#Rugby – Fed1 / V.Carbou (Suresnes) : «Ils ont pris une décision qui n’appartient qu’à eux!»

Nous sommes allés faire un tour du côté de la région parisienne avec Vincent Carbou du RC Suresnes, pour faire un point sur la situation dans les Hauts de Seine. Pour le coach catalan tout les voyants sportifs sont au vert, avec une série de 5 matchs sans défaite, une place dans la Quator de têtes de la poule 1 de fédérale 1 et une victoire probante à Chambéry. Mais hors du pré, ce proche du Stade Français , s’est vu malgré des résultats satisfaisants , signifié au mois de novembre, par ses deux co-Présidents , qu’il ne continuerait une 7eme année sur le banc Suresnois. Focus avec un entraîneur qui connaît déjà la date de fin de son aventure au RCS, mais compte bien via le Du Manoir faire de celle-ci : un happy end.

 

 

Vincent, on ne va pas s’en cacher, 2020 commence pour toi sur les chapeaux de roues. On n’arrête plus Suresnes ? 

 

Oui, Suresnes commence bien en 2020 du point de vue des résultats puisqu’on fait trois matchs, trois victoires. On avait fini 2019 avec deux victoires aussi donc, on en est à 5 d’affilée. On va dire que le banc est bon. On a commencé par la réception de Beaune, concurrent direct à la qualification où ça s’est bien passé. Ca a quand même été compliqué, un match houleux mais on s’en est sorti. Puis la belle victoire à Chambéry qui a surpris beaucoup de monde et là, on a fini le bloc avec Vienne où il y a eu un très, très gros match. Comme on les avait battus chez eux, je pense qu’ils étaient venus aussi pour en découdre. Il y a eu un gros, gros bras de fer en début de match et puis on a réussi à remporter ce bras de fer. 

 

Prochain défi, prochain challenge pour Suresnes, c’est d’aller défier Dijon, second de la poule. Pour faire un petit clin d’œil à Kobe Bryant qui nous a malheureusement quittés dans un accident tragique, comme on dirait au basket, vous n’êtes pas loin du triple double si vous gagnez à Dijon ? 

 

Allez gagner à Dijon, ça va être une tâche très, très compliquée. C’est l’une des équipes les mieux équipées de la poule. Ils nous avaient battus chez nous, de 14 points en plus, ce qui n’est quand même pas rien. Ils avaient fait un match complet abouti. Je sens quand même mes joueurs revanchards donc on ne dira pas que c’est mission impossible parce-que, si les joueurs ont envie de faire quelque chose là-bas, ça aide toujours. Maintenant, ça va être très compliqué. 

 

En plus, on a l’impression que Dijon est un groupe qui est en train de monter en puissance. Il y a eu beaucoup de turn-over au mercato et là, on a l’impression que la mayonnaise est en train de prendre, même si Dijon est plutôt le pays de la moutarde. Ils risquent de finir cette saison en boulet de canon mais on vous fait confiance à Suresnes pour être le petit grain de sable qui vienne enrayer la machine ? 

 

Je pense qu’ils ont aussi la mayonnaise de Dijon, (rires) il ne faut pas l’oublier. Maintenant, d’ici à ce qu’on aille engranger là-bas, ce n’est pas mission impossible mais ce sera quand même compliqué. Mais, avec des joueurs qui n’auront pas forcément de pression là-bas, qui seront revanchards, le groupe va bien se comporterMême si Dijon a, je crois, récupéré le 10 de Soyaux-Angoulême. 

 

Jean-Ric Lombard

 

Voilà. Donc forcément, un leader de jeu expérimenté qui arrive dans cette équipe qui était déjà très, très équipée d’un point de vue physique. Les derniers résultats qu’ils ont fait montre que cette équipe vit bien donc, compliqué de les faire déjouer. Mais bon, on ira avec nos armes. 

 

Comme on dit souvent au MagSport – Radio Albigès, à cœurs vaillants, rien d’impossible ? 

 

Exactement. Celle-là aussi, on l’utilise. 

 

J’imagine. Elle est connue et elle est vieille comme le monde cette expression. On va aussi parler des petites problématiques qu’il y avait eu avec la Fédération puisqu’on vu qu’avec Drancy, vous avez eu deux points de suspension suite aux affaires qu’il y avait eu autour de ce match assez chaud patate pour un derby, comme il se doit. C’est une histoire finie ou il y a eu un appel ? Car j’ai des échos comme quoi il y aurait eu un appel de Drancy ? 

 

Je ne suis pas au courant. Nous, on n’a pas fait appel, on n’a pas été informé par rapport à cela. C’est une histoire finie, comme je te le disais la dernière fois, ce n’était pas houleux au point de peut-être avoir ce match arrêté. Il y a deux points chacun, il faut apprendre des erreurs qui ont été faites à ce moment-là. Pour nous, l’affaire est enterrée aujourd’hui. 

 

Et avec Vincent Lagassé ? Parce qu’on sait qu’il y avait eu une petite passe d’armes médiatique, entre autres chez nous. Avec la trêve des confiseurs de Noël, vous avez enterré la hache de guerre avec Vincent, vous êtes restés copains ? 

 

Oui, bien sûr, aucun problème. Ce sont des choses, ce sont des équipes, on donne des points de vue. Après, ça n’empêche en rien les relations qu’on a avant. Le rugby l’a montré à de multiples reprises et c’est ce qu’il y a d’intéressant. Il s’est passé des choses sur le terrain, en-dehors, on reste des hommes et c’est ça qui est important. On ne va pas empêcher les relations. 

 

On va aussi parler un peu de toi parce-que, cette saison, tu as des résultats assez probants voire très probants avec Suresnes. Actuellement, vous êtes 3es sans les points retirés puisque, s’il y a appel, ça va encore retarder tout ça. Avec les points retirés, vous seriez 4es, ce qui était peut-être un résultat inespéré pour Suresnes il y a quelques années. Mais paradoxalement, nos grandes oreilles qui sont dans le Tarn mais qui vont quand même jusqu’à Paris, m’ont appris que tu ne serais pas renouvelé la saison prochaine. J’imagine que pour toi, c’est un peu une déception ?

 

Oui, voilà. Une déception et puis, surpris. Les dirigeants, qui sont Olivier Pouligny et Laurent Piepszownik, m’ont indiqué que les résultats n’étaient pas bons. Alors, ils me l’ont indiqué début Novembre, on avait quand même battu Massy et Chambéry donc oui, ça a été une déception. D’ailleurs, ils l’ont dit le soir-même aux joueurs beaucoup de joueurs m’ont contacté. Ils ne comprenaient pas, certains parfois ont désapprouvé. Moi-même ça a été compliqué en tant qu’être humain, ça a été une décision qu’il a fallu encaisser. Et en fait, après, on encaisse et on continue à travailler et, malgré tout, les résultats montrent aussi qu’on réussit à rebondir. 

 

Surtout que le rugby fait partie de ces sports où il y a parfois des rebonds inespérés. Et on souhaite que tu rebondisses dans un beau challenge, dans un beau club ? 

 

Ça, on verra pour la suite. Pour l’instant, on est fin janvier, on a une saison à terminer et on fera au mieux. Sur la décision des dirigeants, je n’ai rien à dire, je suis entraîneur et non pas dirigeant. Ils ont pris une décision qui n’appartient qu’à eux, ils ont fait ça avec leurs principes et leur expérience et moi, je souhaite le meilleur à Suresnes pour la suite. Mais encore une fois, mon objectif est de bien terminer la saison, que les joueurs se régalent et qu’il y ait une très belle fin de saison. S’il peut y avoir des phases finales sympas au bout, ce sera une très bonne chose. 

 

Si tu pars de Suresnes avec le Du Manoir, tu vas être l’idole du pays ? Ils vont être obligés de te garder ? 

 

Ah, on ne sait pas (rires). 

 

C’est la loi du sport, on verra ce qu’il se passera au Printemps, si les bourgeons poussent en terre suresnoise 

 

Voilà, espérons que les grappes soient bonnes et qu’il y ait de nouvelles grappes. 

 

En parlant de nouvelles grappes, on a vu qu’il y avait eu la nomination de Matthieu Blin au RC Suresnes. Beaucoup de mauvaises langues disent que c’est déjà l’après Carbou qui se prépare. D’après nos échos, il n’est pas totalement sur le même registre que toi ? Il arrive dans un autre registre ? 

 

S’ils disent que c’est l’après-Carbou, c’est flatteur de mon point de vue (rires). Visiblement, il ne vient pas sur le sportif. On n’a pas eu l’occasion de se rencontrer et de discuter. Je trouve que la venue de Matthieu est une bonne nouvelle pour le club, ça a été un joueur et un entraîneur de renom. Il a l’expérience du monde professionnel donc, je pense qu’il apportera quand même des éléments qui vont aider à la structuration du club. Mais visiblement, non, il ne sera pas centré sur le sportif. 

 

On va revenir à cette saison de Fédérale 1. On voit que maintenant chemin faisant, même si Dijon a pris un peu de large et a un petit matelas confortable pour la seconde place, Suresnes n’est pas si loin de ce Jean-Prat. Quels ont été les matchs clé qui auraient pu vous faire basculer du bon côté de la force ? 

 

Ce sont les deux matchs que, pour moi, on a perdu par excès de confiance qu’ont été Rumilly et Villefranche. 

 

Chez des promus

 

Si on gagnait ces deux matchs, on était dans la course à l’accession à la Pro D2. Ça, ce sont des résultats sportifs mais, après, on avait pris le pari de ne prendre que des avants pros, on a 10 avants et un 3/4 pro. Ce pari a montré des choses intéressantes, on l’avait pris en début de saison et il se révèle plutôt positif. Je pense aussi que le groupe qu’on a aujourd’hui est très, très compétitif mais il y a eu un changement de près de 50% des joueurs donc, il a aussi fallu le temps que la mayonnaise prenne. Qu’est-ce qu’il y aura à changer l’année prochaine pour accéder à ça ? Je pense que les résultats aujourd’hui commencent à le montrer, la mayonnaise a pris et l’équipe comment finalement à être efficace. On a vu le match contre Vienne, pour moi, c’est un des matchs les plus aboutis de la saison. 

 

Surtout que cette équipe de Vienne, il faut se  » la fader « . C’est une équipe qui pendant longtemps a été à la 3e ou à la 4e place et c’est costaud. Elle n’affiche pas de grandes prétentions mais elle fait du beau rugby et elle est costaud ? 

 

C’est efficace, c’est propre, ça fait très peu de fautes, c’est toujours bien replacé, ça arrive toujours avec de la vitesse, c’est fort devant. Enfin, il n’y a pas grand-chose à jeter. 

 

Et puis, il y a des vieux briscards comme Trautmann qui savent mener leur groupe ? 

 

Exactement. C’est un joueur rempli d’expériences, il mène très bien sa barque. 

 

On va évoquer tes derniers mois à Suresnes. On imagine que, quoi qu’il arrive, tu garderas de beaux souvenirs avec le RC Suresnois. Si tu pouvais nous le résumer, quel est ton sentiment après ces années passées à Suresnes ? 

 

L’ancien capitaine disait cela :  » le RC Suresnes a toujours été une terre d’accueil  » et j’ai été très bien accueilli. Ce sont des gens qui travaillent main dans la main et derrière, une très belle aventure humaine. Je crois que c’est ça qui, de un, nous a fait monter en Fédérale 1 et, de deux, nous a fait nous maintenir. J’ai aussi une pensée pour les joueurs qui ont arrêté, qui étaient pluriactifs l’année dernière et qui ont beaucoup donné. Moi, j’en suis à 6 ans donc eux ont beaucoup donné pendant 5 ans pour monter et s’y maintenir. Je crois que ce sont ces aventures humaines qui font que l’on construit des choses, grandes, belles et durables. C’est ce que je retiendrai de mon passage à Suresnes, des gens qui m’ont accueilli, le vice-président Patrick Lettry qu’on appelle  » minou « , un petit moustachu pour ceux qui le croise sur un terrain de rugby. Ce sont des gens passionnés, avec beaucoup d’humilité et avec qui il est très, très agréable de travailler. Je crois que c’est ça, quand on est dans des cercles comme ça, au bout d’un moment, on est aidé, tout simplement. 

 

Et puis, quand on voit ce qui arrive à Graulhet, on voit qu’avant d’être un sport, le rugby est quand même de l’humain. Et c’est bien que tu mettes en valeur ce côté humain. 

 

Moi, je pense que la différence entre le monde de l’entreprise et le rugby, c’est que justement, quand on rentre sur le terrain, on ne sait pas dans quel état on va s’en sortir. Au rugby, on s’engage déjà pour des hommes. Je pense qu’Urios est exactement dans cette optique là et c’est ce qui fait que les groupes se transcendent. Je pense qu’il faut être clair sur ça et après, on arrive à faire de grandes choses. Et dans la vie, on croise toujours des tempêtes mais quand on a une base humaine solide, la tempête passe et après il fait beau. On n’a pas trop cassé le bateau et on continue d’avancer. 

 

On en connaît quelque chose à Radio Albigès. Je te remercie d’être venu nous parler du Rugby Club Suresnois et d’avoir, comme d’habitude, parlé avec le cœur. 

 

Merci à toi et encore une pensée pour les amis de Graulhet. Je leur souhaite vraiment beaucoup de courage, de pensées et de soutiens. 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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