#Rugby – Fed1 / G.Bertrand (Albi) : «Si on ne fait pas les cons… !»

Gaëtan Bertrand, le vice-capitaine du Sporting Club Albigeois nous a accordé une interview grave format, tout d’abord pour nous rassurer sur l’état de sa blessure, et bien sur, nous parler de la saison des jaunes et noirs. Pour le 3/4 centre albigeois, les playoffs d’accession à la PROD2 reste fixement ancré dans son esprit, avec une légère teinte d’amertume et d’esprit revanchard. Grandement affecté lors de la « désillusion normande« la saison passée, celui qu’Arnaud Méla qualifie affectueusement « d’ours de la grotte de Lascaux » ,sent que cette année peu être la bonne. Tout en atténuant ses propos par un « Si on ne fait pas les cons ». Malgré un mois de janvier tout aussi efficace arythmiquement (3 victoires bonifiées) qu’il peut poser quelques signaux d’alertes, l’originaire de la Dordogne dégage à l’instar de ses coéquipiers, une saine détermination à voguer au bout de ses rêves.

Crédit photo Pierre Bras

Gaetan tout d’abord, comment va ce satané genou qui a un peu craqué dans le derby face à Lavaur ? 

 

Il va bien, il est stable. J’ai passé un IRM, les ligaments ne sont pas touchés donc pas de souci à se faire. Je pense qu’après trois semaines, un mois de repos, je serai de retour. 

 

On peut compter sur le taureau de Dordogne pour les play-offs, pour essayer d’aller arracher et conquérir cette Pro D2 tant voulu en terre albigeoise ? 

 

Oui, bien sûr, je n’attends que ça avec impatience. A moi de faire une bonne rééducation et de revenir en forme pour les phases finales. 

 

Pour toi, ce derby face à Lavaur, ton ancien club, un club que tu affectionnes beaucoup, aux Clauzades, à chaque fois, ce n’est pas le top pour toi. On se souvient que, l’année dernière, tu avais eu un petit pépin physique, tu étais un peu bougon. Cette année, tu as eu un pépin un peu plus conséquent. Les Clauzades avec le maillot jaune et noir, ça te porte un peu la scoumoune ? 

 

Oui, c’est ça, j’ai la scoumoune quand je reviens à Lavaur. L’an dernier, je m’étais pété la côte et j’ai été obligé de sortir à la mi-temps. Et cette année, sur un geste un peu con, je prends un coup sur le genou et obligé aussi de sortir à la 30e. Donc pas de bons retours, c’est vrai. 

 

On va revenir sur la saison du Sporting Club Albigeois. C’est ta 3e année ici en terre albigeoise, on sait que, maintenant, tu es comme un poisson dans l’eau dans la maison jaune et noire. Deux premières années où vous avez loupé de très peu la montée en Pro D2, cette année, c’est l’année ou jamais. Tu sens qu’il y a un supplément d’âme supplémentaire, quelque chose de différent au Sporting par rapport aux autres années ? 

 

Je pense qu’on sent qu’il reste encore beaucoup de frustration de l’an dernier. Donc, c’est vrai qu’on arrive un peu à marcher sur ça, je sens le groupe beaucoup plus soudé et j’ai l’impression que, le fait qu’on ait perdu à Saint-Sulpice nous a remis en éveil. Oui, je sens que cette année peut être la bonne si on ne fait pas les cons…

 

Cette défaite à Saint-Sulpice a quand même un peu été comme une paire de gifles, un vrai revers. Vous avez été giflés par une équipe valeureuse. Ça pique sûrement sur le moment mais ça fait aussi du bien, ça a des vertus ? 

 

Oui, c’est ça, peut-être que c’est un mal pour un bien. C’est sûr qu’on s’était un peu tiré une balle dans le pied par rapport au classement national mais je pense que ça nous a aussi permis de nous dire qu’on n’était pas arrivé. Des défaites, on pourrait en avoir, donc il faudra tout le temps prendre les matchs les uns après les autres et tous les matchs sont très, très importants, que ce soit à la maison ou à l’extérieur. Surtout à l’extérieur, quand c’est un climat un peu chaud, tendu, il faut se concentrer encore plus, rester dans nos matchs et éviter d’être défaillants comme à Saint-Sulpice 

 

Coach Méla avait parlé de joueurs qui n’étaient pas descendus du bus. Maintenant, avec un peu de temps qui est passé et de l’eau qui a coulé sous les ponts, comment se fait-il que vous ayez été dans cet état-là, que vous soyez passé à côté de ce match ? Ça arrive mais tu peux expliquer un peu la genèse de ce loupé ? 

 

C’est vrai que, dès l’entame de match, je pensais qu’on y était et en fait, je pense qu’on s’est tous trompé entre nous, dans l’investissement et dans le plan de jeu qu’on avait mis. D’entrée, on doit marquer un ou deux essais, on ne les met pas et eux, ça les fait espérer. Nous, on s’est mis le doute, on a fait des en-avants et des fautes à la con et on a accumulé les bêtises ce qui a fait qu’on n’a pas réussi à prendre l’ascendant sur cette équipe de Saint-Sulpice qui était une équipe très valeureuse, il ne faut pas leur enlever le mérite. 

 

Bien sûr. Autres équipes valeureuses que l’on a vues, Lavaur il y a deux semaines, Pamiers qui a aussi été valeureuse à sa manière avec son jeu. On a l’impression que, pour le Sporting Club Albigeois, ce mois de Janvier n’est pas un cadeau, que c’est compliqué. Il vaut mieux avoir un petit trou d’air en janvier mais comment, là-aussi, tu expliques ce fait ? Par un relâchement après les fêtes ? 

 

Non, je ne pense pas parce qu’on a tous été sérieux pendant les fêtes. On a vraiment gardé cet objectif de rester invaincu et cet objectif de Pro D2. Je pense qu’à Lavaur, on est un peu tombé dans un guet-apens, enfin pas un guet-apens mais face à une équipe rugueuse qui nous a mis à mal en seconde mi-temps. Après, il y a eu l’accumulation de pas mal de choses qui ont fait qu’on a un peu perdu le fil. Et contre Pamiers, une équipe très, très compliquée à jouer, avec des mauvais coups, dans la règle peut-être ou pas, mais des coups. On a du mal à se sortir de ces équipes-là et c’est bien de les travailler avant les phases finales parce qu’il nous faut aussi des équipes comme ça vu qu’on va tomber sur des équipes comme elles. 

 

On vient de mettre le curseur sur ce qui n’avait pas trop marché dans la saison du Sporting Club Albigeois. Pour le moment, il n’y a pas non plus pléthores de matchs où cela n’a pas trop fonctionné. Par contre, il y a beaucoup de matchs où vous avez marché sur l’eau, où vous avez même écrasé vos adversaires. Là aussi, c’est un curseur qui a été placé par rapport à la saison dernière. Des scores comme ça et des victoires aussi imposantes, l’an dernier, vous n’alliez pas autant au bout de vos idées ? 

 

Je pense que, par rapport à l’an dernier, on a franchi un cap. On a peut-être aussi un effectif un peu plus étoffé ce qui permet chaque week-end de donner le meilleur de soi-même parce qu’on sait que, si on fait une connerie ou un non-match, on peut ne pas jouer le week-end d’après. C’est vrai qu’il y a une concurrence un peu à tous les postes et ce qui est bien, c’est que tout le monde donne le meilleur de soi-même. C’est important pour maintenir un niveau d’exigence assez haut donc, c’est cela qui permet qu’à chaque match, on arrive à faire des scores assez gros. Mais c’est vrai qu’il y encore quelques points noirs, rien n’est parfait. 

 

On a vu des équipes à l’intersaison, des favoris à la montée ou des prétendants à la montée, faire de gros mercatos. On pense à Dijon et à Narbonne notamment. On a vu qu’à Dijon, ça a été compliqué au début de mettre la machine en marche. On voit que Narbonne ont eux-aussi un petit souci au mois de Janvier, que c’est très, très compliqué et même beaucoup plus compliqué que pour le Sporting Club Albigeois. Le fait qu’Arnaud Méla et le staff aient fait un recrutement par petites touches, est-ce que tu penses que ça a permis de garder un esprit de groupe ? De garder cette dynamique de la saison passée tout en amenant une plus-value ? Parce-que chaque recrue a été une plus-value. On peut citer Lucas Guillaume, Benjamin Pètre, à Guillaume Cazes et à tous les autres, bien sûr. 

 

Oui, exactement. Les gars qui sont arrivés se sont vraiment intégrés assez vite. C’est vrai qu’il a ciblé certains mecs, je pense qu’il a dû aussi se renseigner sur eux au niveau de l’humain parce qu’Arnaud (Méla) fonctionne avec ça. Ils ont vite pris le train en route et c’est vrai que ça permet d’avoir du turn-over, des mecs frais tout le temps et des mecs qui ont la rage à chaque fois donc c’est bien. Pour moi, quand il y a 15 recrues, c’est compliqué de refaire un groupe, de mettre des choses en place. Là, les mecs sont arrivés et se sont assez vite greffés au plan de jeu et à la vie de groupe. 

 

On le sait, tu es un compétiteur, tu aimes jouer comme tous les joueurs de rugby. Mais cette année, tu as quand même de la grosse concurrence. Il y en avait déjà l’année dernière mais là, il y en a encore plus puisque Benjamin Pètre est arrivé, Alfi Mafi qui joue au centre, Lucas Vaccaro ton complice, Benoît Sicart qui peut y jouer. Comment se passe cette concurrence dans les faits ? C’est une concurrence saine, qui te booste comme tu nous le disais ? 

 

Oui, ça nous booste. Avec Benji (Pètre), on est en concurrence, il n’y a aucun problème, on s’entend vraiment bien, c’est un très bon mec. Ça fait partie du rugby, c’est ce qui permet de donner le meilleur de soi-même. Arnaud (Méla) a très bien géré ça, après, il faut rester compétitif à chaque match. C’est important d’avoir du monde à chaque poste. Moi, je suis un compétiteur, c’est sûr que j’aime jouer mais pour l’instant, ça me va très bien. 

 

On sait aussi que tu es vice-capitaine du Sporting Club Albigeois. Au début, tu es arrivé un peu sur la pointe des pieds, tu as découvert le Sporting et on t’a quand même rapidement donné des responsabilités. Est-ce que maintenant, tu as pris un peu plus d’ampleur et est-ce que tu parles beaucoup plus ? Parce qu’un peu comme Benjamin Pètre, tu es un taiseux mais sur le terrain, il faut aussi des leaders de terrain. Tu es plutôt un leader de combat ou un leader charismatique de parole ? 

 

Non, moi, j’essaie de montrer l’exemple sur le terrain pace-que je préfère laisser la parole à Dédé (Matthieu André) qui, pour moi, est le mec qui est vraiment le plus écouté dans l’équipe. J’essaie parfois de prendre un peu la parole derrière mais il y a quand même aussi des joueurs d’expérience derrière avec Kéké (Boulogne) , avec Benji Caminati qui prennent la parole aussi. Moi, j’essaie de rester à ma place, quand il faut prendre la parole, je la prends. Sinon, il faut surtout être exemplaire aux entraînements, aux matchs et c’est le plus important. 

 

Tu nous parlais de  » Dédé  » alias Matthieu André, l’Highlander jaune et noir. 201 matchs sous les couleurs jaune et noir, tu envies cette longévité de Matthieu André ? 

 

Bien sûr, ça me donne envie. Après, je ne sais pas si j’arriverai à l’atteindre mais c’est vrai que oui, c’est un exemple pour tous. On voit que Matthieu est exemplaire dans tout ce qu’il fait. Pour moi, c’est une personne que je respecte énormément et dont le Sporting a vraiment, vraiment besoin. 

 

On va aussi parler du prochain match qui est un déplacement à Mauléon. On connaît la chanson,  » Les Fêtes de Mauléon  » mais les fêtes de Mauléon, ce sera peut-être après le match. Pendant le match, ça risque quand même d’être une très, très grosse partie de manivelle avec une ambiance survoltée, dans le bon sens de la règle bien sûr. Mais, ça risque d’être quelque chose d’assez épique ? 

 

Oui, je pense que ça va être un très, très bon test pour nous. A part le dernier match qu’ils ont je crois perdu, leurs derniers résultats sont bons. On va aller jouer chez une équipe de mecs qui vont mettre les casques à pointe et qui vont essayer de nous faire mal pendant 80 minutes, qui ne vont rien lâcher comme on a pu le voir l’an dernier à Nafarroa. Il ne va pas falloir rentrer dans ce type de match, dans ce genre de piège et il va falloir qu’on arrive à mettre notre jeu en place pour repartir de là-bas avec une victoire. 

 

On va essayer aussi de parler des play-offs. On ne va pas non plus porter la scoumoune au Sporting mais vous êtes quasiment qualifiés pour les phases finales. Mathématiquement, ce n’est pas encore le cas mais, d’ici une ou deux victoires, ce sera le cas. Quelle est l’équipe qui te fait le plus peur dans ces play-offs, l’équipe qui te fait, non pas trembler, mais que tu redoutes ? 

 

Je n’ai pas vu trop d’images de Bourg-en-Bresse mais je pense que Bourg est favori pour la remontée. Et puis, ils ont gardé un effectif de Pro D2 quasi complet. Ils ont perdu 3, 4, 5 mecs donc pour moi, Bourg-en-Bresse est vraiment l’équipe qu’il faut éviter. Et puis, il faut aussi se méfier de Massy qui a l’air d’être vraiment en place, qui s’en sort à chaque match et qui nous colle aux basques au niveau du classement national. Donc, il faudra, je pense, se méfier de Massy et de Bourg. 

 

On sait que tu es souvent rancunier. Pour toi, la rancœur de Rouen va être un moteur pour les play-offs pour ne plus se laisser avoir et ne pas laisser la part au hasard ? 

 

Bien sûr. Je pense que, quand on sera en play-off, il ne faudra pas oublier comment on était l’an dernier au mois de Mai. Ça, il faut qu’on le passe par exemple à Mauléon, s’assurer la première place nationale pour se donner toutes les chances de notre côté. Ce match de Rouen, il faut le garder dans un coin de la tête et le sortir au bon moment, quand cela va être compliqué, dans les moments compliqués. C’est là où il faudra penser à par où on est passé. Et je pense que ce sera aussi un petit supplément d’âme pour les joueurs. 

 

Pour les play-offs, on vous offrira un poster de Richard Hill et de Laurent Cardona à mettre sur la porte du vestiaire. Je pense que cela vous donnera un petit supplément d’âme ? 

 

Ça ira, merci (rires)

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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