#Football – D2F / P.Garrigues (ASPTT FA): «Si ce n’est pas eux, ce sera nous!»

Patrice Garrigues le coach de l’ASPTT Football de l’Albigeois nous a accordé une interview à l’aube d’un derby face au TFC, juge de paix pour le maintien en D2F (Dimanche 23 février à 14h).

On est avec Patrice Garrigues, le coach de D2 féminine de l’ASPTT Football de l’Albigeois. Patrice, bonjour et, pour une fois, je t’ai pour de bonnes nouvelles puisque le week-end dernier, il y avait match et il y a eu victoire en plus. 

 

Bonjour et oui, effectivement. A croire que je ne te réponds que quand je gagne et j’espère que j’aurai l’occasion de reparler avec toi dans dimanche contre Toulouse (rires). Non, c »était le travail et le temps qui faisait que je n’étais pas toujours disponible. 

 

Bien sûr et, en même temps, on l’a bien compris au Mag Sport, vous étiez un peu dans le dur à l’ASPTT. Vous avez fait œuvre de labeur pour essayer de compenser les points perdus depuis le début de la saison. 2020 commence quand même sous de meilleurs auspices, deux premiers matchs, un face à Nantes et un face à Montauban où vous perdez sur la plus petite des marges voire même Montauban où il y a avait peut-être la place de faire autre chose. A force, ça a payé avec cette victoire 2 à 1 face à La Roche même si il y a eu un suspens assez haletant ? 

 

Oui, moi, je retiendrai surtout la victoire de La Roche parce-que Nantes et Montauban, oui, c’était mieux mais on ne prend pas les points. Donc, à la sortie, au niveau comptable, cela ne nous a pas fait avancer. C’est sûr qu’au niveau moral et mental, ça nous a peut-être légèrement rassurés et c’est ce qui nous a permis ensuite de rebondir contre La Roche. Mais maintenant, je pense qu’il faut surtout se centrer sur les points, les résultats et ne plus se satisfaire de faire des bons matchs mais ne pas prendre de points. Donc, pour revenir très rapidement sur les matchs de Nantes et Montauban, oui, effectivement, je pense qu’on aurait dû prendre et ramener des points. A la sortie, on marque 0 donc, je dirai que pour moi, ça ne compte pas. Seule La Roche et la victoire m’importent donc c’est vrai que c’est une bonne chose. On peut dire aussi qu’il y a des progrès parce qu’il fut un temps où on prenait beaucoup de buts. 

 

Nantes à l’aller, c’était quand même 7-0. Au match retour, il n’y a eu que 1 – 0 donc, il y a quand même une progression qui est notable ? 

 

C’est sûr que l’équipe est en progression, c’est évident, défensivement, c’est bien mieux. Après, on a encore des progrès à faire et du travail à accomplir au niveau offensif, on le sait très bien. On s’y emploie, les joueuses s’y emploient. Et je pense, on l’a vu contre La Roche, il y a quand même du mieux puisqu’on s’est quand même procuré quelques occasions. On a eu quelques situations qu’on aurait dû mieux gérer. Le plus important était quand même, à la sortie, qu’on ait ces trois points et cette victoire. 

 

Pour décharger un peu l’ASPTT, le début de saison a aussi été handicapé par un, beaucoup de blessures et deux, par un groupe qui était jeune, qui avait besoin de prendre de la bouteille. On voit que ces jeunes pousses commencent à s’aguerrir, à l’image de Camille Toumi, auteur du but de la  » délivrance « , le premier but qui a déverrouillé le match. En plus là, vous avez quasiment pu aligner une équipe type. C’est un gros plus parce-que jamais depuis le début de saison, l’ASPTT avait pu jouer avec toutes ses recrues et avec son équipe type ? 

 

Oui, effectivement. C’est le premier match, la première journée où on a des choix à faire puisque, jusqu’à présent, entre les blessures qui ont été multiples et les suspensions, on n’a jamais pu avoir le groupe complet par rapport à notre effectif de début de saison donc oui, ça nous a pénalisés. Après, on ne peut pas s’assoir que sur ça et ce n’est pas la seule explication mais ça y contribue largement. Mais c’est vrai que c’est quand même un peu plus confortable de pouvoir compter sur tout le monde et d’enfin pouvoir choisir, composer l’équipe que l’on veut faire et mettre les joueuses où on veut les mettre, c’est un point positif. L’autre point intéressant aussi, c’est vrai que ça a été la performance de Camille Toumi qui se révèle petit à petit. Je pense qu’on a été capable de faire confiance aux jeunes, ça a été un de nos souhaits. Camille est dans cette mouvance-là puisque c’est encore une U19. Quand elle n’est pas avec nous, elle est avec les U19 donc, c’est quand même une grosse satisfaction que de la voir faire un match aussi accompli que celui-ci et de la voir marquer son premier but. Donc, il faut savoir être patient. On veut intégrer des jeunes par contre, c’est contradictoire avec le sport de haut niveau. Parce-que, quand il y en a beaucoup, c’est vrai qu’ils ne sont pas tous prêts au même moment et c’est compliqué d’associer la jeunesse, la performance, l’exigence. Donc, ça a été un choix de notre part, c’est peut-être ce qui nous a mis un peu en difficulté mais peut-être aussi que, sur la durée, on s’y retrouvera. 

 

Tu nous parlais de Camille Toumi, c’est un peu le baromètre de cette jeunesse de l’ASPTT. Elle est arrivée sur la pointe des pieds à l’intersaison, emplie de timidité. C’est un tout petit gabarit, quand on la voit, on se dit qu’elle va se faire croquer par tout le monde. Les premiers matchs n’ont pas été simples pour elle mais, petit à petit, elle a sorti la tête de l’eau et maintenant, elle est en train d’émerger. Elle montre qu’elle a un gros cœur sur le terrain, elle se bat, elle ne lâche rien. La trajectoire de Camille Toumi est un peu un exemple pour les autres filles ? 

 

Moi, je ne suis pas surpris, je la connaissais déjà de quand elle était à Rodez. Je l’ai eue il y a quelques années donc, le fait qu’elle accepte de nous rejoindre à Albi a été très intéressant. J’ai trouvé ça très bien parce-que je connaissais la valeur de Camille. Après, c’est sûr qu’l faut se préparer pour ce niveau-là et, quand elle a signé chez nous, même si elle avait fait un peu le début de saison en D2 quand elle était au TFC, il faut quand même un temps d’adaptation, il faut se préparer tant sur l’aspect puissance que sur l’aspect musculaire. Donc oui, elle ne pouvait pas être prête dès le début du championnat. Là, je dirai qu’elle commence à être à maturité pour le niveau donc c’est intéressant. En plus, c’est une fille qui ne lâche rien, qui est toujours là aux entraînements. C’est la moindre des choses on va dire mais, en tous cas, elle fait partie de celles qui sont là, qui travaillent, qui sont à l’écoute et elle a envie de progresser. Donc, sa performance et sa progression ne me surprennent pas du tout parce qu’elle est vraiment dans cette optique-là. C’est une fille qui a envie d’avancer, qui sait où elle veut aller. Ses résultats et sa progression sont conformes à nos attentes, il fallait juste être patient. Maintenant, à elle de rester sur ce niveau-là et surtout d’avancer, parce qu’on ne peut pas se satisfaire d’un match accompli de sa part. C’est bien, ça nous fait plaisir, ça aide le groupe, ça a participé à la réussite du groupe. Par contre, il reste encore de nombreux matchs et on attend qu’elle soit au moins à ce niveau-là si ce n’est que sa performance soit meilleure. 

 

Revenons un peu sur le match face à La Roche qui a donné un bol d’air frais à l’ASPTT. Malheureusement, le TFC a gagné en même temps donc, il va encore falloir aller faire le job et qui plus est, lors du prochain match face au TFC à Toulouse. Mais, on va revenir sur cette première mi-temps, une mi-temps où il y a eu une domination de l’ASPTT un peu stérile. On a eu l’impression que l’ASPTT a eu du mal à faire sauter le verrou. Il y a eu aussi les 5 premières minutes de La Roche où elles ont été très présentes devant le but de l’ASPTT avec une série de corners à répétition. Et puis après, il y a eu le retour en 2e période avec ce but de Camille Toumi où on a eu l’impression pendant 10 minutes d’avoir une marée rouge et jaune de l’ASPTT, où vous avez complètement submergé ces filles de La Roche. Est-ce qu’il y a eu une grosse causerie qui a permis de remettre les barres sur les T et les points sur les I à la mi-temps ? 

 

L’idée en fait, c’était une première mi-temps assez tactique de la part des nôtres. C’est à dire qu’on ne prenait pas trop, trop de risque, chacun essayait de rester équilibré, de jauger l’autre. L’idée pour nous était de ne pas prendre de but dans un premier temps. Ensuite, il nous a semblé qu’on avait des opportunités à avoir et qu’on pouvait accélérer un peu. Donc, ça a été le but de la causerie et du retour à la mi-temps, de donner quelques clés pour arriver à forcer le verrou et monter un peu plus en puissance ce que les filles ont su faire en faisant une entame tonitruante puisqu’on marque dans la première minute et très rapidement en début de seconde mi-temps. Donc oui, je pense qu’à la mi-temps, on a essayé d’enclencher un peu la vitesse supérieure pour arriver à marquer puisque, maintenant, il nous faut des victoires. On ne peut même plus se contenter de match nul, à chaque fois, il nous faut les 3 points surtout contre une équipe qui était quand même la première non relégable. Entre Toulouse, nous et Bergerac, les trois qui peuvent descendre ou jouer les barrages, La Roche est la seule équipe actuellement qui est sauvée. Donc, il était nécessaire qu’on fasse quelque chose et qu’on batte La Roche. On a su trouver les mots pour aider les filles et après, surtout, les filles ont su faire ce qu’il fallait sur le terrain pour aller chercher ces points et l’emporter. Je pense qu’il va falloir maintenant tout donner pour aborder tous les matchs de cette façon-là, avec cette volonté de gagner. On ne peut plus se contenter de gérer. 

 

On sait qu’il y a des matchs qui arrivent dans un futur très, très proche face au TFC et à Bergerac. Ca, ce sont des matchs à 6 points mais, le maintien de l’ASPTT ne pourrait-il pas se jouer face à des équipes un peu du style de La Roche qui sont sauvées mais ne peuvent plus espérer monter ou jouer le haut du tableau, qui sont un brin en roue libre, même si on sait que la roue libre dans le sport n’existe jamais ? C’est peut-être là aussi que sont les gros points à aller gratter à l’extérieur ou à domicile, face à des équipes qui sont dans le ventre mou et un peu dans un  » ronron  » quotidien ? 

 

Je suis tout à fait d’accord. Je pense que le match pour embrayer sur Toulouse va être décisif, va être important mais ce n’est pas non plus une finalité. C’est à dire que, l’idéal serait bien sûr de le gagner mais surtout de ne pas perdre. Ensuite, il restera quand même des matchs donc Bergerac et je pense effectivement que les matchs contre Saint-Malo qui nous reste à jouer, contre Saint-Maur qui n’ont plus rien à jouer dans ce championnat pourront peut-être nous permettre d’aller grapiller quelques points qui pourront être importants. Donc, le match de Toulouse ne sera pas une finalité en soi. C’est à dire qu’il faudra faire quelque chose, il ne faudra pas perdre. Par contre, après, il faudra être capable d’enchaîner derrière. On reçoit Rodez, on va à Bergerac, je pense qu’on y verra plus clair après Bergerac, Mais oui, les matchs contre les équipes  » sauvées « , qui vont dérouler, qui vont jouer sans pression et qui, personnellement, ne m’ont pas franchement impressionné sur la phase aller. Je dis ça alors qu’à chaque fois on a perdu donc, c’est peut-être mal à propos, je suis d’accord. Mais, autant j’ai trouvé des équipes d’un très bon niveau comme Issy, comme Rodez. Par contre, il y en a d’autres où le niveau était bien plus proche. On l’a vu contre Nantes, par exemple, où on perd 1-0, je pense que le match nul aurait été équitable. On a vu qu’on aurait très bien pu faire une perf contre Montauban qui est quand même en haut du classement de ce groupe. Donc, nos niveaux sont très, très proches, à nous de faire ce qu’il faut pour l’emporter sur la phase retour, chose qu’on n’a pas pu faire sur la phase aller. 

 

En parlant de niveau, avec le recul, l’ASPTT vit sa seconde saison en D2 féminine. L’année dernière, dans la poule Grand-Est avec des OM, des Saint-Etienne, des Nancy, des Grenoble, des Evian-Thonon-Gaillard, des noms qui claquent et qui parlent dans le football français. Cette année, dans la poule Grand-Ouest avec des équipes peut-être moins renommées quand on en parle, mais, pour toi, à jauger les deux poules, quelle est la plus relevée ? Celle de l’Est l’année dernière ou celle de l’Ouest cette année ?

 

Moi, je pense que, l’an dernier, la poule de l’Est était plus élevée. C’est un peu contradictoire puisque dans une poule plus élevée, on avait fait une meilleure saison. On finit 5es au classement donc, c’est un peu contradictoire avec la saison que l’on vit cette année. 

 

Ce n’était pas le même groupe non plus à l’ASPTT ? 

 

Oui, je pense que notre groupe a beaucoup changé également. Mais, sans faire offense aux équipes de notre poule cette année, pour avoir vécu deux saisons consécutives, j’ai vraiment la sensation que la poule et le niveau de l’an dernier étaient légèrement plus élevés. Mais bon, pour autant, on est plus en difficulté cette année donc, ce que je dis là n’est pas vraiment révélateur et ne sert pas à grand-chose. Ou alors, c’est qu’on a baissé, ce qui n’est pas non plus flatteur pour nous puisque je mets en avant le fait que je trouve le niveau légèrement plus faible et pour autant, on est aujourd’hui relégable. 

 

Après, c’est aussi une poule des grandes surprises. Tout le monde voyait Rodez et Nantes comme grands favoris à la montée en D1 dans cette poule de l’Ouest. Et c’est Issy-les-Moulineaux qui a quasiment une voie royale pour monter. Issy, c’est la surprise du chef ? 

 

Oui, c’est la surprise mais, même si Nantes et Rodez sont un peu distancés en termes de points, ils sont 2 et 3 et quand même dans le haut du panier. Les pronostiqueurs ne s’étaient pas trop, trop trompés en les voyant en haut. Moi, c’est plus une équipe, et respect à eux, comme Montauban qui me surprend, qui est en grande progression. Là oui, ça me surprend, personnellement, je ne les attendais pas à ce niveau-là. Les autres, je ne sais pas si c’est conforme à nos attentes parce-que je ne connaissais pas le niveau de cette poule. Moi, je dirai plutôt que la plus grosse surprise, ça pourrait être le TFC et nous qui sommes relégables. Le TFC avait un peu galéré l’an dernier, cette année, ils sont un peu dans les même cas. Ils auraient peut-être voulu faire en sorte de ne pas revivre la même saison parce-que ce n’est jamais très agréable de le revivre cette année. Et nous, je ne m’attendais pas du tout à en être là à J14, J15 et d’être relégables. Ça, c’est vrai que ça n’était pas du tout dans les pronostics, les attentes et les projets de cette année. Donc moi, je pense que ça fait un peu partie d’une surprise nous concernant. Après, pour les autres, je pense que c’est assez conforme à ce qu’on pouvait attendre. 

 

Le TFC et l’ASPTT en fond de classement, ce n’est pas aussi un peu révélateur d’un foot occitan qui, pendant longtemps, a été précurseur, a été très, très bien représenté en D2 et en D1. Je pense à Montpellier, à l’ASPTT, à Rodez, à l’ancien TOAC à l’époque. Maintenant, on dirait que ce foot féminin occitan a un peu perdu de son avance sur notre territoire ? 

 

Pour moi, il y a trop d’équipes d’Occitanie à haut-niveau. Il y a Montpellier qui est en D1 mais on ne peut pas lutter contre Montpellier. Mais, quand on voit qu’en D2, il y a quand même Montauban, Albi, Toulouse, Rodez et le vivier de joueuses en Occitanie n’est quand même pas pléthorique. 

 

Et tout ça dans un rayon de 70 km. 

 

Voilà. Donc, dans un rayon très, très proche, il faut beaucoup de filles pour jouer à haut-niveau et je pense qu’on ne les a pas. Il y aurait autant de clubs en région parisienne, en région lyonnaise, pourquoi pas ? Ou des terres comme la Bretagne ou le Nord de la France où là, il y a beaucoup, beaucoup de joueuses. Mais, on n’a pas beaucoup, beaucoup de joueuses en Occitanie. Donc, pour alimenter toutes ces équipes, ça devient compliqué. On s’en est sorti tant bien que mal depuis quelques années mais là, on se rend compte que certaines sont vieillissantes, certaines arrêtent. Et derrière, on n’arrive pas à former aussi vite que ce qu’on voudrait pour le haut-niveau. Ensuite, il faut arriver à garder les filles qu’on forme. Quand on voir l’aspect économique qui, je dirai, prend le pas, c’est à dire que les bonnes joueuses ont beau avoir été formées à Albi, à Rodez ou au TFC, si on leur propose un gros salaire ailleurs, elles partiront. Et nous, on ne peut pas toujours s’aligner sur ces salaires-là, on ne peut pas faire venir des joueuses à gros salaires donc, à la sortie, on s’appauvrit un peu. C’est aussi ce qui peut expliquer que certains clubs d’Occitanie soient en difficulté et un peu en perte de vitesse. 

 

Parlons aussi un peu de toi. Ça fait la 3e saison que tu es à l’ASPTT. On imagine que, suivant l’épilogue de la fin de saison, ton avenir se dessinera d’une façon ou d’une autre. Toi, tu te sens bien dans ce club et tu as envie de continuer cette aventure en rouge et jaune ou peut-être sens-tu aussi que tu es arrivé à un moment donné au bout d’un cycle ? On sait que dans le foot moderne, les cycles sont plus courts que dans le foot des années 80 où il y avait des entraîneurs qui restaient 10, 20 ans. Maintenant, les jeunes générations consomment plus vite les coaches et les discours. Comment toi, honnêtement, tu te sens dans ce club ? 

 

Déjà, franchement, je me sens très bien à l’ASPTT. Et puis, j’avoue que je ne me suis pas encore posé la question. Les questions que je me pose sont comment faire pour arriver à sauver le club et à s’en sortir. Je ne me suis pas posé la question à titre personnel, ce que j’allais devenir, ce que j’allais faire. Mes principales préoccupations sont d’arriver à maintenir l’ASPTT Albi en D2 et si on arrive à se maintenir, chose que j’espère, il sera toujours temps que moi, je réfléchisse à ce que je veux faire de mon avenir et voir aussi ce que le club veut faire de moi. Donc là, je pense que c’est un peu précoce, personnellement, je ne me suis pas posé la question. Après, on sait très bien qu’on s’essouffle un peu plus vite comme tu le disais. 

 

C’est aussi générationnel ? 

 

Oui, c’est un cycle, il est bien de changer, il est bien d’évoluer. Mais je pense qu’il est bien trop tôt pour en parler par rapport à la saison. Moi-même, je ne me suis pas posé la question, j’ai vraiment envie de tout donner jusqu’au bout pour qu’on s’en sorte et c’est que je vais mettre en œuvre. Je n’ai pas la tête ailleurs, je n’ai pas la tête à chercher un club ou à me dire  » je vais continuer coûte que coûte, quoi qu’il en soit « . Après, il est vrai que l’avenir sportif dictera peut-être aussi mon avenir personnel. J’avoue que, si le club est encore en D2, je me poserai la question de rester ou pas en temps voulu. Si le club descend, peut-être que les questions se poseront légèrement différemment. Mais franchement, je n’ai pas envie d’y penser, je n’y pense pas. Je préfère être focus sur la suite de la saison et de faire en sorte de se sauver. Je pense que tu sauras venir me trouver en temps voulu,  je te fais confiance (rires). 

 

Tu ne te poses pas la question mais nous, la presse, on a l’habitude de poser les questions pour les autres. 

 

C’est pour cela. Je vois que ça arrive déjà bien tôt dans la saison donc je sais que tu sauras me rappeler pour m’en parler et j’en parlerai vraiment sans difficulté ni problème quand ce sera le moment et l’occasion. 

 

On va rebasculer sur le focus qu’il y a actuellement, c’est le match contre le TFC. Souvent, on a l’habitude de dire que le vrai derby est face à Rodez. Là, cette année, ce n’est plus du tout la même chose puisque le vrai derby va être face au TFC car c’est là que va se jouer une grande partie de la saison des rouges et jaunes ? 

 

Oui, c’est sûr, on sait que le match contre Toulouse va être important. L’une des deux équipes risque de descendre, il ne faut pas se le cacher. Si ce n’est pas eux, ce sera nous donc oui, il va être important. On a fait match nul à l’aller, on a aussi trois points de retard au classement. Donc, on est derrière, on va aller à Toulouse pour faire un résultat. On sait qu’on va être attendu, on sait que ça va être compliqué. Après, comme je le dis aussi, je pense que quel que soit le résultat, il restera encore quelques matchs et Toulouse peut aussi se rater. Et, par rapport à ce qu’on disait un peu plus tôt, nous, on peut aussi prendre des points ailleurs. Je pense que, surtout, il ne faut pas perdre à Toulouse. Il faut au moins ramener le match nul et ça s’équilibrerait avec le match aller et ce sera à nous de grapillerdes points après. On a plus de pression que Toulouse de toute manière. Si on est battu, je pense que la saison sera compromise puisqu’on sera à 6 points. Et comme ils nous auront battu, ils seront aussi devant nous au goal-average particulier donc, ça sera très particulier. Par contre, si on ne perd pas et d’autant plus si on gagne, on pourra peut-être prétendre à être barragiste voire mieux. Oui, ça va être important mais il y a toujours eu derby, que ce soit Rodez, Montauban ou Toulouse. Ca a toujours été des matchs un peu particuliers, on l’a vu dernièrement avec Montauban. On sait que le match d’après sera Rodez, après, les enjeux sont différents selon les années. Il fut un temps, quand on luttait en D1, le match Albi/Rodez était important parce-que les deux équipes luttaient pour le maintien en D1. On sait très bien qu’on s’était fait avoir et que c’est nous qui étions tombés cette année-là. Là, la saveur particulière va être plus importante parce-que les deux équipes luttent pour le maintien. 

 

Comme dernière question, la question un brin décalée le Mag Sport Radio Albigès. Le week-end dernier, en même temps que jouait l’ASPTT, il y avait le TFC qui jouait à Brest. On pensait que les Brestoises nous donneraient un petit coup de main en battant le TFC, que nenni. Est-ce que tu as appelé ton ancienne capitaine Arielle Roy –Petitclerc pour lui tirer les oreilles en lui disant  » tu as exagéré Ari, il fallait nous aider et nous donner un coup de main ? « 

 

Non, pas du tout, je ne l’ai pas appelée. Je serai capable de l’appeler parce-que je n’ai rien contre elle, je n’ai aucun grief contre elle. C’est une fille bien, attachante, performante aussi. On n’a pas eu l’occasion de rester en contact. On se recroisera lors de la dernière journée, ça sera tard mais on se recroisera. Et ça veut dire que j’échangerai avec Arielle parce-que je pense que c’est une belle personne, j’ai apprécié de travailler avec elle et de l’avoir comme joueuse. Après, il est certain que j’aurai préféré qu’elle batte le TFC (rires). Ca nous aurait arrangés aussi. 

 

C’est la loi du sport ? 

 

Voilà. Le TFC va jouer contre d’autres anciennes albigeoises qui, peut-être, seront capables de les battre et ce jour-là, on gagnera de notre côté. 

 

Patrice, on te donne rendez-vous dans une semaine quasiment jour pour jour et peut-être que l’ASPTT aura gagné contre l’ASPTT ? 

 

Je l’espère et je tâcherai de te réponde plus souvent (rires). 

 

Il n’y a pas de souci. Ça fait partie du lot du journalisme et d’un coach. Il faut trouver le bon créneau pour se rencontrer. 

 

C’est ça et c’est toujours avec grand plaisir que je réponds à tes questions. 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

 

 

 

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