde de très bons souvenirs des joueuses du TFC. Je n’ai rien contre les gens qui œuvrent au quotidien, les dirigeants et même les supporters du TFC qui sont très souvent là. Mais oui, j’ai un peu la dent dure contre l’équipe dirigeante, clairement, parce-que ça ne s’est pas très bien fait, parce-que la gestion humaine n’est pas très bonne. Ce sont des problèmes d’humain, ça n’a rien à voir avec le football. Pour ce week-end, évidemment que ça va me faire tout drôle de revenir au stade mais j’aurai les couleurs d’Albi sur le dos et je serai à fond pour qu’on gagne et qu’on puisse revenir dans les talons. Et puis, même si on venait à gagner là-bas, ils seraient devant au goal-average donc oui, c’est cette mission là qu’on a. C’est de tout faire pour lutter jusqu’au dernier moment pour être dans les clous et rester en D2. Ça va être la motivation.

 

On le sent, il y quand même un brin de tension à l’ASPTT cette saison au sein du club. On le sent, on ne s’attendait pas à ça du côté de l’ASPTT. On visait les 6 premières places comme l’année dernière et là, c’est un peu la désillusion. Avec le retour des joueuses blessées, on sent maintenant une équipe type mais une équipe type qui se dessine, ça commence à aller mieux. On a vu l’autre jour dans nos colonnes une interview de Manon Cazes qui a fait couler un peu d’encre. Enfin, couler de l’encre non mais qui a fait réagir le club en interne. Elle a parlé avec le cœur mais je sais que, pour certains, l’interview a un peu piqué, il y avait peut-être des éléments qui n’avaient pas à sortir. On a souvent l’impression que, quand des équipes sont dans le dur, il y a une tendance, dans le foot ou même dans le rugby, à refermer un peu la communication. Est-ce que de fermer la bulle est aussi un levier pour pouvoir aller au bout de ses idées ? 

 

J’aime beaucoup ta fin de question parce-que c’est exactement ça. A un moment donné, il faut se recentrer sur les choses importantes et c’est le terrain. Le terrain, c’est le plus important et je crois qu’il faut qu’on fasse attention à ne pas trop s’éparpiller. Ce n’est absolument rien de méchant, j’ai juste dit ce qui sort en interne aussi. Il faut juste éviter de donner des billes à l’adversaire qui n’aurait éventuellement pas la vidéo et qui peut se servir de ces interviews ou pour haranguer ses troupes ou pour se servir de choses tactiques ou techniques contre nous. C’est qu’on était dans le dur, et j’espère que je parle au passé, et il faut éviter de donner le bâton, c’est simplement ça. 

 

Après, ce qu’on ne peut pas enlever à Manon Cazes, c’est que, comme sur le terrain, elle a parlé en interview avec le cœur et les tripes ? 

 

Manon, sur le terrain, c’est quelqu’un d’irréprochable. Sur un match de 90 minutes, s’il y en a bien une à qui on ne peut rien reprocher, c’est Manon Cazes parce qu’elle donne tout pour son maillot. Il n’y a aucun problème avec ça et elle sait ce que je pense d’elle de toute façon. Manon, c’est quelqu’un de très important pour ce club. C’est juste qu’il fallait un petit peu, non pas reprendre ou recadrer parce-que ce n’est pas le mot, maîtriser un peu mieux. 

 

Rassure-nous, nous la presse. Vous n’allez pas faire comme au PSG et tout verrouiller quand même ? 

 

Je te rassure, les filles viendront au Mag Sport (rires). Il n’y a aucun problème avec ça. 

 

Tu m’en vois ravi. On va reparler aussi de tes missions, on sait que tu devais aussi être un peu l’ambassadeur du club auprès des autres clubs tarnais parce-que l’ASPTT reste le club fanion du foot féminin tarnais. On en est où, est-ce que la mayonnaise prend auprès des autres clubs tarnais ? 

 

Ca travaille mais justement, le problème de cette mission-là, c’est que, comme tu l’as dit au début, on visait une toute autre place en termes de D2. La D2 étant la vitrine du club, tu comprends bien que les autres clubs sont un peu en attente de savoir ce qui va se passer à l’ASPTT Albi. Donc, je pense que le plus important à l’heure actuelle, c’est vraiment de maintenir cette D2, c’est évidemment le plus important. Après derrière, si ça se passe comme prévu, comme je l’espère, là, du coup, on pourra rouvrir les vannes et rediscuter de tout ça. Mais pour le moment, le problème est là, les clubs ne discutent pas vraiment, ils sont un peu soucieux de l’avenir de l’ASPTT Albi. Donc, ça avance mais beaucoup moins rapidement que ce que j’aimerai. 

 

Tu vas me dire que j’y tiens et que j’insiste mais on parle beaucoup d’un serpent de mer en Albigeois, c’est la fusion entre l’US Albi et l’ASPTT. Il y a un nouveau manager général avec des prérogatives élargies, David Welferinger, un ancien de la maison rouge et jaune. Est-ce que tu as déjà échangé avec lui ? Est-ce que tu connais le bonhomme ? Et est-ce que tu penses qu’il pourrait être le trait d’union de cette fusion qui pourrait quand même permettre au foot Albigeois d’avoir d’autres moyens et d’évoluer aux côtés du rugby ? 

 

Je ne le connais pas, si ce n’est de nom et de vue, mais on ne se connait pas, on n’a jamais échangé. Quant à la fusion, sincèrement, moi j’en avais entendu parler comme tout Albigeois je pense, on a tous entendu parler de cette fusion. Pour moi, ça reste très utopique parce-que je n’ai pas eu de retour plus que ça. Je pense que c’est plus le président qui est dans les tuyaux avec ce genre de choses. 

 

Et la municipalité qui pousse un peu aussi parce-que ça pourrait permettre de réduire les subventions et de cumuler ? 

 

Sincèrement, ce n’est pas de la langue de bois mais je n’ai pas d’info par rapport à ça, par rapport à la fusion, par rapport à qui veut ou qui ne veut pas. Je ne sais pas du tout donc je ne peux même pas parler de quoi que ce soit parce-que je ne sais. Je pense que c’est vraiment au-delà de mes compétences et qu’il y a d’autres personnes au-dessus de moi qui s’occupe de ça. Est-ce que c’est une bonne ou une mauvaise chose ? Honnêtement, je n’en sais rien. Je ne sais pas ce que ça pourrait donner, je ne sais pas quel club  » avalerait  » l’autre. Je pense qu’il doit y avoir des pour ou des contre, maintenant, je laisse faire les gens plus qualifiés que moi. 

 

Il y a aussi des egos ? 

 

Oui, il y aura peut-être des egos aussi bien sûr, évidemment. 

 

Et quelques chapelles ? 

 

C’est comme partout (rires). Il y a des egos dans tous les clubs. Mais je laisse faire les gens qui sont au-dessus, ils sauront s’occuper de ça beaucoup mieux que moi, je pense. 

 

Il y a bien sûr une autre question inéluctable. Selon ce qu’il va se passer à la fin de la saison, il peut aussi y avoir du mouvement à l’ASPTT, des changements, une réorganisation. Si l’ASPTT est en D2 ou en R1, ce ne sera pas la même chose, ce ne sera pas le même budget et ce ne sera peut-être pas aussi le même staff. Toi, tu te sens continuer, tu as envie de continuer dans ce club, tu es prêt à prendre d’autres prérogatives ? 

 

Evidemment qu’on parle de tout, on est obligé de parler de tout, on est obligé de tout anticiper. De toute façon, que ce soit maintien ou descente, on est obligé de l’anticiper. Maintenant, on n’en est qu’aux prémices et surtout, j’ai envie de te dire une phrase toute faite, on n’a pas envie  » de se porter l’œil  » en prévoyant ou l’un ou l’autre. Du coup, on se porte l’œil, ça ne fonctionne pas et au final, il faut qu’on change tous nos plans. Il y aura clairement des discussions d’ici quelques semaines. Mais pour le moment, on n’en est pas là du tout. L’objectif est vraiment le maintien, il faut que ça se maintienne. J’ai presque envie de dire qu’on n’a pas le choix, il le faut. Les joueuses sont, je pense, hyper concentrées sur cet objectif-là. Hors de question de les perturber avec d’éventuels changements. Ce n’est pas le but, il faut vraiment que tout le monde, équipe dirigeante, staff et joueuses restent focus sur cet objectif de maintien. Sinon, si on s’éparpille, je pense qu’on ne tirera pas tous dans le même sens et ce n’est pas bon. Mon objectif à moi, si la question est personnelle, c’est que ça se maintienne. Après, le reste, on verra plus tard. 

 

Adviendra ce qu’il adviendra ? 

 

Exactement, c’est ça. 

 

On le sait, aujourd’hui va se jouer une partie du destin de l’ASPTT en D2 Féminine. C’est un derby, un derby ou un choc du maintien, ça se joue avec  » la grinta « . La clé de ce match sera là ? 

 

Là, on ne parlera même pas de foot. Si je dois un peu réfléchir sur le match, je pense qu’à mon avis, ça va être un match un peu fermé, où les deux équipes vont un peu se jauger. Je pense que et l’une et l’autre auront peur d’encaisser des buts. A mon avis, ce sera comme ça. Maintenant, ce sont deux équipes qui se valent, on l’a vu au match aller, deux équipes qui sont dans le dur qui, comme tu dis, ont des sursauts d’orgueil à peu près aux mêmes moments. Donc, c’est vrai que c’est assez drôle de voir qu’on peut réagir aux mêmes moments. Ce sont deux équipes qui viennent de gagner donc, qui ont peut-être fait le plein de confiance. On verra mais comme tu le dis, oui, ça se jouera probablement là, à celle qui en aura le plus envie ou celle qui, peut-être, aura le moins de pression ou celle qui saura gérer le mieux la pression. Peut-être que c’est ça parce-que tu comprends bien que là, de la pression, il y en aura dans les deux camps, que ce soit Toulousain ou Albigeois. Et puis, on peut le comprendre, on peut comprendre parce qu’on a été sportifs tous les deux et on sait que sur des matchs comme ça, ça peut faire la différence. 

 

Il y a l’adrénaline qui monte

 

Exactement, c’est ça. Je vais juste terminer parce-que je l’ai promis et que je le fais, c’est revenir sur les supporters toulousains. C’est parce qu’on en a un peu discuté avec eux. Je sais qu’ils ont un peu eu la dent dure contre la direction toulousaine. Donc, je voulais déjà les remercier de leur soutien parce qu’ils m’ont toujours soutenu et ça, c’est plutôt important pour moi. C’est le TGS qui s’occupe de ça. Et j’en profite par la même occasion pour souhaiter un bon anniversaire à leur leader Florian pour ses 30 ans. Je leur dis à dimanche et j’espère qu’ils seront tristes. 

 

Le message est passé, on se donne rendez-vous pour ce derby occitan en espérant que la pièce retombe du côté des rouges et jaunes. 

 

J’espère aussi de tout cœur. 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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