#Rugby – Fed1 / K.Boulogne (Albi) : «Ils ont été plus agressifs que nous, on a été suffisant.»

Alors qu’il a effectué un intérim à l’arrière lors du derby face à Lavaur (Victoire 33-11), Kevin Boulogne, l’idole du peuple jaune et noirs était fort chagriné de la prestation collective du SCA , et ce malgré le bonus offensif . Celui qui évolue habituellement à l’ouverture ou à la mêlée albigeoise, tire la sonnette d’alarme, car pour lui ce genre de prestation en playoffs sera rédhibitoire. Une parole de sage pour ce vieux briscard du vestiaire du « SPorting » , qui ne doit point être pris pour une rengaine d’aïeux ronchon, mais bel et bien comme un constat lucide: les hommes d’Arnaud Méla doivent renfiler le bleu de chauffe si il ne veulent pas subir une désillusion au printemps!

Crédit photo Pierre Bras

On est avec Kevin Boulogne, demi de mêlée, arrière, ouvreur, couteau suisse on va dire du Sporting Club Albigeois. Dimanche , c’était un derby pour les  » vieux roublards  » parce-que ça a frotté ? 

 

Oui, ça a frotté en étant honnête plus de leur côté que du notre. Sur le match, ils ont été, je trouve, plus agressifs que nous, on a été suffisant. On a très bien attaqué le match, on marque deux essais dans le premier quart d’heure, on est très propre, on met du rythme, on est dans l’agressivité, on est présent. Je pense que, peut-être inconsciemment, les joueurs se sont dit  » ça va être facile  » et chacun a fait sa connerie, chacun a été suffisant dans le placement offensif, défensif, dans les plaquages et on les a laissés dans le match tout le temps. Donc, on ne peut s’en vouloir qu’à nous-mêmes aujourd’hui. 

 

Et pendant les 20 premières minutes de la seconde période, il y a quasiment la lumière qui s’est éteinte côté SCA. Heureusement qu’en défense vous arrivez à mettre les barbelés sinon ça aurait pu être compliqué ? 

 

Oui, c’est sûr surtout qu’il n’y a pas le feu à la mi-temps. On est encore devant, on passe avec le vent donc on est bien. On dit qu’on va taper chez eux, occuper et avoir un ballon d’attaque, ce qui était le cas, et qu’on allait être propre et essayer de score rapidement. Premier ballon, en-avant, deuxième ballon, pénalité, dans ces conditions-là, c’est très facile pour Lavaur de sortir de leur camp donc non, on ne peut s’en vouloir qu’à nous-mêmes aujourd’hui. Ce qui est bien et ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a le point de bonus offensif. C’est que l’année dernière, en étant nul, on perdait, là, en étant pas très bon, on met quand même 30 points à l’extérieur. Ça, il faut le garder mais il est sûr que ce genre de match n’est pas à reproduire chez de plus grosses équipes à l’extérieur. 

 

Les anciens, les vieux grognards, les « Highlanders  » que sont Matthieu André et toi-même ou d’autres joueurs, c’est vous qui prenez un peu les rênes dans des moments du match un peu compliqués comme ça en essayant de remobiliser l’équipe ? 

 

Non, par forcément parce-que dans l’équipe, il y a quand même pas mal de joueurs qui ont de l’expérience et un certain âge. Nous, on est là pour essayer de faire les bons choix stratégiques, pour essayer d’encourager les mecs, pour essayer de les remobiliser à chaque fois pour que, quand ils font une erreur, ils n’y pensent pas pendant 40 minutes. Nous, on est là justement pour la convivialité du groupe, la stratégie et pas plus. Après, les joueurs sont grands, ils sont adultes, ils sont pros, chacun connaît ce qu’il doit faire sur un terrain, du moins, je l’espère. 

 

On va retenir les 5 points mais aussi, comme on l’a dit au début, le fait que tu joues demi de mêlée, tu joues ouvreur, maintenant, tu dépannes à l’arrière. On va finir sur de l’humour, sur une bonne note : à quand Kevin Boulogne au centre ou à l’aile ?

 

Non, pas au centre, il faut trop plaquer, ce sera impossible. 

 

A l’aile ? 

 

A l’aile peut-être, pour les interceptions alors (rires). Après, 9, 10, 15, j’avais joué Graulhet en 15, c’était une idée des coachsen début de saison pour savoir, en cas de blessure dans l’effectif derrière vu qu’on était limité à une certaine période, sur qui compter et savoir si je pouvais tenir la baraque ou non. Cotre Graulhet, ça s’était bien passé, aujourd’hui, j’ai fait ce que j’avais à faire, ni plus, ni moins, c’était rassurant, ça suffit largement. Après, mon poste c’est 9/10, surtout 10 cette année et 9 quand il faudra et 15 si l’équipe a besoin. Tant qu’on joue, il n’y a pas d’excuse à avoir. On joue à n’importe quel poste, un joueur de rugby doit savoir s’adapter à toute situation pour le bien-être de l’équipe. 

 

A l’usage, tu as trouvé quelques vertus à ce poste de 15 ? 

 

Oui, franchement, j’avoue que c’est agréable à l’arrière, il y a moins de ballons. C’est vrai qu’en 10, c’est mieux parce qu’il y a tous les ballons, il faut trier, alterner, faire les bons choix et animer beaucoup donc, on va dire que c’est plus attractif. Mais, c’est vrai qu’à l’arrière, il y a plus d’espaces, il y a de la vitesse à avoir, des timings, des crochets, c’est différent. En défense, il faut beaucoup anticiper les pieds, les jeux au large donc, c’est très intéressant. Il faut se servir de tout ça pour moi, à titre personnel, évoluer encore dans tous les postes comme ça. Ca me fera un plus en 9, un plus en 10, un plus en 15 si j’y bascule un jour. 

 

Collectivement, on sait que quand il y a eu un match un peu sur courant alternatif comme ça, il faut remettre dès le week-end d’après les barres sur les T et les points sur les I. Il y a Pamiers qui arrivent au Stadium, il va falloir faire une grosse prestation ? 

 

Bien sûr. Déjà, à la maison, il faut qu’on fasse de très grosses prestations, et même à l’extérieur mais surtout à la maison. Pamiers, on a vu le match compliqué qu’on a eu à l’aller chez eux. Ça c’est, je pense, le problème de toutes les équipes dans notre poule, c’est que, dès qu’ils jouent Albi, ils arrivent à trouver ce supplément d’âme, à se rassembler et à nous accrocher très souvent et parfois même à nous faire sortir du match par moment. Heureusement qu’on arrive après à reprendre le fil conducteur et marquer et gagner. Mais c’est vrai que, quand on voit les résultats, quand on joue d’autres équipes qui perdent contre les derniers ou les avant-derniers, quand ils nous reçoivent nous, ils nous accrochent. On se dit qu’il y a deux poids, deux mesures, et c’est à nous justement de se servir de ces matchs-là pour avancer et bien avancer. 

 

En plus, à Pamiers, ils se souviennent d’un certain Kevin Boulogne qui leur avait fait un petit coup de filou à l’aller ? 

 

Un coup de filou, oui, c’est vrai. J’ai eu de la chance, au bon moment, au bon endroit. Ça, c’est la chance du rugby que beaucoup de joueurs ont. Je pense que ce week-end, il ne faudra pas s’attendre à un coup du sort comme ça pour n’importe quel joueur. Il faudra surtout remettre la marche en avant, être plus propre, plus agressif, se remettre la tête à l’endroit et surtout se dire qu’ils ne vont pas venir en victimes. Donc, si d’entrée on ne met pas les bases, on peut se faire accrocher jusqu’au bout et ça peut être tendu. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

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