#Rugby – Féminines / C.Noual (Albi) : «Nôtre rêve, jouer au Stadium!»

Le Sporting Club Albigeois c’est une équipe senior hommes qui jouent en fédérale 1, mais aussi une équipe féminines coaché par deux joueurs pro de l’équipe fanion : Martin Doan et Guillaume Cazes. Nous sommes allés à la rencontre , de Cloé Noual, une des joueuses emblématiques, de cette bande de copines qui tente de faire perdurer la flamme du rugby féminin en albigeois. Souvent dans l’ombre des « Garçons » ces passionnés de balles ovales se battent chaque week-end pour jouer leur championnat avec le cœur, la franche camaraderie et une certaine fraîcheur qui les caractérisent. Alors qu’elles se sont qualifiées pour les playoffs Régional, ces quinzistes qui évoluent à 10, ne rêvent que d’une chose: bénéficier d’une part de lumière, en jouant au Stadium d’Albi (en levé de rideaux des PRO du SCA). Alors que la semaine « Sport féminin toujours  » du CSA à débuté ce week-end, focus sur une demie de mêlée qui vit ses rêves et son sport a pleine dent.

Chloé, on se souvient de l’année dernière, quand tu étais venue avec tes copines en fin de saison, il y avait des points d’interrogation. Est-ce que vous seriez assez nombreuses pour remonter une équipe ? Dans quelle division vous alliez pouvoir repartir ? On vous avait reçu après avec Géraldine, Guillaume Cazes, Maylis Bousquet et d’autres joueuses qui étaient venus nous parler du rebond du rugby féminin en Albigeois. Et ça a été un beau rebond puisque tu nous disais que vous aviez fini 1ères ex-aequo avec Alban, encore un club tarnais qui se met au rugby féminin, de votre poule. 

 

Oui, exactement. L’objectif est quand même de finir seules premières mais on sort 1ères ex-aequo, on prend et on en est fières. 

 

Maintenant va arriver une seconde phase. Pour que nos lecteurs comprennent, comment se passent ces championnats en féminines ? Il y a une première phase de brassage et après, il y a les phases de play-off ? 

 

C’est ça. En fait, il faut savoir que l’an dernier, c’était vraiment la poule, les premières sortaient en 1/4 de finale et on partait directement jouer les phases finales. Nous, l’objectif, c’était directement les phases finales. Maintenant, il y a une étape de plus, quand on sort de la poule de brassage, on part en play-off pour les montantes et en play-down pour les celles qui sont en bas de tableau. Et après les play-offs, du coup, il y a 1/4 de finale, demi et finale de régional. 

 

Tu nous disais en off qu’avec tes copines, vous faisiez un peu comme la presse. Vous faîtes des projections, à quoi pourrait ressembler la poule, des calculs géographiques de têtes de série. A quelle projection êtes-vous arrivées, à peu près ? On va bientôt t’embaucher au Mag Sport pour faire les projections de Fédérale 1. 

 

Il y a beaucoup moins de clubs donc, c’est beaucoup plus facile (rires). On suit toute la saison par rapport aux résultats donc, comme tout le monde je pense, on n’espère ne pas prendre celle-là parce qu’elles n’ont pas l’air de faire rire. Du coup, on en est arrivé à se dire qu’on reprendrait probablement Alban, Montastruc-la-Conseillère et je pense peut-être La Capelle-Marival dans le Lot ou Montauban, quelque chose comme ça. 

 

Ce qui serait le déplacement le plus lointain ? 

 

Oui, exactement. On pense que ça va repartir par secteurs. 

 

Sans jeter la pierre au Sporting Club Albigeois, on sait que les féminines sont un peu les parents pauvres du club. Vous n’êtes pas encore aussi bien loties que les garçons mais on voit qu’il y a des efforts. Géraldine est aussi en train de pousser pour que les féminines prennent leur place à part entière dans le SCA. Comment faites-vous quand il y a comme ça de longs déplacements ? Vous avez les bus du Sporting ou alors il faut mettre un peu d’huile de coude avec du co-voiturage ? 

 

Non, c’est vrai que pour ça, on a de la chance. On a toujours le bus, même si ce n’est pas forcément le beau bus jaune et noir qu’on a de temps en temps. 

 

Vous avez le bus de l’équipe première parfois ? 

 

Oui, oui. Quand les espoirs ou la une ne jouent pas à l’extérieur le dimanche, on a le bus. C’est vrai qu’on a de la chance qu’Albi finance tous nos déplacements. Parce-que je sais que, les premières saisons de Villemur qu’on avait aussi dans la poule et où j’allais en tutorat pour les aider, soit on prenait les voitures pour nous déplacer par nos propres moyens soit on payait nous-mêmes les mini-bus. Donc, c’est vrai que pour ça, on sait qu’on a de la chance. On ne sait pas si ce sont les garçons ou Géraldine qui fait beaucoup pour ça mais on commence à avoir un peu d’importance, ça nous fait plaisir. Est-ce que cela joue peut-être aussi sur nos résultats, je ne sais pas mais c’est vrai qu’on ne se plaint pas. Le dimanche, au bord du terrain, on voit le président donc, ça fait plaisir. On voit qu’on s’intéresse à nous. A côté de cela, on a accès en même temps que les espoirs à la salle de sport pour faire des séances de muscu et de prépa. On sent vraiment que cette année, il y a quelque chose et on espère juste que ça continuera. 

 

L’année dernière, on avait vu que vous aviez une coach assez emblématique. Avec toutes les filles, vous étiez quasiment fusionnelles, on voyait qu’il y avait une adhésion vraiment forte à son discours et à ses méthodes. Il s’agissait d’Alexandra Cohard, pour la citer. Elle est partie faire l’analyse vidéo à l’Aviron Bayonnais, en Top 14, ce qui vit, j’imagine, un rêve éveillé d’avoir ce poste en Top 14. Ce sont deux garçons de l’équipe une qui ont pris la suite, ça aussi, c’est une belle image, les grands qui jouent en Fédérale 1 qui viennent au soutien dans les rucks, Guillaume Cazes et Martin Doan. Maintenant, à l’usage, est-ce qu’ils font la maille tous les deux ? 

 

Comme je te le disais la dernière fois, on avait un peu peur de la transition. Ce sont des personnes totalement différentes parce-que les garçons sont un peu fous-fous, bien qu’ils gèrent très bien la saison jusqu’à maintenant, ne serait-ce qu’en entraînement, en récupération et même en administratif bien qu’ils soient aidés par Géraldine. Ils s’investissent vraiment, ils donnent même un petit coup de main aux cadettes en plus donc vraiment, ils font le travail. Il a fallu le temps de se caler parce qu’il est sûr qu’Alexandra et Steph l’an dernier étaient un bon duo et Alexandra était très, très, très carrée. Pas parano mais … très carrée (rires). Eux montrent un peu plus de folie et de rondeur. Donc, ça juste été de se caler les premiers mois et ils se sont bien calés sur tout, nous aussi, on s’est habitué à eux et maintenant, chacun a trouvé correctement sa place. C’était juste le temps que ça se lance. 

 

On sait que dans le rugby et les sports collectifs, on aime bien les petits surnoms. Si vous n’en avez pas encore trouvé un à Martin Doan, moi, j’en ai un à vous soumettre. C’est  » Mr le Maire  » puisqu’il se présente aux  élections (rires). Il ne sera pas maire, ça c’est sûr, c’était une boutade. Tu as eu le temps avec tes copines de le chambrer un peu sur le sujet ? 

 

On n’a pas eu le temps de le chambrer et puis, comme on va être sur les feuilles de match et qu’on va rentrer en concurrence, personne n’a osé le chambrer mais il y a encore un créneau à prendre (rires). 

 

Pour revenir à quelque chose de plus sérieux, Martin Doanet Guillaume Cazes qui viennent au soutien des féminines, ça montre qu’au SCA, on fait vraiment club maintenant ? 

 

Ca a déjà commencé l’an dernier d’aller voir par pure amitié les matchs de la une qui était nous aider en fin de saison. 

 

Ou Simon Pardakhty qui est très proche de l’équipe féminine aussi ? 

 

Oui, ils venaient nous voir donc, on allait les voir. Et, les garçons savent qu’à chaque match, on est dans les tribunes. On est maintenant des supportrices assidues (rires). 

 

Parfois, on râle que ça manque un peu d’ambiance pendant les phases régulières au Stadium. Quand est-ce que vous, les filles, vous venez nous faire un tifo au Stadium ou une belle banderole ? Venir mettre un peu d’ambiance avec les tambours pour aider Francine ? En plus, elle est partie en Andalousie pendant deux mois, donc, il y a une place à prendre. 

 

On chambre un peu les supporters adverses, nous, c’est notre rôle (rires). Les banderoles, c’est exceptionnel, on en avait fait une l’an dernier. 

 

Pour Alex ? 

 

Exactement. En phases finales, on nous avait dit de venir sans donc, on avait arrêté les banderoles (rires). 

 

C’est vrai que, les tifos, c’est plus au foot. Au rugby, ça ne fait pas partie de la culture ? 

 

Non, absolument. Là, on venait de finir la saison, c’était vraiment le clin d’œil, surtout sur un derby et c' »tait le dernier match de championnat. C’était vraiment pour lui rendre la pareille par rapport à ce qu’elle nous avait apporté. 

 

Tu me tends la perche. Il y a derby, il y a pelouse, il y a match ce week-end à Lavaur, aux Clauzades. Est-ce que les féminines, vu que vous ne jouez pas, feront le déplacement pour venir soutenir les grands ? Enfin, l’équipe une, on va dire parce-que vous êtes des grandes aussi. 

 

C’est possible qu’on soit quelques-unes, oui. Pour une fois qu’on ne joue pas, on prend aussi nos week-end mais on est quelques graulhetoises à probablement aller voir Albi, oui, vu que Graulhet ne joue pas à Graulhet. 

 

Des Graulhetoises qui jouent au Sporting Club Albigeois ? C’est quand même paradoxal. Est-ce qu’il y a une équipe féminine à Graulhet ? 

 

Quand nous on était jeunes, il y avait une équipe cadette mais qui a perdu ses cadres. Donc, forcément, avec le temps, c’est retombé et les filles sont parties jouer à Gaillac. A 18 ans, on cherchait une autre équipe et chacune a pris des chemins différents. Mais on est quand même la plupart à être restées ensemble et à être venues à Albi ensemble, au fur et à mesure. 

 

On sait que vous jouez à la Plaine des Sports, à la Guitardiercomme disent les Albigeois. On avait Rémy Castille à notre micro juste avant les vacances de Noël qui avait un peu un sentiment de malaise parce qu’il n’avait pas le sentiment que le SCA était chez lui à la Guitardier. Vous les filles, s’il y avait des axes de progression, et en plus, on est en période électorale, c’est maintenant qu’il faut demander les choses, qu’est-ce que vous auriez à demander à la municipalité pour améliorer les conditions, que ce soit pour vous, l’école de rugby ou l’entité SCA ? On entend souvent parler d’un club-house, d’un lieu unique pour l’école de rugby et le centre de formation. Ça, c’est quelque chose qui vous plairait ? 

 

Exactement, un club-house, ce serait génial. Pour nous, notre rêve déjà, on va dire que c’est jouer au Stadium (rires). 

 

En lever de rideau ? 

 

Ça serait encore mieux ! Après, on sait que c’est compliqué mais déjà, un club-house, ce serait vraiment très sympa. 

 

A mettre au crédit de la SASP et du SCA, il y a quand même eu une démonstration de rugby féminin à la mi-temps du match il y a deux mois avec Guillaume Cazes qui avait amené les cadettes, il me semble, sur le terrain. Pas à pas, vous commencez à faire votre entrée dans l’enceinte du Stadium ? 

 

Exactement. C’est sympa, on a eu le droit de faire un petit touché sur le Stadium (rires). C’est toujours sympa. 

 

Petite question humour décalée Radio Albigès. On sait que, chez les garçons, les 3es mi-temps sont bien corsées. Ça vaut son pesant de cacahuètes chez les filles aussi ? 

 

Oui, ça vaut son pesant de cacahuètes mais nous, on joue le dimanche donc, le lundi, il faut repartir au travail ou en cours. Mais, c’est vrai que souvent, ça ne finit pas super tôt (rires). 

 

Jusqu’au 31 Janvier, on est encore dans la période des vœux. Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour 2020 ? 

 

Le top serait des phases finales parce-que c’était l’objectif d’entrée. 

 

On viendra vous commenter si vous êtes en phases finales, on te l’a promis. 

 

On le prend au mot. 

 

On ne peut plus se débiner maintenant, c’est dit en direct. 

 

Exactement (rires). Non mais vraiment, des phases finales, ce serait sympa. Continuer sur la lancée et, pourquoi pas, sur des saisons entières, continuer comme ça et sur de belles saisons. D’avoir lancé la machine et de continuer comme ça, ce serait vraiment beau. 

 

Le message a été lancé par Chloé. Venez soutenir le rugby féminin à la Guitardier le dimanche même si on a compris que tu préfèrerais jouer le samedi pour avoir un jour de repos. C’est le rugby avec la passion, avec le cœur et puis, c’est un rugby plein de fraîcheur ? 

 

Exactement. 

 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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