#Football – R1 / M.Pfertzel (Narbonne) « Si nous respectons nos principes, nous pouvons aller loin »

Passé par le Calcio et la Bundesliga, s’est posé depuis le début de la saison sur la banc du FUN. Après une saison compliquée, il a réussi à redonner rigueur et courage à ses gars qui aujourd’hui sont dauphins de Sainr-Estève et ne cessent de surprendre, leurs adversaires.

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Crédit photo FUN

C’était un match au sommet qui s’offrait à vous ce week-end. Vous avez longtemps été menés au score, qu’est-ce qui vous a permis de renverser la vapeur ?

On ne va pas se le cacher, le tournant du match c’est l’expulsion du joueur Toulousain. Il fait une faute dans le jeu, attention pas une faute de voyou, mais Brice (Boufrizi) est sorti sur civière. Mes joueurs ont eu comme un sentiment de révolte après ce fait de match. Les remplacements effectués ont également apporté pas mal de chose sur le terrain. Sur l’égalisation, Hicham Chalkha se distingue, et sur le troisième, Maxime Gomez marque. Sur la globalité, ce qui a fait la différence, c’est l’état d’esprit de l’équipe, le cœur et la mentalité du groupe.

Dans la rencontre, vous vous retrouvez menés 0-1, puis 1-2. Face à un tel adversaire n’avez-vous pas eu peur de voir votre équipe baisser les bras et ne pas réussir à revenir ?

Le plus rageant, c’est que nous avons peu concédé d’occasions dans le jeu. Les Toulousains ont bien combiné, ils ont eu quelques occasions mais n’ont pas forcément dominé le match. C’est rageant de prendre les deux buts sur coup de pied arrêté, les deux mêmes qui plus est. Nous n’avons pas paniqué, nous avons continué à jouer en témoigne notre troisième but. C’est une action vraiment construie en une-deux touches de balles. Nous n’avons pas commencé à balancer devant, nous avons continué à jouer et nous avons réussi à trouver la faille en combinant. En tant que coach, c’est assez jouissif de voir de telles phases de jeux.

Que retiendrez-vous de cette rencontre au final ?

C’était un match au sommet contre un adversaire qui était devant nous sur le podium. Pour dédramatiser un peu, j’ai envie de dire que ça restait un match avec trois points en jeu. Si aujourd’hui, vous battez Toulouse Métropole, mais vous n’arrivez pas à faire la différence contre Portet, ça ne sert à rien. C’est à nous de le bonifier un maximum. C’était certes un match au sommet, mais aussi un match comme les autres avec trois points à la clé. Sur les faits de jeu, lorsque l’on voit le déroulé du match, il y avait un suspens total. Beaucoup de monde était venu voir ce match, donc en terme d’émotion ce qu’on a vécu c’est énorme. Ce genre de rencontre, ça fédère pas seulement un groupe de 14 joueurs mais tout un club. L’image du club a été très bonne, nous avons procuré beaucoup de bonheur et de joies à tous les gamins venus nous voir. C’est pour ça que l’on joue.

Ce résultat vous permet au passage de perdurer un très bon début de saison et à l’inverse contrebalancer totalement avec l’acte précédent avec le maintien lors de la dernière journée. Qu’st-ce qui vous a permis de réaliser cette métamorphose en quelques mois ?

Moi l’année dernière, je n’étais pas en poste, je ne suis arrivé qu’en juillet. En janvier dernier a été réalisé un changement de présidence. Le président actuel voulait repartir sur de nouvelles bases avec un nouveau coach, et nouveau manager. Le plus important dans une équipe c’est le cadre imposé. Je ne suis pas là pour critiquer ce qui s’est fait l’année dernière, mais l’effectif n’a pas été bouleversé cet été. Il se compose à 70% du cru Narbonnais. Comme le dit souvent mon président, j’arrive de l’Allemagne où j’étais pro pendant neuf ans. La rigueur Allemande et le travail pour moi c’est indéniable. Si vous voulez avoir des résultats, ça passera forcément par du travail. Aujourd’hui, l’équipe en a conscience. Depuis le 29 Juillet, le groupe bosse et de la meilleure des manières. C’est eux qui sont sur le terrain, nous nous sommes là juste pour les aiguiller. J’ai un groupe réceptif et intelligent.

Les difficultés connues la saison dernière n’ont-elles pas été également bénéfiques pour le groupe avant votre arrivée ?

Bien sûr. Tout ce qui a été fait n’était pas à jeter. Il y a des joueurs de qualité qui sont restés avec nous. De notre côté, nous avons changé de système tactique par rapport à l’année dernière. Il y avait de base de bons éléments. J’ai travaillé avec le président pour chercher les éléments qui pouvaient nous manquer. Nous avons renforcé l’équipe et aujourd’hui, je suis très content des recrues, mais également des joueurs de l’année dernière.

Le succès de ce week-end vous permet dans un premier temps d’écarter Toulouse Métropole en repassant devant. Aujourd’hui, vous êtes juste derrière le leader, Saint Estève. Cela révèle-t-il en vous l’ambition de glaner cette première place ou ça n’est pas au programme ?

Je ne vais pas vous faire de la langue de bois, mais depuis le début de saison je demande au groupe de prendre match par match. L’année dernière cette équipe s’est sauvée à la dernière journée. Cette année, nous avons presque autant de points que la saison dernière sur toute la saison. Nous avons le potentiel pour faire quelque chose de beau. Mais nous venons seulement de finir la phase aller. Saint-Estève est devant avec d’autres moyens financiers. Toulouse Métropole n’est qu’à deux points derrière nous et c’est également un gros club. Après comme je dis souvent, on respecte tout le monde, mais on ne craint personne. À partir de là, nous pouvons battre tout le monde, et perdre contre tout le monde. Le plus important c’est de se concentrer sur nous, c’est-à-dire notre groupe, notre façon de jouer. Aujourd’hui, nous avons une équipe qui sait jouer au ballon, relancer et se créer beaucoup d’occasion mais nous resont une équipe solide défensivement. Si nous respectons nos principes de base, nous pouvons aller loin voir très loin. Si le dernier mois nous sommes encore dans les deux ou trois premiers, nous jouerons notre chance comme tout le monde. Il reste actuellement encore 33 points à prendre c’est énorme. Entre les équipes qui jouent le maintien qui vont avoir besoin de points, celles qui vont fermer un peu plus le jeu. Plein de paramètres vont rentrer en compte, pour moi, c’est un nouveau championnat qui démarre.

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La joie dans les vestiaires fut totale dimanche – Crédit photo FUN

Pour le moment la lutte pour la montée n’est pas un objectif à vos yeux du coup …

Nous sommes dans les trois premiers, nous faisons de belles choses. Nous n’allons pas nous prendre pour d’autres ! Quand on voit la saison passée, une saison peut vite basculer dans un sens ou dans l’autre. Je préfère rester prudent et garder ma dynamique de travail. Cela n’empêche pas que je joue tous les matchs pour les gagner.

Ce week-end, vous allez vous tourner vers la Coupe d’Occitanie. Représente-t-elle une possible finalité à vos yeux ou vous préférez donner priorité au championnat ?

Je veux jouer tous les matchs et tous les gagner. Ce week-end, nous allons à Chusclan où nous allons faire deux heures de route pour nous y rendre. Si j’y vais, c’est pour gagner le match !

Ce goût de la gagne, est-ce un héritage de vos années à l’étranger ?

C’était déjà présent de par mon caractère de base. Haïr la défaite, je l’ai particulièrement développé lorsque je suis arrivé en Italie à l’âge de 20 ans. Je ne comprenais pas que même dans les petits jeux, ça pêtait les plombs quand on ne gagnait pas et au final, ils me l’ont transmis. Après, je reste un mauvais perdant je l’avoue (rires). Je sais tout de même reconnaître quand l’adversaire est meilleur. Notre défaite à domicile contre Saint-Estève, nous ne méritions pas de gagner par exemple.

Aujourd’hui vous êtes sur le banc comme coach. En quoi votre expérience du monde professionnel vous aide-t-elle au quotidien ?

J’ai été formaté en tant que pro. Tout était carré, bien ficelé avec des séances préparées à l’avance avec des cycles de travail, différents entraîneurs. En Italie, j’ai bouffé de la tactique pendant des heures sans ballon où il fallait travailler beaucoup. Derrière, j’ai connu la rigueur Allemande avec un départ du bus annoncé à 9h, à 8h55, il partait. J’essaye d’adapter cela dans mon coaching. Je demande beaucoup d’application aux entraînements et aux matchs. Les résultats viendront automatiquement si vous travaillez bien, il n’y a pas de secret. Quand je suis arrivé à Narbonne, on m’a demandé ce que je comptais faire et quels étaient mes objectifs. J’ai été clair, il n’y avait pas d’objectifs de résultats, mais des objectifs de travail. Je travaille avec beaucoup de jeux, pour moi tout passe par là. Sur les six mois que l’on a passé, il n’y a eu qu’une seule séance sans ballon.

 

Propos recueillis par Le Lensois

 

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