#Rugby – Fed1 / R.Boscus (Pamiers) : «Essayer d’avoir un déclic mental!»

Romain Boscus, le demi d’ouverture/Arrière du SCA, comprenez le Sporting Club Appamaéen, qui va venir se déplacer ce samedi au Stadium Municipal d’Albi pour affronter le SC Albigeois, nous a accordé une interview grand format. Au delà de l’homonymie des deux entités, ce choc des extrêmes, entre des Tarnais caracolant en tête et des ariégeois englués dans la zone de relégation, va revêtir une importance particulière pour le natif de l’Aveyron. Blessé durant le match aller, le stratège de Pamiers , espère malgré l’adversité, un déclic pour lui et les siens. Mais l’ex joueur de Rodez nous livre aussi son sentiment sur la saison des Appaméens , sa vision de cette fédérale 1, qui garde une certaine âme et un petit clin d’œil à son vis à vis albigeois (Kevin Boulogne) et ex coéquipier du Castres Olympique.

 

 

Un gros match s’annonce pour le Sporting Appaméen avec ce déplacement à Albi chez l’ogre de la poule. On sait qu’actuellement, vous êtes dans le dur, il y a eu le petit contrecoup de la saison. Vous avez fait un début de saison tonitruant en tutoyant quasiment les 4 premières places et puis, il y a un peu eu une panne d’électricité ? 

 

Oui, c’est vrai qu’on avait attaqué comme il fallait dès le premier match à la maison pour bien lancer la saison. Ensuite, une défaite à la maison contre Mauléon qui nous met dans une spirale un peu négative. Après, c’est compliqué. Même si on avait été gagné à Graulhet, c’est compliqué de batailler dans notre championnat et de gagner des matchs, surtout quand on est dans une spirale comme ça. 

 

Après la défaite face à Mauléon, vous aviez peut-être failli relancer la dynamique en accrochant quand même le Sporting ? On se souvient quand même d’un match à Pamiers où il y a eu du suspens jusqu’à la fin. Vous les aviez un brin fait trembler ces joueurs du Sporting Club Albigeois ? 

 

On se devait de faire un gros match. On savait qu’on recevait une grosse équipe donc il fallait se surpasser. On l’avait fait, on n’était pas passé loin de la victoire. Mais, c’était quand même une défaite à la maison qui ne nous avait pas permis de nous relancer en termes de points. 

 

Pour toi, ce match contre Albi à l’aller est un mauvais souvenir, on se rappelle que tu es sorti à la mi-temps sur blessure. Là, j’imagine que tu arrives en pleine possession de tes moyens et que tu as envie de prendre une revanche sur le destin ? 

 

Une revanche, oui et non. J’ai envie, comme tous les autres joueurs, d’être performant face à cette équipe parce-que sinon, je pense que ça peut faire cher à la fin. Au-delà du résultat, c’est surtout la performance individuelle qui va compter pour les blocs qui arrivent et notre mission maintien. 

 

On a vu le week-end dernier Lavaur faire un peu trébucher Albi, même si le Sporting s’est imposé avec le bonus offensif. Ils ont réussi à les enquiquiner pendant 70 minutes. Tu as réussi à échanger avec des joueurs de Lavaur pour savoir un peu quelle était la recette pour faire dérailler cette équipe albigeoise ? 

 

Déjà, comme tout match, c’est être combattant, c’est être propre sur la conquête. Après, on le voit, toutes les équipes à la maison arrivent à les faire déjouer pendant 60, 70 minutes mais physiquement, peut-être par l’apport de leur banc, il y a une différence qui se fait. Quand on est une équipe professionnelle, il y a une grosse différence avec les équipes qui le sont un peu moins. 

 

On sait maintenant qu’à Pamiers, vous êtes revenus avec des ambitions un peu plus mesurées avec le maintien même si le début de saison avait peut-être laissé espérer autre chose. Il y a eu un match important à Bagnères. Qu’est-ce qui s’est passé là-bas ? Vous êtes vraiment passés à côté ou bien, c’est cette équipe de Bagnères qui est en train se sortir grandement la tête de l’eau ? 

 

A Bagnères, j’ai envie de dire que c’est comme à l’image de plusieurs matchs. On fait de grosses entames sans trop marquer de point et petit à petit, l’équipe adverse prend le pas et après c’est compliqué. Quand tu as l’euphorie d’être à la maison, c’est un peu d’indiscipline, un peu d’imprécision dans notre jeu qui, quand on est dans cette spirale, ne nous permettent pas de tuer les matchs quand on peut le faire. Et on a eu sur certains matchs pas mal d’occasions de le faire. Donc, avec un peu plus de confiance, je pense que la saison serait autre. Maintenant, on en est là et même si le maintien était l’objectif du début d’année, on ne va pas se mentir. Il ne reste que 8 matchs, on va recevoir Bagnères, Graulhet, des matchs qu’il faudra grandement gagner pour pouvoir espérer quelque chose. 

 

Pamiers est un club qui monte de Fédérale 2 mais qui a quand même une certaine assise financière. Vous avez 1M5 de budget, pour un promu, ce n’est pas rien. Est-ce que le président a poussé un coup de gueule en disant  » on vous a mis les petits plats dans les grands pour que vous soyez en bonne position en Fédérale 1  » ? Est-ce qu’il y a de la déception au niveau des dirigeants ? 

 

Oui, il y a de la déception parce-que le club a des ambitions même s’il monte de Fédérale 2 et je pense qu’on est un bon groupe. Il y a eu un petit coup de gueule après la défaite face à Fleurance à la maison en fin d’année 2019. On a essayé de mettre les choses à plat mais c’est vrai que cela ne fait pas tout, c’est difficile de se relancer. Il faudra essayer avec le match d’Albi d’avoir un déclic mental parce-que, même si à la maison on avait perdu à Albi, c’est vrai que quand tu fais un gros match contre une grosse équipe, tu te dis  » on a les moyens « . Donc, il ne faudra pas lâcher et monter un beau visage face à cette équipe parce-que sinon, on sait ce qui va arriver. 

 

Un peu à l’image d’Oloron qui, malgré la défaite à Albi il y a quelques semaines, avait montré un très beau visage. Ils s’étaient servis de leurs valeurs pour aller terrasser Graulhet dans un match au maintien qui a suivi derrière. Parce-que, le prochain match, c’est aussi Graulhet pour vous ? 

 

Oui, on va recevoir Graulhet et on va aussi aller à Saint-Sulpice. Les blocs qui arrivent vont être déterminants pour la fin de saison.

 

En début de saison, quand tu étais arrivé à Pamiers, on t’avait demandé ce qui t’avais plu, comment tu définissais ce club de Pamiers. Ca fait maintenant 6 mois que tu as les pieds bien ancrés en Ariège. Tu peux nous en dire un peu plus sur cette mentalité, sur cet ADN du Sporting Club Appaméen ? 

 

C’est un club, comme je l’avais dit en début de saison, très familial, où les gens sont très ouverts. Ce sont des gens vrais, qui disent les choses donc ça, c’est important. Ce sont des gens, même ceux de la région, accueillants mais aussi ambitieux par rapport au club. L’année dernière, il y a eu l’euphorie de la montée et je pense que tout le monde, tant le public que les dirigeants, s’attendait à peut-être autre chose. Mais, il faut réussir à atteindre l’objectif qui est le maintien cette saison. 

 

D’abord stabiliser le club et voir plus grand les années suivantes ? 

 

Oui, voilà. 

 

Par contre, un truc qui nous avait impressionnés à Pamiers, c’est quand même la passion qu’il y a dans ce public. C’est vraiment un public passionné, avec parfois ses excès, mais ça fait partie du folklore et de ce qu’on aime dans le rugby. C’est vraiment un vrai public de Fédérale 1, un peu comme à Saint-Sulpice-sur-Lèze, où on sent qu’il y a tout un village, toute une ville qui est autour ? 

 

C’est un peu partout. On est allé à Mauléon ce week-end, ce sont des villes qui sont énormément derrière leurs clubs, qui poussent et qui mettent la pression. C’est vrai que parfois, on entend des choses que l’on ne devrait pas au bord du terrain mais ça fait partie du contexte et ça peut quelque fois faire déjouer l’adversaire. Donc, ça fait partie du jeu. 

 

On va rester en Occitanie mais on va un peu traverser le territoire. On va remonter jusqu’à Rodez, ton club de cœur. Tu suis un peu l’évolution de Rodez ? Qu’est-ce que tu penses de la renaissance du rugby à Rodez après les évènements que l’on connait qui se sont passés cet été ? 

 

Oui, bien sûr. C’est vrai que de repartir avec de nouvelles personnes à tous les étages, c’est compliqué. Je pense que là, ils sont lancés, il me semble qu’ils sont 3es de poule. Ils ont été gagnés chez le premier le week-end dernier donc ils sont sur de bonnes bases. Je ne sais pas trop quel est leur objectif cette année parce-que je crois que le premier monte directement et derrière, il faut passer par les phases finales. Je pense qu’ils vont les faire, ils ont retrouvé Polignon voilà deux matchs donc ça, c’est une très bonne chose de pouvoir rejouer dans ce stade mythique. Et il y a du monde qui va les voir donc, le public est présent. Pour de la Promotion Honneur, avoir 1 500 personnes au stade, c’est exceptionnel. Il y a un engouement qui est resté, les gens aiment le rugby à Rodez. 

 

Il y a encore une âme rugby qui vit dans cette ville de Rodez ? 

 

Oui et heureusement parce qu’on ne pouvait pas finir sur cette note-là. Il fallait redémarrer et là, ils le font très bien. Ca augure de beaux jours pour Rodez. 

 

En parlant de Rodez, on sait que ton ancien coach Arnaud Vercruysse garde souvent un lien indéfectible avec ses anciens joueurs. Il est venu te voir jouer à Pamiers ou tu l’as recroisé sur les terrains ? 

 

Non, pas encore. 

 

Peut-être qu’Albi n’étant pas loin de Rodez, ce serait l’occasion ? 

 

Oui, j’ai du monde de Rodez qui va monter. Lui, je ne sais pas s’il va venir mais déjà, j’ai la famille qui est sur Rodez et des anciens joueurs avec qui j’ai joué qui vont monter pour voir ce match. 

 

On va revenir un peu plus sur ton poste. Il va y avoir ce soir au Stadium un duel dans le duel, Romain Boscus contre Kevin Boulogne, la jeunesse contre l’ancien. J’imagine que Kevin Boulogne, quand on parle de lui, ça te parle comme joueur ? 

 

Oui mais bon, la jeunesse … On n’est quand même pas très loin, il me semble qu’on a deux ou trois ans d’écart. C’est quelqu’un qui, quand je suis arrivé à Castres, était déjà au niveau au-dessus. J’ai eu la chance de jouer avec lui pour les phases finales Reichel par exemple. C’est un joueur qui est très opportuniste et qui tente beaucoup et qui ne se prend pas la tête. Je le connais, même sur le terrain, ça rigole quand on joue avec d’anciens coéquipiers. C’est bon enfant mais je vais essayer de le faire déjouer un petit peu. 

 

En plus, c’est un grand filou. On se souvient de son essai de filou qu’il avait marqué à Pamiers, j’imagine que celui-là, vous l’avez encore en travers de la gorge ? 

 

Oui mais comme je l’ai dit, c’est un opportuniste, il tente beaucoup. Ça lui réussit de temps en temps donc, c’est très bien pour lui. Il ne va pas falloir lui laisse beaucoup d’espaces et lui mettre un peu de pression. 

 

Le ton du match est donné et on te donne rendez-vous ce soir sur le pré au Stadium, en espérant qu’il y ait un beau match entre le SCA et le SCA

 

Merci .

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

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