#Rugby -Fed1 / M.Vachon (Blagnac) : «L’objectif est d’essayer de battre Albi!»

Le capitaine des Caouecs , Matthieu Vachon, nous a livré en amont du déplacement à Fleurance (défaite 24-23), un bilan de ce début de saison, qui confirme l’ascension des Caouecs dans le gotha de la fédérale 1. Celui qui a fait ses premiers pas « minot » dans ce club, dont il est un leader naturel , nous a aussi loué le travail d’un staff emmené par Christophe Deylaud. Présentation, avec Matthieu Vachon, d’un Blagnac Rugby qui grandit pas à pas et dont l’appétit vient en mangeant. Pour preuve, le capitaine fixe un bel objectif pour la réception du Sporting Club Albigeois et se rêve d’affronter en playoffs, Bourg en Bresse dans son mythique stade Verchère agrémenté de sa bouillante tribune CGT. Après avoir fait trébucher Bourgoin et frémir VRDR ,en Jean Prat la saison passée, Blagnac Rugby compte bien se réinviter, lors du bal printanier des prétendants au bouclier .

 

Crédit photo Blagnac Rugby

 

Matthieu, avant de parler de la saison de Blagnac, on va commencer par parler un peu de toi. En tant que capitaine, tu es un des hommes de base du Blagnac Rugby et puis, tu es quelqu’un qui a été nourri à la mamelle du rugby haut-garonnais ? 

 

Oui, c’est bien illustré. J’ai joué depuis toujours à Blagnac, depuis 2003 si je ne me trompe pas donc, cela fait quelques saisons que j’ai derrière moi à Blagnac. 

 

Tu es un des vieux briscards, un des  » Highlanders  » des Caouecs ?

 

Oui, ça y est, j’ai fêté la 100e le week-end dernier. Donc, je fais partie des vieux et des centenaires du club, on va dire. 

 

Toi qui as vu évoluer ce club, qui avait joué en Pro D2, qui est redescendu avec une descente assez tragique puisque cela avait amené pas mal de bouleversements dans le club. Cette montée et cette redescente de Pro D2 avait marqué le club. Tu l’as vu renaître de ses cendres, se restructurer avec un projet  » Cap 2022 « . Maintenant qu’il y a un peu de visibilité et de l’eau qui a coulé sous les ponts, que pourrais-tu dire de cette évolution et de cette restructuration du club ? 

 

C’est vrai que, depuis la remontée en Fédérale 1 après avoir connu la descente en Fédérale 2, le club a beaucoup appris de ses erreurs. Une nouvelle équipe de gouvernance a pris le relais, avec comme image en tête Benoît Trey. Dans un premier temps, c’était surtout de combler le déficit parce-que le club avait eu un lourd passé et un lourd déficit à purger, ce qui a été fait. Maintenant, on est dans l’optique de ramener des partenaires au fur et à mesure des années pour essayer d’avoir un peu plus d’argent pour pouvoir être éligible à la Pro D2 en 2022. Donc, il y a un gros, gros travail de fait depuis ces années-là, où le club n’était pas très bien, et on a réussi avec le staff, le sportif et bien sûr les présidents à faire un beau petit projet autour de cela.

 

En parlant du sportif, comment ne pas parler de Christophe Deylaud et d’Eric Escribano qui sont les fers de lance de ce projet sportif ? J’imagine que tu te régales à travailler sous leurs ordres ? 

 

Oui, exactement. En plus de ces deux personnes, il ne faut pas oublier l’entraîneur des 3/4, Romain Fuertes. C’est le trio qui nous entraîne avec Christophe comme manager. C’est maintenant la 5e année que Christophe est avec nous et on sait ce qu’il apporte. C’est son projet, c’est son équipe et ça se ressent sur le sportif. C’est un entraîneur de très haut-niveau qui entraîne en Fédérale donc, on en profite. On sait la chance que l’on a de l’avoir à Blagnac. 

 

On a eu il y a peu le vice-président de Saint-Jean-de-Luz, Eric Bonachera. L’année dernière, lorsque Blagnac et Saint-Jean-de-Luz se sont retrouvés en 1/4 de finale du Jean-Prat, vous avez fait un tour de plus puisque vous êtes allé en demi-finale. Il y a des mauvaises langues, comme dans tous les sports, qui disaient  » Oh, Blagnac, Saint-Jean-de-Luz, ce sont deux feux de paille, ils re-rentreront dans le rang l’année prochaine « . Et là, que ce soit à Saint-Jean-de-Luz ou à Blagnac, vous  » claquez un peu le bec  » à tout le monde en montrant que ce n’est pas qu’un feu de paille. C’est de la continuité, c’est du travail et vous avez envie de rester à ce haut niveau de compétitivité ? 

 

Oui, je pense qu’on a un peu le même profil avec Saint-Jean, nous sommes deux équipes qui ont le même profil. On est dans la continuité des deux projets même si je ne connais pas exactement leur projet sportif. Mais nous, le nôtre, c’est sûr, c’est de rester au plus haut niveau et de vraiment embêter toutes les équipes pros. C’est ce qu’arrive à très bien faire Saint-Jean et nous aussi, on arrive à bien taquiner tous ces gros clubs. 

 

On va dire qu’il y a quelques similitudes parce-que Christophe Deylaud a quand même été bien bercé dans le rugby du Stade Toulousain, jeu de main, jeu de toulousain. Et le projet sportif de Saint-Jean-de-Luz, c’est un peu  » la balle à l’aile, la vie est belle « . Donc, il y a quand même des passerelles entre les deux clubs ? 

 

Oui, il est sûr que Saint-Jean et nous essayons de produire du beau jeu. Nous, c’est vrai qu’on a une identité toulousaine avec Christophe, on essaye vraiment de produire du volume. Alors, il  n’y a pas que ça puisque, cette année, on est quand même assez performant sur les fondamentaux. On l’a vu contre Tarbes où on a réussi à gagner un match à l’extérieur sur ça, sur notre conquête. Mais, on essaye aussi de produire un maximum et de mettre du volume pour essayer d’embêter et de rester au plus haut niveau. 

 

J’allais parler de cette double confrontation contre Tarbes. Vous les avez pris en mêlée les deux fois alors que pourtant, la mêlée tarbaise des ours était réputée comme infranchissable. Vous avez aussi réussi à passer un cap là-dessus ?

 

Oui, on a réussi à passer un cap parce qu’ils avaient fait une grosse performance la semaine d’avant face à Saint-Sulpice et ils s’en étaient un peu vantés. Donc, c’est vrai qu’à travers les magazines, on avait vu qu’ils nous attendaient vraiment dessus. Par médias interposés, ils avaient fait étalage de leur volonté de nous prendre devant. Et comme on a des premières lignes et un cinq de devant qui ont quand même un petit ego, on voulait se juger, on voulait s’affronter dessus. On a vraiment réussi à les prendre là où ils voulaient nous prendre et ça, ça a été une grosse fierté de la part des Blagnacais

 

Crédit photo Hervé B

Prochain gros match pour Blagnac, c’est la réception d’Albi. En cas de victoire face à Fleurance ce week-end, vous allez de nouveau revenir dans les rétroviseurs d’Albi. J’imagine que c’est un match que vous avez du cocher et vous allez attendre les Albigeois de pied ferme dans votre antre d’Argelès 

 

Oui, c’est évident. Comme Albi je pense, l’objectif est d’affronter ce qui se fait de mieux. On avait fait un non match là-bas, ils nous avaient vraiment piqués au vif, ils nous avaient vraiment martelés. Bien sûr, pour nous, l’objectif est d’essayer de battre Albi à la maison, de vraiment tout faire pour les faire chuter. Après, ça reste du sport, ils viendront peut-être gagner mais en tous cas, nous, on veut rester invaincu à domicile donc ça passe par une victoire face à Albi à la maison. 

 

En parlant de domicile, parlons un peu de ce stade d’Argelès. C’est quand même un lieu de convivialité. On était venu voire quelques matchs, notamment le match allercontre Tarbes et la saison d’avant, la demi-finale aller contre VRDR. On voit quand même des choses qui ne se voient pas dans tous les clubs ? Des tapas partys pendant les matchs, un corps de bénévoles assez jeunes … Un club comme Blagnac, c’est quand même rafraîchissant ? On va dire qu’on ne voit pas beaucoup de cheveux blancs mais beaucoup de quadras ? 

 

Oui, on essaie de se démarquer. Tout l’encadrement et la présidence essaie d’amener un peu de vent frais sur justement des évènements, du marketing. Par contre, nous, on subit quand même pas mal de concurrence de la part des grands clubs historiques autour de nous. 

 

Colomiers, Toulouse

 

Voilà, ces clubs-là et même tous les clubs qu’il y a autour. Ce qui fait qu’on n’a pas une affluence énorme à Blagnac, même si on a quand même une petite affluence. L’objectif pour essayer d’amener des supporters en plus tous les week-ends, c’est de se démarquer, de faire des offres, des évènements à travers des tapas, une bonne réception, de la convivialité. C’est vrai que c’est très jeune mais c’est notre objectif pour essayer de ramener un peu de monde et pour faire profiter du spectacle. 

 

Et puis, vous êtes aussi un des rares clubs où l’on peut regarder le match en direct d’un restaurant ? Parce qu’il y a une brasserie dans le stade qui donne sur le stade. C’est quand même assez atypique ? 

 

Oui, c’est vraiment atypique mais parfois, il y a vraiment plus de monde dans la buvette au restaurant que dans la tribune (rires)

 

C’est l’esprit rugby, l’esprit Fédérale 1

 

Oui, bien sûr. Cest vrai que la brasserie des Caouecs marche et fonctionne vraiment très bien, elle ramène beaucoup de monde. Il y a le restaurant avec une vue panoramique et l’été, dès que les beaux jours arrivent, c’est vraiment un point de rendez-vous pour les Blagnacais qui se retrouvent autour d’une bonne bière et qui peuvent profiter du match au soleil. C’est vrai que ce n’est pas commun et qu’on ne le voit pas souvent. 

 

La question bonus : on sait que, l’année dernière, vous aviez été ravis d’affronter Bourgoin en 1/4 de finale de Jean-Prat, et de les faire chuter puisque c’est quand même un des actes de bravoure que vous aviez réalisé la saison dernière. Si cette année vous êtes en Jean-Prat, qui choisirais-tu comme club à essayer de faire chuter ? Qu’est-ce qui te mettrait en appétit ? 

 

Si on veut rester dans ces noms prestigieux, il y aurait une belle confrontation qui nous ferait plaisir par rapport à ce qui se fait de mieux, c’est Bourg-en-Bresse. Ce serait bien de les affronter parce-que je pense qu’ils n’ont pas bougé leur effectif, c’est une vraie équipe de Pro D2. Et quand on est compétiteur, on veut s’affronter à ce qui se fait de mieux et je pense qu’aujourd’hui, Bourg-en-Bresse représente l’élite de la Fédérale 1. 

 

Et puis, allez jouer à Verchère, c’est quand même quelque chose. C’est un stade avec une âme à l’intérieur ? 

 

C’est ça et c’est un plaisir quand il y a une tribune pleine, quand il y a la fameuse tribune CGT avec 6 500 personnes. Même si c’est à l’extérieur, pour tout joueur, c’est un régal et donc, en plus de l’affrontement des 15 joueurs en face, il y a cette atmosphère qui est inoubliable pour tout joueur amateur.  

 

On te remercie Mathieu de nous avoir donné cet éclairage sur le rugby blagnacais et sur le match de ce dimanche, à Fleurance, en terre gersoise. Et si on ne se revoit pas d’ici là, on se donne rendez-vous à Argelès pour le Blagnac/Albi. 

 

On se verra à ce moment-là

Propos recueillis par Loïc Colombié

Bonus Track : « Un très gros combat pendant 80 minutes.« 

 Nous avions demandé au capitaine de Blagnac , ses impressions à quelques heures du déplacement à Fleurance (défaite 24-23 des Caouecs au bout du chronomètre, lors d’un match en retard de fédérale 1.). Il est peu de dire que Mathieu Vachon avait eut des propos assez prémonitoires.

On va parler maintenant du match en retard de ce week-end. Vous vous déplacez dans une terre qui transpire le rugby, le Gers. Il n’y a quasiment aucun club aux alentours qui va jouer. Vous vous attendez à une réception haute en couleurs dans ce stade Lacoste ? 

 

On a déjà eu  » l’avertissement  » de Tarbes la semaine dernière qui sont allés y gagner avec le bonus offensif. Ils ont apparemment été très bien reçus devant donc, on sait à quoi s’attendre. Fleurance est une grosse équipe qui nous avait mis beaucoup en difficulté sur le match aller. Donc, on va tout mettre en place pour ramener la victoire de là-bas. Il y aura du monde, c’est un gros public, il y a de la ferveur donc, ça va être un très, très gros combat pendant 80 minutes. 

 

Et pour les Fleurantins, c’est un match charnière. En cas de défaite, ils pourraient quasiment dire au revoir à la qualification en Du Manoir, en cas de victoire, ils reviendraient dans les rétros de Lannemezan. Ça risque d’être un match  » pas piqué des vers  » comme on dit ? 

 

Il y a de l’enjeu pour les deux clubs, que ce soit pour Fleurance et la qualif mais pour nous également parce-que Tarbes a fait le coup la semaine dernière. Donc Tarbes est toujours là, même si on a fait une performance chez eux. Ils ne sont qu’à 10 points donc, nous aussi on a des jokers, mais il ne faut pas qu’on les grille. Donc, on se doit aussi de gagner pour assoir notre seconde place et pour, comme tu l’as dit tout à l’heure, essayer de rester un petit peu dans les rétros d’Albi. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer dans le futur, ils ont déjà eu un faux-pas à Saint-Sul, ça peut nous arriver également. Si on est dans les rétros, on sera là, il faut le faire sentir. 

 

Pour toi, où se trouve la clé du match pour ce choc face à Fleurance ? 

 

Je pense que, comme tout match à l’extérieur, ça sera la défense. On est performant sur ça, c’est ce qui nous a fait gagner à Tarbes. Si on est performant sur notre défense, ça nous rendra du moins le match un peu plus facile. Ça, c’est une évidence donc, il faut être performant sur ce secteur-là, défense, conquête, les bases. Et après, à partir de là, je pense qu’on pourra mettre notre jeu en place. 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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