#Rugby – Fed1 / B.Marfaing (Pamiers) : «On ne viendra pas en victime!»

Benoît Marfaing, le manager du Sporting Club Appaméen, nous a accordé un entretien à quelques heures de défier le Sporting Club Albigeois. L’entraîneur des ariégeois, qui lutte pour le maintien, conscient du défi qui les attend au Stadium municipal d’Albi, vient avec ses hommes en mode commando, et avec une réelle envie de s’étalonner face à l’ogre de la poule.

 

Crédit photo DDM

 

Benoît, ce samedi pour Pamiers, il y a «  big déplacement « , vous venez chez l’ogre albigeois. On sait qu’à Pamiers vous aimez les défis et ce genre de challenge, ça doit vous donner un peu d’appétit ? 

 

Complètement. Pour être réaliste, on connaît le tarif des équipes qui viennent à Albi, c’est 40, 50 points minimum. Nous, on ne viendra pas en victime, c’est sûr. Et comme je le disais à mes joueurs, moi, en tant que joueur, j’aimais faire ce genre de match-là surtout à l’extérieur où on n’a pas forcément une pression de résultat chez une équipe qui est quand même super bien en place, bien organisée et très agréable à jouer. Je leur dis, moi, je préfère jouer des équipes comme ça que des équipes de bas de tableau tous les week-ends. Donc, ce challenge est un défi à relever et vraiment, on ne viendra pas en victime. 

 

En plus, une équipe qui a été un peu piquée au vif par sa prestation personnelle et collective le week-end dernier face à Lavaur. Donc, on peut s’attendre à que le Sporting lâche les chevaux d’entrée ? 

 

C’est encore mieux. Au moins, comme ça, ça permettra à mes joueurs de s’étalonner face à une équipe qui va prétendre à la Pro D2. Après, comme je le dis, ça reste un match de rugby, des surprises dans le rugby, on en voit tous les week-ends, à tous les niveaux donc pourquoi pas nous (rires). 

 

Et puis, le Sporting est invaincu au Stadium depuis quasiment deux ans. On le sait aussi bien l’un que l’autre, les séries sont faites pour s’arrêter. Pourquoi pas Pamiers ? 

 

Oui, pourquoi pas mais après, on ne se fait pas trop d’illusion. Le but, c’est de bien figurer, de s’étalonner, j’ai fait tourner, il y a un peu de rotation dans l’effectif parce qu’il y a aussi un bloc qui va être décisif dans la lutte au maintien au mois de Février. Il y a quelques joueurs qui ont une chance à jouer face à cette équipe-là. C’est tout bon pour eux parce-que, si ils s’étalonnent et que ça se passe bien pour eux, ils pourront postuler pour une place de titulaire sur le prochain bloc. Maintenant, comme je le dis, ce sont vraiment les meilleurs matchs à jouer, c’est là où on va se galvaniser. Il y aura forcément un peu de peur d’en prendre 60 comme toutes les équipes mais j’ai hâte d’y participer. 

 

En plus, on va dire que vous avez eu un petit souci à Bagnères. Vous avez perdu une grosse manche pour le maintien face à Bagnères mais pas que puisque vous avez pris deux rouges à Mauléon, et des joueurs cadres.

 

On voulait aller faire un résultat à Mauléon, on avait à cœur de se rattraper puisqu’ils étaient venus gagner chez nous. Je ne vais pas recommenter ce match parce qu’il y a plein d’articles qui sortent à ce sujet et Mauléon mérite amplement leur victoire. Donc, il n’y a rien à dire par rapport à ça et c’est vrai qu’on y a laissé quelques plumes puisqu’on a deux jaunes, deux cartons rouges. Les deux cartons jaunes ne joueront pas ce week-end parce qu’ils sont déjà à deux et que, s’ils en reprennent un, ils seront suspendus pour le prochain bloc donc, on va essayer de les mettre un peu au chaud. Oui, il y a quelques cadres qui ne seront pas là mais ceux qui vont les remplacer, comme je le disais tout à l’heure, auront une carte à jouer et à eux de la saisir. 

 

Mauléon, c’est le prochain déplacement du Sporting Club Albigeois. C’est aussi chaud et passionné que ce que raconte la légende ? 

 

Ah, il y a des passionnés dans la tribune, il y a énormément de passionnés, comme le sont ceux des clubs qui sont vers là-bas  (rires). A vous de faire le nécessaire pour que l’arbitre ne soit pas influencé par le public, par le contexte. Mauléon est une équipe qui ne lâche rien pendant 80 minutes, qui, quand on les voit sortir du vestiaire, on se dit  » mais ce n’est pas possible, ils ne peuvent pas être à ce niveau-là « . Et malgré cela, ils sont 4es, ça n’enlève rien à ce qu’ils produisent sur le terrain. C’est une équipe qu’il ne faut absolument pas prendre à la légère. Je pense que toutes les équipes qui les rencontrent se disent  » ouais, bon « . Vraiment, quand on les voit sortir du vestiaire, on le prend peut-être avec un peu plus de hauteur et au final, c’est là qu’ils surprennent tout le monde. Donc, Mauléon est 4e et je pense qu’il le mérite amplement par l’envie que démontre cette équipe. Elle est entraînée aussi par Arnaud Héguy qui doit être un fin tacticien et qui connaît quand même le rugby. Donc, un conseil, ne le prenez pas à la légère (rires). 

 

J’imagine bien. On va revenir aussi sur un article qu’on a vu passer, chez des confrères qui ont découvert rapidement en Fédérale 1 qu’il y avait la Fédérale 1 qui existait, sur l’arbitrage. On a vu que tu râlais un peu parce-que tu avais l’impression d’être un peu arbitré comme un petit. C’est quelque chose de vraiment prégnant pour toi ? 

 

Depuis cet article, j’échange avec Attalah, qui est le manager des arbitres de la Fédérale 1 à la Fédérale 3. Il m’a d’ailleurs laissé un message téléphonique pour que j’aie des échanges avec lui. Nous, au jour d’aujourd’hui, on est dans une situation où on est un club qui va jouer le maintien et où certaines décisions peuvent être très lourdes de conséquences. Le but n’est pas de décrier l’arbitrage, le but est d’avancer ensemble, entre les entraîneurs, les équipes et les arbitres. J’ai pas mal d’amis arbitres à tous les niveaux et je sais que les arbitres sont confrontés à énormément de difficultés en termes de moyens humains, en termes de moyens financiers. Ils ne sont peut-être pas considérés comme on devrait les considérer. C’est vrai que ce n’est pas facile tous les week-ends pour eux d’arbitrer. Mais juste essayer d’avoir un peu plus d’échanges avec eux pendant le match, pas qu’à la fin du match parce-que souvent, les arbitres nous disent  » on en parlera à la fin du match « . Oui mais, le match est terminé et c’est surtout, peut-être, trouver des solutions à la mi-temps, faire un petit retour avec eux pour savoir le pourquoi du comment. Il y a 10 minutes sur une mi-temps, c’est très long, je donne quelques exemples d’idées. Travailler ensemble sur la vidéo, essayer de comprendre, c’est vrai que ce n’est pas facile pour tout le monde. Mais nous, au jour d’aujourd’hui, je ne dirai pas qu’on est arbitré comme des petits mais il y a des décisions qu’on ne comprend pas et on aimerait avoir des explications avec eux et pas seulement à la fin du match, quand le match est terminé. J’échange énormément avec des entraîneurs, suite à cet article qui est sorti, j’ai eu beaucoup d’entraîneurs qui m’ont envoyé des messages. Mais je n’ai absolument rien contre les arbitres, ce n’est pas ce que je suis en train de dire. Je le répète, j’ai beaucoup d’amis dedans. Avec Mr Attalah, on a échangé, ça a été très constructif. On va continuer d’échanger toutes les semaines sur les matchs. Le but est de trouver le plus de solutions possibles pour essayer de ne pas être frustré à la fin du match. Je sais que pour tout entraîneur, tout joueur, c’est facile de se cacher derrière l’arbitre mais comme je disais à mes joueurs, si on fait le taf, même s’il y a quelques décisions qui ne sont pas bonnes, il n’y a pas à râler ou à avoir de mots envers ces personnes-là.

 

Et puis, ce n’est pas à Albi qu’on te jettera la pierre par rapport à ça parce-que je me souviens d’un mois de Mai 2019 où on est revenu de Normandie un brin frustré, côté Albigeois. 

 

Oui, c’est sûr. Si on peut travailler en amont pour éviter ce genre de frustration, ça peut être … Si on peut travailler ensemble pour un rugby pragmatique, pour un rugby intéressant qui va permettre aux joueurs, aux clubs et aux arbitres d’évoluer, il faut vraiment qu’on travaille main dans la main. Je sais que c’est difficile pour les entraîneurs, pour les arbitres de par leur temps ou leurs façons de fonctionner mais il faut vraiment qu’on arrive à travailler comme ça parce-que sinon, ça va être très compliqué pour la suite. 

 

On va revenir focus sur le match de samedi. Tout le monde appelle Albi l’ogre ou le colosse de la poule. On sait que les colosses ont toujours un pied d’argile? Pour toi, où est le pied d’argile d’Albi ? 

 

Je ne sais pas si je peux le dévoiler parce qu’on va essayer de mettre en place certaines choses (rires). Albi est quand même une équipe qui est très complète, qui a une très bonne conquête, un très bon alignement en touche donc, c’est difficile de les contrer et d’avoir nos ballons en touche parce qu’ils sont vraiment performants là-dessus. En mêlée, c’est pareil, ils ont une grosse mêlée, il n’y a personne qui les a encore bougés

 

Un brin Lavaur qui les a quand même un brin chatouillés

 

Ce week-end à Lavaur, je ne sais pas. Très honnêtement, je n’ai pas vu le match d’Albi/Lavaur. J’ai lu certains commentaires où votre entraîneur était très déçu de cette prestation. Mais, comme toutes équipes qui gagnent et sont dans une spirale positive, ce serait peut-être un mal de suffisance sur certaines formes de jeu. Je pense qu’Albi est une équipe comme toute équipe, si on arrive à les faire douter pendant 60 minutes, il y aura peut-être quelque chose à jouer. Maintenant, encore faut-il y arriver. 

 

L’année dernière, en plein mois de Janvier, Lannemezan était la seule équipe de la saison 2018-2019 à être venue chercher un bonus défensif au Stadium. Quand on en parlait avec les présidents de Lannemezan, ils disaient que ça avait été un déclic pour aller chercher le maintien et ensuite la qualification en Du Manoir. C’est un exemple que vous avez envie de suivre ? 

 

Complètement. Très honnêtement, si on prend un point défensif à Albi, je pense que, derrière, le moral des troupes et la confiance vont se multiplier par 10. Donc ça, je n’en doute d’aucune façon. Je sais que moi, si aujourd’hui, on revient avec quelque chose d’Albi, c’est sûr que la suite du championnat sera beaucoup plus facile à aborder en termes de travail et de contenu sur les entraînements. 

 

Si j’écoute et que j’essaie de résumer un peu tes propos, maintenant, il ne manque plus qu’à mettre le casque à boulons et aller à la ferraille ? 

 

C’est exactement ça, mettre de la pression, de la pression et on verra bien (rires)

 

On se donne rendez-vous ce soir après le match pour tes réactions à chaud

 

Ça marche, avec plaisir

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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