#Rugby – Fed1 / JC Bacca (Graulhet) : « C’est une fête pour le rugby graulhetois!»

Nous sommes allés à la rencontre de Jean Christophe Bacca, le manager des Mégissiers du Sporting Club Graulhetois. Pour celui qui a passé des décennies sous les couleurs jaunes et noires albigeoises, cette rencontre face à son club de cœur revêt une symbolique bien particulière. Mais ce derby Tarnais, en outre du coach des rouges et noirs, va mobiliser et passionner l’ensemble des supporters , dirigeants et amoureux du rugby graulhetois qui vont venir garnir les travées du stade PélissouSportivement pour les centres-Tarnais, ce match reste l’ultime chance de pouvoir encore espérer le maintien en fédérale 1. Et Jean Christophe Bacca est conscient que face à l’armada pro du SCA, à l’image de Mauléon la semaine dernière, Graulhet et ses joueurs vont devoir faire corps pour tenter de créer l’exploit. Lors de ce match qui sera le premier à domicile depuis le tragique décès de Beka Burdiashvili, l’émotion sera palpable, qui plus est pour « JCB » qui vient de perdre la semaine dernière, un frère d’armes albigeois, en la personne de Christophe Viol. Malgré ce contexte, l’ensemble du microcosme de l’ovalie Graulhetoise compte bien faire de ce choc face à Albi, une fête du rugby Tarnais.

 

 

Crédit photo Arnaud Bertrand SCG

Christophe, Comme on le disait, ce derby face à Albi approche. Mais déjà, il y avait un match importantissime le week-end dernier à Pamiers. On vous a suivis de loin avec l’équipe du Mag Sport en rentrant de Mauléon. A la mi-temps, on pensait que vous n’étiez peut-être pas loin d’avoir le biscuit ? 

 

Oui, c’est vrai, on fait une bonne première mi-temps. On était plutôt dans les clous face à une équipe de Pamiers qui elle aussi jouait gros. La première mi-temps se passe bien, on mène et par contre, la discipline en 2e mi-temps nous a fait défaut. On prend 3 cartons jaunes et donc, ça nous fait beaucoup trop pour espérer l’emporter à l’extérieur. Surtout que, sur l’ensemble du match, je crois qu’on est sanctionné 24 fois contre 14 aux Apaméens. Donc, beaucoup trop pour un différentiel de 10 fautes, beaucoup trop pour espérer l’emporter même si dans l’état d’esprit ou l’engagement qui a été mis, ça a été bien plus intéressant que la 1ère mi-temps de Tarbes où ça avait été insipide. On a fait un bon match de rugby mais il a manqué de discipline et un peu de gestion sur nos temps faibles qui nous auraient peut-être permis de récupérer quelque chose, un point. Mais ces deux essais en infériorité numérique en fin de match nous ont bien sûr plombés et pour le résultat et pour l’ensemble du match et pour la qualité qu’on a pu produire sur la première mi-temps. Dommage mais on doit passer à autre chose et maintenant prendre les matchs les uns après les autres d’ici la fin de la saison. 

 

A Pamiers, au stade Balussou, il devait quand même y avoir une tension assez palpable. Le dernier qui vient affronter l’avant-dernier, ça sentait bien le match de  » la muerte  » ? 

 

Oui, c’est sûr que c’était compliqué. Des deux côtés, il n’y a pas eu de grandes envolées mais il y a eu des choses intéressantes de la part des Apaméens avec leurs individualités, comme Tagotago ou leur N°8, des joueurs qui sont un peu les facteurs X de cette équipe. Et de notre côté bien sûr, notre fidjien Soki qui a mis un essai sur plus de 60 mètres, intéressant dans ce contexte-là. Mais malgré tout, que ce soit d’un côté ou de l’autre, les 23 individualités de chaque côté se sont mises en avant. Il y a eu un match sérieux, appliqué, engagé sans tomber dans le n’importe quoi. Donc, c’était plutôt plaisant si ce n’est les 10 dernières minutes où on était en infériorité numérique et où on n’a pas pu trop espérer ramener quelque chose. Mais, jusqu’à la 60, 65e, le score se tenait à 3 ou 6 points donc, c’était plutôt intéressant et il y a de quoi construire pour la suite. 

 

Et malgré le fait qu’il y ait un gros enjeu, vous êtes resté sages. On ne le citera pas mais il y a eu un match où c’est parti totalement en vrille. Pourtant vous, avec l’enjeu qu’il y avait, il y avait les ingrédients pour que, peut-être, il y ait de la tension, pour que des joueurs soient à bout et que ça parte. Mais c’est bien, le match est resté dans les normes et dans l’esprit de la règle ? 

 

Je crois que, vu l’impact médiatique qu’a eu ce match de Tarbes/Lannemezan, on se rend bien compte que le rugby a beaucoup évolué et que l’engagement tel qu’il pouvait être il y a 30 ans n’est plus de mise aujourd’hui. Donc, on a d’autres outils pour se faire respecter dans ce sport-là qui sont les phases de rucks, les plaquages offensifs. Pour marquer son adversaire, les moyens ont changé et ce type de faits de jeu est révolu. C’est sûr que maintenant, dès qu’il y a une bagarre générale, il y a 30 ans on n’en parlait pas, aujourd’hui, ça fait les gros titres parce-que ça ne se voit pratiquement plus. C’est tant mieux, le rugby est en train d’évoluer, c’est un des bons côtés du professionnalisme. Disons qu’on est allé vers un rugby un peu plus aseptisé mais, même s’il est aseptisé à ce niveau-là, sur les mêlées relevées, sur ce type de comportement, on se rend quand même bien compte que les impacts, même au niveau de la Fédérale 1, sont de plus en plus forts et costauds. Et donc, l’impact psychologique sur l’engagement physique se fait encore mais par d’autres moyens et c’est tant mieux. 

 

A ton époque, il y avait beaucoup plus de générales,  » à l’ancienne  » comme on dit. Mais c’était souvent pour clôturer le match avant l’heure, on faisait  » le bouquet final « . Là, le bouquet final s’est fait dès la 2e minute. Ils ont peut-être mis la charrue avant les bœufs ? 

 

Oui, peut-être aussi. Et puis, il y avait un contexte un peu particulier, ça reste un derby, un derby d’antan. Mais il faut éviter ce genre de chose parce-que je crois que nos écoles de rugby sont de plus en plus vides, en pâtissent un petit peu et il faut absolument que les enfants, que les jeunes reviennent dans nos écoles de rugby. Donc, je pense que les mères de famille ont un peu peur en voyant ça. Il faut éviter ce genre de chose même si moi, ça ne m’a pas choqué outre mesure dans le sens où j’ai vu des choses pires (rires). 

 

Oui, on ne va pas non plus jouer les vierges effarouchées. 

 

C’est ça. Mais aujourd’hui, ce rugby-là n’est plus de mise et si on veut passer à autre chose et vouloir concurrencer le haut-niveau international et l’hémisphère sud où ce genre de chose a été banni il y a de très nombreuses années. Donc, il faut évoluer aussi et l’évolution passe par le développement du jeu et des outils qu’on a pour user physiquement l’adversaire qui ne sont plus les mêmes qu’il y a 30 ans. 

 

On va basculer sur la projection. Tu nous parlais du derby Tarbes/Lannemezan, il y en a un qui arrive, c’est celui entre Graulhet et Albi. Et, au vu du classement, vous êtes quasiment obligé de faire un exploit et d’aller gratter quelque chose face à cette équipe d’Albi si vous voulez rester en vie et avoir encore une lueur d’espoir ? 

 

Clairement. Il faut récupérer des points et attendre de voir comment nos adversaires directs se comportent. Aujourd’hui, on est dans ce contexte-là. C’est sûr que, faire un très bon match contre Albi, ça serait une bouffée d’oxygène pour le club. Mais à côté de ça, je pense que les joueurs ont à cœur de réussir ce match et on le voit d’ailleurs sur l’engouement qu’il y a sur le club. Je crois qu’il y a déjà 350 personnes qui seront présentes au repas d’avant-match au Forum et je pense que ce n’est pas terminé. 

 

On y sera nous-mêmes

 

Il va y avoir l’affluence des grands jours et c’est une fête pour le rugby graulhetois et surtout, je l’espère, pour le rugby tarnais. Il faut qu’on soit capable d’être à la hauteur de ces Albigeois qui sont l’ogre de cette Fédérale 1 au niveau national et qui auront à cœur bien sûr de se racheter de leur contre-performance, même s’ils ont remporté la victoire, à Mauléon qui a montré une abnégation et un courage énorme pour se faire battre dans les dernières minutes par les qualités individuelles de cette équipe d’Albi. Il faudra essayer de faire le même match dans l’engagement qu’ont dû faire les Basques pour finir à quelques encablures d’Albi. 

 

En clair, il y aura une part de Pays Basque à Pélissoudimanche ? 

 

On va essayer en tous cas. On voit les matchs en vidéo et quand j’ai vu le score, en étant en plus en infériorité numérique à partir de la 50e. 

 

C’est admirable ce qu’ils ont fait

 

Voilà, il n’y a pas de science exacte dans le rugby. Donc, je me suis dit  » je vais regarder ce match pour voir ce qu’il y a à faire « . Et on a vu une équipe basque qui s’est accrochée du début jusqu’à la fin, qui a essayé de contrer sur tous les mouvements ces Albigeois, qui a presque réussi. Après, bien sûr, les individualités albigeoises faisant la différence, c’est compliqué. Mais, il y a eu un beau match de rugby, je pense que, si on arrive à faire la même chose, je serai pleinement satisfait parce-que ça prouve qu’on ne serait pas loin de rivaliser avec ces équipes-là même si on en est loin sur l’ensemble de la saison. Mais, sur un match, pourquoi pas essayer de concurrencer cette équipe-là, ça serait un beau cadeau à offrir à ce club graulhetois. Et en plus, je crois que ça clôturerait, je l’espère, une belle journée de rugby dimanche, à travers ce derby. 

 

On va passer sur un autre registre. Comme tous, vendredi, tu as appris la triste nouvelle. Toute la famille du rugby est endeuillée, qui plus est la famille jaune et noire. Christophe Viol (Ex joueur du SCA) est parti trop tôt de ce monde. Qu’est-ce que tu pourrais nous dire de ce joueur et de l’homme que tu as côtoyé ? 

 

Je pense que c’était un garçon, comme beaucoup de piliers d’ailleurs, très généreux et qui avait à cœur de s’intégrer et sur le terrain et dans les vestiaires. Je le revois encore en train de nous proposer d’acheter des planchas, parce-que c’était un grand amateur de planchas devant l’éternel, c’est le cas de le dire. C’est un garçon qui avait le mérite d’être toujours à l’écoute de tout le monde, qui aimait bien discuter, qui aimait bien les 3es mi-temps. Un joueur de 1ère ligne comme on se l’imagine et comme on peut l’espérer dans chaque club. C’était un bon gars, un bon joueur de rugby et c’est sûr que, partir à cet âge-là, c’est toujours regrettable parce-que ça laisse toujours un vide dans un club, même s’il n’y a pas passé autant de temps que certains autres. Mais, le temps qu’il y a passé, au sein du Sporting Club Albigeois, c’est quelqu’un qui a été beaucoup apprécié. Je crois qu’on le regrette tous et, bien sûr, comme tous ceux qui sont partis, il nous manque déjà. 

 

Dimanche, on aura tous une pensée pour Christophe Viol. 

 

Et bien oui. Ça sera une bonne chose parce-que j’espère que, de là où il nous regarde, il sera content de voir un match de rugby et j’espère, un beau match de rugby. 

 

Merci Jean-Christophe et on te donne rendez-vous dimanche à Pélissou pour le derby. 

 

Avec plaisir

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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